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Publié le par Florian Rouanet
Voici un document qui n’a jamais été rediffusé sur cette plateforme, à ne pas perdre ! Ce site a momentanément apprécié mon travail tout en profitant pour prêcher leur «paroisse royco», ce qui est logique. Depuis le temps, avec le recul ainsi que la formation de mes lectures, je corrigerai légèrement le tir de mon discours :
– La «révolution dite française» est une expression insuffisante et assez peu percutante quand bien même le coup de communication serait efficace, car au-delà de toute influence judéo-maçonnique, les Français étaient très largement acquis à ces évènements, se rendant ainsi complices en puissance comme en acte. Il n’y a pas de distinction possible à outrance entre un peuple et son État dont il est comme une émanation chargé de gouverner. Autrement dit, le pays dit réel et le pays dit légal chez les maurrassiens. Les mêmes reproches peuvent être adressés à l’expression dite «Anti France». Et le reproche envers l’empereur Bonaparte 1er sera sensiblement le même, lui qui mêla hélas les travers de l’Ancien et du Nouveau régime français dans sa volonté de réconciliation des «contraires» pas si opposés que cela.
– Mon européisme aussi a été revu. Ce terme ne doit pas être perçu comme une insulte quand bien même l’activité libéralo-communiste de l’actuelle Union Européenne serait méprisable. Par extension, on peut en dire autant de l’Occidentalisme. S’il s’agit de soutenir le libéralisme transatlantique, je suis contre, mais pas si l’on parle de cette civilisation représentée par les peuples blancs transfigurés singulièrement par le christianisme. Pour ce qui est de l’articulation entre un État européen et les pays qui composent le continent, déjà rien ne dit que l’État-nation soit obligatoire ou indépassable dans l’ordre politique. Et de même que les nations européennes ont unis leurs provinces à leur gouvernement, on pourrait imaginer un empire ou un État continental qui unis une nouvelle fois autant ses pays et que ses provinces. Souvent le fédéralisme de la nouvelle droite veut mettre carrément fin aux États-nations là où je pense que nous devons plutôt articuler cela dans le sens d’une Ethnarchie. La ligne nationaliste classique a généralement beaucoup de mal avec ce thème.
– Concernant le patriotisme, quand bien même le terme revendicatif de «patriote» serait critiqué dans mon intervention, il est évident à contrario que le patriotisme, défense de la terre des pères, n’est pas une mauvaiseté en soi si elle est réglée par l’extension du IV Commandement qui demande initialement d’honorer ses parents, sa filiation donc. C’est même une bonne chose, mais ceci ne doit pas pour autant porter atteinte au bien universel, qui est plus commun et donc supérieur en importance ; ni même à l’esprit des pères (identité) puisque l’esprit dépasse la matière (le sol en l’occurrence), aussi sûr que l’âme élève l’homme.
– Et pour répondre au site le Christ-Roi avec bien du retard : le royalisme en particulier dit légitimiste pense que la lignée légitime le gouvernement alors que dans le bon sens thomiste c’est la capacité du gouvernant à ordonner la société au bien commun qui le légitime avant toute chose. À défendre sans esprit critique la royauté française (en particulier la dynastie capétienne), ils reprennent d’un même coup les oripeaux délétères du gallicanisme qui a fait tant de mal aux nations et à l’Église en prétendant être de leurs bords (erreur du «légisme» franco-français, de la raison d’État gallicane pré-jacobine, destruction des provinces charnelles en interne, hostilité primaire au Saint-Empire romain germanique, mise à mal de la juridiction de l’Église sur la Cité et sur ses fidèles, etc.).
Malgré les éventuelles attaches personnelles à notre histoire glorieuse, qu’elle soit celle médiévale ou celle de l’entre-deux-guerres, il faut avoir conscience que ces choses sont et demeurerons datées. Et que, quand bien même les réactions dans le temps seraient parfois semblables, elles prennent toujours différentes formes. Ne soyons pas ou plus les dinosaures de la politique, réfugié dans une sorte de jolie musée réconfortant, mais sachons incarner à la fois les vérités éternelles combinées notre époque.
Pour bien saisir les choses, Monarchie et République ne sont que des formes de gouvernement et de mon côté, je m’accommoderai plus volontiers d’une république dictatoriale à la romaine (antique) paramétrée par la Chrétienté (saint Augustin en son temps). C’est pourquoi ces deux types de gouvernements peuvent tantôt obéir aux lois de Dieu, à la loi naturelle, ou bien au libéralisme impie (République de l’Équateur de Moréno, monarchie élective de Charles-Quint d’un côté ; de l’autre les royautés espagnoles et belges aux XXe/XXIe siècles). Les types de gouvernance ne sont que des bocaux vides à animer de principes de fond.
Et pour info, l’aristocratie de l’ancien régime tant défendu par nos chers roycos, a trahit elle-même dans le sens où c’est elle qui s’est transformée en bourgeois préalablement par le service du Roi qui avait court depuis le cardinal de Richelieu. Ils ne sont pas plus excusables que les autres, et même moins pour ne pas s’être assez défendu… La meilleure aristocratie est celle de l’intelligence et des compétences, qui pour le coup furent portées plutôt par Napoléon Bonaparte ou encore Benito Mussolini.
Il sera bientôt publié un autre ancien long débat avec ces royalistes similaires de Vive Le Roy qui viendra étayer ces propos. Bonne lecture !*
* *Le nationaliste F. Rouanet, dont nous relayons parfois quelques-unes de ses vidéos intéressantes avec Philippe Ploncard d’Assac sur le mondialisme, nous adresse sa dernière vidéo « L’unité doctrinale contre les faux amis », tirée d’un discours qu’il a donné le 7 décembre 2013 à Lyon, à l’occasion du « XVIe Forum de la Nation ». Il présente les « faux amis » des nationalistes, dont « le royalisme ».
Nous faisons une réponse ci-dessous.
F. Rouanet évoque tout à tour :
– L’illuminati prussien Anacharsis Cloots, qui fut fait « citoyen de la république » dite « française » le 26 août 1792.
En février 1792, ce régicide publia un livre : « La République universelle« … Tout un programme !
Comme la plupart des frères trois points esclavagistes du XVIIIe siècle (Cf. Voyez notamment concernant le port esclavagiste de Bordeaux où la plupart des francs-maçons étaient négriers : Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 309), Anacharsis Cloots défendit le statu quo esclavagiste et ségrégationniste dans les colonies en 1791… Il sera brièvement président du Club maçonnique des Jacobins fin 1793. Le « processus de violence cumulative » de la Révolution, décrit par Patrice Gueniffey dans « La Politique de la Terreur » devait l’emporter dans son tourbillon, le 24 mars 1794.
– De Gaulle et le gaullisme qui s’est allié avec les communistes, les francs-maçons et l’impérialisme anglo-saxon pour organiser sa Ve république. (La franc-maçonnerie avait été abolie par le Maréchal Pétain en 1940. Cf sur ce sujet: « Étude critique de la loi contre la F.M. du 13 août 1940 » in Léon de PONCINS, La Franc-maçonnerie d’après ses documents secrets.)
De Gaulle a pourchassé les nationalistes Pierre Sidos, Jean Haupt, Jacques Ploncard d’Assac.

– Le royalisme. F. Rouanet explique que dans la doctrine du nationalisme, « les principes priment sur les princes ». C’est juste, mais de quels principes parlons-nous ? Certainement pas ceux de la monarchie traditionnelle française, gouvernement par autorité plutôt que gouvernement par opinion, fusse-t-elle celle des « nationalistes ».
Si un prince n’a pas les principes du nationalisme, « s’il n’est pas compatible, c’est à la porte« , explique F. Rouanet.
Questions : qui définit les limites de la compatibilité et de la non-compatibilité ? Ces limites ne sont-elles pas déjà définies dans les lois fondamentales du Royaume, valables tout de même de 496 à 1792 ? Pour quelles raisons des hommes prétendraient-ils aujourd’hui (re)faire ce qui a fonctionné pendant treize siècles, et (re)faire ce que Dieu a établi en 496 au baptême de Clovis comme l’alliance du trône et de l’autel, deux pouvoirs temporel et spirituel distincts mais alliés en vue de réaliser le Bien commun ? N’y a-t-il pas là une sorte d’orgueil ?
Sur Christ-Roi, c’est l’occasion de préciser à nos lecteurs ce en quoi les royalistes se différencient des nationalistes au sujet des « principes » portés par ces derniers. Nous pensons que même si un prince est mauvais, même si par exemple un Charles VI le Fou (1380-1422) trahit la France (prenons l’exemple extrême et unique dans l’histoire royale – à comparer avec les nombreuses trahisons réalisées sous les présidents de la république en 1992, 2005, 2013… – la signature du désastreux traité de Troyes en 1420 qui offrit la Couronne de France aux Anglais en déshéritant le dauphin Charles VII au profit du prince anglais Henri V), la qualité des principes monarchiques traditionnels (lois fondamentales du royaume et notamment le principe d’indisponibilité de la Couronne qui interdit toute « succession » illégitime) l’emportent sur les princes, fussent-ils mauvais, la qualité des institutions (les principes politiques traditionnels inclus dans la doctrine politique légitimiste) l’emportent toujours et nous préservent l’avenir dès lors que des défenseurs de ces principes, comme Sainte Jeanne d’Arc, savent les rappeler et les tenir fermement.
Voilà ce en quoi nous différencions des nationalistes qui n’ayant pas (ou plus) les mêmes principes politiques que les nôtres, en sont à mettre leur espoir, non plus dans les mêmes principes que nous, mais dans d’autres principes, définis par un homme, dans un parti politique… La discussion est ouverte en commentaires.
Sur la critique « les princes se disent plus démocrates que les démocrates, le Prince Jean en premier » : nous ne parlerons pas ici pour les Orléans, mais s’agissant des Bourbons il va de soi que la « démocratie » qui peut parfois être, tactiquement défendue, parce que pratiquée sous l’Ancien Régime jusqu’à la Convocation des États généraux de 1789, est celle dont la désignation des « représentants » émanait réellement du peuple en ses corps constitués et non de la désignation oligarchique qui a suivi à partir de 1791. Parler de cette « démocratie »-là, une démocratie organique n’a rien d’outrageant, tout au contraire, c’est la seule qui défend le peuple avec le Roi à sa tête.
Sur la critique « une monarchie peut être libérale » : certainement pas la monarchie traditionnelle fondée sur le respect du droit divin et du Décalogue qui, par principes, s’oppose au libéralisme politique moderne des Lumières tendant progressivement à la négation du droit divin et de la loi naturelle divine (Décalogue) pour lui favoriser une autre légitimité politique fondée en l’homme (« souveraineté nationale« , « souveraineté populaire », « volonté générale« , principes faux, variables, incertains, destructeurs et totalitaires, qui conduisent à l’actuelle loi Taubira, constitutionnalisés par l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation« ), principes auxquels les nationalistes ne s’opposent finalement pas tant que ça, vu que pour eux, c’est l’opinion, c’est l’homme, bref c’est le parti qui définit les limites de la compatibilité à leurs principes, et non plus l’autorité des lois fondamentales (Cf. Manifeste Légitimiste).

Ce que n’ont toujours pas compris les « nationalistes », c’est que la nation ne se définit pas par ce qu’elle rejette. Les révolutionnaires de 1789 sont ceux qui ont inventé cette politique du rejet au travers de l’imaginaire du « complot aristocratique« . L’ennemi était pour eux le « conspirateur« , le « Brigand« , le « terroriste« , « l’ennemi de la Révolution« . L’obsession de ce soit-disant « complot », les conduisit à la Terreur avec la mise en place d' »Argus« , « Surveillants« , « Dénonciateurs« , « Sentinelles » et même « Aveugles clairvoyants » : telles étaient les publications qui se bousculaient sur les étalages des libraires de l’époque… (Cf. Patrice Gueniffey, « La Politique de la Terreur« , Tel Gallimard, Mesnil-sur-l’Estrée, p. 70.) La nation française c’est quand même bien plus que le rejet et la dénonciation !
Ce qui importe c’est non pas de dénoncer les « ennemis » ou les « faux amis » (vous l’avez compris, il s’agissait-là du passe-temps favori des « Patriotes » francs-maçons de 1789 qui ont inventé le « diviser pour régner »), mais de ne pas rentrer dans ce jeu-là, système que l’on peut comparer à une machine, la « machine révolutionnaire » qui a toujours besoin d’un opposant, d’un « adversaire » pour avancer, d’un carburant (partis politiques fonctionnant sur la dénonciation des « ennemis », diabolisation-culpabilisation-victimisation, la haine dans la différence et la division, et un courant : le suffrage « universel »). Cf. « Principes du moteur de la Révolution« .
Dérobez-vous, refusez le « débat », refusez purement et simplement leur théorie du gender au nom du Décalogue, et leur Révolution s’effondre.
– Le bonapartisme. F. Rouanet explique que « cet empire napoléonien, et cela a continué avec Napoléon III a exporté » la franc-maçonnerie. Ce qui est exact. Lire: « Napoléon était-il franc-maçon ?«
S’agissant de Napoléon III, il évoque les liens entre cet empereur et les Carbonari et la Haute-Vente, « qui est la plus haute maçonnerie italienne, la plus puissante, et qui a pris le relai des Illuminés de Bavière d’Adam Weishaupt ».
– La « Nouvelle droite » dont le pape est Alain de Benoist, et l’européisme qui proclame un « nationalisme européen » alors qu’il n’y a pas de « nation Europe« . C’est une posture universelle.
– Les « Patriotes », « une nébuleuse« , « souvent gaulliste« , « ils emploient ce terme parce qu’ils ont peur de ce terme de nationaliste« . Ont donné les révolutionnaires de 1793 qui ont massacré les Vendéens.
En réalité, ces « Patriotes » étaient les agents conscients ou inconscients de la franc-maçonnerie. Ils le sont toujours.
– Les « nationaux », la même chose que les « Patriotes ». Ça donne « Riposte laïque » et les « apéros saucissons pinards » contre lesquels sur Christ-Roi nous avions mis en garde en juin 2010 pour leurs liens avec les officines mondialistes maçonniques (comme « Pro Choix » de Fourrest ou le « B’Nai B’Rith Paris »..), et qui firent un bide complet.
Publiée le 21 déc. 2013 sur le blogue Christ-Roi


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