• Quand le Père Lavery de la CMRI terrasse Cassiciacum, juin 2025



    Critique transatlantique de la fou-thèse d’un fan-thésiste guérardien, M. l’Abbé Dutertre !

  • 🔥 Ne laissons plus aucun espace à l'immobilisme efféminé 🔥

    ⁂ Arène de combat

    Ô lecteur studieux, prêtez l’oreille au fracas (ou fatras) théologique des lutteurs en soutane, car voici que s’élève, depuis les rives de l’Amérique septentrionale, une voix frappée d’onction, celle du Père Gabriel Lavery.

    Ce prêtre catholique traditionaliste de constat Sede vacante issu de la CMRI, virulent adversaire des demi-mesures castratrices de « scolastiques » et autres acrobates épiscopalo-métaphysiques, s’en prend frontalement à la très ésotérique thèse de Cassiciacum, défendue ici par l’abbé Dutertre.

    Ce qu’il dévoile, outre la réfutation en règle, relève d’un pugilat d’exégète, une charge contre une école qui, pour prétendre « sauver la visibilité hiérarchique de l’Église », en consume le peu qui subsiste.

    Le Père Lavery n’esquive point les coups, et plante sa dague rhétorique dans le flanc de ce « sédévacantisme mitigé », dénonçant ses impasses sur l’autorité/la visibilité, et sa réduction mécaniste/doublée de l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

    Sur l’autel brisé de la « juridiction sacramentelle », le Père Lavery surgit en envolée spartiate dogmatique et assène une frappe canonique à la clique des Guérardos en jupon. Finie la valse des mots creux : la Thèse vacille, l’échafaudage théologique de bistro branle, les demi-mesures de sacristie se liquéfient sous le feu nourri ne confessant pas la confusion.
    Ici s’étend non une rixe de taverne — sans saltimbanques, ni noms de scène — : mais un quadrilatère dressé, avec logique affûtée. Mantra de guerre : « De qui tenez-vous le pouvoir de confesser ? ». La question qui tue.

    Lavery a passé Dutertre à la laverie, et ça a détartré !

    📺 Antenna I.O. Vox Frequencia

    Pugilat doctrinal, combat frontal entre juridiction et succession,
    la Thesis à l’épreuve du feu catholique américain


    ☧ Bandage lexical

    JURIDICTION : Droit ou autorité de gouverner ou de juger ; pouvoir conféré par l’autorité ecclésiastique/Dieu pour administrer des sacrements, surtout dans le cadre de la confession sacramentelle.

    THÈSE DE CASSICIACUM : Théorie ecclésiologique formulée par Mgr Guérard des Lauriers, affirmant que le siège de Pierre est matériellement occupé (par un élu valide) mais non formellement (faute d’intention de transmettre la Foi).

    MISSIO / SESSIO : Distinction clé de la Thesis : la sessio désignerait l’occupation visible d’un siège, tandis que la missio en garantirait la légitimité surnaturelle.


    ☩ Vielle leçon létale

    “Sont appelés de Dieu ceux qui sont appelés par les ministres légitimes de l’Église.”… Car la vocation divine à l’état religieux et clérical est un appel à une vie publique de sanctification et à l’exercice d’un ministère hiérarchique dans l’Église, c’est-à-dire dans une société visible et hiérarchisée. Par conséquent, cette vocation divine doit également être prouvée, reconnue et régie avec autorité par des supérieurs hiérarchiques à qui le gouvernement de l’Église a été divinement confié.”

    — Constitution apostolique Sedes Sapientiae de Pie XII (31 mai 1956). Traduction française.


    Σ Programme par manche

    I. ⚔️ Anatomie d’un choc : Lavery vs la Thesis
    II. 🧱 Mgr Guérard des Lauriers & son échafaudage immobiliste ?
    III. 🇺🇸 Contre-offensive en ligne : Lavery, Dutertre, et la joute de X
    IV. 🇮🇹 Guérardisme européen : entre IMBC et Sodalitium


    📌 Duel dogmatique, joute transatlantique

    I. ⚔️ Anatomie d’un choc : Lavery vs la Thesis

    Il n’est point si rare, dans les cercles dits traditionnels, d’observer de discrètes frictions sur la qualité de la vacance pontificale et ses effets pour le Salut supérieur des âmes. Mais lorsque le Père Lavery, éclairé et bon polémiste, s’attaque de front à la thèse de Cassiciacum, le choc de titan devient audible même des cloîtres les plus retirés.

    Dans un fil percutant, publié début juin 2025 sur X, le susnommé accuse les « Guérardiens » de s’auto-annuler par leur propre (il)logique, incapables de justifier la source de leur juridiction ou même de leur vocation, ou en séparant à outrance deux pans qui vont de pair.

    Nous vous en livrons les passages envoyés publiquement sur 48h, originellement dans la langue de Shakespear, et où le guérardien type ressort comme étant ce clerc « se tirant une balle dans le pied » :

    Il convient de noter que l’article qu’@AbbeDutertre me recommande pour me convaincre que *son* interprétation de Cajetan sur la juridiction est correcte… est un article de 1960 rédigé par un théologien moderniste, lequel a obtenu son doctorat sous la houlette du célèbre moderniste Karl Rahner et a rédigé un ouvrage œcuménique et moderniste sur l’infaillibilité et la « communion interecclésiale » dont Rahner a signé la préface.
    Oui : encore un prêtre moderniste en costume-cravate, à l’image de Ratzinger.

    > Les modernistes, bien entendu, ne constituent jamais une source fiable pour interpréter ou examiner la pensée des théologiens catholiques, quel que soit le sujet. On sait combien ils recourent à des citations tronquées afin de faire dire aux auteurs ce qu’ils n’ont jamais voulu dire. Pour ma part, je continuerai à lire des auteurs catholiques de confiance qui, pour des raisons claires et solides, rejettent l’opinion du Père quant à la juridiction au confessionnal.

    > Gardez à l’esprit que ces mêmes théologiens modernistes ont cherché à s’approprier de valeureux auteurs d’avant Vatican II pour soutenir qu’il existerait encore une voie permettant de défendre la collégialité et l’erreur selon laquelle la juridiction d’un évêque lui viendrait directement de l’Ordre sacré. Or le Père Dutertre rejette absolument de tels arguments.

    > En réalité, Dorsch soutient même que la juridiction des évêques découle de l’Ordre sacré, et non du Pape, lequel, selon lui, ne ferait que déterminer où cette juridiction pourrait être *exercée.* Il s’agit là de la même erreur que le Père Dutertre qualifie à juste titre de fallacieuse, intenable et propice au modernisme et à l’œcuménisme (voyez son excellent article sur la Collégialité).

    > Pourquoi citeriez-vous un théologien à l’appui de votre thèse alors que, dans la même section et au moyen des mêmes raisonnements, cet auteur défend une position que vous savez parfaitement erronée, nocive et indéfendable ? Je vais répondre à votre place : on le fait lorsque l’on pratique la théologie « copier-coller », lorsque l’on s’efforce désespérément de dénicher une citation pour appuyer son opinion erronée sans même se demander si ladite citation ou ses arguments résistent à la raison. On le fait lorsque l’on est disposé à adopter des opinions dangereuses tout en sachant qu’elles contredisent l’opinion quasi unanime des théologiens approuvés et le sens évident de l’enseignement de l’Église.

    > Dorsch contredit ouvertement et explicitement l’autorité, considérable, et les raisons solides de Laínez sur ces deux points (juridiction au confessionnal et juridiction épiscopale), ainsi que l’enseignement clair du droit canonique et de Pie XII quant à la source de la juridiction, tant pour le for interne que pour le for externe.

    > Si nous voulions agir ainsi, nous pourrions faire la même chose pour défendre la collégialité ! À ce compte-là, je pourrais citer des théologiens affirmant que des prêtres peuvent ordonner des prêtres. Accepteriez-vous ces thèses sous prétexte que je puis en citer l’auteur ? Réfléchissez-y à deux fois et commencez par lire et étudier réellement avant de partager des citations.

    > Je ne souscris pas à la théologie « copier-coller ». Je ne cautionne pas davantage les tentatives désespérées d’installer des respirateurs artificiels pour maintenir en vie des erreurs déjà moribondes – voire mortes depuis longtemps.


    > C’est pourtant, hélas, ce que fait @AbbeDutertre ; c’est ainsi qu’hier il a commis la grave erreur d’attribuer une citation à Journet qui ne venait même pas de lui et contredisait directement son enseignement sur la question. Un peu d’étude lui aurait évité ce faux pas.

    > Je l’ai fait, mais vous étiez trop absorbé par les idées de la Thèse pour entendre ce que je disais. J’ai affirmé qu’il relève de la volonté tacite des papes de suppléer la juridiction dans tous les cas où des âmes se perdraient faute de celle-ci. C’est le « *ne pereant animae* » et l’« *ad aedificationem Ecclesiae* », si bien exposés par Laínez et d’autres lorsqu’ils parlent de la juridiction suppléée ou tacitement accordée. Cet « *ad aedificationem Ecclesiae* » renvoie directement à l’Écriture et à la mission même de l’Église.

    > Mgr Sanborn l’admet implicitement lorsqu’il cherche à justifier sa façon d’entendre les confessions ; pourtant, lui, vous et les autres clercs de la Thèse limitez arbitrairement cette suppléance au seul sacrement de pénitence, alors que tous les théologiens — et même le droit canonique — reconnaissent que la juridiction suppléée ne se restreint pas au for interne. Vous n’avez aucun fondement pour une telle limitation et, de fait, vous agissez parfois sous cette même juridiction suppléée dans le for externe, par exemple lorsque vous recevez un converti dans l’Église : acte d’autorité publique s’il en est.

    > Vous soutenez, de façon illogique, que cette juridiction suppléée, telle que bornée et motivée par les auteurs, équivaudrait à une juridiction universelle ou à une revendication de juridiction ordinaire sur un diocèse. Ce n’est pas ma faute ; c’est la vôtre pour n’avoir pas compris l’enseignement des théologiens. À ce compte, je pourrais dire que vous revendiquez la juridiction sur le monde entier pour les confessions, ce que nous savons tous deux absurde. Je vous prie donc de ne pas porter d’accusations que la raison même juge absurdes et injustes.

    > Les théologiens circonscrivent précisément cette juridiction aux deux locutions latines citées plus haut. Consultez-les : vous y verrez plus clair. Passez moins de temps à fouiller des volumes pour dénicher quelques citations extensibles en faveur de la Thèse, et davantage à étudier la juridiction suppléée et la volonté tacite.

    > C’est bien ce que fait le Père en détournant la citation de Cajetan : une erreur condamnable. Les laïcs NE PEUVENT conférer aucune juridiction au prêtre sur eux-mêmes — pas même la juridiction confessionnelle. Cajetan ne parle QUE du pape, comme il le précise. Le Père mise, semble-t-il, sur des partisans laïcs de la Thèse incapables de lire le latin pour relayer son propos : simple opération de sauvetage pour que les fidèles n’entrevoient pas la grave erreur de Mgr Guérard et d’autres clercs de la Thèse concernant la juridiction au confessionnal.

    > Mon Père, si vous entendez les confessions des fidèles (ce que je suppose), vous devriez déjà connaître la réponse ; sinon, vous ne devriez pas confesser. C’est cette même volonté tacite qui vous confère aujourd’hui la juridiction nécessaire « afin que les âmes ne périssent pas ». Je pourrais vous retourner la question : pourquoi cette juridiction vous est-elle accordée, à vous, plutôt qu’à un prêtre schismatique mais valide ?

    > Si, à vos yeux, ni vous ni le prêtre schismatique n’êtes membres du clergé ni investis d’une mission de l’Église, sur quel fondement les fidèles croiraient-ils que l’Église vous supplée la juridiction, à vous et non aux autres qui possèdent le caractère sacerdotal ? Vous ne semblez pas voir que vous minez ainsi votre propre position et, au fond, que vous contestez la validité de vos confessions actuelles.

    > Je vous ai demandé à plusieurs reprises si vous aviez juridiction pour entendre les confessions. Vous avez esquivé la réponse en recourant à d’autres termes, sans jamais dire explicitement si vous croyez posséder cette juridiction.

    > Il faut trancher cette question, faute de quoi notre discussion est vaine. Si vous ne croyez pas disposer de la juridiction requise, c’est une erreur fondamentale qui obscurcira tout votre raisonnement et rendra vos absolutions invalides. Si, au contraire, vous estimez que la juridiction vous est suppléée pour confesser tout catholique, où qu’il se trouve aujourd’hui, vous n’aurez aucune difficulté à préciser les limites de cette juridiction ; tout traité théologique sur la juridiction suppléée vous en donnera la réponse.

    C’est épouvantable. On ne peut pas scinder l’Église : d’un côté une portion hérétique qui serait l’Église « visible », de l’autre un groupe fidèle à la foi mais privé de visibilité et de toute part dans la mission de l’Église. Une telle « réponse » pour expliquer la permanence de l’indéfectibilité de l’Église est tout à fait insatisfaisante ; en réalité, ce n’est pas une réponse du tout.

    Comme on le lit et l’on continuera de le lire, le cœur nucléaire du duel repose sur la juridiction sacramentelle et la suppléance.


    II. 🧱 Mgr Guérard des Lauriers & son échafaudage immobiliste ?

    Poupées russes en soutane, gesticulantes...

    Le problème fondamental selon Lavery ? La Thesis imagine une Église dont la hiérarchie serait matérielle, déconnectée de l’acte gouvernemental. Une succession apostolique qui n’aurait point la substance. Une structure qui, en prétendant sauver la « continuité visible de l’Église », lui retire jusqu’à sa légitimité d’être et d’agir.

    Commençons par des propos attribués à Mgr Guérard des Lauriers (Sodalitium, son dernier entretien) :

    Mgr Guérard affirme que la « hiérarchie matérielle » ne peut subsister qu’à la condition qu’il y ait des consécrations épiscopales valides, et qu’elle disparaîtra bientôt.

    « La même considération s’applique aux “occupants” du Siège apostolique qui ont succédé au cardinal Montini ; c’est-à-dire qu’il n’existe qu’une seule manière pour qu’un statut purement materialiter puisse se perpétuer.

    Une telle perpétuation n’est pas, ex se, impossible. Elle exige toutefois des consécrations épiscopales incontestablement valides. Or, puisque le nouveau rite est douteux, les “occupants” [du Siège apostolique] ne seront bientôt plus que des figurants (extras).

    Mgr Wojtyła est, à cet égard et tout au moins, un précurseur éminent. »


    « Aux prêtres “fidèles” qui contestent la distinction réelle entre MISSIO et SESSIO, comme si elle relevait d’une “nouveauté suspecte”, je me borne à poser une question.

    “Vous confessez les fidèles. Vous avez reçu ce pouvoir au moment de votre ordination sacerdotale.” Mais c’est là, très précisément, la MISSIO, dans la seconde de ses fonctions — “baptiser”, administrer tous les sacrements.

    Or, de qui, de quelle personne physique ou morale, tenez-vous les pouvoirs qu’exige, selon le Concile de Trente, l’usage valide du Pouvoir reçu lors de votre ordination ? Non, vous ne possédez pas “ces pouvoirs” ; et moins encore, s’il se peut, si vous venez d’Écône, puisque vous reconnaissez alors officiellement être “suspendus a divinis”.

    Vous répondez : “l’Église supplée”. Mais cette “suppléance” n’est garantie que dans l’Église en ordre, par une loi purement ecclésiastique ; laquelle, comme toutes les lois de cette nature, est actuellement dépourvue de force exécutoire. Il n’y a donc point de “suppléance”.


    Voici (capture d’écran retranscrite) la dénégation de Mgr Gérard des Lauriers selon laquelle les prêtres traditionalistes bénéficient de la juridiction de l’Église en matière de confession. Il soutenait cette affirmation en raison de ses idées inhabituelles sur l’autorité et la juridiction en général, qui sont insoutenables lorsqu’on les pousse à leurs conclusions logiques.

    L’un des défauts fondamentaux que je vois dans sa thèse est qu’elle ne laisse aucune réponse à la question : « D’où les prêtres de la thèse tirent-ils leur juridiction ? » Aujourd’hui, les prêtres de la thèse croient avoir fourni la juridiction en matière de confession, mais ils ne peuvent expliquer d’où ils l’ont obtenue sans invoquer une mission extraordinaire, issue d’une autre source que celle confiée aux Apôtres.

    Comme l’a réitéré Pie XII, on ne peut même pas avoir la vocation au sacerdoce sans y être légitimement appelé par quelqu’un qui a autorité (…)

    Cela ne peut s’expliquer aujourd’hui qu’en lien avec la volonté tacite des papes. Or, les prêtres de Thesis ne croient pas que cette volonté tacite puisse conférer juridiction à des évêques traditionalistes nul ou non reconnu (même si le célèbre théologien Lainé, expert en matière de juridiction, l’affirme !).

    Par conséquent, les prêtres de la Thesis n’ont plus aucun moyen d’expliquer la légitimité de leur propre ordination. De par leurs principes, ils n’ont aucune vocation sacerdotale. Ils ne croient pas qu’une juridiction soit aujourd’hui fournie au for externe, ce qui ne sert qu’à permettre à de faux cardinaux d’élire de faux papes, lesquels, à leur tour, sont dotés de la juridiction nécessaire pour nommer d’autres faux cardinaux et faux évêques. C’est une position impossible à tenir. Je ne soutiens pas forcément d’autres conceptions de la juridiction, mais je soutiens, mine de rien, une compréhension correcte de la juridiction fournie et de la volonté tacite résoudrait leurs difficultés sans les conduire aux contradictions de la Thesis.


    La vérité, c’est que vous pouvez exercer le Pouvoir sans posséder les “pouvoirs”, parce qu’à l’heure actuelle le Décret de Trente est sans force exécutoire. » (…)

    J’ai déjà lu ce passage auparavant. Je ne suis pas d’accord avec celui-ci, mais peut-être pas pour les mêmes raisons que vous.

    La juridiction épiscopale, et même la juridiction pontificale, peuvent être détenues sans consécration épiscopale. Pie XII l’a clairement affirmé : si un laïc était élu au pontificat, il posséderait immédiatement le pouvoir suprême et serait Pape avant même sa consécration. L’argument avancé par Mgr Gérard n’influence donc en rien la logique de la question. Incidemment, je crois que c’est Paul VI qui a inversé cet enseignement et a imaginé la règle voulant que l’on ne reçoive effectivement la papauté qu’après avoir été consacré évêque !

    La juridiction pour la confession est requise par la loi divine. Soutenir que l’on puisse jamais être dispensé de cette obligation, ou la recevoir par un autre canal que celui qu’a institué le Christ — c’est-à-dire d’une autorité dans l’Église — est une grave erreur. Aucune raison imaginable ne peut y déroger.

    Cela dit, l’idée même qu’une « succession matérielle » puisse servir l’apostolicité ou assurer la continuité de l’Église n’a aucun fondement théologique et contredit la doctrine la plus élémentaire. Elle suppose (ou exige) que l’apostolicité de l’Église se perpétue par quelque chose qui N’EST PAS l’Église : une hiérarchie matérielle que, selon tous les théologiens, on juge absolument insuffisante pour garantir l’apostolicité. On ne saurait dissocier l’une quelconque des quatre notes de l’Église des trois autres, ni même isoler un aspect particulier d’une note. On ne peut pas séparer l’apostolicité de la catholicité, pas plus que l’apostolicité du gouvernement de celle de la doctrine.

    Ou bien les quatre notes existent aujourd’hui, entières et intactes, dans une seule et unique organisation — le Corps mystique du Christ, l’Église catholique —, ou bien elles ont totalement disparu. Si la « hiérarchie matérielle » de la religion du Novus Ordo est réellement ce qui assure la continuité de l’apostolicité dans le gouvernement, alors elle DOIT être l’Église catholique, et tout le clergé tenant à la thèse aurait tort de s’y opposer.

    Car il ne parle assurément pas seulement de la FSSPX. Lisez-le dans son contexte. Il le rend encore plus explicite en ajoutant « à plus forte raison » (« much less »), remarque qui serait superflue s’il ne visait que la FSSPX.

    Père Lavery contre les clowns non-juridictionnels,
    l’usine à gaz Cassiciacumesque, et ses émasculer émasculeurs

    III. 🇺🇸 Contre-offensive en ligne : Lavery, Dutertre, et la joute de X

    La réplique ne s’est pas fait attendre. L’abbé Dutertre, adepte de la « néo-thèse » et de rhétorique péremptoire, ironique, lui a lancé quelques traits, moquant les « contradictions supposées » de la position laveryenne. Ses arguments sont sarcastiques, peu solides, décrédibilisant.

    S’il accuse tantôt le Père Lavery de rigidité, de volontarisme ou de fondamentalisme juridique, ses sarcasmes masquent mal un malaise : celui que la Thesis est en train de se fissurer sous la pression de son absence de cohérence interne, plus que de leurs fidèles eux-mêmes.

    Reste que la réplique du Père Lavery, toute de patience patristique et de dialectique aiguisée, laissa son contradicteur dans un certain désarroi, fléchi par les vicissitudes d’une logique auto-invalidante.

    Ce que dit en introduction l’abbé Dutertre :

    Alright…
    Très bien. Voilà du volontarisme tout craché. « Il faut que ce soit vrai. » « Me voici, je tiens ferme. » (…) Contre toute évidence (…) Les prêtres sédévacantistes n’ont aucune mission canonique. Point final.

    Le volontarisme ici désigne une attitude où la volonté primerait sur la réalité, la vérité, l’individualité ou la raison — comme si le fait de vouloir que ce soit vrai suffisait à rendre la chose légitime. C’est une accusation d’idéalisme déconnecté, ou d’aveuglement.

    Mais, en effet, cela se conclu en affirmation tranchée niant toute légitimité juridique aux prêtres traditionalistes, mêmes sédévacantistes : ils ne sont ni envoyés, ni incardinés, ni missionnés selon le droit de l’Église : mais pourquoi parlent-ils alors ? Pourquoi devrions nous écouter ces « clercs éboueurs » (expression analogique de Mgr Sanborn) ? Mystère.


    IV. 🇮🇹 Guérardisme européen : entre IMBC et Sodalitium

    La thèse de Cassiciacum n’est point une qu’abstraction dans le sens où elle s’est incarnée, surtout en Italie et en France, dans des prêtres liés à l’Institut Mater Boni Consilii (IMBC), puis outre-atlantique à travers ladfite RCI — Roman Catholic Institute. Ses clercs se réclament d’un sédévacantisme nuancé, affirmant que le siège romain est occupé materialiter, mais non formaliter.

    Mgr Sanborn, les éditions Sodalitium, s’en font les chantres… mais à quel prix ? Car si l’Église du Christ, qui est l’Église catholique, serait cetteÉglise militante (celle pérégrinante sur Terre) momentanément dépourvue d’autorité et spécialement et complètement dans sa hiérarchie : c’est que cette idée sent la mort, à tout le moins…


    🛎 Conclusion par KO

    Ce que le Père Lavery inflige ici est une démolition méthodique, orchestrée avec une autorité virile et un sens du bien commun surnaturel. Il ne s’agit pas d’affirmer une « nouvelle théorie », mais de rejeter une équivoque dangereuse, laquelle voudrait nous faire croire qu’une Église pourrait subsister sans actes, sans chefs, sans juridiction.

    L’Église militante n’est pas une abstraction de théologiens enfermés dans leurs fantasmes syllogistiques, dans leur élitisme français, presque janséniste. Elle est corps visible, juridictionnelle, missionnaire. Et quiconque, sous couvert de missio, prétend exercer un pouvoir sacramentel sans lien vivant à l’autorité se substitue à Dieu.

    Quand bien même l’on préférerait « l’ambiguïté prrrrudente » des guérardiens à la hardiesse tranchante des sédévacantistes de la CMRI, il faut convenir d’une chose : la Thesis, sous les coups de boutoir du père Lavery, n’a plus d’autel où se réfugier.

    Post-Scriptum :

    • Lisez l’ouvrage de Griff Ruby, ainsi que Dom Grea !
    • Le Père Lavery est en outre, il est en faveur dudit Concile général imparfait !

    La Rédaction


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    […] Quand le Père Lavery de la CMRI terrasse Cassiciacum, juin 2025 […]


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    […] est aux joutes et controverses, entre les abbés Zins & Jacqmin, mais également les pères Lavery et Dutertre […]


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    […] Père Gabriel Lavery en joute avec l’abbé Damien Dutertre sur Twitter-X, 5 et 6 juin […]


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    […] la CMRI se trouve le père Lavery — que nous affectionnons particulièrement — : anti Cassiciacum, pro Concile général imparfait, soit non castrateurs ! À côté, Mgr Pivarunas, silencieux, […]


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    […] Quand le Père Lavery de la CMRI terrasse Cassiciacum, juin 2025 […]


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    […] 👉 https://integralisme-organique.com/2025/06/quand-le-pere-lavery-cmri-terrasse-cassiciacum-juin-2025/ 👉 […]


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