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Publié le par Florian Rouanet
C’est grâce à la volonté de réconciliation de Napoléon 1er que nous connaissons le sort des chouans comme le rapelle Reynald Secher dans ses travaux.
L’Ouest français, qui est plus préservé encore aujourd’hui, avait encore une aristocratie qui tenait debout et qui était sociale : ce fait témoigne à lui seul de l’attachement de ces peuplades envers la royauté d’alors.
Par ailleurs, on remarquera ici que les peuples ont toujours les chefs qu’ils méritent, car ceux-ci émanent du peuple qu’ils dirigent.
« Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… »
François-Athanase de Charette de La Contrie, harangue très connue prononcée à ses hommes lors des révoltes.
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« Soldats, ajustez bien, c’est ici qu’il faut frapper un brave !… »
Charette, chef vendéen.
Le 29 mars 1796, nous commémorions l’exécution de François Athanase Charette de La Contrie.
Quand il descend l’escalier du Palais, un homme l’injurie, et Charette le regarde fixement sans interrompre sa prière. Alors, le calomniateur se cache dans la foule. Ensuite, en passant dans la rue de Gorges, notre héros reçoit, sans que l’escorte s’en aperçoive, l’absolution d’un prêtre réfractaire.
Sur la place, 5,000 hommes de troupe forment le carré d’exécution, plusieurs généraux s’y trouvent, avec les représentants républicains. Les musiques militaires ont l’ordre de ne pas jouer avant l’exécution. Charette, l’air impassible, entre dans le carré, cherchant des yeux le peloton d’exécution (et semblant passer en revue toute la garnison de Nantes).
L’abbé Guibert l’exhorte au courage. Le Vendéen lui répond : « J’ai bravé cent fois la mort, j’y vais pour la dernière fois sans la braver, sans la craindre. »
Un roulement funèbre se fait entendre, Il embrasse son confesseur, et mire, avec un sourire tranquille, le cercueil, qui a été déposé devant le mur où il doit s’adosser, et s’en va se placer face du peloton d’exécution où se trouvent dix-huit chasseurs des montagnes, du bataillon qui l’a fait prisonnier. Un adjudant lui fait signe de se mettre à genoux, néanmoins Charette refuse dédaigneusement de la tête et de la main droite.
Un gendarme s’approche pour lui bander les yeux, le même refus se fait voir. Ensuite, le chef contre révolutionnaire et royaliste, le regard étincelant, la taille cambrée, retire son bras gauche blessé de l’écharpe qui le soutient, place la main droite sur son cœur et c’est à cet instant qu’il prononce ces paroles :
« Soldats, ajustez bien, c’est ici qu’il faut frapper un brave !… »…
il obtient le droit de commander au peloton : « lorsque je fermerai les yeux, tirez droit au cœur ».Les balles atteignent le général qui reste un instant debout, comme s’il n’était pas atteint, puis la jambe gauche fléchit, ensuite la hanche, le coude s’appuie à terre comme pour retarder la chute, le corps s’étend enfin dans l’attitude du repos. Une âme fidèle a trépassé.
« Entre tes mains Seigneur, je remets mon esprit. »
François-Athanase Charette de la Contrie, fusillé place Viarme à Nantes, le 29 mars 1796.Nous vous recommandons au passage les pyrogravures de Caleana Major sur les chefs chouans.


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