• Fascisme ou Monarchie ? – F. Rouanet



    Une intervention discord 2022 enfin en ligne !

  • « Fascisme ou Monarchie ? », est une conférence Discord de F. Rouanet datant du 4 juillet 2022, elle vient d’être mise en ligne suite à quelques soucis de conservation de fichier.

    Pour rappel, voici l’article de son annonce :https://integralisme-organique.com/2022/06/fascisme-ou-monarchie-conference-a-venir/(ouvre un nouvel onglet)

    Sommaire :

    Monarchie et chef d’État, types de régime, faisceaux et cas nationaux, nationalisme et patriotisme, européisme et impérialisme, Italie et Allemagne, romanité et indo-européanité, corporatisme et racialisme, paganisme et christianisme, démocratie dite chrétienne, royalisme gallican, histoire et philosophie politique, Joseph Merel, etc.


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  • 3 commentaires




    « La vérité toute simple et toute crue est que Mussolini est extrêmement admiré en France. Ah ! Si nous avions son pareil ! C'est la naïve idée courante. Ceux qui la formulent et qui la propagent innocemment ne se rendent pas compte qu'une action d'ordre et de progrès comme celle du fascisme italien suppose une base solide et stable, que la Monarchie seule la fournit et qu'un certain degré d'aristocratie ou, si l'on veut, d'anti-démocratie doit encore la soutenir » (Charles Maurras, L'Action Française, 17 mai 1928).


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    Bonsoir Florian, je viens de consulter votre intervention, fort intéressante, avec attention, et quelques points nodaux qui m'interpellent à titre individuel, imposent un questionnement de ma part si vous me le permettez : 1. Vous stipulez que le fascisme constitue la négation des idéaux de 1789, mais est-il possible de se revendiquer à la fois mazzinien quant au contexte italien (ou fichtéen pour ce qui regarde le point de vue allemand), et contre-révolutionnaire dans la même lancée ? 2. Dans le cas où un défaut de subtilité transparaitrait cruellement dans ma première interrogation, sauriez-vous définir dans quelle proportion Mussolini estimait-il le Risorgimonto, qui est somme toute la continuité de la Révolution jacobine dans le Royaume d'Italie ? 3. Les jacobins n'ont-ils pas autrefois forgé la notion de totalitarisme définitionnel du fascisme (parti unique en état de mobilisation perpétuelle, mépris du parlement, dictature d'un homme au sein d'un étroit conseil, attitude ouvertement impérialiste à l'égard des autres pays), ou bien encore les moyens concis de nativisation des masses (mobilisation, participation, stylisation du mouvement politique à la religion civile, célébrations et rituels militaires), sans même parler de l'organisation de la jeunesse devenant la chasse gardée de l'État et de la volonté de modéliser un homme nouveau avec des valeurs sélectionnées pour façonner ainsi la conscience collective de la plèbe ? 4. Si de telles caractéristiques sont partagées tant par la Révolution que par le fascisme, peut-on conclure que ce dernier serait le rejeton de celle-là, ou bien, a contrario, qu'il partirait d'une approche purement hégélienne vis-à-vis d'elle, dans le sens où il postule à l'idée que ces aspects d'ordre structurel fussent imparfaitement thématisé dans des temps antérieurs aux Lumières, mais en profitant des virtualités que celles-ci ont actualisé en les dénaturant, pour qu'il puisse se contenter en contrepartie de leur restituer une valeur concrète indépendamment de l'idéologie jacobine ? 5. Compte-tenu de ce qui précède, peut-on considérer le fascisme comme une forme de bonapartisme, du fait qu'il vise à concilier la tradition et la modernité ? 6. Les leaders fascistes ont-ils promu un culte de la personnalité ? 7. Le fascisme est-il plutôt volontariste ou rationnel ? 8. Enfin, peut-on faire profession de pragmatisme sans se compromettre au plan doctrinal, ou bien, la démagogie est-elle de mise dans un tel régime ? En vous remerciant par avance s'il vous prend, prochainement, la possibilité de consulter cette requête et de la combler de votre savoir qui n'est aucunement remis en cause ici, tant s'en faut.


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    Bonsoir Monsieur, Veuillez m’excuser du délai passé pour vous fournir la réponse suivante. Vous semblez avoir bien approfondi le sujet et c'est tout à votre honneur. Merci pour vos questions d’ailleurs, vraiment ; elles permettent d’étayer sa pensée. En préambule, je dirais que je ne suis pas un réinventeur du fascisme, et que j'essaie de saisir son essence, et de le lier, dans sa compatibilité, naturelle et spirituelle, à la religion vraie comme on peut argumenter communément dans le thème « apostolat ». 1. Il est possible pour une personne catholique de s'inspirer de différents courants de pensée, mais cela peut créer des contradictions idéologiques. En soi, un catholique, peut admirer, pas plus que de raison certes, une personnalité historique, notamment quand cette personne n’a pas été excommunié. Le mazzinisme et les contre-révolutionnaires peuvent avoir des éléments en commun, tel qu’un patriotisme, au moins relatif, mais ils ont aussi des différences importantes. Mussolini, ou encore Von Papen, ont dit eux-mêmes qu’ils s’opposaient à l’invasion de l’illuminisme français, et en tant que pensée politique scientifique, leur courant relève d’un organicisme, qui va à l’encontre de la pensée abstraite issu des loges. 2. Mussolini avait une relation complexe avec le Risorgimento italien, mélangeant à la fois l'admiration et la critique envers certains aspects, et à raison ! En effet, on peut reconnaître à cette période d’avoir fait naître un nationalisme italien, malgré le fait qu’elle ait été portée par une bourgeoisie maçonnique pour l’essentiel. 3. Les jacobins ont en effet introduits certaines caractéristiques totalitaires, mais il y a des différences nettes entre la Révolution française et le fascisme, notamment dans le contexte historique et les penseurs qui les animes. Le fait de fonder un parti unique est une chose, mais le fond de la politique appliquée est en revanche tout autre. 4. Il y a des similitudes structurelles encore, mais le fascisme est une idéologie distincte qui s'inspire de diverses sources encore : il s’agit d’une contre-révolution révolutionnaire, qui accepte les bonnes choses qu’à pu apporter la modernité, parfois malgré elle. La 2e génération de contre-révolutionnaires ne croyait déjà plus au retour du Roi, mais à la dictature (Donoso Cortès). Le fascisme c’est le principe vital et de renouvellement qui aurait permis aux anciennes monarchies de perdurer, tout en se rénovant, au lieu de s’effondrer sur elle-même, sur le poids de ses propres contradictions - là où le fascisme a été vaincu par la giga coalition juive - non sioniste travailliste - américaine et soviétique. De même, il s’agit d’un populisme noble en quelque sorte, la politique des classes moyennes dirait-on aujourd’hui. 5. Le fascisme peut être considéré comme une tentative de concilier tradition et modernité, mais il est important de noter qu'il a ses caractéristiques uniques. Napoléon, jeune « rousseauiste », à diffuser la franc-maçonnerie dans l’Europe entière, alors que les fascistes l’ont publiquement pourchassés à de rares exceptions près. 6. Oui, les chefs fascistes ont souvent promu un « culte de la personnalité » (formule psychologique moderne) autour de leur chef. Cela dit, le culte de la personnalité était bien plus délirant sous César qui était une sorte de Dieu grec vivant. Et finalement, Mussolini en aura moins fait que le « Roi Soleil » gallican en France, Louis XIV, bien que la technologie d’époque ne permettait pas une propagande très poussée en proportion bien sûr. 7. Le fascisme peut être à la fois volontariste et rationnel, en fonction du contexte et des décisions prises. Il a été d’abord militant, et s’est donné un corps de doctrine ensuite, pour le cas italien en tout cas. Parfois, il faut moins réfléchir et agir pour être efficace, comme sur un ring de combat du reste. 8. Le pragmatisme peut être utilisé dans un régime fasciste, mais il peut aussi y avoir de la démagogie pour maintenir le pouvoir sans doute. Cela n’est pas propre à ce régime, mais à tout régime, on justifie les choses, souvent religieusement d’ailleurs. Le fascisme est très pragmatique, ce qui n’est pas forcément une insulte : nous tenons ainsi compte des forces en présence et faisons un choix en conséquence disons. P.S. À l’avenir, n’hésitez pas à poser une question à l’équipe d’Oremus pourquoi pas : https://t.me/oremusofficiel Amitiés fascistes ! Florian R.


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