• Analyse mesurée à propos de mon exposé « La race d’un point de vue catholique » (par Milites Virginis Mariæ)

  • Note préliminaire

    En deux heures, M. Rouanet ne peut pas avoir le temps de tout traiter, et ce avec une pleine exhaustivité, et il ne peut pas non plus éviter quelques approximations de langage : il est certes aisé de critiquer ces manquements, soyons toutefois indulgents. D’ailleurs, il admet à la fin de l’exposé qu’il n’a pas en main beaucoup de sources, en particulier exégétiques – c’est-à-dire de sources qui concernent les Saintes Écritures. Aussi, l’un des buts de cet exposé était de démontrer aux « nationalistes » (notamment néo-païens) que l’Église catholique n’était pas « antiraciste » au sens moderne : l’Église n’est pas dans une simple approbation sans réserve de tout ce qu’on dit sur la race ; mais elle a une approche mesurée et fondée sur la primauté de Dieu et sur la soumission au réel. Que M. Rouanet soit ici remercié pour son travail (vidéo en bas de l’article).

    Bref commentaire

    Cet exposé est un bon aperçu, une bonne « synthèse » autour de la question raciale d’un point de vue catholique. Il manquerait à notre goût quelques meilleures références historiques : les sources données pour étayer son point de vue peuvent sembler un peu courtes (surtout aux « spécialistes de la question raciale d’un point de vue catholique » ; s’il en existe d’ailleurs ; ce que nous ne sommes pas nous-mêmes).

    Par exemple, concernant la malédiction de Cham et des Africains, La caverne des trésors en parle, mais ce n’est pas une source officiellement reconnue comme étant inspirée par l’Esprit-Saint : ainsi on ne peut pas, avec une certitude absolue, être certain que ce soit une malédiction (quand bien même maints auteurs, notamment du XIXème siècle, l’ont évoqué – comme Mgr Gaume pour ne citer que lui). D’ailleurs, le Talmud aussi parle de cette malédiction (la filiation entre les théories racialistes modernes et la théosophie talmudique étant réelles – nous renvoyons aux quelques modestes articles publiés sur le site Fide Catholica). A propos de l’ignorance des doctrines talmudiques, il faut bien comprendre que le « racialisme » de l’Ancien Testament était dû au fait que l’exclusivisme de l’Ancien Israël était justement un type du Nouvel Israël, tout aussi exclusif, mais désormais universel. Il faut bien comprendre cela, toutes ces choses sont bien mieux expliquées que nous par les Pères de l’Église et les Docteurs les plus divers.

    Quant à l’affirmation quelque peu hâtive selon laquelle « l’Eglise a béni les mouvements de limpieza de sangre », ceci n’est pas entièrement vrai. En effet, Humani generis inimicus du pape Nicolas V interdisait la discrimination envers les conversos réellement chrétiens, bien qu’il n’interdisait pas les mesures de protection en cas de doute, ce qui était la norme dans la plupart des cas. Voilà pourquoi les Papes postérieurs, Alexandre VI et Nicolas V ont quand même validé les lois de limpieza de sangre (littéralement « pureté de sang »). Cependant c’est un sujet délicat qui devrait être abordé avec beaucoup de finesse. Il est possible que l’Église ait toléré ces pratiques dans certaines conditions notamment à cause de la réalité, ancienne, du développement des doctrines kabbalistiques dans ces régions et de la possible influence d’un certain nombre de puissants marranes infidèles.

    Par ailleurs, un concile particulier, lequel n’est donc pas frappé du sceau de l’infaillibilité, a plus récemment (par rapport à Humani generis inimicus du pape Nicolas V bien sûr) évoqué, mais très brièvement, la question raciale après la fin de la guerre de Sécession aux États-Unis d’Amérique. En effet, le concile de Baltimore (Maryland, États-Unis d’Amérique, 1866 ; alors qu’il eût dû se tenir en 1862 ; mais à cause de la guerre de Sécession, 1861-1865, il ne se tint finalement qu’en 1866), dont le contenu fut étudié et corrigé, quand c’était nécessaire, par la Congrégation de la Propagande, écrit en son 4ème décret de sa partie Des moyens de procurer le salut des âmes une question ouverte aux évêques des États-Unis s’il ne vaut pas mieux construire une église spécialement pour les « nègres » (ce mot n’était pas péjoratif) : « Le 4ème décret parle des nègres et surtout de la question, à savoir, s’il est mieux de leur bâtir des églises séparées ou de les recevoir dans les églises avec les autres fidèles. Le Concile laisse chaque évêque libre de décréter sur ce point ce qu’il estimera le plus salutaire. » (Les conciles généraux et particuliers, tome III n°2, Conciles du XIXème siècle, p. 823). De prime abord, cela pourrait surprendre. Mais on est à la toute fin de la guerre de Sécession et le Nord et le Sud des États-Unis sont à peine « réconciliés » que sévissent notamment plusieurs problèmes sociaux liés aux esclaves libérés (ou pas). Cette question a donc pu se poser aux États-Unis et à cette période là de son histoire peut-être (nous écrivons cela car les documents dont nous disposons n’indiquent rien de spécial à cet égard ; si des gens sont « spécialistes », ce serait intéressant qu’ils nous contactent – par notre page Facebook) pour des raisons de « bien commun » et de « paix » (la paix, c’est la « tranquillité de l’ordre » écrivait saint Augustin) d’autant plus que, bien que catholiques blancs américains et catholiques noirs afro-américains eussent la même foi, les deux populations n’avaient pas la même culture ni la même histoire.

    On l’a dit plus haut, M. Rouanet s’adresse au « milieu nationaliste », toutes « tendances confondues » donc, pour rendre plus objectif la question raciale d’un point de vue catholique, souvent caricaturée et défigurée par quelques gens malhonnêtes (« l’Église catholique est gauchiste » car « le Pape l’est », etc.) D’ailleurs, ces mêmes gens font preuve de beaucoup d’irréalisme concernant la légitimité de Jorge Mario Bergoglio, prétendu pape de l’Église catholique : est-ce que ces gens prennent la mesure de la situation de l’Église, de ce châtiment, de ses causes ? Est-ce que ces gens prennent conscience de toutes les passions qui ont amené à cette situation de chaos généralisé ? Voilà pourquoi nous sommes « racistes », comme M. Rouanet, comme tout le monde d’ailleurs, mais seulement « raciste » selon le dogme catholique. Et il est clair qu’un peuple d’apostats est inférieur à un peuple de croyants. Chaque catholique peut tenir pour des idées politiques tant qu’elles ne contreviennent en au règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ : il est clair qu’on peut, comme l’Église l’enseigne, préférer, pour soi-même ou pour ses enfants, se marier avec des gens de notre nation ou race, comme d’ailleurs on peut préférer se marier ou marier ses enfants avec telle autre nation/race pour d’autres raisons tout aussi légitimes (l’histoire nous montre parfois des mariages « scellant » des alliances politiques). Il serait cependant démagogique d’essentialiser des situations ou des comportements comme s’ils étaient essentiels à la foi, ou s’ils correspondaient tout simplement au progrès de la Sainte Révélation. En bref, le libéralisme n’est pas seulement un péril de « gauche » mais aussi de droite, peu importe qu’on se proclame ultra-nationaliste radical, racialiste, etc.

    A un moment, dans les questions-réponses, il est affirmé, sans précision cependant, qu’il est permis aux catholiques de se marier avec des non-catholiques, ce qui n’est pas tout à fait exact, du moins pas sans l’autorisation de l’ordinaire du lieu (et maints conciles particuliers sanctionnaient ces mariages).

    Enfin, remarquons que la question de la race d’un point de vue catholique se pose souvent par rapport à ce qui s’est passé le siècle dernier. Voici une réponse à certaines personnes qui pourraient dire ou se dire « oui mais de toute façon tout ce qui s’est vu historiquement au XXème siècle est bon à jeter à la poubelle », ou, pour résumer, sur la non-nécessité de reprendre les idéologies du vingtième siècle – nous faisons référence ici au national-socialisme, au fascisme et au nationalisme.

    D’accord et désaccord. D’accord dans le sens où la Vérité dépasse les systèmes humains, et qu’on a pas, en tant que Catholiques, à dépendre intrinsèquement d’idéologies, aussi « brillantes » soient-elles. Notre vision du monde doit être d’une autre amplitude, celle de la vision en Dieu des choses. Désaccord, dans le sens où l’expérience qui a été faite de ces régimes doit nous servir, que ce soit les actions négatives de ces régimes comme avertissements (l’Aktion T4, etc.) ou les actions positives comme inspiration. Le problème récurrent qui existe avec l’antifascisme (au sens générique du terme ; sinon à l’antinazisme, à l’antisalazarisme, etc.), ce n’est pas d’abord l’aspect « critique » envers ces doctrines, mais l’aspect idéologique. L’ »antinazisme » peut être aussi idéologique que le « nazisme », car comme les défenseurs absolus et idéologiques de ces régimes, ils ont tendance à ne voir que le côté qui les arrange, en l’occurrence les mauvais aspects de ces régimes… Et il nous semble que ce n’est pas comme ça qu’on parviendra à surmonter la fascination passéiste envers eux, mais en apportant un regard objectif, comme les hommes d’Église l’ont toujours fait pour tous les régimes, même les pires comme celui de Julien l’Apostat dont les historiens de l’Église ont souligné aussi bien les défauts et les vices que les vertus, mais c’était avant l’apparition de la démocratie globale, et de l’idéologisation qui l’accompagne nécessairement.

    En guise de conclusion

    Concernant les différentes races humaines, certaines idées véhiculées dans le « milieu nationaliste » sont fausses philosophiquement et théologiquement parlant, et peuvent induire une mentalité et comportement non conformes à l’esprit du Christ.

    Philosophiquement, l’individuation de l’âme est un fait qui implique des inégalités, mais elle n’induit pas une quelconque infériorité ou supériorité de telle ou telle race (contrairement à ce que pensent, pour le coup… les Juifs).

    Théologiquement (et historiquement), nous avons tous une même origine : Adam et Ève. De même, on ne peut s’appuyer sur des malédictions de l’Ancien Testament pour considérer certaines races comme des races d’esclaves ; ce qui serait par ailleurs avoir encore une mentalité juive ; comme nous en avons parlé plus haut. Le Christ est venu, Il a institué l’Église et, tous les peuples sans exception sont appelés à en faire partie (« en Lui seront bénites toutes les nations de la terre »), et dans l’Église « nous servons un même Seigneur et militons sous un même Roi », « ce qui nous distingue c’est notre degré d’avancement dans la grâce et dans la vertu », selon la pensée de saint Benoît qui ne fait que reprendre saint Paul. Au cours de l’histoire de l’Église, il y a toujours eu un mélange de peuples et donc de races (dès le jour de la Pentecôte : voir le texte des Actes des Apôtres), être opposé par principe à un métissage n’a pas vraiment de sens d’un point de vue chrétien. Alors, il est vrai que, de nos jours, nous sommes littéralement envahis par des peuples étrangers. Il est vrai que, derrière cette invasion, il y a, à la fois une volonté juive (à peine celée par ces déicides) de détruire ce qui reste de la chrétienté, et une volonté maçonnique de créer une anti-Église qui rassemble matériellement tous les peuples dans une pseudo-fraternité universelle. Cependant, on ne lutte pas contre l’erreur par une erreur opposée, on ne lutte pas contre le mal par un mal opposé. Le problème n’est pas, en soi, un problème de mélange des races, le problème est un problème de mélanges des religions qui sont reléguées au rang de cultures : l’interculturalité promue aujourd’hui par les gouvernements et par les pseudo-autorités de l’Église, c’est le véritable problème (petite précision, afin que le message soit correctement compris : nous écrivions bien ci-dessus en soi, il reste qu’il ne faut pas ensuite évacuer le problème de la liaison entre métissage et multiculturalisme. Le métissage de masse amène nécessairement la multiculturalité et l’abaissement des mœurs par la déshumanisation des hommes qui n’ont donc plus une culture cohérente. Il existe des saints métis bien sûr, mais il y a une liaison entre la culture et la race, et dire que le danger vient de l’interculturalité, c’est ne pas parler du fait que cette interculturalité peut aussi provenir d’une société fortement métissée). Il nous faut lutter en étant intégralement catholiques, en affirmant la Vérité contre l’erreur, la Vraie Religion contre les fausses religions, sans mépris, sans ressentiments contre les sectateurs des fausses religions, avec Charité et en priant pour eux. Les premiers chrétiens doivent être nos modèles, évidemment eu égard aux circonstances différentes de la situation actuelle (mutatis mutandis).

    L’exposé « La race d’un point de vue catholique » par Florian Rouanet :

    Source


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