• Sermon contre la gnose – Mgr Tissier de Mallerais



    Le catholique doit être anti-gnostique

  • Le catholicisme est « exotérique » en ce sens qu’il est ouvert et manifeste, non un mystère ésotérique réservé aux seuls initiés. L’Église et les rites de la foi se déploient aux yeux de tous, dans la pleine lumière de la vérité. Rien n’est dissimulé ni complexe pour le fidèle qui s’avance en toute confiance : le catéchisme lui est offert, clair et accessible.

    Il semble qu’on ait ici des réminiscences d’Étienne Couvert, dont l’influence n’étonnerait guère. L’on y retrouve cette pensée qui souligne l’absolu de la conscience individuelle, presque érigée en divinité nouvelle, avec un centre de gravité autonome autour duquel l’individu graviterait.

    La justesse de l’observation de feu Mgr Tissier de Mallerais est frappante. Tout ce qui n’est pas catholique n’est certes pas nécessairement gnostique, mais il est indubitable que le gnosticisme ne peut se concilier avec le catholicisme. Les anciens paganismes européens, tout comme certaines spiritualités asiatiques, en sont par ailleurs exempts ; en revanche, le néo-paganisme (évolien ? guénonien ?) moderne et le bouddhisme en contiennent des traces davantage visibles.

    La gnose nourrit une hostilité viscérale envers la Création. Elle refuse que l’âme s’incarne, haïssant ainsi l’enfant et le mariage procréatif, préférant glorifier la luxure en tant que curieuse « évasion spirituelle ». C’est en cela que notre époque est empreinte de gnosticisme, rejetant l’ordre naturel et célébrant l’individualisme et la jouissance stérile.

    Cependant, il existe divers degrés de cette imprégnation gnostique. Tous les gnostiques n’épousent pas pleinement cette haine de la procréation et du corps. L’islam, par exemple, pourrait être analysé comme une gnose affaiblie, bien que la racine anti-procréative n’y demeure point.

    Ainsi, le thomisme apparaît comme un rempart contre cette dérive, une arme intellectuelle, philosophique et théologique, contre cette vision dévoyée, souvent franc-maçonnique, rappelant que la création divine et l’incarnation de l’âme sont des réalités belles et voulues par Dieu.
    Et cela est fort important, lorsque l’on constate que dans notre milieu, des éléments, et non les moindre, ont été touchés par de telles doctrines manichéennes, à l’instar de Gustave Thibon et les conspirationnistes « balzaciens ».

    « Cette nouvelle religion n’est rien d’autre, bien chers fidèles, qu’une GNOSE. Je pense que c’est le mot qui la caractérise parfaitement, puisque c’est une religion sans péché, sans justice, sans miséricorde, sans pénitence, sans conversion, sans vertu, sans sacrifice, sans effort, mais simplement une auto-conscientisation. C’est une religion purement intellectualiste, c’est UNE PURE GNOSE ».

    […] « Rejetons avec horreur, bien chers fidèles, bien chers ordinants, cette religion naturaliste, intellectualiste, qui n’a rien à voir avec la religion catholique, et soyons au contraire bien fermement, toujours plus fermement persuadés de la raison de notre combat, de la raison de notre sacerdoce ».

    Écône, Suisse, 27 juin 2002, Sermon des ordinations par Mgr Tissier de Mallerais.


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  • 7 commentaires




    L'Islam est anti-gnostique, anti-individualiste et exotérique (De la part d'un musulman traditionnaliste et pratiquant). Par contre, le Christianisme primitif fut une forme gnostique et mystique.


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    Bonjour Amine, Je crois savoir que l'on y retrouve des traces à divers degrés. Pour ce qui est du christianisme primitif, à la limite dans certains évangiles apocryphes (ainsi non reconnus de l'Eglise catholique) comme celui de Thomas, lequel semble influencer le Coran (notamment le passage où Issa fabrique des oiseaux en argile, à qui il donne vie en soufflant dessus), ou encore dans ledit judéo-christianisme des premiers siècles, les juifs convertis pouvant difficilement faire abstraction de leur culture j'imagine... Mais les judéo-nazaréens ne sont pas spécialement les chrétiens bien convertis, ils ont eux aussi leur évangile apocryphe moderne pas certains aspects (bio végan !). L'exotérisme peut aussi faire ressortir l'influence de René Guénon par ailleurs. Le sujet est ainsi complexe. Mais plus que le père Olaf, parlant de religion judaïsante, ou de saint Paul d'ailleurs (l'interdiction du porc fait partie des anciennes lois juives), je reprends Étienne Couvert qui a traité de la gnose. Ce dernier disait à propos de l’islam, qu’il s’agissait du principal véhicule de la gnose orientale durant la période médiévale. Cdlt,


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