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Publié le par Florian Rouanet
Le catholicisme est « exotérique » en ce sens qu’il est ouvert et manifeste, non un mystère ésotérique réservé aux seuls initiés. L’Église et les rites de la foi se déploient aux yeux de tous, dans la pleine lumière de la vérité. Rien n’est dissimulé ni complexe pour le fidèle qui s’avance en toute confiance : le catéchisme lui est offert, clair et accessible.
Il semble qu’on ait ici des réminiscences d’Étienne Couvert, dont l’influence n’étonnerait guère. L’on y retrouve cette pensée qui souligne l’absolu de la conscience individuelle, presque érigée en divinité nouvelle, avec un centre de gravité autonome autour duquel l’individu graviterait.
La justesse de l’observation de feu Mgr Tissier de Mallerais est frappante. Tout ce qui n’est pas catholique n’est certes pas nécessairement gnostique, mais il est indubitable que le gnosticisme ne peut se concilier avec le catholicisme. Les anciens paganismes européens, tout comme certaines spiritualités asiatiques, en sont par ailleurs exempts ; en revanche, le néo-paganisme (évolien ? guénonien ?) moderne et le bouddhisme en contiennent des traces davantage visibles.
La gnose nourrit une hostilité viscérale envers la Création. Elle refuse que l’âme s’incarne, haïssant ainsi l’enfant et le mariage procréatif, préférant glorifier la luxure en tant que curieuse « évasion spirituelle ». C’est en cela que notre époque est empreinte de gnosticisme, rejetant l’ordre naturel et célébrant l’individualisme et la jouissance stérile.
Cependant, il existe divers degrés de cette imprégnation gnostique. Tous les gnostiques n’épousent pas pleinement cette haine de la procréation et du corps. L’islam, par exemple, pourrait être analysé comme une gnose affaiblie, bien que la racine anti-procréative n’y demeure point.
Ainsi, le thomisme apparaît comme un rempart contre cette dérive, une arme intellectuelle, philosophique et théologique, contre cette vision dévoyée, souvent franc-maçonnique, rappelant que la création divine et l’incarnation de l’âme sont des réalités belles et voulues par Dieu.
Et cela est fort important, lorsque l’on constate que dans notre milieu, des éléments, et non les moindre, ont été touchés par de telles doctrines manichéennes, à l’instar de Gustave Thibon et les conspirationnistes « balzaciens ».☧
« Cette nouvelle religion n’est rien d’autre, bien chers fidèles, qu’une GNOSE. Je pense que c’est le mot qui la caractérise parfaitement, puisque c’est une religion sans péché, sans justice, sans miséricorde, sans pénitence, sans conversion, sans vertu, sans sacrifice, sans effort, mais simplement une auto-conscientisation. C’est une religion purement intellectualiste, c’est UNE PURE GNOSE ».
[…] « Rejetons avec horreur, bien chers fidèles, bien chers ordinants, cette religion naturaliste, intellectualiste, qui n’a rien à voir avec la religion catholique, et soyons au contraire bien fermement, toujours plus fermement persuadés de la raison de notre combat, de la raison de notre sacerdoce ».
Écône, Suisse, 27 juin 2002, Sermon des ordinations par Mgr Tissier de Mallerais.


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