• Régents et traitement de la communauté juive de Louis XV à Louis-Philippe



    Des références historiques pour un sujet « caliente »

  • Dressons un bref tableau d’analyse à propos de l’histoire de la communauté juive en France, dans les évolutions ou involutions qu’elle a connu entre les règnes successifs – sans compter les républiques, naturellement plus « accommodantes » –, de Louis XV, Louis XVI, Napoléon Ier et Louis XVIII.

    Voici un aperçu du traitement juridique pendant ces différentes périodes relativement contemporaines :

    1. Louis XV (Règne : 1715-1774) : sous le règne de Louis XV, la communauté juive en France était soumise à des restrictions importantes. Les Juifs étaient exclus de nombreuses professions et ne pouvaient pas résider dans toutes les régions du pays (volonté aussi qui venait d’eux, ne souhaitant pas travailler à l’image du « goy »). La situation des Juifs était régie par un ensemble complexe de lois et de décrets royaux, connus sous le nom de « Législation sur les Juifs » (Laws on Jews). Ces lois variaient d’une région à l’autre et imposaient des contraintes sur leurs activités économiques, ainsi que sur leur mobilité. En 1753, Louis XV a édicté le « Code Noir » un ensemble de lois régissant la vie des esclaves et des colons en France (Louis XVI quand à lui, aura entrepris une lutte contre le cosmopolitisme que cela avait créé). Bien que principalement destiné à la réglementation de l’esclavage, ce code contenait des dispositions spécifiques concernant les Juifs, limitant leurs droits et leurs activités économiques. Par exemple, il restreignait leurs droits de propriété et les contraignait à s’enregistrer auprès des autorités locales.

      En soi, jusqu’ici, cette politique de restriction, était globalement fidèles aux lois dudit Ancien régime et à la période médiévale en général. C’est après ce roi régnant, que les conceptions ont changés dans la société, avec, souvent, la pression des coteries maçonniques. Le tournant avec Vatican II, puis la (fausse) encyclique Nostra Aetatae, consumera le fait également entre les murs du Vatican après la Seconde Guerre mondiale.

    2. Louis XVI (Règne : 1774-1792) : le règne de Louis XVI a vu quelques avancées pour la communauté juive. En 1784, il a émis un édit appelé « l’Édit de Tolérance » également connu sous le nom de « l’Édit de Versailles. » Cet édit accordait plus de droits et de libertés aux Juifs en France. Il autorisait les Juifs à résider dans certaines régions du royaume et à exercer certaines professions, ce qui a contribué à une certaine intégration des Juifs dans la société française de l’époque. Cependant, en dépit de ces dites « avancées », de nombreuses restrictions subsistaient encore pour la communauté juive, et leur statut demeurait ainsi précaire.

      Louis XVI fut ainsi le premier « modernisateur » en la matière, et cela s’explique notamment par la pression de la franc-maçonnerie et desdites idées nouvelles des Lumières (qui resteront tout de même encore longtemps pro-esclavages).

    3. Napoléon Ier (Règne : 1804-1814) : Napoléon Bonaparte a apporté des changements significatifs dans le statut juridique des Juifs en France pendant la période napoléonienne qu’il avait fondé. En 1806, il a promulgué le « Décret Infâme, » également connu sous le nom de « Décret de la Grande Sanhédrin. » Ce décret imposait des restrictions aux Juifs, limitant leur participation à certaines professions et les obligeant à adopter des noms de famille fixes, afin de faciliter leur identification. Ces mesures étaient en partie motivées par des considérations politiques et économiques (en partie assimilationnistes). Cependant, en 1807, Napoléon a également émis le « Décret de Bayonne », qui a reconnu officiellement les Juifs comme des citoyens français à part entière et leur a accordé des droits égaux. Ce décret a également aboli certaines restrictions qui pesaient sur la communauté juive, notamment en matière de résidence et d’accès à certaines professions.

      Cela ne se fera pas sans heurts, car les rabbins ont acceptés tous les points, à l’exception du métissage intra-juif/goyim.

    4. Louis XVIII (Règne : 1814-1824) : Pendant le règne de Louis XVIII, après la chute de Napoléon, le « Décret de Bayonne » a été confirmé en 1818, accordant aux Juifs des droits civiques et politiques égaux aux autres citoyens français. La Charte constitutionnelle de 1814 garantissait la liberté de religion et l’égalité des droits pour tous les citoyens, y compris les Juifs (on y constate un début de mentalité syncrétique qu’apprécie la Grande loge nationale de France, cela continue la lignée d’Henri IV calmant la guerre contre les protestants).
    5. Charles X (Règne : 1824-1830) : Charles X, membre de la maison de Bourbon, a succédé à Louis XVIII. Pendant son règne, il y a eu peu de changements significatifs dans le statut juridique des Juifs en France. La Charte constitutionnelle de 1814, qui garantissait la liberté de religion et l’égalité des droits pour tous les citoyens, est restée en vigueur. Cependant, il est important de noter que le règne de Charles X, vu comme radical par certains, a été marqué par des tensions politiques et sociales – notamment en raison de ses tentatives de restaurer l’autorité de ladite monarchie absolue. Cela a conduit à des troubles politiques et à la Révolution de Juillet 1830, qui a abouti à l’abdication de Charles X et à la montée au pouvoir de Louis-Philippe, plus « moderne » et conciliant.
    6. Louis-Philippe (Règne : 1830-1848) : sous le règne de Louis-Philippe, également connu sous le nom de « Roi des Français, » (formule plus démocratique que Roi de France !) la situation des Juifs en France a connu un changement important : en 1831, Louis-Philippe a émis une ordonnance connue sous le nom de « l’Ordonnance de la Juiverie » qui a accordé aux Juifs des droits égaux en matière de citoyenneté, d’accès à l’éducation et de participation à la vie politique.

    Pour une documentation plus approfondie et des citations spécifiques, vous pourriez trouver des ouvrages détaillés sur chacune de ces périodes spécifiques. Autrement, pour avoir une vue générale, jusque la période contemporaine, en passant par le « Statut des Juifs » du Maréchal Pétain (devançant l’Allemagne, en traitant moins durement le sujet), et pas forcément avec notre point de vue, mais en tout cas avec celui d’un historien (ainsi un auteur qui se veut réfléchi et neutre, même si ce principe est peu respecté jusqu’au bout !) ou consulter, par exemple « Les Juifs de France de l’émancipation à l’épuration » de Léon Poliakov.

    La vision des choses a changé aussi chez Mussolini, car lors de son alliance avec Hitler, le 24 octobre 1938, le Duce déclare :

    « Il ne fait aucun doute que le judaïsme mondial était contre le fascisme, il ne fait aucun doute que toutes les sanctions pendant les manœuvres ont été complotées par les Juifs, il ne fait aucun doute qu’en 1924, les affiches antifascistes étaient parsemées de noms juifs, il ne fait aucun doute que leur population n’est pas de 40 000, mais de 70 000 ! Et à tous ceux qui ont un cœur tendre, trop doux, il faut se demander : monsieur, quel serait le sort de 70 000 chrétiens dans un pays de 44 millions de Juifs ? »


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