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Publié le par Florian Rouanet
S’il est naturel de célébrer les fleurs du printemps ou la chaleur de l’été, l’automne s’impose comme une saison, aux apparences tristes, mais tout autant poétique, riche de nuances et de significations. Avec ses couleurs flamboyantes, son air frais et ses jours qui s’étirent doucement vers l’hiver, l’automne invite l’âme à la contemplation et au recueillement.
Voici une sélection de poèmes littéraires célèbres, accompagnés de peintures, pour vous explorer les multiples facettes de cette saison, à la fois lumineuse et mélancolique. À travers ces œuvres, l’automne devient le miroir de nos émotions, de nos difficultés et le théâtre d’une introspection « douce-amère » !
I. « L’Automne » d’Alphonse de Lamartine (1790-1869)
Lamartine, figure incontournable du romantisme français, offre dans ce poème une vision sublime et sublimé de l’automne. Il y mêle la description de paysages apaisés à une réflexion profonde sur le passage du temps.
Extrait :
Salut, bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards.Lamartine associe ainsi l’automne à une beauté éphémère qui apaise l’âme et nourrit une méditation paisible sur la vie.
Peinture associée :
« Forêt en automne » (1834) – Théodore Rousseau
II. « Chanson d’automne » de Paul Verlaine (1844-1896)
Verlaine capture dans ce poème l’essence même de l’automne à travers une « chansonnette » mélancolique qui évoque la langueur des jours et l’écho des souvenirs.
Extrait :
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.Avec ses vers fluides et sa simplicité émotive, Verlaine offre un portrait littéraire poignant de l’automne comme une saison propice à l’introspection.
Peinture associée :
« Sous-bois en automne » (1886) – Alfred Sisley
III. « Ode à l’automne » de John Keats (1795-1821)
Dans cette ode magistrale, le poète romantique anglais célèbre l’abondance et la générosité de l’automne. Keats y voit une saison d’accomplissement et de sérénité, avant l’entrée dans l’hiver.
Extrait (traduit) :
Saison des brumes et des moissons lumineuses,
Compagne intime du soleil qui décline,
Planifiant avec lui comment surcharger
De fruits et de fleurs les vignes qui s’élancent.Keats dépeint un automne presque divin, où la nature semble ralentir dans un élan de perfection et de plénitude.
Peinture associée :
« Coucher de soleil en automne » (1865) – Gustave Courbet
IV. « Les Feuilles mortes » de Jacques Prévert (1900-1977)
Dans ce poème emblématique, Prévert associe l’automne au thème des souvenirs et des amours passés, faisant de cette saison une métaphore de la mémoire.
Extrait :
Ô je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.À travers une poésie accessible Prévert évoque l’automne comme un moment de nostalgie, où le temps semble suspendu.
Ce poème est inclus dans le recueil Paroles (1946). Le texte complet est disponible sur le site de l’éditeur Gallimard ou dans les librairies proposant ce recueil.
Peinture associée :
« Paysage d’automne » (1890) – Camille Pissarro
V. « Ballade de l’automne » de François Coppée (1842-1908)
François Coppée, poète du « petit peuple », célèbre l’automne comme une saison empreinte de simplicité et de beauté silencieuse.
Extrait :
L’automne ! L’automne adorable !
Regret des bois, des cieux, des mers,
Saison des rêves ineffables
Et des grands couchants éclatants et amers.Coppée voit dans l’automne un moment propice aux rêves et aux regrets, où la nature en mutation inspire une douceur mêlée de tristesse.
Ce poème peut être consulté dans les recueils de poésies de François Coppée disponibles en librairie ou en bibliothèque.
Peinture associée :
« L’Automne à Louveciennes » (1871) – Camille Corot
VI. « La Feuille » de Victor Hugo (1802-1885)
Victor Hugo, dans ce poème extrait de Toute la lyre, sublime l’image de la feuille morte, devenue symbole du passage du temps et des cycles de la vie.
Extrait :
La feuille d’automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant.
[…] Du soleil que l’on cueille au souffle du matin,
Rien ne reste, et ce monde est un éternel bain.Pour Hugo, l’automne est une saison de transition et d’équilibre, où la nature prépare son repos tout en offrant un spectacle d’une grande beauté.
Peinture associée :
« L’Allée dans la forêt en automne » (1871) – Gustave Caillebotte
Ces poèmes et peintures, chacun à leur manière, célèbrent l’automne comme une trimestre unique, à la croisée de l’épanouissement et du déclin des feuilles, plantes et végétations.
L’automne, avec ses couleurs chatoyantes, orangées et sa lumière dorée, devient une muse intemporelle, propice à la contemplation de la nature et des mystères de la Divine Création.Pour prolonger cette immersion poétique, explorez les musiques et œuvres consacrées aux quatre saisons, notamment Les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi.
Autres poèmes sur les quatre saisons
Hiver, tiré des quatre saisons de Antonio Vivaldi
https://youtu.be/pyu8AqftlSI?si=0f0LWZkrQmbkzzZm

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