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Publié le par Florian Rouanet
« Laon n’était dans l’origine qu’un château fort situé au sommet d’une montagne escarpée. Clovis y fit construire un certain nombre de maisons, et Saint Rémi y établit un évêché. La ville s’agrandit insensiblement et devint au Xe siècle la résidence des rois, dont le domaine ne s’étendait guère au delà des limites du compté de Laon. Comme beaucoup de villes anciennes, elle est généralement mal bâtie ; mais elle est entourée de belles promenades, d’où l’on jouit de points de vue magnifiques.
Saint-Gobain possède la manufacture de glaces la plus renommée de la France et de toute l’Europe, par la beauté, la netteté, la solidité et la dimension de ses produits. Cette manufacture a été établie en 1691 dans l’ancien château des sires de Coucy. Il reste de cette forteresse, bâtie en 1598 par Enguerrand de Coucy, une tour dont la hauteur et la masse donnent une idée des redoutables manoirs de la noblesse féodale. Les murailles ont sept mètres d’épaisseur et la tour n’a pas moins de cinquante-neuf mètres d’élévation. Ces ruines ont été achetées en 1829 pat Louis-Philippe, alors duc d’Orléans.
C’est à Chauny, village peu éloigné de Saint-Gobain, que sont polies les glaces sorties de cette manufacture. On les transporte ensuite par eau jusqu’à Paris.
La Fère a une école d’artillerie, la plus ancienne de France, un arsenal et des fortifications qui en font un poste militaire important.
Château-Thierry doit, à ce qu’on assure, son nom à un château fort que Charles Martel fit construire pour le jeune Thierry IV, qu’il lui avait plu de couronner. L’ambitieux maire du palais habitait une belle métairie située au pied de la colline sur laquelle il avait élevé ce fort, agréable prison dans laquelle il ne manquait rien au roi, que la liberté. Des habitations se groupèrent autour du château, et la ville prit naissance. Les ruines de ce château ont un caractère de grandeur et de majesté que rehausse encore le cadre riant qui les entoure. E toutes parts s’élèvent des coteaux chargés de vignes ou d’arbres fruitiers ; la Marne, qui dépare l’ancienne ville d’un faubourg très considérable, est constamment sillonnée par des bateaux qui conduisent à Paris des vins, des bois, du blé, du plâtre. Au bout du pont qui réunit les deux parties de la ville, on voit la statue du bon la Fontaine, et une inscription désigne aux voyageurs la maison où l’illustre fabuliste a reçu le jour. La Fontaine vendit cette maison en 1676 ; car il n’était ni très riche ni fort économe. Il dit lui-même :
Jean s’en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds avec son revenu.
Saint-Quentin est une ville très ancienne, placée sous le patronage d’une des dernières victimes de la persécution de Dioclétien et de Maximien. Elle fait un grand commerce de tissus de coton, de dentelles et de batistes. La cathédrale, située au sommet de la colline sur laquelle la ville est étagée, est remarquable par la hardiesse de sa construction et la beauté de son buffet d’orgues. L’hôtel de ville, d’architecture gothique, est composé d’un étage soutenu par huit colonnes de grès formant arcades et galerie, et surmonté de trois frontons et d’une lanterne circulaire sculptée à jour.
Soissons était une place importante longtemps avant la conquête des Gaules par César. C’est près de cette ville que Clovis vainquit Syagrius, gouverneur romain ; il y fit résidence pendant plusieurs années , et, à la mort de ce prince, Soissons devint la capitale du royaume donné à Clotaire.
La cathédrale de Soissons fut fondée au Xe siècle, sur l’emplacement de l’église où Pépin le Bref s’était fait couronner en 752. Cette église était peut-être encore très solide ; mais après l’an 1000, dont nous avons dit les terreurs, de magnifiques basiliques s’élevèrent de toutes parts à la place des temples que la foi et la ferveur des chrétiens ne trouvaient plus dignes d’être la demeure du Très-Haut. La fondation de la cathédrale de Laon doit aussi remonter à cette époque ; car, en l’année 1112, elle fut gravement endommagée par un incendie. On la reconstruisit, et elle est encore aujourd’hui un fort beau monument d’architecture gothique. Une de ses tours a reçu le nom de Tour penchée, parce qu’à la voir inclinée, on croirait qu’elle menace ruine, tandis qu’elle est au contraire d’une solidité parfaite. On ignore si elle a été construite ainsi, ou si cette déviation est due au tassement des terres sur lesquelles s’appuie l’édifice.
On voit près de Soissons les restes de la célèbre abbaye de Saint-Médard, où l’on montre encore à ceux qui les visitent le cachot où fut enfermé Louis le Débonnaire, détrôné par ses fils.
Vervins est une ville ancienne agréablement située. Henri IV y conclut, en 1598, un traité de paix avec Philippe II, roi d’Espagne.
L’aspect général de l’Ile-de-France est riant et varié ; le sol est généralement très fertile. On y récolte du blé, du vin, du colza, de chanvre, du lin, des fruits, des céréales de toutes sortes, et l’on y élève beaucoup de bestiaux. La grande culture n’est toutefois bien développée que dans les parties de la province un peu éloignée de Paris ; dans les autres, et surtout dans le département de la Seine, tout le sol exploité est destiné à la production des légumes, des fruits, des arbustes, des fleurs, en un mot, de toutes les plantes dont la vente est facile à Paris et donne des bénéfices considérables .
L’industrie de cette province est très florissante : on y trouve des papeteries, des verreries, des fonderies, des manufactures de porcelaine, de faïence, de glaces, de tapis, des fabriques de toile, de dentelles, d’horlogerie, de bijouterie, etc. La proximité de Paris donne la plus grande activité à son commerce.
Beaucoup d’hommes célèbres y sont nés. Nous citerons, parmi les poètes et les écrivains : Racine, Boileau, Pasquier, Voltaire, Bérenger, Beaumarchais, Amyot, Molière, la Bruyère ; parmi les artiste : Jean Goujon, Sarrasin et Coustou, sculpteurs ; Lantara, Lebrun, Charlet, Delacroix, les frères Devaria, les Vernet, père et fils, peintres ou dessinateurs ; parmi les guerriers : Hoche, qui termina les guerres de la Vendée ; Berthier, prince de Neufchâtel, et Auguereau, duc de castiglione, généraux de Napoléon Ier ; parmi les personnages distingués dans l’industrie : Oberkampf, fondateur de la manufacture de toiles de Jouy ; les frères Didot, imprimeurs et fondateurs de caractères ; enfin, parmi les autres illustrations : Sully, le sage ministre de Henri IV ; Mathieu Molé, premier président du parlement sous Louis XIV, celui qui, menacé par les séditieux qu’il voulait apaiser, leur dit : » Il ya loin du poignard d’un assassin à la poitrine d’un honnête homme ! » l’abbé de l’Épée, fondateur de l’institution des sourds-muets ; le cardinal de Richelieu, ministre aussi habile que redouté ; enfin, le trop fameux Calvin, auteur de divisions religieuses qui ont coûté beaucoup de sang à la France. »
La France. C. Fallet. 1859.
AUGUSTIN.

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