• De la situation pré-révolutionnaire à la fin de la Monarchie française ; et de la pérennité de l’idéal de 1789



    L’Ordre ancien, 1789 et les faisceaux !

  • La Révolution de 1789, et ses débouchés de 1793-1796, est elle-même le résultat des mouvements de pensée qui ont secoué tout le XVIIIe siècle en France, avec tout ce que cela incarne en terme de remise en question de l’Ordre Ancien : royauté, ordre naturel, chrétienté, Église, juste équilibre entre « libéralité » et socialité, etc. Ce courant de pensée ne vient cependant pas de nulle part et les causes peuvent être multiples : faiblesses de la royauté contre ses ennemis, aristocratie de plus en plus inepte, désenchantement populaire progressif à propos du « bon » fonctionnement social, perte de confiance et crise de l’autorité religieuse en général (la France était déjà crypto-gallicane en acte : il faut savoir que les bulles du Pape devaient être validées par le Parlement avant d’être diffusées et lues en masse). Cependant, lorsque des choses tournent au vinaigre, tout le mal – disons la moindre virgule – ne vient pas forcément de nos ennemis, même des plus mortels !

    L’aristocratie tournoyait autour de Louis XIV, grâce au culte du Roi soleil, lorsque celui-ci eût trépassé, l’aristocratie s’est mise à s’occuper différemment en lisant les encyclopédistes et le courant des Lumières. Et voici un premier document qui permet de jauger de la situation de jadis, afin de se rendre compte que la Révolution, encore une fois, n’est pas arrivée par hasard (au-delà de toute considération conspirationniste et anti-maçonnique…) :

    « Il est à craindre, dit Barbier en 1751, que cela ne finisse sérieusement ; on pourrait voir un jour dans ce pays-ci une révolution pour embrasser la religion protestante. (…) La haine contre les prêtres, écrit d’Argenson en 1753, va au dernier excès. À peine osent-ils se montrer dans les rues sans être hués…. Comme notre nation et notre siècle sont bien autrement éclairés qu’au temps de Luther, on ira jusqu’où on doit aller ; on bannira tous prêtres, tout sacerdoce, toute révélation, tout mystère…. »

    Hippolyte Taine, in. Les origines de la France contemporaine.

    Il est impressionnant de constater que ce qui est écrit a été en bonne partie matérialisé, et ce, jusque dans le giron romain lorsque culmina le par trop célèbre « Vatican d’Eux » dans les années 1960 (un des fruits – pourris – post-défaite de 1945) !

    Et, bien plus tard, presque un siècle et demi après, nous pourrions mentionner, à propos du – paradoxal – manque de réaction de la part des « réactionnaires » (sic), la provocation enflammée de Jaurès à l’Assemblée  :

    « Nos adversaires nous ont-ils répondu ? Ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution l’entière pensée catholique qui revendique pour Dieu, pour le Dieu de la révélation chrétienne, le droit non seulement d’inspirer et de guider la société spirituelle, mais de façonner la société civile ? Non, ils se sont dérobés ; ils ont chicané sur des détails d’organisation. Ils n’ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l’âme de l’Église. »

    Jean Jaurès, apostrophe à l’Assemblée aux députés catholiques en 1905 [Cité in. Jean Ousset, Pour qu’Il règne].

    La « foirade pérenne » de la droite nationale durant ces deux derniers siècles, son incapacité à incarner le régime (excepté durant l’intermède de l’État français du Maréchal Pétain), s’explique de nos jours  1. par ses points faibles : nos (pour s’inclure dedans) sempiternelles formulations de critiques négatives plutôt que d’avoir des propositions positives, notre attentisme parfois (absence de volonté, quiétisme, etc), notre passéisme caricatural qui constitue souvent un véritable repoussoir en dehors de tout « troll» (« I’m the mix of Clovis and Hitler, forever »), mais 2. cela peut également s’expliquer à cause de l’exigence (nécessaire) que demande la vraie Droite : celle qui contraint les hommes à se surpasser, à s’améliorer dans toutes les catégories de la vie et à lutter contre leurs mauvais penchants naturels avant toute chose (et non contre la nature en soi évidement : gauchisme débile), ou encore 3. cela peut aussi venir du fait que notre courant est longtemps resté bloqué sur des chimères telles que le royalisme nostalgique ou celui qui se prétend obligatoire et « seul valable » (et autres pensées magiques avec des grands Papes/Monarques) ; sans parler de la foule de bien-pensants et de beaux esprits toujours trop naïfs, trop gentils, trop mous et trop bêtes. À notre notre corps défendant, on ajoutera qu’il est certes difficile d’organiser quelque chose lorsque nous avons toutes les lois contre nous (et pas les plus grandes sources d’argents de notre côté : le nerf de la guerre) : ce qui ne favorise d’ailleurs pas l’esprit légaliste qui n’est pourtant pas mauvais à la base (une société possède une loi anthropologique propre, afin de se maintenir pour le plus grand bien de chacun de ses membres, du haut vers le bas, en revanche, ces lois doivent elles-mêmes viser le Bien et la Justice (principes qui les légitiment justement).

    Une fois que cela est acquis, nous ne devons certes pas perdre de vue que les principes de 89 (généralisation) sont mortifères en ce qu’ils sont fondamentalement subjectivistes et égalitaristes ; et cela amène à la ruine, à la désagrégation sociale la plus totale (à moins de contrevenir dans l’application à ses faux principes : pour se défendre, une démocratie est autoritaire et élitiste, ce qui contrevient a ses fondements !), mais force est de constater d’un autre côté que, pour ne pas avoir un métro de retard, certains de ses effets peuvent être assimilés, car ils ont été bénéfiques dans une relative mesure (où du moins sont à réajuster) : démocratisation, progrès techniques accélérés, accès du peuple à la culture, possibilité de se hisser économiquement, Ethnarchie (ou loi internationale), etc. Ce qui est assez paradoxal, vu comment le cadre social, philosophique et moral fut ébranlé à ce moment-là, mais c’est que le monde de 89 a accouché de choses que les anciens ont méconnues, méprisées ou voulus enfouir.

    Dans les expériences politiques favorables passées, relevons que seuls les régimes/mouvements fascistes – ou fascisants – ont su mêler l’urbanité et le monde rural, l’élite et le peuple, les différentes classes sociales au sein la nation ; sans renier toutefois l’idée impériale et universelle. En un mot, les « fascistes » ont su allier le meilleur des temps jadis, qu’ils soient antiques ou médiévaux : gréco-romanité, époque carolingienne, etc ; (sportivité, culture, science, foi, etc.) avec la modernité, prise encore dans une acception positive, et sans qu’il soit question d’une simple synthèse heureuse.


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 3 commentaires




    Les sociétés, les nations et les empires sont dans leur fonctionnement analogues à un organisme vivant. Qui dit organisme vivant dit "immunité" c.a.d capacité à résister à toute tentative d'intrusion et de destruction et d'installation de la maladie. Or l'Histoire a montré qu'un peuple résiste à son effondrement tant qu'il est en "bonne santé" cette dernière étant pour le genre humain la solidité des bases de sa civilisation soit encore dit la force de sa religion, de son autorité et de celui ou celle qui l'incarne, de ses élites. Le mal est bien antérieur à 1789 et je le ferais remonter après la grande peste noire (originaire de Wuhan en Chine en 1334, déjà!) qui pendant la guerre de Cent ans décima en plusieurs vagues près d'un tiers de la population européenne. Cette saignée à vif laissa plus dans les esprits que dans les chairs le sentiment que Dieu avait abandonné Ses créatures. Le terrain devint propice alors à toutes les hérésies et à tous les mouvements sociaux qui allaient déboucher sur la "dite renaissance" période sanglante et horrible s'il en fut. L'ennemi en embuscade (mais il l'était déjà après la mort du Christ) n'en finit pas de travailler nos penseurs et autres décideurs. La naissance du capitalisme avec la création du système bancaire date à peu près de cette période. Les germes de la franc-maçonnerie s'implanteront aussi dans des sociétés qui, découvrant le nouveau monde et que la Terre n'était pas plate, crurent de moins en moins en ce que leur enseignait l'Eglise. Mais vers la fin du XVII siècle apparut aussi les prémices de la franc-maçonnerie. C'est là qu'intervient mon propos car c'est là que tous ceux qui avaient en charge l'autorité se montrèrent pusillanimes. Trop de complaisances sont souvent à la base des grandes catastrophes. Le XVIII siècle a été travaillé par cet esprit maçonnique qui sous l'apparence encyclopédique s'insinua dans les moindres couches de la société française. Pour ne pas dire que tout le monde en était mais comment ne pas s'interroger sur la relative facilité de cette révolution dite "française"? L'aristocratie, le clergé, la bourgeoisie comptaient de nombreux adeptes de ces loges, cadeau empoisonné de la perfide Albion... Je passerai sur l'inconsistance des mouvements royalistes qui au XIX siècle ne surent saisir les opportunités de restaurer la Monarchie (pitoyable attitude du Duc de Chambord?). Je passerai aussi sur l'épisode "gaullien" qui après 1945 permit à la franc-maçonnerie de revenir dans les valises du général de Gaulle et à la culture d'être donnée "ad eternam" à la Gauche... L'épuration fera disparaître la majorité des élites de vraie droite qui auraient pu rétablir la vraie France. Vae victis!... Notre mal actuel n'est que la résultante de tous ces "cisaillements" de notre Histoire. La "Dissidence" actuelle a le mérite d'avoir la bonne compréhension des mécanismes historiques de nos victoires et de nos défaites mais souffre d'un manque épouvantable d'union de ses différentes composantes du aux problèmes d'ego de ses meneurs. Seule une commotion terrible pourrait, telle une réaction nucléaire, procéder à la fusion des forces dissidentes et à l'enclenchement de la reprise du pouvoir. Mais le peuple une fois de plus aura son rôle à jouer et la question que l'on peut encore se poser est : " Le peuple français est-il encore français et est-il décidé à défendre sa race et sa culture?". En attendant (Godot?) nous sommes comme ces romains des III et IV siècles qui voyaient déferler chez eux les hordes barbares et qui n'étaient plus défendus par les élites pourries et veules à l'extrême. Mais n'oublions pas que dans une vraie vision catholique c'est Dieu qui impose cela à la France Fille ainée de l'Eglise devenue apostate et que c'est Dieu le maître des horloges. N'oublions pas aussi que nous avons la bombe atomique... Viktor von Berg


    Répondre

    Bonjour Florian, Pensez-vous que le racialisme, qui est un matérialisme biologique, est une idéologie de gauche ? Cordialement. Amine LOUNIS.


    Répondre

    Bonjour Amine, J'use de ces expressions droite et gauche, mais elles ne veulent parfois pas dire grand-chose, sur ce genre de sujets, je préfère l'expression de réalisme. Et le maternalisme biologique prétend être tiré de la loi naturelle, en cela, il est moins gauchiste que la théorie du genre c'est évident ! En revanche, celui-ci pose quelques problèmes puisqu'il réduit tout à la race et fait partir tout de la race, la religion comprise... Disons qu'il vaut mieux être racialistes, vouloir au mieux la conservation des races devant l'universel. Merci de votre question ! Cordialement, F.R.


    Répondre