• «Qu’est-ce que le fascisme ?» de Maurice Bardèche (seconde partie internationale – extraits)

  • La seconde partie de l’étude publiée (dont voici la première) porte sur des réflexions de possibles fascismes non européens accompagnés de conclusions thématiques du livre. Merci encore à M. Piere Sidos de m’avoir prêté cet ouvrage, cela aura permis cette étude longue enrichissante.

    Une fois que furent rejetées les expériences nationalistes après 45 en Occident par les différentes Républiques judéo-démocratiques, apparaîtra dans les pays du Tiers-Monde, par la conscience ethniconationale que provoquera l’anticolonialisme, une multiplicité de (crypto) fascismes. En effet. Et pourquoi à l’instar du communisme, ne saurait vivre cette Internationale fasciste ?! Pourquoi ne pas soutenir universellement les peuples, quoi que non Blancs, qui soutiennent et recherchent la loi naturelle ainsi que le bien intrinsèque de leur société, qui s’impose à eux, et avec la nécessité d’un «principe spirituel» supérieur qui doit les dépasser ?

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    Le premier exemple donné par Bardèche sera celui de Nasser, chef d’État égyptien qui se dote d’un régime similaire à cette forme de gouvernement, avec un fond national et social revendiqué. Il est né dans un contexte anticolonialiste et anticapitaliste, il accepte et use en effet du fond culturel islamique de fait,  et se base politiquement sur les forces de son peuple plutôt que de louvoyer entrent les interminables blocs étasunien et russe. Ce sont d’ailleurs les antifascistes occidentaux qui lui ont fait savoir qu’il appartenait à ce courant opposé. Comme quoi une source d’inspiration nationale peut être une référence pour les autres  nations dans l’universel. L’auteur osera même nommer cette réaction égyptienne de «fascisme de l’islam».

    Le second est Fidel Castrol, pourtant fiché communiste, Bardèche vient y faire le tri en disant qu’une base sociale et économique patriotique contre un mauvais impérialisme plait aussi au fasciste. Le principe de dictature ne leur déplaira pas en soi non plus… C’était cependant plus précisément un populisme maquisard qui partage donc seulement certains points communs avec son courant. Le parallèle s’arrête là, car l’ouvriérisme messianique est à rejeter bien qu’il faille avoir un respect évident pour les petites classes laborieuses nécessaires à notre socle social. Aussi, le matérialisme athée cubain accompagné du mot magique de «Libération» n’apportera rien de profond à un peuple sans religion et sans enracinement culturel officialisé sinon le vide.

    Un parallèle peut être opéré en Algérie avec le cas du F.L.N tombé irrémédiablement sous la coupe du marxisme, mais qui aurait pu se donner des airs plus fascinants. La part de contingence historique fera donc le reste. Cela n’exclut pas le fait d’avoir défendu par le passé la présence française en Afrique du Nord. Et même en France, le Gaullisme a hésité un temps sur l’idée d’un Parti unique d’unité nationale et militariste, ceci n’aura également pas non plus tenu au final (Note sur la suppression générale des partis politiques de Simone Weil).

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    Ensuite l’auteur traite de thèmes qui nous sont chers : nature, ordre, intelligence, dictature, révolution, peuple, nationalisme, universalité, liberté vraie, critique de la République démocratique électoraliste…

    Le fascisme en appel à la nécessité d’une autorité légitime ayant pour objet de défendre le bien commun, en l’imposant au peuple, telle une direction à suivre. Il se propose de revenir à une juste appréciation de l’homme, afin de raviver sa nature, ses vertus et la civilisation dont chaque groupe culturel est porteur : le chevalier teutonique pour le Germain, le légionnaire romain pour l’Italien et le guerrier maure pour l’Arabe, etc. Un bon serviteur fasciste ne sera pas celui tiède qui aura soutenu le régime dans un état d’esprit aplati, de vaincu, en se faisant laxiste sur des décennies à l’image du libéralisme, celui-ci sera légitiment considéré comme douteux. Se défendre en tant que tel, est naturel à tout groupe groupe humain défini, cela ne veut pas dire détruire systématiquement les autres, au grand dam des Juifs apôtres de la «non-discrimination»… Ce sont ceux qui agressent plus qu’ils ne se défendent, et qui interdisent en retour aux autres de faire de même (et même moindrement)… tout ce qui n’est pas eux, leur est ennemi. Se considérer à notre tour comme racialement élu (présent dans le calvinisme, dans l’évangélisme voire dans un certain racialisme matériel païen) serait pour le coup judéomorphe, c’est-à-dire à l’image des Juifs et n’a pas lieu d’être.

    Les variantes fasciste et monarchique se trouvent être les deux côtés d’une même médaille, deux états selon les situations, il eut même une possible dyarchie en Italie entre Mussolini et Victor-Emmanuel III mais prudence ! Il naîtra aussi de faux fascismes comme nous dit l’auteur, un fascisme atténué, tiède, au fond antifasciste, celui-ci nous l’avons tous les jours sous les yeux. Ses textes prémonitoires nous font penser à ce vil patriotisme administratif actuel sous contrôle judéo-démocratique (des Goldnadel, Zemmour…). La police judiciaire de l’identité de papier…

    Le sursaut fasciste ne peut advenir que dans un contexte donné, qui dépend du génie des races, d’une situation d’échec gravissime tel qu’une crise du sens, une crise de l’économie (dégât de la finance apatride) ou encore d’un cas de guerre interne (anticommunisme) comme externe (géopolitique ou mondiale). C’est également une doctrine qui se trouve être à la fois nationaliste et impérialiste, porté par la conscience d’appartenir à une aire de civilisation, à un continent, il souhaite une unité en ce sens et imposer son hégémonie. Il s’applique universellement à toute entité politique.

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    Encore une fois, ce qu’établit le fascisme ne saurait être une nouvelle religion, car il est politique et se veut respectueux de l’ordre naturel (sinon limiter à celui-ci dans un premier temps), il est à lui-même une insuffisance religieuse et appelle à être dépassé. Vanter par-dessus le marché une fausse religion telle que l’islam en tant que tel serait chose délétère, tel un Napoléon fantasmant sur l’idée de conquête impériale de Mahomet au point de vouloir se «convertir» à l’islam en Égypte (Mémoire de Sainte-Hélène). Ce que le catholique ne peut accepter est que le culte religieux local s’impose en étant reconnu comme tel, non car la Vérité ne peut être qu’une. Ne soyons pas plus fascistes que le Duce !

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    Le Nassérisme

    « « Relève la tête, mon frère, car les jours d’humiliations sont passés. » Cette phrase qui eut convenu à l’Allemagne de 1934, c’est par elle que Nasser annonçait sur les murs du Caire en 1954 l’avènement d’une ère nouvelle.»

    «C’est un peule fier et pauvre qui ne veut plus de la domination des nantis.»

    «La structure de la république reproduit les caractères de la structure politique fasciste. Le chef de l’État réunit entre ses mains les différents pouvoirs (…) Les assemblées législatives ont disparu. Les partis politiques sont dissous et le contact est maintenant avec le peuple par l’intermédiaire d’un parti unique, l’Union Nationale. L’appui de l’opinion est évident et s’est manifesté plusieurs fois d’une façon éclatante. Les entreprises de presses sont nationalisées et contrôlées par le gouvernement.»

    «Le régime à été défini à plusieurs reprises comme un socialisme national autoritaire qui admet et protège la propriété privée, mais s’oppose à l’exploitation et aux monopoles. Une réforme agraire à morcelé les latifundia et les à distribuer aux petits propriétaires. L’économie est planifiée. Un mécanisme d’équipement national à été mis en place.»

    «Refusant le communisme parce qu’il est contraire et au génie de l’Islam, il refuse logiquement d’être un des pions du communisme sur l’échiquier mondial après avoir refusé de laisser le communisme s’installer sur le sol de l’Égypte.»

    «Le neutralisme de Nasser n’est ni agressif ni machiavélique. Il ne fait pas payer aux américains leur fausse manœuvre du barrage d’Assouan. Il ne louvoie pas d’un bloc à l’autre comme entre deux mâts de cocagne où sont accrochés des pourboires. Il constate simplement qu’il ne peut être l’allié ni de l’un ni de l’autre : et il refuse tout aussi bien à être l’ennemi de l’un ou de l’autre.»

    «L’Islam n’appartient pas plus au monde démocratique qu’au monde communiste, il est par son essence et son implantation un véritable « troisième monde ».»

    «Ce sont les fautes et les préventions de l’Occident qui ont confirmé à Nasser que sont régime était un « fascisme » et qui lui ont fait découvrir.»

    «Un mouvement fasciste porte en lui-même et fait porter à un son peuple une certaine image de l’homme qui commande une certaine image du monde. Il y a dans tout fascisme une morale et une esthétique, mais cette morale et cette esthétique sont conquérantes, et par là, tout fascisme est une religion. Cette mystique fasciste. Nasser et ses amis l’ont trouvée dans l’Islam qui est leur passé et qui est aussi, au sens le plus large et le plus complet du mot, leur culture. »»

    «La révolution nassérienne ce n’est pas seulement « Égypte éveille-toi », c’est la loi de Mahomet éveillant l’Égypte à la révolution nassérienne, c’est le Coran en marche.»

    «Il y a dans le Coran quelque chose de guerrier et de fort, quelque que chose de viril, quelque chose de romain pour ainsi dire. »
    « La croisade de Nasser est limitée comme le national-socialisme aux hommes d’un seul peuple (…) (quoique) chaque peuple incarne tour à tour dans l’histoire les vérités dont l’humanité à besoin et c’est ce qui fait, à un moment, son prestige et sa puissance. Chaque nation lorsqu’elle parle, porte sa race avec elle, mais elle ne parle pas pour elle seule.»

    « « Ô Dieu, Vous aimez les forts, Vous détestez les faibles… » dit le serment que Nasser fait prêter à la foule le jour de la proclamation de la République.»

    «Ils se souviennent que l’empire arabe dur ´empire de la beauté, et que les princes de leurs royaumes ne le cédaient en rien aux barons du Nord pour la justice est la courtoisie. Tel était le royaume des forts, tel était le royaume des guerriers. En ce temps-là, les usuriers n’étaient pas les maîtres et les légistes baisaient la babouche des émirs. Chaque chose était à sa place.»

    «Le fascisme de l’Islam à un sens parce qu’il y a un passé de l’Islam.»

    «Ce qu’on appelle la mystique fasciste des mouvements fascistes, ces ce réveil des cris de guerre perdus qui sommeillent au fond de nous.»

    Fidel Castro est-il fasciste ?

    «Pourquoi les fascistes qui reconnaissent, en général, sans difficultés le fascisme de Nasser sont-ils infiniment plus réticents sur le régime de Fidel Castro, et même très souvent résolument hostile à la nouvelle république de Cuba ?»

    «Il s’agit dans les deux cas d’une révolution nationaliste ayant pour objet de libérer le pays de la domination de l’étranger. Dans les deux cas, une dictature locale, un régime de concussion et de vénalité, une garde prétorienne, un système de terreur avaient été les instruments de l’exploitation capitaliste. Dans les deux cas, ce sont des hommes de la petite bourgeoisie qui conduisent le mouvement de libération, le peuple les appuie, les acclame au moment de la victoire, mais sans avoir joué un rôle décisif dans le combat (…) le désir de l’indépendance économique et politique s’exprime par une position neutraliste (…) leur action (aux deux régimes de Nasser et de Castro) est un exemple et développe une mystique de libération qui s’étend la règlement au-delà de leurs frontières.»

    «Les fascistes ont en horreur le colonialisme hypocrite des Américains. Ils trouvent très naturel que les peuples européens aient de colonies, car c’est un barrage sûr à l’implantation de régimes communistes.»

    «Voir Fidel Castro débarrasser son pays d’un dictateur hypocrite, d’une tutelle économique que les fascistes annoncent comme un danger pour l’avenir de leurs propres pays, ce n’est donc pas ce qui peut les émouvoir. Que Fidel Castro ait ensuite répliqué à des pressions économiques par une résistance énergétique, à des « sanctions » par des nationalisations, à des interventions par des expulsions (…).»

    «Ce n’est donc ni Fidel Castro ni la révolution castriste qui inspirent les réserves et la méfiance des fascistes, c’est l’esprit actuel de sa politique et de des méthodes de gouvernement.»

    «Une des différences remarquables entre la révolution de Nasser et le castrisme, c’est que le régime nassérien est issu d’un putsch militaire et celui de Castro d’une guerre de maquis. Cette différence ne suffie pas à classer l’Egypte parmi les pays fascistes et Cuba parmi les pays antifascistes. Une révolution fasciste peut naître du maquis.»

    «Le fascisme est un moyen de salut qu’on impose au peuple.»

    «Même lorsqu’il  (le fascisme)  procède au partage des terres, à la nationalisation des citadelles économiques, à la confiscation des fortunes mal acquises, mesures de démarrage que l’on retrouve aussi bien au début  des vrais fascismes qu’au début des démocratie populaires, le fascisme fait tout cela sans tolérer le désordre et l’anarchie, il impose ces mesures, il en contrôle le déroulement et la cadence, il ne permet jamais au peuple de déborder et de conduire.»

    «Un État fasciste met ses ennemis en prison, il peut devenir un état policier, il risque certes de le devenir, mais un tel régime, c’est toujours l’État en définitive qui décide quels sont ses ennemis, qui frappe, qui discrimine, qui jugule.»

    «On voit mieux aussi ce que sont cet esprit et ces méthodes qui sont étrangers à l’optique fasciste. Fidel Castro ne contrôle pas, ne conduit pas : ni führer, ni duce, ni caudillo, ni conducator, mais assis auprès du peuple, au milieu du peuple, le regardant faire. Ne voulant même d’abord être président de la république, ni président du conseil, mais regardant le peuple qu’il a libéré, avec confiance, avec joie, comme un père regarde ses enfants faire un tour de chevaux de bois regardant faire le peuple, parce qu’il a confiance dans le peuple. Le fascisme n’a pas confiance dans le peuple, voilà ce que nous révèle l’analyse des réactions fascistes à l’égard de Castro. Le fascisme, le vrai, veut la force du peuple et le bonheur du peuple, au moins cette sorte de bonheur qui lui permet d’avoir la force, il aime le peuple, mais il n’a pas confiance en lui.»

    «Les révolutions fascistes sont des révolutions de petits bourgeois qui ont le sérieux que les instituteurs, les agents-voyers, les quincaillers mettent dans leurs affaires et leurs vies. Cette classe proche du peuple a le sentiment de la justice, et elle ressent, plus fortement peut être que le peuple parce qu’elle est plus cultivée.»

    «Le fascisme, mouvement révolutionnaire par choix, par principe, est en même temps, et peut être sans le savoir, la forme la plus anti-revolutionnaire de l’action politique.»

    «L’ouvriérisme. La fierté des groupes néo-fascistes de posséder des ouvriers parmi leurs militant ou leurs cadres, la confiance avec laquelle ces ouvriers sont écoutés, la sympathie toute particulière qu’on lui manifeste, enfin la conviction naïve que l’ouvrier à toujours raison et que la réaction de la base est nécessairement juste, sont les signes par lesquels se manifeste le plus souvent ce complexe de classe du fascisme.»

    «Au contraire, dans les mouvements fascistes à recrutement ouvrier, aux débuts du doriotisme, par exemple, dans le « rayon de Saint-Denis » l’ouvriérisme n’a jamais eu cours.»

    «Le socialisme fasciste est (…) autoritaire par sa nature même et par conséquent il est nécessairement un socialisme antidémocratique.»

    «La volonté du peuple réside essentiellement dans les éléments les plus bruyants, dans les consciences les plus sommaires, dans les pétroleuses les plus véhémentes, dans la section des Picques, dans la population des bidonvilles : tel est le base d’élection de la volonté du peuple et le reste du peuple subitement n’est rien.»

    «Ce qui manque à Fidel Castro et qui fait la force de Nasser, ce qui désarme Fidel Castro en face du communisme et qui est l’arme de Nasser contre le communisme : Nasser, appuyé sur le coran, non pas comme sur une religion seulement, mais comme sur une culture, ressuscite toi un pan de l’histoire du monde et s’adresse à ce qu’il y a de plus profond dans chaque musulman (…) Tandis que Castro n’apporte rien de pareil, il arrive les mains vide, ne portant qu’un mot magique, celui de libération, boule de cristal merveilleuse dans laquelle il n’y a rien, qui parle seulement de vie meilleur, de salaires honnêtes et de justice, et c’est immense pour ces millions d’esclaves des pays d’Amérique, mais il n’y a rien au-delà de cet appel.»

    «Il n’y a pas de fascisme authentique là ou il n’y a pas une certaine conception originale de l’homme et de la vie, et même plus exactement résurrection d’une certaine image de l’homme qui suffit soudain du fond des temps comme ces reliefs de la mer que le déluge a recouvert mais qu’il n’a pas effacé : l’homme germanique dans le fascisme allemand, le légionnaire romain dans le fascisme italien, le guerrier maure dans le fascisme arabe. Le fascisme c’est une civilisation qui reparaît.»

    Les fascismes inattendus

    «Rien n’est plus répandu que le fascisme. On le trouve sous les plumages les plus inattendus.
    Si nous connaissons mieux les éléments divers qui composent le F.L.N., peut-être serait-on amené à regarder certains d’entre eux comme des prosélytes algériens du nassérisme. Mais les nécessités de la guerre n’ont-elles pas déporté vers le marxisme un mouvement originellement différent ?»

    «Il n’y a aucun compromis possible, en revanche (…) Les Français d’Afrique du Nord peuvent trouver un jour un terrain d’entente avec des hommes inspirés de l’esprit nassérien. (…) (Mais) l’analyse de ces versions locales ou personnelles du fascisme risque de nous entraîner un peu loin.»

    «Le capitalisme libéral (…) aboutit à une production désordonnée et surtout à un système de distribution anarchique reposant sur la frénésie de la vente à tout prix.»

    «La cohésion des États multi-raciaux, fondée autrefois sur la fidélité au Régime ou à la Dynastie, ne peut de nos jours s’établir que sur la Doctrine et le Parti.»

    «Il est certain que le fait d’avoir été un confesseur de l’hypocrisie libérale et humanitaire ou d’avoir figuré parmi se prébendiers, chanoines et porte-queues ne recommande pas tout spécialement un catéchumène à la confiance des honnêtes gens. Il en est de même pour les serviteurs, conseillers et lévites des citadelles capitalistes, qui leur doivent leur fortune et leurs privilèges, ainsi que pour ceux de la Synagogue : on peut croire à leur ingratitude, mais elle est ni solidité ni vertu, et leur apostasie sera toujours suspecte. Les opportunistes, les serres-fesses qui n’ont jamais eu le courage de leur opinion, les « résistants de septembre », les faisans de tout plumage, les cagots doucereux et modérés, les carriéristes et hypocrites, les beaux parleurs avantageux font partie, eux aussi, d’une faune que nous connaissons que trop et qu’il est peu souhaitable de revoir à l’œuvre.»

    «Il naîtra de faux fascismes. Car la démocratie est fourbue. Dans son agonie, elle aura des sueurs et des cauchemars : et ces cauchemars seront des tyrannies brutales, hargneuses, désordonnées. Il y aura des fascismes de l’anti-fascisme. (…)
    Tous les caractères extérieurs par lesquels les adversaires du fascisme le définissent, ils se retrouvent ou peuvent se retrouver dans les régimes antifascistes.»

    «Ceux qui portent l’idée fasciste, ce sont ceux qui sentent plus fortement que les autres, plus désespérément que les autres, cette manière de se sauver, ce secte dévié et de santé que chaque espèce zoologique garde comme un instinct au plus profond de sa conscience. C’est cela qu’il y avait de vrai dans le racisme allemand. Il y a des homes que la pureté de leur descendance, que leur enracinement au sol, que leur immobilité géographique pendant des siècles, leur immobilité de plante, rendent plus propre que les autres à sentier ce secret de vie et de sagesse qui vient du passé : c’est une raison pour les préférer, ce n’est pas une raison pour détruire les autres, bien entendu. Et cet instinct de ce qui est noble et sain, de ce qui est salutaire, cet instinct que la nature, que la sève a mis en nous, mais qui dort, qui ne s’éveille que pour quelques-uns, qui n’est une voix impérieuse que pour un petit nombre, c’est ce qui explique aussi que le fascisme se reconnaissent si fatalement en un homme providentiel. (…) On attend et on écoute celui qui sent en lui-même avec plus de force que les autres cet instinct que la race a mis en chacun de nous, on attend et on espère que l’un des enfants d’Israël recevra le don de porter la parole de Dieu.»

    «Maurras a cru qu’on pouvait reconstituer en laboratoire cet arbre dont les siècles avaient formaient l’aubier (la Monarchie). Mais la prudence des hommes peut-elle construire à la place du temps ? Et l’histoire de la Monarchie ne nous prouve-t-elle pas que la royauté elle-même repose comme le fascisme sur l’espérance du prince sage, et que ses plus beaux jours ont été ceux où elle a été guidée par ce despote éclairé que les hommes cherchent en vain parmi les capitaines qui les conduisent.»

    «Tout pouvoir est angoisse, et, quand l’heure sonne, les hommes sont aussi démunis contre le destin que contre la mort.»

    Le rêve fasciste

    « Les dictatures sont de tous les temps. Les Romains suspendaient les libertés de la république quand la patrie était en danger. La Convention en a fait autant. Le régime de « la patrie en danger » est un régime d’autorité imposé dans un cas grave pour assurer l’indépendance et le salut du pays. Les nations en guerre, les villes en état de siège, les pays divisés par la guerre civile sont nécessairement gouvernés suivant des méthodes autoritaires quel que soit le personnel politique qui se trouve alors en place. »
    « Cette conduite autoritaire (…) peut-elle devenir une méthode habituelle de gouvernement, une fois que le danger est passé ? Le fascisme consiste à répondre affirmativement à cette question. Les partis fascistes prétendent que c’est l’abus habituel de la liberté qui prépare les périodes dangereuses pendant lesquelles l’indépendance et la vie de la nation sont en péril. »

    «Le fascisme est, d’abord, une médecine empirique qui naît de la crise elle-même ou de la menace de crise. C’est ainsi qu’il a surgit dans tous les pays du monde et c’est pourquoi il a des visages si divers. Cette réaction de défense emprunte sa forme et son inspiration à l’image que les hommes les plus conscients et les plus vigoureux de chaque pays se font de leur passé et du génie de leur race. Tout fascisme est une réaction par rapport au présent et toute réaction fasciste est résurrection. Le fascisme est donc, par essence, nationaliste, ses aspirations profondes sont souvent intraduisibles pour les étrangers, il est parfois inexplorable.»

    «Au commencement de la guerre, le fascisme est nationaliste, arrogant, imperturbable. Il affirme le triomphe d’une certaine qualité humaine sur une certaine médiocrité humaine, il oppose ce triomphe à toutes les plaintes, il ne promet rien, il se soucie même peu qu’on l’admire et qu’on prétende l’imiter. Puis le caractère gigantesque de la guerre (…) ont amenés les fascistes à prendre conscience de la fragilité du fascisme (…) Le gouvernement d’Hitler parle de l’Europe (…) chez ceux qui combattent et ceux qui vivent le fascisme, l’idée du fascisme a un contenu nouveau, dramatique, qu’elle n’avait pas auparavant. On n’avait dit que le fascisme était la meilleure parade contre le communisme et qui l’était aussi la lutte contre le libéralisme destructeur. Mais, désormais, ils savent que le fascisme est un combat vital, une défense désespéré. Ils savent que la victoire fasciste est la seule chance de rétablir un troisième ordre, un troisième monde.»

    «L’idée de l’unité de l’Europe n’est pas seulement un thème de propagande : cette unité est nécessaire, elle est la seule voie de salut entre les deux monstres qui apparaissent : et si les fascistes perdent cette guerre, ils savent que cette unité ne sera jamais réalisée, car l’Europe sera une terre conquise.»

    «(L’idée fasciste) naît chez ceux qui combattent, chez ceux qui tombent, chez ceux qui seront, demain, proscrits et condamnés. Elle naît du sacrifice et bientôt de la persécution. C’est le baptême des idées devant l’histoire.»

    «Les démocraties et les pays communistes nous ont montré, par leur conduite de la guerre, qu’ils n’étaient pas le propre d’un camp, mais que tout le monde avait des actes criminels à se reprocher : de plus, l’invention de la guerre subversive et l’intervention illégales des civils par des actes de guerre.»

    «C’est cette image nouvelle de l’homme qui est essentielle (…) (ce qui est) à retenir dans une définition logique du fascisme. Le parti unique, les méthodes policières, le césarisme publicitaire (…) Le refus du contrôle et de la libre adhésion des masses, la fatalité des opérations de prestige et des raids militaires. Une direction ferme et stable de la nation, la primauté de l’intérêt national sur les intérêts privés, la nécessité d’une discipline loyalement acceptée par le pays, sont les véritables bases politiques du fascisme, celles qui se dégagent est sa définition même. Le pouvoir peut être exercé dans un État fasciste par un Comité central, un Conseil ou une junte aussi bien que par un chef désigné, son action n’est pas inévitablement brutale et abusive, elle peut être tolérante et souple, l’instrument politique essentiel du fascisme est le rôle qu’il reconnaît à une minorité de militants désintéressés et résolus, capable de donner l’exemple par leur propre vie et de porter le message d’une cité juste, loyale et honnête.»

    «Le fascisme, opposé à l’image de l’homme que se fait la démocratie une autre image, à la conception de la liberté que revendique la démocratie une autre conception.»

    «Le fascisme opposé à cette conception anarchique de la liberté une conception sociale de liberté. Il ne permet pas ce qui nuit à la nation. Il permet tout le reste.»

    «La liberté, c’est l’importation de n’importe quoi. Toute la pouillerie dont les autres peuples veulent se débarrasser, elle a aussi le droit de s’installer sur la steppe sans détour, d’y parler plus haut, d’y faire la loi et aussi de mêler à notre  sang des rêves négroïdes, des relents de sorcellerie, des cauchemars de cannibales qui tapisserons comme des fleurs monstrueuses des cervelles étrangères que nous ne reconnaîtrons plus : l’apparition d’une race adultère dans une nation est le véritable génocide moderne et les démocraties le favorisent systématiquement.»

    «Ces routes de la joie, le rêve fasciste veut les ouvrir à tous les hommes. Il n’y a pas de fascisme véritable sans une idée qui montre à tous les perspectives d’une œuvre grandiose.»

    «L’esprit du fascisme consiste avant tout à pénétrer chacun de la grandeur de la tâche accomplie par tous et à donner ainsi à chacun une joie intérieure, une occupation profonde, un objectif vital qui éclairera et transformera sa propre existence.»

    «Tout est aventure lorsqu’on y met l’esprit d’aventure.»

    «La démocratie distribue des prix d’excellence, elle met ses bons élèves au Panthéon : mais, en cent ans, elle n’a pas produit un seul héros.»

    «Les fascistes ne croient pas que l’homme soit naturellement bon, ils ne croient pas au progrès ni au sens irréversible de l’histoire. Ils ont cette idée ambitieuse que les hommes ont le pouvoir de faire , en partie du moins, leur destin. Ils pensent que les révolutions de l’histoire ont, certes, des causes et des préparations de toutes sortes, mais qu’elles ont été finalement déterminées et conduites par l’énergie d’un homme ou d’un groupe, sans lesquels ces révolutions n’auraient pas eu lieu (…) Ils croient notamment qu’il appartient aux responsables d’une action de développer dans leur peuple les qualités qui lui permettront de survivre et de ne pas plier devant l’adversité.»

    «Contrairement aux États démocratiques, les États fascistes n’hésitent pas à enseigner une morale. La volonté et l’énergie dont dispose la nation leur paraissant son capital le plus précieux, Ils mettent au premier rang et ils cultivent de préférence les qualités collectives qui forgent l’énergie nationale et la garantissent. Ils cherchent donc à développer comme qualités nationales la discipline le goût de l’ordre, l’amour du travail, le sentiment du devoir et de l’honneur. Dans la pratique des tâches quotidiennes, ses principes de la morale nationale s’expriment par le sens des responsabilités, le sens de la solidarité, la conscience des devoirs du commandement, le sentiment d’être à sa place dans un ordre accepté et dans une tâche importante. »

    «Ces qualités sont celles qu’on a exigées des hommes qui participent à des entreprises difficiles ou dangereuses, le courage, la discipline, l’esprit de sacrifice, l’énergie, vertus qu’on exige des soldats au combat, des pionniers, des équipages en péril. Ce sont des qualités proprement militaires et pour ainsi dire, animales : elles nous rappellent que la première tâche de l’homme et de protéger de dompter.»

    Conclusion du livre : «Le terme même de fascisme sombrera sans doute parce qu’il est trop chargé de calomnies, parce qu’il est perdu dans une mer de ténèbres entourée de brumes maléfiques. Qu’importe le mot ? L’ordre de Sparte, l’homme selon Sparte, c’est le seul bouclier qui nous restera nous le savons tous, quand l’ombre de la mort se lèvera devant l’Occident. C’est Lénine qui prophétisait que le fascisme serait la dernière forme que prendraient pour survivre les sociétés qui ne capituleraient pas sans combat devant la dictature communiste. Si l’occident n’a plus de forces, s’il disparaît comme un vieillard qui se noie, nous ne pouvons rien pour lui. Mais s’il se dresse pour se défendre, la prophétie de Lénine se réalisera. Sous un autre nom, sous un autre visage, et sans doute sans rien qui soit la projection du passé, figure d’enfants que nous ne reconnaîtrons pas, tête de jeune Méduse, l’ordre de Sparte renaîtra : et paradoxalement, sans doute, sera-t-il le dernier rempart de la Liberté et de la douceur de vivre.»


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    […] Seconde partie mondiale. […]


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