-
Publié le par Pierre Joly
RÉPONSE À L’ABBÉ ROLLAND.
« “Et pourquoi vous êtes tout seul ?” Ça c’est la grande question qu’on me pose… » [1]
« Et tant que Dieu me prête vie, je ne me tairai pas, je vous dis ! Je dénoncerai ce clergé non una cum… » [2]
Abbé Xavier Rolland
Introduction :
Il est toujours difficile de contredire publiquement un prêtre (surtout lorsque l’on a de la sympathie pour lui). Ce n’est donc pas par plaisir que je prends l’initiative de réfuter les propos tenus par Monsieur l’Abbé Rolland dans le cadre de trois enregistrements audios diffusés sur le réseau social Telegram. Mais face à la gravité des accusations proférées par ce clerc à l’encontre de certains évêques, je ne pouvais pas garder le silence… J’ai donc jugé nécessaire de répondre point par point aux allégations formulées par ce prêtre, afin que les fidèles qui le suivent ne soient pas tentés de perdre toute forme de confiance envers leur épiscopat. Ceci étant dit, analysons à présent les déclarations de l’Abbé Rolland…
Mgr Roy et Mgr Da Silva : des disciples de Lucifer ?
D’abord, dans une conférence intitulée : “Le conclavisme” (publié sur son canal Telegram le 24 février 2026), l’Abbé Roland a déclaré ce qui suit : « Donc je me devais de réagir publiquement pour mettre en garde les fidèles […] contre cette illusion Luciférienne. Parce que c’est bien de ça dont il s’agit, vous voyez. Le démon, les tentations démoniaques, c’est la Franc-maçonnerie, ce sont toutes ces choses-là, c’est l’église de Satan, c’est vraiment satanique. Mais, avec le conclavisme, avec Mgr Roy et Da Silva, et tous les prêtres qui les suivent, on a affaire vraiment à une tentation Luciférienne. Donc je vous ai mis deux documents de référence pour que vous réalisiez bien la problématique, que vous réalisiez bien vers quoi Lucifer veut nous emmener, en nous faisant miroiter devant les yeux cette illusion de pouvoir reconstruire une hiérarchie catholique avec un vicaire du Christ, comme ça, juste en se réunissant entre nous. »
Ici, nous pouvons voir que l’Abbé Rolland accuse Mgr Pierre Roy et Mgr Rodrigo Da Silva d’être influencés par Lucifer. Nous verrons par la suite pour quelles raisons ce prêtre en arrive à une conclusion aussi excessive…
Mgr Ngô Đình Thuc : un évêque “plus que bizarre” ?
Dans cette même conférence, l’Abbé Rolland affirme également : « C’est très important aussi de ne jamais oublier l’origine de Palmar de Troya : c’est Mgr Thuc. S’il n’y avait pas eu Mgr Thuc, si Mgr Thuc n’avait pas sacré Dominguez, il n’y aurait jamais eu peut-être de Palmar de Troya. Donc je mets en garde contre tous ces évêques de Mgr Thuc, parce qu’il y a un problème spirituel. Il n’y a pas de problème sacramentel, d’accord. L’Abbé Cekada a bien démontré que tout ça c’était valide, d’accord. Et c’est grâce à ça effectivement que nous pouvons avoir des messes valides, des sacrements valides, d’accord. Mais cela n’enlève pas le problème spirituel, pour ne pas dire mystique, de Mgr Thuc. Cet évêque, il est plus que bizarre. Et je vous rappelle que tous les évêques que nous connaissons, tous les évêques qui sont autours de nous, que ce soient les évêques IMBC, que ce soient les évêques Américains (Sanborn, Dolan et tous leurs descendants) viennent de Mgr Thuc, par Mgr Guérard, sacré dans une cuisine d’un HLM de Toulon, entre la table de la cuisine et la gazinière. On a les photos. Ça restera toujours une tache indigne dans cet épiscopat-Thuc. »
Mais s’il est vrai que Mgr Ngô Đình Thuc a commis une faute grave dans l’affaire de Palmar de Troya, il est cependant exagéré de vouloir faire de ce pauvre Archevêque le fondateur de la secte Palmarienne. D’abord, ce n’est pas Mgr Ngô Đình Thuc qui a conseillé à Clémente Dominguez de se proclamer “pape” le 6 août 1978. Ensuite, si Clémente Dominguez (alias Grégoire XVII) n’avait pas rencontré Mgr Ngô Đình Thuc, il aurait probablement trouvé une autre personne (peut-être un pseudo-évêque vieux-catholique ?) pour organiser son sacre. Enfin, ce n’est pas parce que Mgr Ngô Đình Thuc a eu tort de faire confiance à de mauvaises personnes (qui l’ont d’ailleurs trahi par la suite) que ce prélat avait forcément un “problème spirituel”. Sinon, on pourrait également en déduire – de manière tout aussi fausse et téméraire – que l’Abbé Rolland aurait lui aussi un “problème spirituel”, sous prétexte que (avant de quitter la FSSPX en 2000), celui-ci avait accepté de prêter serment d’allégeance à cette société…
Le Père Noël Barbara écrivait : « Un proverbe ancien nous dit que “les seules personnes qui ne font jamais d’erreur sont celles qui ne font jamais rien.” Engagé dans la résistance catholique comme je l’ai été depuis le tout début, les erreurs étaient inévitables. Comme l’Écriture le conseille, que les lecteurs qui n’ont jamais péché me jettent la première pierre. “Errare humanum est” dit un autre proverbe, mais “perseverare tantum diabolicum.” Par la grâce de Dieu, je n’ai jamais persévéré dans l’erreur. Chaque fois que j’ai eu tort, j’en suis rapidement sorti, malgré l’humiliation que la réparation implique. » [3]
Tout comme le Père Barbara (ou comme l’Abbé Rolland), Mgr Ngô Đình Thuc a lui aussi commis des erreurs.
Mais comme l’a si justement écrit cet Archevêque : « le Bon Dieu, le très Miséricordieux, pour me donner le temps de me repentir, m’a donné une longévité et une santé qui ne sont pas le lot de ma famille. » [4]
Dès lors, pourquoi devrions-nous lui refuser notre pardon ?
Notre Seigneur n’a-t-il dit ? : « Car si vous ne pardonnez point vous-mêmes, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera point non plus vos péchés. » (Marc 11 ; 26).
Le 29 avril 1983, dans une lettre à Mgr Carlos Quintero Arce, Mgr Carmona écrivait la chose suivante : « Il est vrai qu’il [Mgr Ngô Đình Thuc] a ordonné et consacré Clémente Dominguez, qui lui a ensuite refusé son obéissance pour se proclamer pape ; mais il a immédiatement condamné toutes les aberrations de Palmar. Clémente Dominguez n’a rien à voir avec nos consécrations… » [5]
Dans une lettre datée du 19 décembre 1981, Mgr Ngô Đình Thuc a d’ailleurs écrit ceci : « J’atteste avoir fait des ordinations à Palmar en toute lucidité. Je n’ai plus de relations avec Palmar depuis que leur chef se proclame “pape”. Je désapprouve tout ce qu’ils font. » [6]
Le 12 avril 1985, dans une lettre adressée à un laïc, Mgr Zamora expliquait ce qui suit : « J’ai appris à Munich, de la part des docteurs Heller et Hiller, que Mgr [Ngô Đình] Thuc a consacré les clercs de Palmar. Il était très confiant dans les recommandations que lui avait donné Clemente Dominguez, ce qui fut un facteur décisif dans la réalisation du complot contre l’Église catholique, afin d’obtenir des évêques qui ensuite se sépareront de lui pour continuer à semer la division. Mgr [Ngô Đình] Thuc avait l’intention d’en faire des successeurs des apôtres – ce fait nous assure de son orthodoxie catholique et de son zèle épiscopal pour que l’Église catholique ne s’éteigne pas dans son élément principal : c’est-à-dire les évêques – même si, comme je l’ai dit, il est tombé dans le piège ; car les candidats n’étaient ni dignes ni convenables canoniquement, et cela fut découvert plus tard. » [7]
Dans ce même document, Mgr Zamora précisait également : « Une fois, Mgr [Ngô Đình] Thuc nous a lui-même révélé à Munich que “l’évêque local” [Mgr Gilles Barthe] l’avait invité le Jeudi Saint à “concélébrer dans la cathédrale” [de Toulon]. Il a accepté cette invitation par “courtoisie orientale” (à laquelle il était habitué), mais il n’a pas prononcé les paroles de la “consécration progressiste” ; il prononça les paroles de la formule latine qu’il a toujours utilisé. Il ne l’a pas fait à plusieurs reprises ou fréquemment, comme ses détracteurs l’affirment sans crainte. Sa révélation était sincère et nous l’avons acceptée avec plaisir. Nous l’avons remercié de nous avoir révélé une information aussi importante et nous sommes convaincus de sa sincérité épiscopale. » [8]
« Dans cette situation » – écrivait le docteur Eberhard Heller – « il fallait que Mgr Ngô Đình Thuc justifie publiquement son action en publiant la déclaration du 25 février 1982. […] À cette occasion, Mgr Carmona – ainsi que Mgr Guérard des Lauriers – ont reçu un manuscrit recto verso dans lequel Mgr [Ngô Đình] Thuc tenait le Droit contre lui, il a présenté ses excuses en demandant pardon aux évêques en tant que représentants de l’Église. Carmona et des Lauriers étaient tous les deux d’accord avec la déclaration qui leur avait été faite, et ils l’ont acceptée et reconnue comme un document de réconciliation. » [9]
Ainsi, c’est donc après avoir consacré le Père Guérard des Lauriers, le Père Carmona et le Père Zamora que Mgr Ngô Đình Thuc a finalement réussi à accomplir ce que ni Mgr Marcel Lefebvre ni Mgr Bernard Tissier de Mallerais n’ont eu le courage de faire, à savoir : proclamer officiellement la vacance du Saint-Siège. Cette déclaration, rédigée le 25 février 1982, fut rendue publique le 21 mars 1982 (dans la chapelle saint Michel de Munich).
Voici les paroles de l’Archevêque Vietnamien : « Mais aux yeux de Dieu, quel est l’état de l’Église ? Les “Messes” quotidiennes ou dominicales auxquelles les fidèles assistent plaisent-elles à Dieu ? Nullement, parce que cette “Messe” est la même pour les catholiques et les protestants. Pour cette raison, elle ne plaît pas à Dieu et elle est invalide. La seule Messe qui plaît à Dieu est la Messe de Saint Pie V, qui est célébrée par un petit nombre de prêtres et d’Évêques dont je suis. Pour cette raison, on doit autant que possible ouvrir pour les candidats au sacerdoce un séminaire qui plaise à Dieu. En plus de cette “Messe” ne plaisant pas à Dieu, il y a de nombreuses choses où Dieu refuse sa grâce, par exemple dans l’ordination sacerdotale, dans la consécration épiscopale, dans les sacrements de confirmation et d’extrême onction. En outre, les “prêtres” cultivent : le modernisme, le faux œcuménisme, le culte de l’homme, la liberté étendue à toutes les religions ; ne condamnent et n’excluent pas les hérétiques. Pour cela, en tant qu’évêque de la Sainte Église Catholique Romaine, je juge que le Siège de l’Église Catholique Romaine est vacant et qu’il me faut comme évêque, tout faire pour que l’Église Catholique Romaine continue à conduire les âmes au Salut Éternel. » [10]
Environ un an après cette déclaration historique, Mgr Ngô Đình Thuc publia également un autre texte dans lequel il exposa brièvement les raisons qui l’ont poussé à dénoncer l’effroyable imposture que représentent les pseudo-pontificats de Messieurs Montini et Wojtyla.
Voici ce qu’il écrivait sur cette question : « D’abord, qui était Paul VI ? Il était le bras droit du pape Pie XII qui avait mis toute sa confiance en lui. Pie XII, par exemple, lui a fait connaître les évêques et les prêtres qu’il envoyait clandestinement en Russie. Tous ces malheureux envoyés là-bas par Pie XII furent capturés et tués par les Bolcheviques Russes. Les Russes ont été informés par le bras droit de Pie XII, qui était le futur Paul VI. Ce Paul VI était donc un monstre, un hypocrite phénoménal, qui a réussi à faire du “concile” Vatican II un “concile” funeste pour la Sainte Église. En tant qu’hypocrite criminel, il n’a personnellement assisté à aucune réunion – mais caché aux yeux des pères du “concile”, il a tout entendu – et d’une manière diabolique, il a modifié toutes les décisions du “concile” selon ses idées sacrilèges : par exemple, sur la liberté des croyances religieuses. Or, il n’y a qu’une seule foi : la foi catholique. Chaque décision du “concile”, pour devenir officielle, devait avoir la majorité des voix des évêques. Les discussions étaient faites en latin. Or, une grande partie des pères du “concile”, ne comprenant pas le latin, passaient leur temps dans les caféteries, où l’on fumait, où l’on buvait gratuitement le café. Quand venait l’heure de voter, on se précipitait dans la basilique et on demandait aux pères qui assistaient [aux discussions] comment voter. Et on votait en ignorant le fond des discussions. […] On voit maintenant comment va l’Église sous le règne des successeurs de Paul VI comme le soi-disant “pape” Jean-Paul II qui proclamait être le fidèle continuateur de ses principes. Paul VI avait une haine contre moi et contre ma famille. Par conséquent, il a exigé que je démissionne de mes fonctions d’archevêque dès qu’il en a vu l’opportunité. Lorsqu’il a appris le meurtre de mes deux frères, le président Ngo-Dinh-Diem et son frère Ngo-Dinh-Nhu, Paul VI resta sourd et muet, contrairement à un protestant – l’ancien ambassadeur Américain au Vietnam – qui a démissionné pour montrer son horreur et sa douleur devant l’assassinat de mes frères. Cette haine honteuse contre notre famille était logique pour quelqu’un qui connaissait la mentalité diabolique de Paul VI. Celui qui a trahi les clercs soviétiques que Pie XII avait envoyé en Russie, était ravi du meurtre de catholiques convaincus comme mes frères Diem et Nhu. Mais l’Église, fondée sur le sang du Christ, ne vacillera jamais, malgré les attaques de Paul VI et le fait que ses successeurs ont pris le Siège de Pierre. Prions donc pour l’Église avec confiance, car l’Église a été fondée sur le rocher, et ce rocher, c’est le Christ lui-même. » [11]
Quelques mois avant son enlèvement par les partisans de Jean-Paul II et sa séquestration dans le Monastère de la congrégation de la Mère du Rédempteur, situé dans la ville de Carthage, dans l’État du Missouri (aux Etats-Unis), l’Archevêque Vietnamien publiera aussi – avec cinq évêques [12] – un texte dans lequel il dénonce de manière virulente les hérésies de Vatican II.
Voici un extrait de ce document : « Il est donc clair que le Saint-Siège est vacant depuis la mort de Pie XII jusqu’à nos jours et nous ne savons pas combien de temps la vacance sera prolongée. Nous avons également des preuves abondantes que ces quatre pseudo-papes sont tombés dans de multiples hérésies. […] Nous disons et soutenons que l’instauration de cette nouvelle Messe marque la création d’une nouvelle religion, dans laquelle l’homme est adoré à la place de Dieu, et dans laquelle les biens du ciel ont moins d’importance que les biens terrestres. Ceux qui ont accepté cette nouvelle messe ont apostasié la vraie Foi. Ils se sont éloignés de la Vraie Église que le Christ a instituée et leur salut éternel est compromis. C’est pourquoi nous invitons les fidèles à reconsidérer leur attitude et à retourner à la Foi, d’où ils ont été détournés. Nous rejetons cet œcuménisme judéo-maçonnique, qui cherche l’union de toutes les religions dans une seule religion universelle en laissant à chacune d’entre elles ses propres croyances et ses propres rites. Cet œcuménisme n’est pas l’œcuménisme du Christ qui veut l’union de tous les hommes dans sa vérité divine. Cet œcuménisme nous conduit au syncrétisme et au mépris de notre vraie Foi. Nous rejetons le décret hérétique sur la liberté religieuse, qui met au même niveau la religion révélée avec les fausses religions, et qui est le signe le plus clair de l’éloignement de notre sainte tradition de la part de cette hiérarchie apostate et schismatique. Nous déclarons – comme l’Église l’a déjà déclaré – que le communisme est “intrinsèquement pervers”, car le Souverain Pontife Pie XI, d’heureuse mémoire, l’a condamné comme tel, et parce que le pape Pie XII a lancé une excommunication contre tous ceux qui ont collaboré avec lui. Qui sont vraiment les excommuniés ? Est-ce que ce sont les renégats de la foi catholique ? qui ont voulu changer l’Église en enseignant la repentance de ce qu’ils ont enseigné auparavant, et en rejetant tous les Saints Conciles ainsi que tous les enseignements des Papes précédents. Ou alors est-ce nous, les vrais fidèles ? qui ne se sont jamais séparés de cette Sainte Église instituée par le Christ pour continuer son œuvre salvifique. D’autre part, quelle autorité les hérétiques ont-ils pour excommunier ceux qui restent fidèles à la vérité Divine ? que l’Église a toujours prêché sans aucune altération, et qu’elle prêchera toujours, jusqu’à la consommation des siècles. Nous dénonçons la grande escroquerie de cette hiérarchie qui n’est plus catholique et qui se présente aux fidèles comme si elle l’était, en usurpant les temples que les catholiques ont construit pour le culte catholique, pour y célébrer leur “dîner protestant” en faisant croire aux fidèles naïfs que c’est la Messe catholique, et en prêchant de véritables hérésies présentées comme des vérités divines. Nous dénonçons les sacrilèges et les profanations qui sont commises dans ces temples (autrefois sacrés et dignes de respect), avec ces abominations terribles qui détruisent la vraie foi, en semant parmi les fidèles la plus terrible indifférence, la plupart d’entre eux croyant qu’il est aussi bien d’être catholique que d’adhérer à toute autre religion. Les fidèles doivent savoir que ces “évêques” qui, docilement et sans aucune protestation de leur part, obéissent aux usurpateurs du Trône de saint Pierre et les suivent dans leurs déviations, ont apostasié de la vraie Foi et ont cessé d’être les vrais bergers de l’Église, car à cause de leurs prédications hérétiques, ils les conduisent à l’apostasie universelle. Enfin, nous déclarons que personne ne peut nous forcer à nous séparer de la vraie Église, de cette Église que le Christ a instituée, qui doit durer jusqu’à la consommation des siècles, et qui est la seule à laquelle nous devons obéir, sous peine de condamnation éternelle. Par conséquent, nous croyons tout ce qu’elle a enseigné, toujours et partout, sans aucune variation, aidée par l’Esprit-Saint et assistée par le Christ, son divin époux, car la vérité est invariable. La vérité ne change jamais, elle est immuable, comme Dieu est immuable. Nous remercions Dieu pour l’intégrité de notre foi, parce que ce n’est qu’avec son aide que nous la préservons et que nous prions pour ceux qui, consciemment ou inconsciemment, l’ont perdue en acceptant les changements fatidiques qui ont donné naissance à une nouvelle église, et par conséquent, à une nouvelle religion. » [13]
Si c’est donc simplement pour les raisons exposées plus haut que l’Abbé Rolland juge Mgr Ngô Đình Thuc comme un évêque « plus que bizarre » (sic), alors il faut bien reconnaître que nous n’avons pas du tout la même conception de la “bizarrerie” …
Quant aux conditions dans lesquelles Mgr Ngô Đình Thuc a effectué les sacres de 1981, nous savons effectivement que cet Archevêque vivait dans une extrême pauvreté. Mais puisque nous adorons un Dieu né dans une modeste étable à Bethléem, nous ne voyons pas en quoi il serait criminel de consacrer trois évêques dans un minuscule appartement (situé au numéro 22 de la rue Garibaldi à Toulon).
En 1988, lors d’un entretien avec Mgr Kelly, le Docteur Eberhard Heller a d’ailleurs déclaré : « Voyez-vous, [Mgr Ngô Đình] Thuc était absolument pauvre. Il n’avait rien pour vivre, absolument rien. Il vivait dans une toute petite chambre d’une petite rue de Toulon, au premier étage. Il avait une petite chambre et, à côté, une cuisine et des toilettes dans la cuisine. Et puis, il avait cinq chats avec lui, et les chats vivaient toujours dans cette pièce, les fenêtres étaient fermées […] avec des tentures. Parce que les chats, probablement, ne seraient pas revenus… Donc, vous pouvez comprendre l’atmosphère très triste qui y régnait. […] Oui, il [Mgr Ngô Đình Thuc] vivait avec eux [les chats]. Mais quand d’autres personnes étaient là, les chats étaient excités. Ils étaient comme des enfants pour lui, et quand il était allongé sur son canapé, les chats étaient couchés autour de lui, dormant… » [14]
Dans un article publié trois ans plus tard, le Docteur Heller racontait également : « Dans les conditions les plus simples, la consécration des deux prêtres a finalement eu lieu le 17 octobre 1981 après que Mgr [Ngô Đình] Thuc ait également rencontré les deux Mexicains. Les cérémonies poignantes durant lesquelles le Père Carmona et le Père Zamora ont été consacrés évêques de l’Église catholique exigeaient la plus grande concentration et l’attention de toutes les personnes impliquées. Elles ont fait oublier les circonstances en apparence misérables dans lesquelles celles-ci se sont déroulées. Mgr Ngô Đình Thuc a fait les consécrations dans son appartement. Je n’oublierai jamais ces cérémonies de consécration, et la joie qui a saisi tout le monde quand Mgr Ngô Đình Thuc, à la fin de la consécration, a entonné d’une voix forte le chant “ad multos annos”. » [15]
Ainsi, c’est donc effectivement « entre la table de la cuisine et la gazinière » (comme s’en indigne l’Abbé Rolland) – et avec entre autres cinq chats pour témoins (comme s’en sont également offusqués d’autres personnes) – que Mgr Ngô Đình Thuc a consacré les Pères Guérard, Carmona et Zamora.
Ceci étant précisé, nous ne voyons pas en quoi ces actes constitueraient « une tache indigne dans cet épiscopat » (comme l’affirme l’Abbé Rolland). La discipline ecclésiastique sanctionnerait-elle comme un sacrilège le fait de consacrer des évêques dans un HLM ? Les sacrés canons interdiraient-ils à quelques félins d’être les spectateurs de ce genre de cérémonies religieuses ? Jusqu’à preuve du contraire, il nous semble que la réponse à ces deux questions est négative.
Quant à ceux qui verraient dans la pauvreté de cet Archevêque une raison pour se moquer de lui, nous leur répondrons simplement avec Saint Grégoire de Naziance : « Où sont-ils ceux qui nous insultent pour notre pauvreté et sont fiers de leurs richesses ? Ceux qui définissent l’Église par le nombre et le mépris du petit troupeau ? » [16]
Les “évêques-Thuc” : la lie de l’humanité ?
Dans ce même enregistrement, l’Abbé Rolland disait aussi : « Excusez-moi, on n’a pas besoin de ces évêques-là. Quand je parle de ces évêques-là, je parle de ces deux-là – Roy et Da Silva – qui nous emmènent droit dans le mur. »
Nous verrons par la suite pourquoi l’Abbé Rolland ne fait pas confiance à ces deux évêques…
Quelques minutes plus tard, l’Abbé Rolland poursuit sa réflexion en affirmant ce qui suit : « Ensuite, autre nouveauté : élire un chef de l’Église par des évêques sans juridiction. Donc des évêques qui ne sont pas des vrais évêques, parce que dans le passé, il y a eu des schismes et il y a eu des antipapes, il y a eu des élections d’un évêque contre un pape régnant. Il y en a eu de nombreux. C’est ce qu’on appelait des antipapes. Mais là, on n’aura pas affaire à un antipape (puisqu’il n’y a pas de pape), on aura affaire à un imposteur, à un faux pape. En plus, qui ne sera absolument pas évêque diocésain, qui n’aura aucune juridiction, aucun pouvoir pour gouverner quoi que ce soit. Et, autre élément important, cet évêque-là, qu’ils veulent élire, sera issu de la lignée [de] Mgr Thuc. Alors qui va faire le tri entre les gangsters, [et] les hérétiques ? […] [Chez] les évêques Thuc, vous avez le pire qui puisse exister, avec des mœurs épouvantables. Qui va faire le choix ? Qui va faire le tri ? Qui va dire : “toi tu peux venir à notre conclave, toi tu ne peux pas venir à notre conclave ?” Vous voyez déjà, avant même de commencer, ça va être une source de division, de confusion totale. Parce que [dans] ces évêques-Thuc, il y a tout et n’importe quoi. »
Apparemment, pour l’Abbé Rolland, il semblerait qu’il n’y ait absolument rien de bon qui puisse venir de cet archevêque Vietnamien. Et pour cause, car selon lui, ce qu’il appelle avec mépris « les évêques-Thuc » ne seraient « pas des vrais évêques », mais plutôt « le pire qui puisse exister », à savoir des « gangsters » et des « hérétiques » ayant « des mœurs épouvantables » (sic). En d’autres termes, à en croire l’Abbé Rolland, ces personnes seraient en fait la lie de l’humanité…
Pourtant, nous savons bien que, parmi tous les évêques consacrés par Mgr Ngô Đình Thuc, la plupart ne correspondent pas du tout au profil décrit par l’Abbé Rolland. D’ailleurs, beaucoup d’évêques dont la lignée remonte à cet Archevêque se sont illustrés par leur foi, leur piété et la bonté de leurs mœurs.
Nous pensons notamment ici à Mgr Michel-Louis Guérard des Lauriers, à Mgr Moïsés Carmona Rivera, à Mgr Adolfo Zamora Hernandez, à Mgr Benigno Bravo Valades, à Mgr José Jésus Roberto Martinez Gutierrez, à Mgr Louis Vezelis, à Mgr Georges Musey, à Mgr Peter Hillebrand, à Mgr Günther Storck, à Mgr Robert Fidelis McKenna, à Mgr Vida Elmer, ou encore à Mgr Andrès Morello et à Mgr Daniel Lytle Dolan.
Par ailleurs, nous n’oublions pas non plus de rendre hommage aux évêques qui n’ont pas encore quitté ce monde, comme par exemple : Mgr Mark Anthony Pivarunas, Mgr Martin Davila Gandara, Mgr Pio Espina, Mgr Julian Espina, Mgr Giles Butler, Mgr Luis Alberto Madrigal, Mgr Merardo Loya, Mgr Raphaël Cloquell, Mgr Thomas Huber, Mgr José Antonio Rodriguez López, Mgr Héctor Moreno, Mgr Rodrigo Da Silva, Mgr Charles McGuire, Mgr Bede Okechukwu Nkamuke, Mgr Pierre Roy, Mgr Fernando Altamira, Mgr Donald Sanborn, Mgr Robert Neville, Mgr Joseph Selway, Mgr Geert Stuyver et Mgr German Fliess.
Comme le soulignait le Père Barbara : « Les évêques qui tiennent leur consécration de l’archevêque [Ngô Đình] Thuc se sont comportés de manière ouvertement catholique. » [17]
Évidemment, notre but ici n’est pas de démontrer que tous nos évêques sont des Saints. [18] Car même s’il est malheureusement sorti de notre communauté quelques évêques apostats qui ont lâchement abandonné l’Église (comme Mgr Franco Munari ou Mgr Bonaventure Strandt), cependant, notre épiscopat n’est pas aussi corrompu que semble le penser l’Abbé Rolland. Est-ce qu’aucun membre de notre clergé ne trouve grâce à ses yeux ?
Saint Robert Bellarmin contre les “évêques-Thuc” ?
Toujours dans ce même enregistrement, l’Abbé Rolland affirme en outre : « Je ne veux pas manquer de respect envers saint Robert Bellarmin, c’est un docteur de l’Église. Mais le brave saint Robert Bellarmin, il ne pouvait pas envisager une seconde la situation dans laquelle nous nous trouvons. Saint Robert Bellarmin, il ne connaissait pas les évêques-Thuc. »
Effectivement, ayant écrit ses ouvrages au XVIème siècle, Saint Robert Bellarmin n’a pas pu connaître personnellement nos évêques. Mais s’il était encore de ce monde à notre époque, les considérait-il pour autant comme des ennemis ?
Le 17 octobre 1999, lors d’une conférence donnée à Serre-Nerpol (en Isère), Mgr Dolan disait : « Cependant, certains ont objecté que même si ces consécrations sont valides, nous aurions dû les éviter à cause du scandale de Mgr [Ngô Đình] Thuc. Mais ce n’est pas vrai. Tout d’abord, Mgr [Ngô Đình] Thuc est mort et ses péchés sont morts avec lui. Ses péchés, quels qu’ils soient, ne sont pas transférés à ceux qu’il a consacrés. […] Ce qui nous intéresse donc à propos de Mgr [Ngô Đình] Thuc ce ne sont pas ses péchés ou son pauvre jugement, mais (1) le fait qu’il ait procédé à ces consécrations, (2) le fait qu’il ait utilisé le rite traditionnel, (3) le fait qu’il ait été sain d’esprit. Or, toutes ces choses sont attestées par des documents sérieux et des témoins oculaires ayant prêté serment. Mais certains objectent encore que les fruits de Mgr [Ngô Đình] Thuc sont mauvais, alléguant qu’il donna naissance à un certain nombre de mauvais évêques. Je réponds que le simple fait de remonter la lignée des ordres à Mgr [Ngô Đình] Thuc ne veut pas dire pour autant que vous participez à ses péchés ou à ses défauts. Il n’y a pas une sorte d’organisation : “Les évêques de Mgr [Ngô Đình] Thuc”. Si quelqu’un montre sa lignée jusqu’à Mgr [Ngô Đình] Thuc, il n’est pas automatiquement associé à tous ceux que Mgr [Ngô Đình] Thuc a consacrés. Il y a une seule chose qui compte ici, c’est que Mgr [Ngô Đình] Thuc ait procédé aux consécrations épiscopales qui sont valides. À partir de ces consécrations valides, des évêques valides et responsables sont disponibles afin de nous donner des prêtres. Je voudrais ajouter que Mgr [Ngô Đình] Thuc possédait de nombreuses vertus qui ne doivent pas être négligées. Il fut le seul évêque qui eut le courage de dénoncer publiquement Jean-Paul II en tant que faux pape. Il disait aussi la messe avec dévotion, et il était connu pour entendre les confessions durant plusieurs heures de suite, même à un âge avancé. » [19]
De surcroît, il ne faut pas oublier non plus que le magistère de l’Église exhorte les prêtres à honorer leurs évêques.
Léon XII se demandait par exemple : « Comment l’Église peut-elle être votre mère si vous n’avez pas les pasteurs de l’Église, c’est-à-dire les évêques, comme pères ? » [20]
Grégoire XVI insistait particulièrement sur ce point en enseignant ce qui suit : « Quant aux évêques en particulier, leur devoir est de rester inviolablement attachés à la Chaire de Pierre, de garder le saint dépôt avec une fidélité scrupuleuse, et de paître le troupeau de Dieu qui leur est soumis. Pour les prêtres, il faut qu’ils soient soumis aux évêques et “qu’ils les honorent comme les pères de leurs âmes” (Ep. 3, ad Nepot, a. I, 24) selon l’avis de saint Jérôme ; qu’ils n’oublient jamais qu’il leur est défendu, même par les anciens canons, de rien faire dans le ministère qui leur a été confié, et de prendre sur eux la charge d’enseigner et de prêcher, “sans l’approbation de l’évêque, à qui le soin des fidèles a été remis et qui rendra compte de leurs âmes.” (Ex can. Ap. XXXVIII, apud Labb. tom. I, pag. 38, edit. Mansi). » [21]
Léon XIII résumait cette doctrine ainsi : « En effet, l’édifice divin qu’est l’Église repose, comme sur un fondement visible de tous, d’abord sur Pierre, puis sur les apôtres et leurs successeurs, les évêques. Les écouter ou les mépriser, c’est écouter ou mépriser Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même (Luc 10, 16). Les évêques forment la partie la plus sacrée de l’Église, celle qui instruit et gouverne les hommes par droit divin ; ainsi, celui qui leur résiste et refuse obstinément d’obéir à leur parole se place en dehors de l’Église (Matthieu 18, 18). Mais l’obéissance ne doit pas se limiter aux questions qui touchent à la foi : son champ d’application est beaucoup plus vaste : il s’étend à toutes les questions qui relèvent du pouvoir épiscopal. Pour le peuple chrétien, les évêques ne sont pas seulement les enseignants de la foi, ils sont placés à sa tête pour le diriger et le gouverner ; ils sont responsables du salut des âmes que Dieu leur a confiées et dont ils devront un jour rendre compte. C’est pour cette raison que l’apôtre saint Paul adresse cette exhortation aux chrétiens : “Obéissez à vos prélats et soyez-leur soumis. Car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte” (Hébreux 13, 17). » [22]
De ce fait, il est donc légitime de faire remarquer que le discours de l’Abbé Rolland est malheureusement en contradiction avec les principes que nous avons exposés plus haut…
Toutefois, dans une lettre datée du 27 février 1982 adressée à Mgr Fidel Cortés Pérez, Mgr Carmona exposait certaines nuances concernant la doctrine de l’Église au sujet de l’obéissance qui est due aux évêques : « Je suis d’accord pour dire que les prêtres doivent agir en union avec les évêques, mais seulement s’il s’agit de successeurs légitimes des apôtres et s’ils se comportent comme tels. Mais dès l’instant où ils se séparent de ce que l’Église a toujours enseigné, ils tombent dans l’hérésie, ils perdent toute prétention à l’autorité et ne peuvent exiger aucune obéissance, car nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. […] Il faut ici faire la distinction entre les évêques qui, fidèles à leur mission, œuvrent pour l’Église et son enseignement et les évêques fidèles à leurs convictions. Je suis toujours et de tout mon cœur en accord avec des évêques tels que Manriquez y Zarate, Lara y Torres et le cardinal Stepinac, et je le serai toujours. En revanche, je ne suis pas d’accord avec les évêques hérétiques qui se sont livrés et se sont alliés aux ennemis de l’Église du Christ, avec ces personnages effrontés qui adorent aujourd’hui ce qu’ils brûlaient auparavant et brûlent aujourd’hui ce qu’ils adoraient auparavant. Enfin, saint Jean dit dans sa deuxième lettre : “Si quelqu’un vient à vous et n’enseigne pas ainsi, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas salut. Celui qui lui dit salut se rend complice de ses agissements.” (2 Jean 1 ; 10-11). » [23]
On peut souligner ici que la réflexion de cet évêque mexicain est en parfaite conformité avec l’enseignement de Pie VI : « Gardez-vous de prêter l’oreille aux discours trompeurs des philosophes du siècle, qui vous conduiraient à la mort ; éloignez de vous tous les usurpateurs, sous quelque titre qu’ils se présentent, archevêques, évêques [ou] curés ; n’ayez rien de commun avec eux, surtout dans l’exercice de la religion. » [24]
Le sectarisme.
D’autre part, toujours dans cet audio, l’Abbé Rolland déclare enfin : « Vouloir rester uniquement entre nous, c’est devenir une secte. Et, à ce moment-là, on va se réunir pour élire le chef de la secte. Qu’on va appeler le pape (mais ça c’est le nom qu’on lui donnera). Mais toutes les personnes extérieures ne verront pas le pape. Ils verront un chef de secte. C’est tout. Que voulez-vous faire de l’apostolat avec ça ? C’est strictement impossible. Le piège est refermé. En nous faisant tomber là-dedans, Lucifer nous enlève définitivement tout moyen d’apostolat. Et là, on est perdu. Et on n’est plus catholique. »
Pourtant, l’Église catholique a toujours fait en sorte que ses membres soient étroitement unis entre eux par le lien de la foi (quitte à exclure socialement les ennemis de leur religion).
Par exemple, Saint Alphonse de Liguori écrivait : « C’est bien à tort, toutefois, que Rousseau se plaint du dogme de l’intolérance que professent les catholiques, dogme qui, d’après lui, “est horrible et rend les catholiques ennemis du genre humain.” (Emile, 1. 4. Note). On sait que cette intolérance a été pratiquée dès les premiers siècles de l’Église, durant lesquels les fidèles ont constamment repoussé la communion des infidèles et des hérétiques. » [25]
De plus, Grégoire XVI enseignait également que : « L’association familière avec des hérétiques doit être évitée. » [26]
D’ailleurs, Léon XIII n’enseignait pas autre chose lorsqu’il déclarait de manière infaillible : « Il faut éviter toute familiarité, non seulement avec ces libertins impies qui promeuvent ouvertement le caractère de la secte, mais aussi avec ceux qui se cachent sous le masque de la tolérance universelle, du respect de toutes les religions et du désir de concilier les Maximes de l’Évangile avec celles de la Révolution. Ces hommes cherchent à réconcilier le Christ et Bélial, l’Église de Dieu et l’État sans Dieu. » [27]
On notera aussi que cette doctrine fut confirmée par le témoignage de l’Apôtre saint Jean…
2ème épître de saint Jean, Chapitre 1, versets 9 à 11 : « Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ ne possède point Dieu ; quiconque demeure dans sa doctrine, celui-là possède le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte point cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, ne lui dites pas même salut. Car celui qui lui dit salut communique à ses œuvres mauvaises. » [28]
De tout temps, l’Église a interprété ce passage du Nouveau Testament pour justifier l’interdiction d’avoir des relations sociales avec ceux qui n’acceptent pas la doctrine du Christ…
Pie IX : « C’est pourquoi, par l’autorité de Dieu tout-puissant, nous excommunions et déclarons anathème Joseph-Hubert [Reinkens] lui-même et tous ceux qui ont tenté de le choisir et qui ont contribué à sa consécration sacrilège. Nous excommunions en outre tous ceux qui se sont ralliés à eux et qui, appartenant à leur parti, leur ont apporté aide, faveur, assistance ou consentement. Nous déclarons, proclamons et ordonnons qu’ils soient exclus de la communion de l’Église. Ils doivent être considérés comme faisant partie de ceux avec lesquels tous les fidèles chrétiens ont l’interdiction, selon l’Apôtre, de s’associer et d’avoir des relations sociales, à tel point que, comme il l’affirme clairement, ils ne doivent même pas être salués (2 Jean 1 ; 10). » [29]
Pie XI : « Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Évangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau : “Aimez-vous les uns les autres”, interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure : “Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas” (2 Jean 1 ; 10). » [30]
De plus, l’Église exhorte aussi ses fidèles à éviter de fréquenter les apostats…
Pie IX : « Vous [les évêques] devriez leur rappeler [aux fidèles] de se méfier de ces ennemis perfides du troupeau du Christ et de leurs aliments empoisonnés. Ils devraient totalement fuir leurs célébrations religieuses, leurs édifices et leurs chaires de peste qu’ils ont impunément érigées pour transmettre leurs enseignements. Ils devraient éviter leurs écrits et tout contact avec eux. Ils ne doivent avoir aucune relation ou rencontre avec des prêtres usurpateurs et des apostats de la foi qui osent exercer les fonctions de ministre ecclésiastique sans posséder une mission légitime ni aucune juridiction. Ils devraient les éviter comme des étrangers et des voleurs qui viennent seulement pour voler, tuer et détruire (Jean 10 ; 10). » [31]
Ainsi, il est tout-à-fait normal de préférer la compagnie des gens qui partagent notre doctrine plutôt que celle des gens qui la rejettent. De toute façon, n’importe quel être humain (qu’il soit catholique ou non) aura toujours naturellement tendance à se lier d’amitié avec des personnes qui lui ressemblent (tant sur le plan physique que sur le plan spirituel) ; et il n’y a absolument aucun mal à cela…
Quant au fait de vouloir se réunir pour élire un chef visible, le magistère de l’Église nous apprend sur ce sujet que – lorsque le Saint-Siège est vacant – l’élection du successeur de Pierre devient le plus grave et le plus saint des devoirs…
Saint Pie X : « Le Siège Apostolique étant vacant, le devoir le plus grave et le plus saint est d’élire, comme tête et souverain Pasteur du troupeau du Seigneur, pour régir avec attention et sollicitude l’Église catholique, celui qui, succédant en cet état au bienheureux Pierre, représente sur terre la Personne du Christ Jésus. » [32]
Dans son histoire, l’Église a élu environ 260 papes et des milliards de personnes ont été exclues de sa communion. Est-elle devenue une secte pour autant ? A-t-elle définitivement perdu tout moyen d’apostolat ? A-t-elle cessé d’être catholique ? Bien-sûr que non… Alors pourquoi notre communauté risquerait de tomber dans toutes ces dérives si jamais elle décide de mettre en pratique ce que l’Église catholique a toujours enseigné ?
Le “gros problème spirituel” de Mgr Ngô Đình Thuc.
Lors d’une conférence intitulée : “conclavisme” (publiée le 25 février 2026 sur son canal Telegram), l’Abbé Rolland déclarait la chose suivante : « Il y a un gros problème avec ce Mgr Ngô Đình Thuc. Même si les consécrations épiscopales peuvent évidemment être considérées comme valides, il y a un problème spirituel. Et ça, personne ne me fera dire le contraire. »
Or, comme nous l’avons vu précédemment, malgré les erreurs qu’il a pu commettre, Mgr Ngô Đình Thuc a quand même défendu la foi catholique. En conséquence, nous estimons que les fautes commises par cet Archevêque sont certainement liées à des défauts qui sont inhérents à son tempérament plutôt qu’à un abandon de la foi de sa part.
Dans une lettre en réponse à un article du périodique En marcha, Mgr Carmona écrivait à ce propos : « J’ai été consacré par le seul évêque catholique restant après l’apostasie universelle. Évêque qui, bien qu’étant humain, ait commis quelques erreurs, a eu le courage de se rétracter et aussi de déclarer courageusement la vacance du Saint-Siège. » [33]
La perte de l’épiscopat et le remplacement de l’Église catholique.
Dans cette même conférence, l’Abbé Rolland affirme par ailleurs : « Nous, nous sommes dans le concret, mes chers amis. Nous sommes dans une situation que tous ces théologiens du passé, même s’ils étaient des grands docteurs de l’Église (comme saint Robert Bellarmin), ne pouvaient pas imaginer une seconde. Ils ne pouvaient pas imaginer une seconde la catastrophe de l’Église catholique qui perd son épiscopat, qui est envahie par un clergé hérétique, et qui est remplacée et éclipsée par une secte anti christique. Ils ne pouvaient pas imaginer ça une seconde. »
Mais si les grands docteurs ne pouvaient pas envisager que l’Église catholique puisse perdre son épiscopat, c’est tout simplement parce que cette hypothèse est incompatible avec le dogme de l’indéfectibilité de l’Église.
Et pour cause, car comme nous l’enseigne Léon XIII : « L’ordre épiscopal fait nécessairement partie de la constitution intime de l’Église. » [34]
Du reste, prétendre que l’Église aurait été remplacée par une secte reviendrait à admettre implicitement qu’elle aurait été détruite ou qu’elle n’existerait plus.
Mgr Gandara expliquait le dogme de l’indéfectibilité de l’Église en ces termes : « Il ne faut pas en conclure que l’Église catholique n’existe plus ou qu’elle est détruite. Il n’en est pas ainsi, étant donné que la vraie Église de Jésus-Christ est indestructible. Les paroles de son fondateur résonnent avec toute leur force : “Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.” (Matthieu 16 ; 18). Malgré le tremblement de terre de Vatican II, l’Église catholique continue, elle survit, et dans certaines parties du monde, il reste des groupes de résistance vraiment catholiques. Rappelons-nous que l’Église ne peut jamais rester acéphale, puisque la tête de l’Église est Jésus-Christ, son fondateur. » [35]
Mgr Maur Cappellari (que l’on connaîtra plus tard sous le nom de Grégoire XVI) nous rappelle également que la véritable Église réside uniquement chez les pasteurs qui résistent aux innovations : « La partie des pasteurs, qui, au milieu des contradictions les plus adroites, des prétentions les moins fondées, des usurpations les plus illégitimes, […] opposerait une résistance invincible et seule échapperait à la séduction, ce clergé, dis-je, composerait exclusivement la véritable Église, et aurait par conséquent les notes et les qualités de la véritable Église. […] L’Église doit toujours subsister telle que Jésus-Christ l’a établie, et par conséquent maintenir toujours et malgré toutes les attaques la forme essentielle de son gouvernement, mais cette perpétuité ne se rencontre plus dans la partie des pasteurs qui ne résistent pas aux innovations, donc il ne faut la chercher que dans la partie qui les repousse, celle-là seule sera donc la véritable Église. » [36]
Dans une lettre adressée à Monsieur Alvaro Ramirez Arandigoyen (datée du 18 mai 1982), Mgr Carmona écrivait d’ailleurs ce qui suit : « Trois choses caractérisent notre situation actuelle : 1) Depuis la mort de Pie XII, nous n’avons eu que des imposteurs, ce qui signifie que depuis plus de vingt ans, le Saint-Siège est vacant. 2) Presque tout l’épiscopat s’est lancé dans une nouvelle religion, et a donc apostasié de la vraie Foi, renonçant à l’Église éternelle. 3) La véritable soif des fidèles de la parole de Dieu qui ne leur est plus prêchée, et leur demande de l’administration des sacrements catholiques. » [37]
La formule « presque tout l’épiscopat » indique clairement que – dans l’esprit de Mgr Carmona – même après Vatican II, il existait toujours un petit nombre d’évêques qui n’ont point apostasié la foi catholique en embrassant le modernisme.
Dans une lettre écrite en 1985, Mgr Zamora écrivait aussi : « S’il n’y avait plus d’évêques, l’intermédiaire moral de la juridiction cesserait de continuer et de réserver le droit de participer directement à la juridiction. Mais nous n’avons jamais envisagé une telle hypothèse, car nous n’avons jamais manqué d’évêques, et même s’il n’en restait qu’un, il y’en a toujours eu, comme nous le savons de par l’histoire de l’Église. » [38]
Ainsi, soutenir que l’Église aurait perdu son épiscopat (comme le prétend l’Abbé Rolland) n’est pas une opinion compatible avec la constitution de l’Église (dont la hiérarchie doit nécessairement être pérenne).
Pie IV : « Si quelqu’un dit qu’il n’y a pas dans l’Église catholique une hiérarchie instituée par une déposition divine, composée d’évêques, de prêtres et de ministres : qu’il soit anathème. » [39]
Saint Robert Bellarmin et l’élection du pape.
Toujours dans cette même conférence, l’Abbé Rolland affirme d’autre part : « Même Saint Robert Bellarmin n’a pas du tout envisagé cette possibilité-là, d’évêques (comme les évêques-Thuc) qui n’ont aucune juridiction, qui n’ont jamais siéger dans un diocèse. Saint Robert Bellarmin parle uniquement des évêques diocésains, c’est-à-dire des ordinaires de lieu, pas de simples évêques in partibus, pas de simples évêques sans diocèses à diriger. […] Donc ça, cette élection par des évêques sans aucune juridiction, et sans pape, ça n’a jamais été envisagé dans l’Église. »
Ici, nous répondront à cette objection que si le cardinal Bellarmin n’a jamais envisagé que des évêques qui n’ont aucune juridiction puissent élire un pape, c’est tout simplement parce que – par définition – les évêques sans juridiction ne sont pas des évêques catholiques (puisque seuls les hérétiques et les schismatiques sont totalement privés de ce pouvoir).
Saint Thomas d’Aquin : « Quant au pouvoir de juridiction, il est conféré par simple investiture humaine. Ce pouvoir n’est pas immuable. Et il ne subsiste pas chez les hérétiques et les schismatiques. C’est pourquoi ils ne peuvent ni absoudre, ni excommunier, ni accorder d’indulgences, ni rien faire de cette nature : s’ils le font, rien ne se produit. » [40]
En revanche, le cardinal Bellarmin a bel et bien envisagé la possibilité que les évêques catholiques puissent se réunir pour organiser un concile imparfait.
Saint Robert Bellarmin : « Un concile imparfait pourra avoir lieu s’il est entrepris par le collège des cardinaux, ou si les évêques se rassemblent entre eux dans un endroit. » [41]
On remarquera ici que le cardinal Bellarmin parlait des évêques au sens large (et non pas uniquement des évêques diocésains). D’ailleurs, nous ne voyons pas pour quelle raison objective les évêques titulaires ou les évêques in partibus infidelium (qui ne sont rattachés à aucun diocèse) n’auraient pas le droit de siéger dans un concile.
Mgr Maur Cappellari (futur Grégoire XVI) expliquait par exemple sur cette question : « Dès le quatrième siècle, l’on était en usage d’ordonner des évêques ad honorem ; tels furent, au rapport de Sozomène, les trois évêques Barsès, Eulogius, et Lazzare, qui furent sacrés évêques sans être chargés de l’administration d’aucun diocèse, quoiqu’ils eussent le caractère épiscopal et pussent en cette qualité siéger dans un concile. » [42]
Du reste, l’Abbé Rolland semble ignorer que certains théologiens ont envisagé la possibilité d’une situation extraordinaire dans laquelle les électeurs déterminés par le pape n’existeraient plus. Et, dans ce cas de figure, l’élection du pape reviendrait à un concile général, auquel il serait exceptionnellement permis de déroger à la loi pontificale précédente (qui réserve aux cardinaux le droit de choisir le souverain pontife).
Le Cardinal Louis Billot écrivait par exemple sur ce sujet : « Mais l’élection de l’Évêque Suprême relève sans aucun doute de l’ordre de l’Église universelle. Examinons maintenant, néanmoins, comment la loi s’appliquerait en cas de survenance d’une situation extraordinaire dans laquelle il serait nécessaire de procéder à l’élection d’un Pontife alors qu’il ne serait plus possible de respecter les conditions déterminées par la loi pontificale précédente ; comme certains le pensent lors du Grand Schisme lors de l’élection de Martin V. Une fois que nous accordons la survenance de telles circonstances, il faut admettre sans difficulté que le pouvoir d’élection reviendrait à un concile général. Car la loi naturelle elle-même prescrit qu’en pareil cas l’attribut d’un pouvoir supérieur descend, par voie de dévolution, au pouvoir immédiatement inférieur dans la mesure où il est indispensable pour la survie de la société et pour éviter les tribulations d’un manque extrême. En cas de doute, cependant (par exemple quand on ne sait pas si quelqu’un est un vrai cardinal ou quand le pape est mort ou incertain, comme cela semble s’être produit à l’époque du grand schisme qui a commencé sous Urbain VI), le pouvoir d’appliquer la papauté à une personne (les conditions requises ayant été remplies) réside dans l’Église de Dieu. Et puis, par voie de dévolution, on voit que ce pouvoir descend à l’Église universelle, puisque les électeurs déterminés par le Pape n’existent pas. Cela se comprend sans difficulté si la survenance de telles circonstances est admise. » [43]
Le piège du “pape humain”.
L’Abbé Rolland affirme ensuite : « Si nous tombons dans le piège de faire un pape humain, nous ne ferons pas un vicaire du Christ. Nous ferons un chef de secte. Et cette secte, tuera définitivement en nous l’esprit apostolique. Parce que vous ne pouvez plus faire d’apostolat une fois que vous adhérez à un pape élu de nulle part. Personne qui est dans la réalité, personne qui est dans la vie concrète, ne peut vous prendre au sérieux. Donc vous ferez fuir tout le monde, et par contre, vous attirerez tous les fous et les malades, qui eux ne sont pas dans la réalité, et qui trouveront cette idée absolument séduisante (intellectuellement parlant). Et là, on est dans le pire des scénarios. On tombe dans une secte avec une paranoïa collective, style Amish ou Mennonite. »
Or, bien que les papes agissent « en tant que représentants du Dieu Tout-Puissant » [44] (pour reprendre une formule employée par Léon XIII), cependant, ils ont quasiment toujours été élus par des moyens humains. D’ailleurs, dans toute l’histoire de l’Église, à part Saint Fabien, nous ne connaissons aucun pape ayant été élu directement grâce à une intervention divine (sans passer par une élection humaine). En effet, nous savons bien que, le 10 janvier 236, à Rome, Dieu est intervenu de façon miraculeuse pour désigner Saint Fabien avant même que les évêques procèdent au vote…
Eusèbe de Césarée avait relaté cet événement de la manière suivante : « On rapporte qu’après le martyre d’Antéros, Fabien revenait de la campagne avec quelques amis, lorsqu’il fut soudain, et par une merveilleuse disposition de la grâce divine, appelé inopinément à la tête du clergé. Fabien entra dans l’église où étaient réunis tous les frères pour procéder à l’élection. Nul ne songeait à l’élire. Plusieurs se préoccupaient de donner leurs suffrages à quelques nobles et illustres personnages. Tout à coup, une colombe, descendue par un des lucernaires, vint se reposer sur sa tête. Elle semblait rappeler celle dont l’Esprit Saint avait revêtu la forme pour descendre sur le Sauveur, aux rives du Jourdain. L’assemblée, émue à ce spectacle et manifestement inspirée par l’Esprit de Dieu, poussa dans un transport d’allégresse l’acclamation unanime : Il est digne ! Il est digne ! Malgré la résistance de Fabien, on l’entoura et on le fit asseoir sur le trône pontifical. » [45]
Évidemment, puisque « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1 ; 37), nous n’excluons pas la possibilité d’une intervention divine pour l’élection d’un pape. Néanmoins, nous nous contenterons simplement de préciser que si tous ces évêques ne s’étaient pas réunis en vue d’élire le successeur du pape Saint Antère, alors ce miracle que constitue l’élection de saint Fabien n’aurait jamais eu lieu. Ainsi, pour que Dieu intervienne directement dans l’élection d’un pape, il faut au moins que des hommes de bonne volonté se réunissent dans ce but (sans quoi ils ne pourraient pas être les témoins de cet éventuel miracle). Ceci dit, Dieu n’intervient pas nécessairement de façon directe dans l’élection de tous les papes. Saint Pie X n’a pas été élu au souverain pontificat de manière miraculeuse (comme ce fut le cas de saint Fabien). Pourtant, cette élection humaine ne l’a pas empêché de faire partie des meilleurs papes que l’Église catholique ait connu. Il serait donc erroné de croire que tant que Dieu n’aura pas élu un pape de façon miraculeuse, alors toute élection papale basée sur une intervention humaine serait forcément nulle ou invalide. Sinon, il faudrait alors en déduire que nous n’aurions eu que des faux papes depuis la mort de saint Fabien (voir même avant l’élection de ce dernier) …
Comme l’expliquait l’Abbé Alfred Vacant : « Le mode d’élection à la papauté n’est pas fixé par le droit divin. Le premier pape, Saint Pierre, fut choisi par le fondateur même de l’Église ; mais on ne trouve ensuite, ni dans l’Écriture Sainte, ni dans la Tradition, aucune prescription de Notre Seigneur à cet égard. D’ailleurs, si Jésus-Christ en avait précisé lui-même la forme, elle n’aurait pas varié à travers les siècles, comme on le constate. » [46]
De là, l’intervention divine directe dans le processus d’élection du pape peut très bien se concilier avec une intervention humaine. Par exemple, il est tout-à-fait possible que Dieu accomplisse un miracle pendant ou même bien après la réunion d’un concile général imparfait.
D’autre part, nous ne voyons pas en quoi l’adhésion à un pape élu par un concile général imparfait empêcherait de faire de l’apostolat, ni en quoi ceux qui soutiennent cette idée seraient des fous, des malades mentaux ou des paranoïaques. Quant aux Amish et aux Mennonites, vu qu’ils ne croient pas du tout à l’importance de la papauté, nous ne voyons pas vraiment le rapport avec le sujet de notre discussion…
La Vénérable Elisabeth Canori Mora et les révélations privées.
L’Abbé Rolland déclare enfin : « Alors que la solution que nous apporte Notre Seigneur par l’intermédiaire de la vénérable Elisabeth Canori Mora, elle, c’est une solution qui n’est pas nouvelle. C’est une solution que Notre Seigneur a déjà mise en pratique, a déjà utilisée pour l’Apôtre Saint Paul. […] Donc, si Notre Seigneur l’a fait pour saint Paul, il peut très bien le faire pour un successeur de Pierre. C’est le même cas de figure. Et ce n’est pas pour cela que Notre Seigneur a fondé une nouvelle église avec Saint Paul. C’est totalement faux. Même s’il était déjà ressuscité, il a toujours ce pouvoir de choisir qui il veut comme Apôtre ou qui il veut comme successeur de l’Apôtre saint Pierre. Ceci étant dit, ça, c’est une solution qui n’est pas nouvelle, qui vient de Notre Seigneur, qui a été révélée par Notre Seigneur lui-même à une âme privilégiée. Et c’est là-dessus qu’il faut rester, qu’il faut s’accrocher, sans dévier, et ne pas nous laisser séduire par les sirènes du conclavisme. Résistons de toutes nos forces à ces sirènes, ces illusions de Lucifer… »
Ici, l’Abbé Rolland fait référence à une révélation privée qui raconte en substance que Saint Pierre redescendra sur terre pour désigner un pape. Pour que le lecteur puisse comprendre exactement de quoi nous parlons, nous allons retranscrire brièvement le récit de la vision qu’a eu Élisabeth Canori Mora (une membre du Tiers-Ordre des Trinitaires qui fut nommée Vénérable par Pie IX le 26 février 1874) :
« Quand la justice divine fut apaisée par l’effusion de tant de sang et la destruction des impies, les nuages qui obscurcissaient les cieux se dispersèrent, et un doux rayon de lumière annonça à la terre la réconciliation de Dieu avec les hommes. L’Apôtre Saint Paul parut avec plein de force et de puissance ; il prit les démons, les chargea de chaînes et les conduisit aux pieds du prince des Apôtres. Saint Pierre détenait le pouvoir souverain de les juger : il les condamna à être précipités dans l’abîme, et la sentence fut aussitôt exécutée. Afin de célébrer cette glorieuse victoire, les Anges se sont mêlés aux Fidèles qui n’avaient pas failli pendant le procès, et les ont conduits aux pieds de Saint Pierre, qui reçut leurs hommages et leurs remerciements, assis sur un trône majestueux. Il [Saint Pierre] choisit lui-même le nouveau Pontife qui devait réorganiser l’Église. Les ordres religieux ont été rétablis, les Fidèles s’enflammèrent d’une ferveur nouvelle, l’Église a retrouvé sa beauté primitive, et le Souverain Pontife était reconnu dans tous les pays du monde comme le Vicaire de Jésus-Christ. » [47]
Ici, les principes qui s’appliquent pour Saint Fabien sont quasiment les mêmes que ceux qui s’appliquent pour la vision de la Vénérable Élisabeth Canoni Mora. La seule différence étant que, même si une révélation privée peut être considérée comme probable et digne d’une pieuse croyance, néanmoins, on ne peut pas lui accorder un assentiment de foi catholique, mais simplement un assentiment de foi humaine. Cela veut donc dire qu’il est permis de ne pas croire à une révélation privée, à condition de ne pas témoigner de mépris envers celle-ci.
Mgr Prospero Lorenzo Lambertini (futur Benoît XIV) écrivait sur ce sujet : « Il faut bien savoir que cette approbation n’est rien d’autre qu’une permission, par laquelle ces révélations peuvent être publiées pour l’instruction et l’utilité des fidèles, après un examen sérieux. À des révélations ainsi approuvées, il n’est pas dû un assentiment de foi catholique, et l’on ne peut pas donner un tel assentiment ; cependant, il est dû un assentiment de foi humaine, selon ce que commandent les règles de la prudence, conformément auxquelles de telles révélations sont probables et dignes d’une pieuse croyance. […] Il s’ensuit donc que l‘on peut, étant sauve et intègre la foi catholique, ne pas donner son assentiment à ces révélations et s’en détourner, pourvu que cela se fasse avec la réserve due, non sans quelque raison, et en évitant de témoigner du mépris. » [48]
Vivement 2028 ?
Toujours sur son canal Telegram, dans une publication datée du 26 février 2026, l’Abbé Rolland écrivait ceci : « Oui, ça fait 68 ans que la secte a pris le contrôle de l’Église catholique. C’est long 68 ans, mais nous arrivons au bout. Ça ne peut pas dépasser les 70 ans. Il faut tenir et maintenir coûte que coûte quoiqu’il en coûte ! Ce qui vient est merveilleux. C’est l’église de Philadelphie. Je vous en parle dans mon prochain exposé. »
Ici, l’Abbé Rolland affirme que la vacance du Saint-Siège ne pourra pas durer plus de 70 ans (ce qui serait effectivement une bonne chose). Mais si jamais la crise de l’Église n’est toujours pas résolue en 2028 (contrairement à ce que prévoyait l’Abbé Rolland), alors que devront faire les catholiques selon lui ? Devront-ils attendre encore 30 ans de plus (afin de fêter l’anniversaire des 100 ans de la vacance du Saint-Siège en 2058) ? Et si les catholiques ne font rien pour mettre un terme à la crise de l’Église, alors pourquoi Dieu leur donnerait à nouveau la grâce d’obéir à un vrai pape ?
La mort de l’Église.
Dans le cadre d’une conférence intitulée : “Période de Philadelphie” (publiée le 4 mars 2026 sur son canal Telegram), l’Abbé Rolland déclarait aussi : « Tant que le vicaire du Christ n’a pas été désigné pour gouverner l’Église avec tous les pouvoir légitimes de gouverner, il ne peut pas y avoir d’unité de gouvernement dans un clergé non una cum sans juridiction. Ce qui fait l’unité des évêques, c’est le pape et sa juridiction universelle. S’il n’y a pas ce principe d’unité dans l’Église, s’il fait défaut, il n’y a pas de hiérarchie une dans l’action possible. Il y a une hiérarchie une, puisque ces évêques sont catholiques – donc ils sont un (sinon ils ne seraient pas catholiques) – mais ils ne peuvent pas agir dans l’unité. Pourquoi ? Parce qu’il manque la juridiction. C’est une des façons de montrer que l’Église est morte. Parce qu’elle ne peut plus agir. Elle est une, mais elle ne peut plus agir, parce qu’il n’y a pas de juridiction, parce qu’il n’y a pas de pape. »
Ici, l’Abbé Rolland rappelle à juste titre que le pape est la source de l’unité de gouvernement.
Léon XIII exprimait en effet la même doctrine en déclarant ceci : « Mais l’ordre des évêques ne peut être regardé comme vraiment uni à Pierre, de la façon que le Christ l’a voulu, que s’il est soumis et s’il obéit à Pierre ; sans quoi il se disperse nécessairement en une multitude où règnent la confusion et le désordre. » [49]
Dans un autre texte, ce même souverain pontife avait même prophétisé la situation de confusion et de désordre que nous vivons actuellement en écrivant ce qui suit : « Dans le Lieu saint même, là où a été établi le Siège du bienheureux Pierre et la Chaire de la Vérité pour la lumière du monde, ils ont élevé le trône de leur abominable impiété, dans le dessein inique que le pasteur ayant été frappé, le troupeau puisse être dispersé [Zacharie 13 ; 7]. » [50]
Par ailleurs, l’Abbé Rolland admet ensuite que les évêques non una cum sont catholiques (ce qui constitue déjà un progrès par rapport aux propos qu’il avait tenu auparavant). Néanmoins, l’Abbé Rolland va jusqu’à soutenir que l’Église serait morte. Pourtant, plusieurs papes nous apprennent au contraire que l’Église ne peut pas périr ni ressembler à un cadavre…
Pie IX : « C’est pourquoi ils nient aussi l’indéfectibilité de l’Église en disant avec blasphème qu’elle a péri dans l’univers entier, et que par conséquent, son Chef visible et ses évêques ont fait défection. » [51]
Léon XIII : « L’Église n’est point une sorte de cadavre : elle est le corps du Christ, animé de Sa vie surnaturelle. » [52]
Par ailleurs, nous savons aussi que l’Église ne peut pas exister si elle ne jouit pas de la liberté d’action.
Pie XI : « Il faut admettre que la vie chrétienne a besoin de s’appuyer, pour son développement, sur des moyens externes et sensibles ; et que l’Église, étant une société d’hommes, ne peut ni exister ni s’étendre si elle ne jouit pas de la liberté d’action et si ses enfants n’ont pas le droit de trouver dans la société civile des possibilités de vivre conformément aux dictamen de leurs consciences. » [53]
Or, comment l’Église pourrait-elle exister si « elle ne peut plus agir » ? (comme le soutient l’Abbé Rolland).
De plus, nous savons également que l’Église est une société juridiquement parfaite, parce qu’elle est pleinement libre et que personne ne doit diminuer sa liberté d’action, ni lui enlever ses droits.
Pie IX, Syllabus sur les principales erreurs de notre temps (8 décembre 1864), § IV, proposition n°19 : « L’Église n’est pas une société vraie et parfaite, pleinement libre, et elle ne jouit pas de ses droits propres et constants qui lui ont été conférés par son divin fondateur, mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l’Église et les limites au sein desquelles elle peut exercer ces droits. » [Proposition condamnée].
Léon XIII : « Bien que composée d’hommes comme la société civile, cette société de l’Église, soit pour la fin qui lui est assignée, soit pour les moyens qui lui servent à l’atteindre, est surnaturelle et spirituelle. Elle se distingue donc et diffère de la société civile. En outre, et ceci est de la plus grande importance, Elle [l’Église] constitue une société juridiquement parfaite en son genre, parce que, de l’expresse volonté et par la grâce de son Fondateur, elle possède en soi et par elle-même toutes les ressources qui sont nécessaires à son action. […] De même, il faut admettre que l’Église, non moins que l’État, de sa nature et de plein droit, est une société parfaite ; que les dépositaires du pouvoir ne doivent pas prétendre asservir et subjuguer l’Église, ni diminuer sa liberté d’action dans sa sphère, ni lui enlever n’importe lequel des droits qui lui ont été conférés par Jésus-Christ. » [54]
Or, comment l’Église pourrait-elle rester une société juridiquement parfaite si elle n’a plus le droit d’élire un pape ?
C’est pourquoi Mgr Maur Cappellari (futur Grégoire XVI) écrivait à juste titre : « Il est évident que Jésus-Christ, en établissant, pour la sécurité des fidèles, un gouvernement immuable, visible et perpétuel, doit avoir pourvu son Église de tous les moyens qui lui sont nécessaires pour repousser un chef illégitime. Il lui a donc certainement conféré le droit, dans le cas d’un doute fondé et raisonnable sur la légitimité d’un pape, de procéder à l’élection d’un autre, surtout si celui dont la légitimité serait suspecte ne cessait de l’inquiéter en mille manières. Il y aurait donc lieu d’accuser Dieu lui-même de n’avoir pas suffisamment pourvu à son indéfectibilité, s’il ne lui avait pas laissé les facultés nécessaires en de telles circonstances. » [55]
Du reste, d’après le Père Benoît Henri Merkelbach : « [La juridiction est] un pouvoir moral de gouverner des sujets dans les choses qui se rapportent à leur fin surnaturelle. » [56]
Or, s’il n’y avait pas de juridiction dans le clergé non una cum (comme l’affirme l’Abbé Rolland), alors cela signifierait que toutes les absolutions données par les membres de ce clergé seraient malheureusement invalides, car selon les paroles du pape Jules III : « Comme il est de la nature du jugement que la sentence soit portée sur des sujets, le saint concile [de Trente] confirme que l’absolution donnée par un prêtre à celui à l’égard duquel il n’a pas une juridiction ordinaire ou subdéléguée n’a aucune valeur. » [57]
Au sujet de la juridiction, le Cardinal Louis-Édouard Pie écrivait d’ailleurs la chose suivante : « En effet, une société religieuse quelconque ne peut exister qu’au moyen d’un sacerdoce, et une société chrétienne en particulier ne peut vivre et se perpétuer qu’autant qu’elle est présidée par des évêques qui transmettent et communiquent le caractère de la juridiction, et par des prêtres qui administrent les sacrements. » [58]
Le concile imparfait : une absurdité ?
Le 19 avril 2026, lors d’un sermon prononcé à l’occasion du dimanche du bon pasteur (qui est le quatrième dimanche après Pâques), l’Abbé Rolland disait également : « Ils ont trouvé deux évêques qui veulent faire un concile général imparfait. Alors déjà, rien que quand on lit ça, on éclate de rire. Le jour où on me présentera un rond-carré, je croirais dans un concile imparfait. Ça n’existe pas, c’est une absurdité, c’est un rond-carré. Techniquement parlant, mes bien chers frères, un concile imparfait, ça s’appelle un conciliabule. Il y en a eu des dizaines dans l’histoire de l’Église. Parce qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, ce qu’on veut nous faire là maintenant, on l’a fait déjà dans le passé de nombreuses fois. Et, à l’époque, il y avait un pape, et il y avait des vrais évêques, qui disaient la vraie messe, etc. Ça n’a pas empêché certains de faire des conciles sans le pape. »
Déjà, aux dernières nouvelles, il y a maintenant dix évêques qui soutiennent cette initiative du concile général imparfait…
Ensuite, sous le pontificat de saint Sirice, l’Église a décrété la chose suivante : « On ne doit pas donner le nom de concile, mais de conciliabule aux conventicules des hérétiques. » [59]
En effet, au cours de l’histoire, plusieurs faux conciles ont malheureusement été convoqués par les ennemis de l’Église. Les Ariens ont par exemple convoqué le conciliabule de Rhimmi en 359, les Monophysites celui d’Éphèse II en 449 et les schismatiques hétérodoxes orientaux celui de Constantinople In Trullo en 692.
Néanmoins, l’idée d’un concile imparfait (qui est en fait une expression inventée par le cardinal Bellarmin) n’a strictement rien à voir avec celle d’un conciliabule. Dans l’esprit de ce saint docteur, un concile peut-être dit “imparfait” pour deux raisons : 1) Parce que ce concile ne peut pas être convoqué par le pape ; et 2) parce que ce concile n’a pas le droit de se prononcer sur des questions de foi tant que le pape n’a pas été élu. C’est en ce sens qu’on peut dire que le concile œcuménique de Constance fut, dans un premier temps, un concile général imparfait…
Saint Robert Bellarmin : « Il n’est possible, en aucun cas, de convoquer, sans l’autorisation du pontife suprême, un concile véritablement parfait, qui ait l’autorité de définir des choses de foi. Car, l’autorité principale est dans la tête, dans Pierre, à qui il a été commandé de confirmer ses frères, et pour qui le Seigneur a prié afin que sa foi ne défaille pas. Dans ces deux cas [à savoir quand le prétendant au pontificat tombe dans le schisme ou l’hérésie], un concile imparfait peut être convoqué pour fournir une tête à l’Église. Car, l’Église a, sans aucun doute, le pouvoir voulu de se procurer une tête, même si sans tête, elle ne peut pas statuer sur beaucoup de choses sur lesquelles elle peut se prononcer en agissant avec sa tête, comme l’enseigne doctement Cajetan dans un opuscule sur le pouvoir du pape (chapitres 15 et 16), et bien avant lui, les presbytres de l’église romaine dans la lettre à Cyprien (qui est la septième dans le livre 2 des œuvres de Cyprien). » [60]
Saint Alphonse de Liguori : « Dieu a accordé à l’Église, c’est-à-dire au collège des cardinaux, ou bien au concile dans le cas d’un pape douteux ou hérétique, le pouvoir d’élire le Souverain Pontife, mais nullement le pouvoir pontifical. […] Écoutons maintenant ce que dit le vénérable cardinal Bellarmin [De Concil. I. 2. c. 19] au sujet de cette quatrième et de cette cinquième Session [du concile de Constance]. Il déclare que le Concile n’était point œcuménique, lorsqu’il tint ces deux Sessions, parce que le tiers seulement de l’Église y assista, c’est-à-dire ceux qui étaient du parti de Jean, tandis que les partisans de Grégoire et de Benoît s’y étaient refusés. Il dit en outre qu’à cette époque il n’y avait pas de Pape certain ; d’autant plus que Jean, qui avait convoqué le concile, s’était déjà retiré. Il ajoute qu’il importe peu d’objecter que le concile n’étant point œcuménique, ne pouvait pas déposer les trois Papes, qui étaient douteux ; car, répond-il, bien que le concile ne puisse pas définir de nouveaux dogmes de foi sans l’autorité du Pape, il peut bien néanmoins, en temps de schisme, pourvoir l’Église d’un pasteur, lorsque celui-ci est incertain. Il ajoute que Jean et Grégoire renoncèrent spontanément, dans la suite, au pontificat, comme nous le lisons dans la douzième et dans la quatorzième Session. Et quoique Benoît n’ait jamais consenti à renoncer, cependant son successeur Clément VIII céda tous ses droits à Martin V, qui fut ensuite reconnu pour Souverain Pontife par l’Église universelle. » [61]
Les “évêques-Thuc” et le concile général imparfait.
Dans ce même sermon, l’Abbé Rolland déclare ensuite : « Il faut quand-même être réaliste avant d’être ébloui parce que Monsieur l’Abbé porte une mitre et a une crosse dans la main. Surtout aujourd’hui. Surtout aujourd’hui, où n’importe qui devient évêque. Et, comme par hasard, ceux qui nous sortent de leur manche le concile général imparfait, ce sont des évêques-Thuc, qui ont été sacrés comme ça, entre la poire et le fromage. […] C’est ça les évêques-Thuc. C’est ça le problème. Il y a tout et n’importe quoi dans ces évêques-Thuc. »
On notera toutefois que l’idée du concile général imparfait n’est pas sortie de la “manche” de Mgr Roy ou de Mgr Da Silva.
En effet, dès 1985, Mgr Zamora écrivait : « Ils n’ont pas non plus pensé, dis-je, à la solution proposée par Saint Robert Bellarmin à propos du concile imparfait, pour sauver le chef de l’Église, c’est-à-dire obtenir le successeur désiré de Saint Pierre, par les moyens les plus humainement possibles. Il est clair aussi qu’il est difficile de réunir l’élément humain nécessaire à un tel concile, c’est-à-dire : des évêques électeurs, au lieu des cardinaux (tous désormais plongés dans le progressisme). Un prêtre romain sera-t-il converti pour être consacré évêque catholique, ou deux ou plusieurs, afin qu’il y ait plusieurs candidats ? L’élection du pape par les cardinaux n’est pas de droit divin, mais de droit humain ou pontifical tout au plus. » [62]
Dans ce même document, Mgr Zamora précisait en outre que : « L’Union catholique de Trente (UCT) a fait consacrer des évêques par l’archevêque [Ngô Đình] Thuc […] qui représentait le seul espoir pour les évêques de se réunir en concile imparfait afin d’élire licitement et validement un nouveau pape légitime. » [63]
Dans une lettre destinée à Mgr McKenna et à Mgr Elmer (écrite à Acapulco le 10 août 1989), Mgr Carmona écrivait aussi : « La thèse soutenue par le Père Joaquin Saenz y Arriaga sur la vacance du Saint-Siège, l’invalidité du Novus Ordo Missae et l’invalidité des trois derniers conclaves est bien établie, et si vous l’acceptez, je me joindrai à vous, et je voterai pour vous (Très Révérend Mgr Mckenna) ou pour vous (Très Révérend Mgr Vida Elmer) afin que nous ayons un supérieur pour nous guider et nous diriger, tant que cette situation chaotique que nous traversons perdure. Unissons nos forces, nous, les évêques catholiques de ce continent, afin que nous puissions ensuite appeler à l’unité les évêques catholiques d’Europe. » [64]
Dans une autre lettre écrite deux ans plus tard, Mgr Carmona écrivait également : « J’ai reçu les écrits de Monsieur Tomás Tello, qui défend la nécessité d’élire un pape, et je suis d’accord avec lui, mais avant cela, il faudra que nous nous mettions d’accord, du moins ceux qui suivent la ligne de Mgr [Ngô Đình] Thuc, que tout le monde semble considérer comme la plus légitime et la plus sûre. » [65]
Cependant, on notera ici que, même si Mgr Carmona n’utilise pas l’expression de “concile général imparfait”, il admet tout de même « la nécessité d’élire un pape » ou « un supérieur pour nous guider et nous diriger » (sic).
Ceci dit, il serait erroné de croire que ces évêques auraient été sacrés dans la précipitation ou la négligence (comme le sous-entend l’Abbé Rolland).
Dans une lettre écrite en 1982, Mgr Carmona expliquait ce qui suit : « L’épiscopat m’a été offert. J’ai dû y réfléchir beaucoup avant de pouvoir me décider. Finalement, je l’ai accepté pour la seule raison d’aider au sauvetage et au triomphe de l’Église. Le 17 octobre, le Père Zamora et moi avons été consacrés par l’archevêque Thuc dans une véritable catacombe, avec seulement deux médecins distingués comme témoins. Nous étions tous les deux conscients des tempêtes furieuses de protestation qui allaient venir, mais les paroles de notre Divin Maître nous ont encouragés : “En vérité, en vérité, je vous le dis, vous gémirez et vous pleurerez, mais le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie.” (Jean 16 : 20). » [66]
Dans une autre lettre écrite en 1985, Mgr Zamora précisait en outre : « Si Mgr [Ngô Đình] Thuc avait demandé à Jean-Paul II la permission de nous consacrer, alors nous n’aurions jamais accepté la consécration. Si, ne le connaissant pas, nous avions commencé à nous faire consacrer, alors nous aurions été “progressistes” et manifestement notre consécration aurait été invalide… » [67]
Toutes ces citations montrent clairement que les prêtres consacrés par Mgr Ngô Đình Thuc en 1981 n’ont accepté la charge de l’épiscopat qu’après mûres réflexions…
Dédicace à Mgr Ngô Đình Thuc…
Toujours dans ce même sermon, l’Abbé Rolland disait : « On a eu l’espagnol qui s’est fait pape : Grégoire XVI (dans les années 1970) ; grâce à Mgr Thuc qui l’a sacré évêque. Le fameux Fernandez. […] Voilà, merci Mgr Thuc. »
Mais, encore une fois, si Mgr Ngô Đình Thuc a effectivement commis un péché en imposant les mains [68] sur Clémente Dominguez (et non pas Fernandez), il ne serait pourtant pas honnête de rendre cet Archevêque entièrement responsable des méfaits ou des turpitudes commises par Grégoire XVII (et non pas Grégoire XVI). Donc quelles que soient les fautes commises par Mgr Ngô Đình Thuc dans le choix de certains évêques, nous devons nous souvenir que, dans la religion catholique, la responsabilité n’est pas collective, mais individuelle. Ainsi, chaque évêque est responsable de ses propres péchés et non pas des péchés commis par les personnes qu’il a consacrées, car, comme nous pouvons le lire dans la Sainte Écriture : « un fils ne portera pas l’iniquité de son père, et un père ne portera pas l’iniquité de son fils » (Ezéchiel 18 ; 20). En tout état de cause, si nous devions remercier Mgr Ngô Đình Thuc pour une seule chose, c’est d’avoir permis de préserver l’épiscopat catholique…
Dans une lettre adressée au docteur Heller (datée du 23 avril 1983), Mgr Vezelis écrivait d’ailleurs sur ce sujet : « De tous les évêques de l’Église Catholique Romaine, un seul a trouvé en lui le courage de se lever et de faire pour l’Église ce que tout catholique vraiment intelligent sait d’instinct devoir être fait : consacrer des évêques valides ! […] Il nous faut remercier Mgr Ngô Đình Thuc d’avoir accompli l’effort héroïque de donner à l’Église des évêques authentiques, valides et orthodoxes. Il n’avait nulle intention de lancer le moindre schisme ou de propager la moindre hérésie. » [69]
Le “néo-quiétisme”.
L’Abbé Rolland affirme ensuite : « On connaît le scénario. Pourquoi ? Parce que ce sont des initiatives humaines, et que l’Église, elle est divine, et que le chef – l’évêque de nos âmes – c’est Notre Seigneur Jésus-Christ. Donc tant qu’il n’a pas donné une manifestation claire de sa volonté, on ne bouge pas. Nous, notre seule mission, c’est de rester en prière, dans le cénacle, avec la Très Sainte Vierge Marie. Et on attend le Saint-Esprit. Ce n’est pas compliqué. Pas bouger ! […] On ne bouge pas. On attend le Saint-Esprit qui nous donnera le signal. Et quand l’heure sera venue, alors on fera des choses. On sortira. On reprendra les missions, etc. »
D’abord, il n’a jamais été dans notre intention de nier que l’Église est une société divine.
Comme le rappelait si bien Léon XIII : « Aucune preuve ne démontre plus clairement la divinité de l’Église que la gloire dont le Saint-Esprit l’a revêtue. Qu’il Nous suffise d’affirmer que, si le Christ est la tête de l’Église, l’Esprit-Saint en est l’âme : l’Esprit-Saint est dans l’Église, corps mystique du Christ, ce que l’âme est dans notre corps [Cf. S. Aug., Serm. CLXXXVII]. » [70]
Cependant, nous remarquons finalement que – sur la question de savoir quel comportement faut-il adopter pour résoudre la crise de l’Église – l’Abbé Rolland préconise paradoxalement la même chose que l’auteur de la thèse de Cassiciacum (à savoir : attendre indéfiniment le rétablissement de la juridiction).
Dans un article écrit en 1986, Mgr Guérard des Lauriers recommandait la chose suivante : « Il faut donc, concernant le rétablissement de la Sessio, attendre, “in silentio et spe” [dans le silence est dans l’espérance] (Isaïe 30 ; 15) ; [en] “espérant contre l’espérance même” (Romains 4 ; 18). » [71]
Malheureusement, ce discours – que nous qualifierons “d’attentiste” – ressemble étrangement à une sorte de “néo-quiétisme”, dont les partisans, exaltant une passivité extrême, semblent considérer comme un péché mortel (voir même une hérésie) toute forme d’activité visant à aider au triomphe de l’Église.
Innocent XI, Constitution Apostolique Coelestis Pastor (28 août 1687), Condamnation des erreurs de Miguel de Monilos, propositions n°1 à 5 : « 1. Il est nécessaire que l’homme réduise ses propres pouvoirs à néant, et c’est la voie intérieure. 2. Vouloir agir activement c’est offenser Dieu, qui souhaite être lui-même l’unique agent ; et il est donc nécessaire de s’abandonner entièrement à Dieu et de continuer à exister en tant que corps inanimé. 3. Les vœux de faire quelque chose sont des obstacles à la perfection. 4. L’activité naturelle est l’ennemie de la grâce, et entrave les opérations de Dieu et la véritable perfection, car Dieu souhaite agir en nous sans nous. 5. En ne faisant rien, l’âme s’anéantit elle-même et revient à son commencement et à son origine, qui est l’essence de Dieu, dans laquelle elle reste transformée et divinisée, et Dieu demeure alors en lui-même, car alors les deux choses ne sont plus unies, mais ne sont plus qu’unes, et ainsi Dieu vit et règne en nous, et l’âme s’anéantit elle-même dans l’être opératif. » [Propositions condamnées].
L’américanisme.
Enfin, l’Abbé Rolland conclut sa réflexion en déclarant ceci : « Nous fuyons cet esprit activiste. Ce que Léon XIII appelait l’américanisme. L’américanisme ! Ce n’est pas pour rien qu’il a désigné cette maladie de l’âme, cette fièvre de l’action. Ça nous vient des Américains, des USA. Parce que l’évêque en question qui était condamné par Léon XIII dans cette encyclique était un évêque États-unien. C’est bien de cela dont il s’agit. Alors on arrête cette espèce de fièvre d’activisme, pour faire des conciles généraux imparfaits (soi-disant). Et on attend l’heure du Saint-Esprit, du cœur immaculée de Marie, qui, de toute façon, va triompher, mes bien chers frères. Il suffit d’attendre le signal du cœur immaculé de Marie. »
Pourtant, même après avoir relu plusieurs fois la lettre apostolique de Léon XIII contre l’américanisme, nous n’avons trouvé aucun passage traitant de “l’esprit activiste” (que dénonce vigoureusement l’Abbé Rolland dans son sermon). Néanmoins, dans ce document, nous avons remarqué un passage intéressant dans lequel le souverain pontife critique une certaine forme de passivité, tout en rappelant que – selon la pensée de Thomiste – il n’existe pas, à proprement parler, de vertu passive.
Léon XIII : « À cette opinion sur les vertus naturelles se rattache étroitement une autre opinion qui partage comme en deux classes toutes les vertus chrétiennes : les passives et les actives, suivant leur expression. Ils ajoutent que les premières convenaient mieux aux siècles passés, tandis que les secondes sont mieux adaptées au temps présent. Que faut-il penser de cette division des vertus ? La réponse est évidente, car de vertu vraiment passive, il n’en existe pas et il n’en peut exister. “La vertu, dit saint Thomas, implique une perfection de la puissance ; or, la fin de la puissance est l’acte, et l’acte de vertu n’est autre chose que le bon usage de notre libre arbitre” [Cf. Somme théologique, Ia IIae, article I], accompli avec l’appui de la grâce divine s’il s’agit d’un acte de vertu surnaturelle. […] De cette sorte de mépris des vertus évangéliques appelées à tort passives, on devait facilement en arriver à laisser pénétrer peu à peu dans les âmes le mépris de la vie religieuse elle-même. C’est là une idée commune aux partisans des opinions nouvelles, à en juger d’après certaines appréciations qu’ils ont émises concernant les vœux prononcés dans les Ordres religieux. » [72]
On retiendra en outre que – dans la conclusion de sa lettre apostolique – ce pape précise bien que, lorsqu’il condamne l’américanisme, il ne veut pas dire par-là que tout ce qui vient des Américains serait forcément mauvais…
Léon XIII : « De tout ce que Nous avons dit jusqu’à présent, il ressort, cher Fils, que Nous ne pouvons approuver ces opinions, dont l’ensemble est désigné par plusieurs sous le nom d’américanisme. Si, par ce mot, on veut entendre certains dons de l’esprit qui honorent les peuples de l’Amérique, comme d’autres honorent d’autres nations, ou bien encore si l’on désigne par-là la constitution de vos États, les lois et les mœurs en vigueur parmi vous, il n’y a rien là assurément qui puisse Nous le faire rejeter. Mais si on emploie ce terme, non seulement pour désigner les doctrines ci-dessus mentionnées, mais encore pour les exalter, est-il permis de douter que Nos vénérables frères les évêques d’Amérique seront les premiers, avant tous les autres, à le répudier et à le condamner comme souverainement injurieux pour eux-mêmes et pour toute leur nation ? Il fait supposer, en effet, qu’il en est chez vous qui imaginent et désirent pour l’Amérique une Église autre que celle qui est répandue par toute la terre. » [73]
Par conséquent, nous ne voyons pas vraiment le rapport entre l’américanisme d’un côté et le concile général imparfait de l’autre.
Conclusion :
Quoi qu’il en soit, je demande respectueusement à l’Abbé Rolland de cesser de dénigrer (voir même de diaboliser) les catholiques qui ne partagent pas son avis sur la question de la résolution de la crise de l’Église. Nous ne sommes ni des Lucifériens, ni des Palmariens, ni des hérétiques, ni des gangsters, ni des sectaires, ni des Amish, ni des Mennonites, ni des Americanistes, ni des “conclavistes”. [74] Nous sommes simplement des catholiques, qui – comme l’écrivait Mgr Carmona – veulent uniquement « défendre les droits du Christ et de son Église, maintenant si impitoyablement offensée par ceux qui ont le devoir de la défendre, même si c’est au prix de leur vie. » [75]
Pour conclure, je laisserai le mot de la fin à Monsieur l’Abbé Xavier Rolland, en espérant que sa déclaration que je vais retranscrire ci-dessous (et avec laquelle je suis entièrement d’accord), puisse permettre à ce prêtre de comprendre que je ne le considère pas comme un ennemi. Je trouve simplement regrettable qu’un clerc (autrefois si bienveillant) puisse juger de manière aussi téméraire des catholiques qui ne lui veulent pourtant aucun mal.
Extrait de la vidéo : “Biographie de Monsieur l’Abbé Rolland” (publiée sur la chaîne : “Tour de David”, le 19 septembre 2020) : « Donc l’Église où est-elle ? Puisque c’est de cela dont il s’agit. Chercher où est l’Église. Ça a été tout le sens de mes pérégrinations, de mes égarements, de mes allés à gauche, de mes allés à droite. C’était de trouver l’Église de Jésus-Christ, que je n’ai jamais trouvée, ni dans la Fraternité Saint Pierre, ni dans la Fraternité Saint Pie X. Je ne l’ai trouvée que chez les prêtres qui célèbrent la Messe, non pas en union donc avec les imposteurs, les usurpateurs qui sont sur le Siège de Pierre, mais en union avec Jésus-Christ et tous les fidèles qui ont la vraie foi catholique. C’est ça l’Église. C’est l’ensemble des prêtres, des évêques et des fidèles qui adhèrent à la foi de Vatican I, au magistère de Vatican I et qui communient à la Messe, séparée des antichrists, des usurpateurs du Siège de Pierre. Évidemment, ces prêtres, ces fidèles, ces évêques sont cachés. Ils ne sont pas officiellement désignés comme étant l’Église catholique. C’est pour ça que la Très Sainte Vierge Marie à la Salette a prédit que l’Église serait éclipsée. […] Dans l’Église il y a toujours eu des controverses, des divergences d’opinion. Mais tous étaient unis dans la foi et dans la liturgie. Eh bien nous, aujourd’hui, tous les prêtres qu’on dit non una cum, nous sommes tous unis dans la foi et la liturgie. Et c’est ça qui est le plus important et c’est ça qui fait que nous sommes l’Église catholique. » [76]

[1] Vidéo : “25 ans à la chapelle Saint Antoine – Abbé Xavier Rolland” (4 janvier 2026) :
https://www.youtube.com/watch?v=10EfYsnELhk
[2] Vidéo : “25 ans à la chapelle Saint Antoine – Abbé Xavier Rolland” (4 janvier 2026) :
https://www.youtube.com/watch?v=10EfYsnELhk
[3] Article : Les consécrations épiscopales conférées par son Excellence, Mgr Pierre-Martin Ngô Đình Thuc (1992) publié dans le n°134 de la revue : The Reign of Mary (2009).
[4] Einsicht. Credo ut intelligam, août 1982, Misericordia domini in aeternum cantabo. Autobiographie de Mgr Pierre-Martin Ngô Đình Thuc, Archevêque de Hué, p. 7
[5] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2011/05/carta-de-mons-carmona-al-arzobispo-de.html?m=0
[6] Einsicht. Credo ut intelligam. Romisch-katholische zeitschrift. 28 Jahrgang Sondernummer.
[7] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2010/09/carta-de-mons-adolfo-zamora-hernandez.html
[8] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2010/09/carta-de-mons-adolfo-zamora-hernandez.html
[9] Einsicht. Credo ut intelligam. n°4 (décembre 1991), p. 94
[10] Einsicht. Credo ut intelligam (août 1982), Misericordia domini in aeternum cantabo. Autobiographie de Mgr Pierre-Martin Ngô Đình Thuc, Archevêque de Hué, p. 89-90
[11] Einsicht. Credo ut intelligam, n°1 (mai 1983), Quelques observations sur Paul VI pendant le concile de Vatican II par S.E. Mgr Pierre-Martin Ngô Đình Thuc (traduit par le Dr Kurt Hiller), p. 8
[12] Ce document a été signé par six évêques, à savoir : Mgr Jésus Roberto Martinez Gutierrez, Mgr Benigno Bravo Valades, Mgr Adolfo Zamora Hernandez, Mgr Moïsés Carmona Rivera, Mgr Louis Vezelis, et bien entendu, Mgr Pierre-Martin Ngô Đình Thục.
[13] Déclaration d’Acapulco de l’Archevêque Thuc soutenue par cinq évêques : Le Saint-Siège est vacant et la Nouvelle Messe est hérétique (26 mai 1983).
[14] Mgr Clarence Kelly : The sacred and the profane (1997), p. 48
[15] Einsicht. Credo ut intelligam. n°4 (décembre 1991), p. 92
[16] The Faith of the Early Fathers, Vol 2, p. 33
[17] https://cmri.org/articles-on-the-traditional-catholic-faith/bishop-carmonas-defense-of-his-acceptance-of-episcopal-consecration/
[18] Par définition : « Les Saints sont ceux qui, pratiquant héroïquement les vertus selon les enseignements et les exemples de Jésus-Christ, ont mérité une gloire spéciale dans le ciel et même sur la terre, où, de par l’autorité de l’Église, ils sont publiquement honorés et invoqués. » (Cf. Catéchisme de la doctrine chrétienne publié par ordre de S.S le pape Pie X, 1912, Partie II, Chapitre I, Question n°175, p. 45). Or, même si nos évêques ne sont pas des Saints, dans le sens où un culte leur serait dû, ils peuvent néanmoins devenir des saints dans une certaine mesure. Car : « Les moyens de sainteté et de salut sont communs à tous les hommes appartenant à l’Église, c’est-à-dire aux fidèles qui, dans les écrits apostoliques, sont appelés saints ; leur communion ou participation à ces moyens est, dès lors, une communion des saints à des choses saintes. […] On appelle saints les fidèles qui font partie de l’Église parce qu’ils sont consacrés à Dieu, justifiés ou sanctifiés par les sacrements, et obligés de mener une vie sainte. » (Cf. Catéchisme de la doctrine chrétienne publié par ordre de S.S le pape Pie X, 1912, Partie I, Chapitre VI, Question n°120 et 121, p. 33).
[19] https://sedevacantisme.over-blog.com/article-35923092.html
[20] Exhortation Apostolique Aeterni Pastoris (2 juillet 1826).
[21] Encyclique Mirari Vos (15 août 1832).
[22] Lettre Apostolique Est Sane Molestum (17 décembre 1888).
[23] EINSICHT RÖMISCH – KATHOLISCHE ZEITSCHRIFT. 12. Jahrgang, Nr. 3 credo ut intelligam (Oktober 1982).
[24] Lettre Apostolique Caritas (13 avril 1791).
[25] Œuvres complètes de S. Alphonse de Liguori, Tome II. éd. H. Casterman (1867). Vérité de la Foi, de la vraie Église contre les sectaires, évidence de la foi catholique. Partie III, Chapitre XI, p. 344
[26] Encyclique Summo Iugiter Studio (27 mai 1832).
[27] Encyclique Custodi di quella fede (8 décembre 1892).
[28] La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite par l’Abbé Jean-Baptiste Glaire, p. 2924-2925
[29] Encyclique Etsi Multa Luctuosa (21 novembre 1873).
[30] Encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928).
[31] Lettre Apostolique Graves Ac Diuturnae (23 mars 1875).
[32] Constitution Apostolique Vacante Apostolica Sede (25 décembre 1904).
[33] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2012/06/carta-de-mons-carmona-un-articulista.html
[34] Encyclique Satis Cognitum (29 juin 1896).
[35] https://www.contre-revolution.fr/la-vraie-eglise-du-christ-qui-sont-les-faux-prophetes-aujourdhui/
[36] Triomphe du Saint-Siège et de l’Église ou les novateurs modernes combattus par leurs propres armes. éd. M. P Rusand (1833), p. 34-35
[37] https://cmri.org/articles-on-the-traditional-catholic-faith/bishop-carmonas-defense-of-his-acceptance-of-episcopal-consecration/
[38] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2010/09/carta-de-mons-adolfo-zamora-hernandez.html
[39] 23ème session du concile de Trente (15 juillet 1563), Décret sur le sacrement de l’Ordre, Canon 6.
[40] Somme théologique IIa IIae, Question 39, Article 3.
[41] Les controverses de la foi chrétienne contre les hérétiques de ce temps. Tome II, 4ème controverse, Livre I, Chapitre 14.
[42] Triomphe du Saint-Siège et de l’Église, ou les novateurs modernes combattus par leurs propres armes. éd. M. P Rusand (1833), p. 146
[43] Tractatus de Ecclesia Christi (1909), Tomus Prior, Quaestio XIV, De Romano Pontifice, Thesis XXIX, § 1, p. 610-611
[44] Lettre Apostolique Praeclara gratulationis (20 juin 1894) : « Or, puisque nous agissons sur la terre en tant que représentants du Dieu Tout-Puissant, qui désire que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, et puisque l’âge avancé et l’amertume des soucis nous poussent à une fin humaine, il nous a semblé approprié d’imiter l’exemple de notre Rédempteur et Maître Jésus-Christ, qui, sur le point de retourner au ciel, a supplié Dieu le Père par les prières les plus ferventes que ses disciples deviennent un en esprit et en âme. »
[45] Histoire ecclésiastique, Livre VI, Chapitre XXIX. Cité dans : Histoire générale de l’Église depuis la création jusqu’à nos jours. Par l’Abbé J. E Darras. Tome VIII. éd. Louis Vivès (1869), p. 116
[46] Dictionnaire de théologie catholique, contenant l’exposé des doctrines de la théologie catholique, leurs preuves et leur histoire. éd. Letouzey et Ané (1901).
[47] Mary Élisabeth Herbert : Life of the Venerable Elisabeth Canori Mora. éd. R. Washbourne (1878), Chapitre XIV, p. 137-139
[48] De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, Livre II, Chapitre 32, § n°11 et Chapitre 53, § n°15
[49] Encyclique Satis Cognitum (29 juin 1896).
[50] Prière à saint Michel Archange : Exorcisme contre Satan et les anges apostats (1884).
[51] Encyclique Etsi multa luctuosa (21 novembre 1873).
[52] Encyclique Satis Cognitum (29 juin 1896).
[53] Encyclique Firmissimam Constantiam (28 mars 1937).
[54] Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885).
[55] Triomphe du Saint-Siège et de l’Église, ou les novateurs modernes combattus par leurs propres armes. éd. M. P Rusand (1833), p. 117
[56] Summa Theologiae Moralis. 8è éd. Montréal : Desclée, 1949, 3 : 569.
[57] 14ème session du concile de Trente (25 novembre 1551), Décret sur le sacrement de pénitence, Chapitre 7.
[58] Seconde lettre pastorale et avertissement aux dissidents de la petite église (21 novembre 1853).
[59] Concile de Carthage (398), Canon 71.
[60] Les controverses de la foi chrétienne contre les hérétiques de ce temps. Tome II, 4ème controverse, Livre I, Chapitre 14.
[61] Œuvres complètes de S. Alphonse de Liguori, Tome II. éd. H. Casterman (1867). Vérité de la Foi, de la vraie Église contre les sectaires, évidence de la foi catholique. Partie III, Chapitre IX, § I à II, p. 220-229
[62] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2010/09/carta-de-mons-adolfo-zamora-hernandez.html
[63] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2010/09/carta-de-mons-adolfo-zamora-hernandez.html
[64] Einsicht. Credo ut intelligam, Nr 5, décembre 1989, p. 112-113
[65] Einsicht. Credo ut intelligam, Nr 1, mai 1991, p. 6
[66] https://cmri.org/articles-on-the-traditional-catholic-faith/bishop-carmonas-defense-of-his-acceptance-of-episcopal-consecration/
[67] https://fundacionsanvicenteferrer.blogspot.com/2010/09/carta-de-mons-adolfo-zamora-hernandez.html
[68] 1 Timothée 5 ; 22 : « N’impose légèrement les mains à personne, et ne participe en rien aux péchés des autres. »
[69] Einsicht. Credo ut intelligam. n°2 (juin 1983), p. 71
[70] Encyclique Divinum Illud Munus (9 mai 1897).
[71] https://www.sodalitium.eu/consacrer-des-eveques%E2%80%82/
[72] Lettre Apostolique Testem benevolentiæ nostræ (22 janvier 1899).
[73] Lettre Apostolique Testem benevolentiæ nostræ (22 janvier 1899).
[74] Pour rappel, le mot “conclavisme” est un néologisme inventé par Mgr Guérard des Lauriers. Mais ce terme n’a pas beaucoup de sens, car pour faire un conclave, il faut normalement que « les cardinaux » qui « sont librement choisis par le Pontife romain » soient « au moins constitués dans l’ordre presbytéral » et qu’ils « se distinguent par leur doctrine, leur piété et leur prudence dans la conduite des affaires. » (Cf. Code de droit canonique de 1917, Can. 232, § 1). Et vu qu’une élection papale sans cardinaux ne peut pas être considérée comme un conclave, on ne voit donc pas pour quelle raison les catholiques qui soutiennent l’initiative du concile général imparfait devraient être appelés “conclavistes”. Historiquement parlant, le terme de “conclavistes” servait à désigner les clercs ou les laïcs qui étaient attachés au service des cardinaux durant un conclave. Par exemple, Pie XII a employé le mot “conclavistes” au moins une quinzaine de fois dans sa constitution apostolique Vacantis Apostolicae Sedis. Cela prouve bien qu’initialement – dans l’esprit de l’Église – ce terme n’avait rien de péjoratif. Malheureusement, de nos jours, ce mot est devenu une insulte dans la bouche de certains catholiques…
[75] https://cmri.org/articles-on-the-traditional-catholic-faith/bishop-carmonas-defense-of-his-acceptance-of-episcopal-consecration/

Réagissez à cet article !