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Publié le par Florian Rouanet
Georges Brassens, bien que régulièrement moqueur et irrévérencieux dans certaines de ses chansons, a également écrit de beaux morceaux résonnant avec des valeurs chrétiennes telles que la charité, l’humilité, la communauté et la miséricorde pour les plus humbles et faibles.
Ainsi, Georges Brassens, de son « R » très roulé, occitan (qui n’est pas celui de Jérôme Bourbon !), a réalisé diverses chansons qui ne contiennent pas de mots que l’on pourrait juger « impurs », contraires à la foi chrétienne.
Voici une sélection de chansons présentés qui peuvent être appréciées dans une perspective chrétienne et honnête, à l’instar de Pauvre Martin ou de la célèbre Chanson pour l’Auvergnat.

1. Chanson pour l’Auvergnat (1954)
Un hymne à la charité chrétienne. Brassens y remercie un Auvergnat, une Auvergnate et un étranger (dans le sens où c’est un inconnu, qui lui ont tendu la main dans des moments de besoin les plus élémentaires et prosaïques, de faim, de froid et de sommeil.
La gratitude exprimée reflète une véritable reconnaissance pour l’amour du prochain, vertu essentielle dans la foi chrétienne.
« Elle est à toi cette chanson,
Toi l’Auvergnat qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid. »
2. Pauvre Martin (1953)
Cette chanson raconte l’histoire d’un humble paysan passant sa vie à travailler comme un forçat, dans l’indifférence générale. Brassens met en avant la simplicité et l’humilité de Martin, lequel, malgré sa pauvreté, demeure une figure digne et résignée.
Le morceau évoque une forme de sainteté dans l’abandon à son sort et à ses devoirs.
« Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps. »
3. La prière (1961)
Inspirée d’un poème de Francis Jammes, cette chanson est une véritable prière chrétienne, très triste. Brassens y implore Dieu pour être accueilli au paradis, mais à condition d’être en compagnie des « âmes humbles » et des créatures ordinaires de ce monde.
« Faites que je revoie ma meute,
Les chiens bénis, les chiens perdus,
Et qui, dans les faubourgs, ont suivi
Les chemineaux aux pas de lutte. »
4. Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966)
Cette chanson est une réflexion empreinte de spiritualité et d’humilité sur la mort. Brassens ne revendique pas de grandes richesses ni de sépulture fastueuse, mais demande simplement à être enterré près de la mer.
« Que mon caveau soit sur la plage de Sète,
Ma ville natale,
Qu’il soit une fosse commune
Baignée par les eaux. »5. Ballade des dames du temps jadis
Ce poème célèbre des figures féminines historiques et mythiques, tout en méditant sur la fugacité du temps et la vanité des gloires terrestres. La question récurrente « Mais où sont les neiges d’antan ? » symbolise la nostalgie et le passage irréversible du temps, un écho poignant d’humilité chrétienne face à l’éternité et à la Providence divine.
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
Où sont-ilz, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d’antan !6. Tempête dans un bénitier (1976)
La chanson acerbe de Georges Brassens qui dénonce la fin de la messe dite en latin, est celle-ci. Bien qu’elle comporte une certaine irrévérence dans son ton et quelques passages empreints de vulgarité, elle exprime une critique explicite de la prétendue réforme liturgique, qui a suivi le conciliabule Vatican II avec Montini Paul VI.
« Le vin du sacré calice
Se change en eau de boudin
Sans le latin, sans le latin
Et ses vertus faiblissent »Brassens, à travers son ironie, souligne ici une perte de sacré et d’universalité dans la messe. Pour lui, le latin donnait une dimension mystérieuse et solennelle à la liturgie, un élément qu’il regrette malgré son éloignement déclaré de la pratique religieuse.
Conclusion
Ces chansons montrent que Brassens, malgré une certaine provocation, savait exprimer une profondeur d’esprit qui peut parfois résonner avec les valeurs chrétiennes : la charité (Chanson pour l’Auvergnat), l’humilité (Pauvre Martin), ou encore l’amour du prochain (Les copains d’abord).
Ces morceaux offrent une occasion de méditer sur la simplicité et la bonté de la vie quotidienne. Il aura par ailleurs chanté « Les deux oncles » et si le contenu y est pacifiste, il n’y est pas si conformiste, et encore moins de nos jours, car il renvoie dos-à-dos résistants (vus comme gaullistes) et collaborationnistes (vus comme pétainistes) à même échelle.P-.S. Voyez que le pari est tenu alors qu'il était en soi difficile !

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