• Gonzague de Reynold : parcours suisse, européen et catholique



    Contribution helvétique à la politique catholique

  • Enfance et formation :

    Gonzague de Reynold est né en 1880 à Fribourg, en Suisse, dans une famille aristocratique catholique. Il reçoit une éducation classique et développe très tôt une passion pour l’histoire et la culture européennes. Profondément attaché à la foi catholique, Reynold s’inscrit dans un courant de pensée traditionaliste, également contre-réformiste et contre-révolutionnaire, mais également impérialiste, étant imprégné des principes chrétiens et des humanités gréco-latines. Cet ancrage marquera toute sa vie intellectuelle et politique.

    Seconde Guerre mondiale

    Durant la Seconde Guerre mondiale, Gonzague de Reynold multiplie les contacts avec des intellectuels catholiques en Belgique et en France. Il prône alors un modèle d’Europe reconstruite par une élite catholique, dans l’esprit d’une « fédération européenne », héritière de l’Empire romain et de la Chrétienté, mais adaptée à une forme contemporaine, ce qui le rapproche grandement de Hilaire Belloc.

    Reynold pense que l’Allemagne socialiste-nationale finira par revenir au christianisme, il soutient que « des solutions chrétiennes doivent être trouvées », prenant pour exemple le régime de Salazar au Portugal.

    Cela révèle son espoir de voir l’Europe retrouver son unité spirituelle autour de la foi catholique, après les désastres de la guerre.

    Après-Guerre

    Après 1945, Reynold se consacre à la défense de la civilisation européenne dans le cadre de l’après-guerre. Derechef, il milite pour une renaissance de l’Europe basée sur ses racines chrétiennes, dénonçant le matérialisme et le libéralisme comme des forces destructrices et massives des valeurs traditionnelles. Ainsi, seule une Europe unie par la foi et la culture chrétiennes peut faire face aux idéologies modernes et totalitaires.

    Son Comportement face à la Suisse, l’Europe et le Catholicisme

    Reynold défend une vision de la Suisse comme modèle de coexistence pacifique entre différentes cultures et langues, tout en la plaçant dans le cadre d’une Europe des patries. Il se bat pour une Europe respectant les particularismes nationaux mais unie par des valeurs chrétiennes communes. Profondément catholique, Reynold voit dans le catholicisme le socle de la civilisation européenne. Il dénonce le déclin spirituel de l’Europe, lequel se profile toujours plus.

    -*-

    Analyse de « La Formation de l’Europe »

    L’œuvre magistrale de Gonzague de Reynold, « La Formation de l’Europe », est un projet en plusieurs volumes, retraçant l’histoire de la civilisation européenne à travers ses différentes phases et influences ethniques. Reynold y défend une conception de l’Europe ancrée dans ses racines chrétiennes et antiques, en particulier.

    I. Qu’est-ce que l’Europe ? (1944)

    Reynold introduit ici la définition de l’Europe, qu’il considère avant tout comme une civilisation née de l’alliance entre la philosophie grecque, l’organisation romaine et la foi chrétienne. Il critique les idéologies modernes pour leur déconstruction de ce même héritage.

    > « L’Europe, c’est d’abord un esprit, celui de la pensée grecque ; une organisation, celle de l’Empire romain ; et une foi, celle du christianisme. »

    II. Le Monde grec et sa Pensée (1944)

    Dans ce volume, Reynold examine l’influence des Grecs antiques, notamment dans leur apport universel en philosophie et en politique, tout en soulignant que cet héritage n’a pu former l’Europe qu’en étant assimilé par d’autres cultures, particulièrement celles romaine et chrétienne.

    III. L’Hellénisme et le Génie européen (1944)

    Ce volume approfondit l’influence de l’hellénisme sur l’Europe. Reynold loue l’art grec et la pensée rationnelle, mais considère que seule l’intégration de ces éléments dans le cadre chrétien a permis la véritable naissance de l’Europe.

    IV. L’Empire romain (1945)

    L’Empire romain, vu par Reynold, et les faits, a permis la diffusion de la culture grecque et l’unification de l’Europe sous une forme politique durable. Il met en lumière l’importance du droit romain et de l’administration, qui ont laissé des traces profondes dans l’organisation européenne.

    V. Le Monde barbare : Les Celtes (1949)

    Ce volume se concentre sur les Celtes d’Europe et leur contribution à l’identité européenne, notamment par leur influence sur les cultures locales en Gaule et dans les îles britanniques : sa vision des Celtes en fait des acteurs essentiels de la formation des identités européennes.

    VI. Le Monde barbare : Les Germains (1953)

    Reynold décrit ici l’apport des peuples germaniques, qui, malgré leur « barbarie initiale », ont su adopter et adapter les valeurs gréco-romaines et chrétiennes, contribuant ainsi à l’essor de la Chrétienté médiévale, principalement en administrant un bel empire.

    VII. Le Monde russe (1950)

    Reynold y étudie la Russie comme une civilisation à part, à la fois européenne et asiatique. Il montre comment la Russie a contribué à l’histoire européenne et au monde blanc, tout en étant influencée par des éléments slaves et extérieurs à la tradition gréco-romaine.

    VIII. Le Toit chrétien (1957)

    Le dernier volume est une réflexion sur le rôle du christianisme dans l’unification de l’Europe. Reynold y critique l’éclatement de la Chrétienté, en particulier après la Réforme, et insiste sur l’importance du catholicisme comme ciment de l’unité véridique et continentale.

    > « L’Europe fut construite sous le signe de la Croix ; elle ne pourra se relever qu’en retrouvant la foi qui l’a engendrée. »

    -*-

    En résumé, Gonzague de Reynold a été un fervent et ardent défenseur de l’Europe catholique et traditionaliste, faite d’unité impériale, civilisationnelle et de patries charnelles.

    Gonzague de Reynold, Swiss writer and professor, 1955 Gonzague de ...


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 5 commentaires




    Est-ce que pour ce suisse, le 3éme Reich n'était pas profondément chrétien ???? Je m'en doute.


    Répondre

    Il semble avoir eu quelques sympathies, et notamment par "européisme". Cela dit, la panacée pour lui se trouvait davantage dans le "salazarisme", type de gouvernement autoritaire catholique classique.


    Répondre

    […] présentes, à travers nos récentes réflexions et autres relais d’intellectuels de ce courant (le suisse Gonzague de Reynold, le britannique Hillaire Belloc, […]


    Répondre

    […] Gonzague de Reynold : parcours suisse, européen et catholique […]


    Répondre

    […] Gonzague de Reynold : parcours suisse, européen et catholique […]


    Répondre