• Division Azul de Saint Loup – Dionysos Andronis



    SS espagnols – Éditions “Presses de la Cité”, Paris, 1978

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    C’est vrai que ce roman de Saint Loup (né Marc Augier) nous a pris un peu plus de temps à lire que ses précédents. Il se déroule en Espagne, et ce pays est dans notre cœur depuis longtemps. L’auteur se laisse impressionner par le folklore local. Entre les pages 128 et 129, il y a plusieurs photos en noir et blanc très artistiques. Au-dessous de la première, c’est écrit : « la division azul (qui signifie « bleue » en espagnol – note à nous) sera une unité catholique qui, en 1941 à Pokroskaia, va renouer avec la huitième Croisade en procession derrière le Saint-Sacrement porté par les représentants officiels du clergé espagnol » (op. cit. entre les pages 128-129).

    Sur une autre photo, on voit une « corrida humaine ». « Les Russes n’ont jamais vu des corridas mises en scène par un faux taureau et un vrai toréador » (ibid). « Quand l’Allemagne porte la guerre en Russie, le 22 juin 1941, les Espagnols se lèvent en masse pour l’aider à vaincre Moscou. Le général Franco donne son accord pour le recrutement de la Division Azul, qui part pour le front de Leningrad. En trois ans, plus de quarante mille hommes passeront dans ses rangs et plus de six mille tomberont en se battant furieusement. Ce livre restitue parfaitement l’héroïsme démentiel de l’Espagnol au combat et la différence de mentalité existant entre lui et l’Allemand, même quand l’un et l’autre combattent sur un même front pour une même cause. Avec une grande hypocrisie, Franco, qui se bat contre Moscou sans lui avoir déclaré la guerre, par l’intermédiaire de la Division Azul, retire son unité du front en 1943, mais l’histoire ne se termine pas pour autant. Trois cents prisonniers se retrouvent au Goulag et poursuivent la lutte sous une nouvelle forme. Les Espagnols en triompheront, y perdant un homme sur deux. Quand les survivants reviennent, onze ans plus tard, sans avoir rien laissé aux Russes de leur âme, ils ont pris la dimension de martyrs triomphants. Ils donnèrent à cette neuvième Croisade le même sens que celles du Moyen Âge, inspirées par cette même Église catholique qui bénit la Division Azul dans son combat » (écrit sur la couverture au dos).

    Saint Loup aimerait aussi se moquer de la sous-culture « espagnole » importée en France pendant Franco par des dramaturges comme le juif Fernando Arrabal et sa pièce Viva la muerte / Vive la mort. « C’est le vieux cri qu’anarchistes ibériques et légionnaires de Franco se jetaient à la face au début de la guerre civile, mais il n’y a pas d’anarchistes dans les rangs de la division Azul » (op. cit., page 42).

    À la page 129, le général Emilio Esteban va remplacer l’ancien Muñoz Grandes. Même si vous trouverez cela abusif, nous tenons à vous citer que notre camarade français contemporain Serge Ayoub avait écrit un ouvrage sur Esteban Morillo et sur sa rixe mortelle avec le gauchiste Clément Méric. Cet ouvrage avait également été présenté par nous dans le passé.

    Mais une autre pensée profonde de ce roman se trouve à la page 205, où Saint Loup met en opposition Hitler et Franco, nous disant que « Hitler pensait le monde avec mille ans d’avance et Franco avec mille ans de retard… (Franco en tant que…) …défenseur du Christ-Roi, il ne pouvait pas brandir la svastika, symbole païen et raciste » (op. cit., page 205). Comme nous avons aussi appris sur Internet, la traduction espagnole de ce beau roman a vu le jour en 1980 sous la plume de Servando Balaguer, l’ancien chef des jeunesses du parti Fuerza Nueva.

    Dionysos ANDRONIS

    Blue Division - Alchetron, The Free Social Encyclopedia


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