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Publié le par Florian Rouanet
Vous sont proposés quelques passages clés donnés à la lecture dans les lettres encycliques Rerum Novarum et Quadragesimo Anno et ainsi enseignés par le Magistère de l’Église catholique. Celles-ci à propos traitent de l’État et de l’autorité, du Bien commun et du corporatisme dans la Cité, des valeurs sociales contre le libéralisme et le socialisme, etc. L’avantage de lire les encycliques en général est qu’elles sont concises et pures de toute erreur. La sélection et le surlignage sont de l’auteur Louis Le Carpentier in. Pour un fascisme thomiste.
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Quelques extraits de l’encyclique Rerum Novarum (1891) de Léon XIII, parue à la fin du « Siècle libéral » :
« Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour les ouvriers une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée. […]« Les socialistes, soi-disant pour guérir ce mal, poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches. […]« Tout l’ensemble des vérités religieuses, dont l’Église est la gardienne et l’interprète, est de nature à rapprocher et à réunifier les riches et les pauvres, en rappelant aux deux classes leurs devoirs mutuels et, avant tous les autres, ceux qui dérivent de la justice.« Parmi ces devoirs, voici ceux qui regardent le pauvre et l’ouvrier. Il doit fournir intégralement et fidèlement tout le travail auquel il s’est engagé par contrat libre et conforme à l’équité. Il ne doit point léser son patron, ni dans ses biens, ni dans sa personne. Ses revendications mêmes doivent être exemptes de violences et ne jamais revêtir la forme de séditions. Il doit fuir les hommes pervers qui, dans des discours mensongers, lui suggèrent des espérances exagérées et lui font de grandes promesses qui n’aboutissent qu’à de stériles regrets et à la ruine des fortunes.« Quant aux riches et aux patrons, ils ne doivent point traiter l’ouvrier en esclave ; il est juste qu’ils respectent en lui la dignité de l’homme, relevée encore par celle du chrétien. Le travail du corps, au témoignage commun de la raison et de la philosophie chrétienne, loin d’être un sujet de honte, fait honneur à l’homme, parce qu’il lui fournit un noble moyen de sustenter sa vie. […]« Mais, parmi les devoirs principaux du patron, il faut mettre au premier rang celui de donner à chacun le salaire qui convient. […]« De même donc que, par tous ces moyens, l’État peut se rendre utile aux autres classes, de même il peut grandement améliorer le sort de la classe ouvrière. Il le fera dans toute la rigueur de son droit et sans avoir à redouter le reproche d’ingérence ; car en vertu même de son office, l’État doit servir le Bien commun. Il est évident que plus se multiplieront les avantages résultant de cette action d’ordre général, et moins on aura besoin de recourir à d’autres expédients pour remédier à la condition des travailleurs. […]« En dernier lieu, les patrons et les ouvriers eux-mêmes peuvent singulièrement aider à la solution de la question par toutes les œuvres propres à soulager efficacement l’indigence et à opérer un rapprochement entre les deux classes.
« De ce nombre sont toutes les sociétés de secours mutuels. […]« Mais la première place appartient aux corporations ouvrières qui, en soi, embrassent à peu près toutes les œuvres. Nos ancêtres éprouvèrent longtemps la bienfaisante influence de ces corporations. Elles ont d’abord assuré aux ouvriers des avantages manifestes. De plus, ainsi qu’une foule de monuments le proclament, elles ont été une source de gloire et de progrès pour les arts eux-mêmes. Aujourd’hui, les générations sont plus cultivées, les mœurs plus policées, les exigences de la vie quotidienne plus nombreuses : il n’est pas douteux qu’il faille adapter les corporations aux exigences nouvelles. Aussi, Nous voyons avec plaisir se former partout des sociétés de ce genre, soit composées des seuls ouvriers, soit mixtes, réunissant à la fois des ouvriers et des patrons. Il est à désirer qu’elles accroissent leur nombre et l’efficacité de leur action. »☧
Et maintenant quelques extraits de l’encyclique Quadragesimo Anno (1931) de Pie XI qui est parue quarante ans après Rerum Novarum et sous l’État fasciste italien :
« Quant au rôle des pouvoirs publics, Léon XIII franchit avec audace les barrières dans lesquelles le libéralisme avait contenu leur intervention ; il ne craint pas d’enseigner que l’État n’est pas seulement le gardien de l’ordre et du droit, mais qu’il doit travailler énergiquement à ce que, par tout l’ensemble des lois et des institutions, « la constitution et l’administration de la société fassent naturellement fleurir le bien-vivre publique ». […]« Car tandis que chancelaient les principes du libéralisme qui paralysaient depuis longtemps toute intervention efficace des pouvoirs publics, l’encyclique déterminait dans les masses elles-mêmes un puissant mouvement favorable à une action de l’État plus franchement sociale. […]« Que tous donc, les ouvriers comme les patrons, s’appliquent en parfaite union d’efforts et de vues à triompher de toutes les difficultés et à surmonter tous les obstacles ; que les pouvoirs publics ne leur ménagent pas, à cette fin salutaire, l’assistance d’une politique avisée. […]« Parlant de la réforme des institutions, c’est tout naturellement l’État qui vient à l’esprit. Non certes qu’il faille fonder sur son intervention tout espoir de salut. Mais depuis que l’individualisme a réussi à briser, à étouffer presque cet intense mouvement de vie sociale qui s’épanouissait jadis en une riche et harmonieuse floraison de groupements les plus divers, il ne reste plus guère en présence que les individus et l’État. […]« Par suite de l’évolution des conditions sociales, bien des choses que l’on demandait jadis à des associations de moindre envergure ne peuvent plus désormais être accomplies que par de puissantes collectivités. […]« L’objectif que doivent avant tout se proposer l’État et l’élite des citoyens, ce à quoi ils doivent appliquer tout d’abord leur effort, c’est de mettre un terme au conflit qui divise les classes et de provoquer et encourager une cordiale collaboration des professions.
« La politique sociale mettra donc tous ses soins à reconstituer les corporations. […]« On ne saurait arriver à une guérison parfaite que si, à ces classes opposées, on substitue des organes bien constitués, des « ordres » ou des « professions » qui groupent les hommes, non pas d’après la position qu’ils occupent sur le marché du travail, mais d’après les différentes branches de l’activité sociale auxquelles ils se rattachent.« L’ordre résultant, comme l’explique si bien saint Thomas, de l’unité d’objets divers harmonieusement disposés, le corps social ne sera vraiment ordonné que si une véritable unité relie solidement entre eux tous les membres qui le constituent. Or, ce principe d’union se trouve – pour chaque profession, dans la production des biens ou la prestation des services que vise l’activité combinée des patrons et des ouvriers qui la constituent – et pour l’ensemble des professions, dans le Bien commun auquel elles doivent toutes et chacune pour sa part tendre par la coordination de leurs efforts.« De ce qui précède, on conclura sans peine qu’au sein de ces groupements corporatifs, la primauté appartient incontestablement aux intérêts communs de la profession ; entre tous, le plus important est de veiller à ce que l’activité collective s’oriente toujours vers le Bien commun de la société politique.« Récemment, ainsi que nul ne l’ignore, a été inaugurée une organisation syndicale et coopérative d’un genre nouveau. […]« L’État accorde au syndicat une reconnaissance légale qui n’est pas sans conférer à ce dernier un caractère de monopole, en tant que seul le syndicat reconnu peut représenter respectivement les ouvriers et les patrons, que seul il est autorisé à conclure les contrats ou conventions collectives de travail. L’affiliation au syndicat est facultative, et c’est dans ce sens que l’on peut qualifier de libre cette organisation syndicale, vu que la cotisation syndicale et d’autres contributions spéciales sont obligatoires pour tous ceux qui appartiennent à une catégorie déterminée, ouvriers aussi bien que patrons, comme sont aussi obligatoires les conventions collectives de travail conclues par le syndicat légal. Il est vrai qu’il a été officiellement déclaré que le syndicat légal n’exclut pas l’existence d’associations professionnelles de fait.« Les corporations sont constituées par les représentants des syndicats ouvriers et patronaux d’une même profession ou d’un même métier et, ainsi que de vrais et propres organes ou institutions d’État, dirigent et coordonnent l’activité des syndicats dans toutes les matières d’intérêt commun.
« Grève et lock-out sont interdits ; si les parties ne peuvent se mettre d’accord, c’est l’autorité qui intervient.« Point n’est besoin de beaucoup de réflexion pour découvrir les avantages de l’institution, si sommairement que Nous l’ayons décrite : collaboration pacifique des classes, éviction de l’action et des organisations socialistes, influence modératrice d’une magistrature spéciale. »

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