• Juza et Fudo : figures paternelles et charitables – Hokuto no Ken



    Et Julia & Raoh – Lumières et agir chrétien ?


  • Dans cette série, nous essayons le difficile exercice de saisir les valeurs universelle dont nous pouvons nous servir en chrétien et européen.

    Résumé :

    Dans cette troisième partie, nous explorons les personnages de Juza et Fudo, figures paternelles symboliques inspirées par les valeurs chrétiennes de charité et de protection. Leurs actes, empreints de noblesse et de sacrifice, renforcent les thèmes récurrents de l’amour désintéressé et du renoncement à soi pour autrui. La mort de Julia, dernière gardienne du Nanto, sert de pivot dramatique et spirituel, tandis que Raoh, dans une mort sacrificielle, finit par comprendre la puissance rédemptrice de l’amour.

    Sommaire

    I. Juza : l’esprit de liberté et le sacrifice héroïque
    II. Fudo : charité et rédemption par l’amour
    III. Julia : la dernière lumière du Nanto
    IV. Raoh : compréhension ultime de l’amour dans le sacrifice
    V. 2000 ans de transmission spirituelle dans l’école Hokuto


    I. Juza : l’esprit de liberté et le sacrifice héroïque

    Juza, appartenant à la constellation du Nanto, incarne d’abord une figure libertaire et rebelle, mais profondément altruiste. Il décide ensuite de se consacrer au service de Julia, l’amour inaccessible, platonique, en mettant sa vie en péril pour sa cause.

    Amour et sacrifice

    Juza accepte son destin tragique en affrontant Raoh, bien qu’il sache la supériorité écrasante de ce dernier. Son ultime combat, perdu d’avance, devient un symbole de sacrifice noble, comme un écho au verset biblique :

    « Nul n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. » (Jean 15:13)

    Cela rappelle « le ballon est ton ami » à sa manière d’Olive et Tom. Une époque où de bonnes valeurs, autres que l’égoïsme et la « réussite » été promues. Ainsi, ce brave Juza illustre la beauté d’un esprit libre qui choisit la voie de l’amour désintéressé et du don de soi.


    II. Fudo : charité et rédemption par l’amour

    Fudo, le géant de la montagne, autrefois un bandit cruel, se convertit à une vie simple faite de protection des faibles, devenant la figure paternelle des enfants abandonnés.

    Conversion et rédemption

    La transformation/conversion de Fudo, inspirée par les idéaux de la justice prônée par Kenshiro, est comparable aux grandes conversions bibliques, telles que celle de saint Paul sur le chemin de Damas. Il devient une image vivante de la charité, de l’agir chrétien, élevant des orphelins comme un père aimant, malgré son passé brutal et voyou : il s’est dirigé vers le Bien. Mais cela reste certes de l’ordre du symbolique et de l’ordre naturel, bien que des versions européennes puissent invoquer le nom de Dieu dans les traductions (en italien oui, en français non).

    Mort sacrificielle

    Lorsqu’il fait face à Raoh, Fudo se sacrifie pour protéger ceux qui dépendent de lui. Sa mort émotive, devant les enfants, ses fils spirituels, est une leçon forte de vertu et de courage :

    « Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. » (Jean 10:11)


    III. Julia : la dernière lumière du Nanto

    Julia, la dernière gardienne du Nanto, outre sa beauté, représente la pureté et la foi dans un monde déchiré par la guerre, les déprédations et la violence, et ce, depuis le début. Son rôle est davantage spirituel qu’actif : elle incarne une lumière d’espérance pour la civilisation, Kenshiro et ses alliés.

    Intempéries et purification

    Sa mort survient lors d’une scène marquée par des intempéries violentes, rappelant la suite immédiate de la mort du Christ et symbolisant une purification par l’eau, élément biblique associé au baptême. Sa disparition renforce la détermination de Kenshiro à poursuivre son combat dans un esprit de justice empreinte d’amour.

    C’est une marque étonnante. En comparaison, Tolkien, n’ayant pas voulu caricaturer le message chrétien s’en est gardé davantage d’afficher de telles similarités.


    IV. Raoh : compréhension ultime de l’amour dans le sacrifice

    Raoh, ou Raoul en français, l’antagoniste central, incarne la force et pure, ainsi que la quête de puissance dévoyée, mais aussi, la possibilité d’une rédemption, certes très tardive, au seuil de la mort.

    Le pardon et le sacrifice final

    Au terme de son combat contre Kenshiro, Raoh reconnaît la supériorité de l’amour sur la force brute. Il change et accepte sa propre mort, dans une scène d’une intensité inouïe, en élevant symboliquement son bras vers le ciel (sieg !) :

    « Ce n’est pas la mort qui est une fin, mais l’amour qui donne un sens à la vie. »

    Sa mort, bien qu’empreinte de brutalité, typiquement nippone ici (la philosophie bouddhiste n’est pas totalement évincé !), devient un moment de révélation et transcendance.


    V. 2000 ans de transmission spirituelle dans l’école Hokuto

    L’école Hokuto, vieille de deux millénaires, incarne un héritage spirituel où la force n’est qu’un outil pour servir les plus faibles. À travers les générations, cet enseignement transmet un idéal proche de celui des premiers chrétiens :

    • Charité active : protéger les opprimés, les innocents, comme Kenshiro l’illustre par son dévouement constant et total, avec plus de rationalité que d’émotion d’ailleurs.
    • Sacrifice rédempteur : chaque personnage majeur, dont les deux frères de Toki à Raoh, montre que le véritable héroïsme réside dans l’abandon de soi.

    Conclusion

    Juza et Fudo, par leur charité et leur sacrifice, enrichissent l’univers de Hokuto no Ken de thèmes spirituels profonds. Julia, en tant que lumière du Nanto, et Raoh, par sa compréhension tardive de l’amour, complètent cette fresque évangélique où la puissance n’a de sens que si elle est guidée par la foi et l’amour. Ainsi, cette saga rappelle que même dans les ténèbres les plus profondes, les valeurs chrétiennes de charité, de pardon et de sacrifice peuvent briller, redonnant espoir.

    Nous bouclons le troisième article concluant la première série en 109 épisodes refait. Dans la première version Kenshiro était même « crucifié » ou suspendu, sur son propre symbole et laissé pour mort. Il donne ainsi l’impression d’être passé par une « Résurrection ».

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