-
Publié le par Florian Rouanet
Religion complotiste et son magistère inégalé...
Étienne Couvert a ses mérites et il reste intéressant comme auteur. Cela dit, il a l’anti-gnosticisme très aiguisé et tout finit peu ou prou, voire unilatéralement, par être gnostique selon lui, de Dante à Tolkien, en passant par bien des auteurs. La plus déplorable de ses attaques fut dirigée contre le jeune disciple bien-aimé du Christ, saint Jean l’Évangéliste : horresco referens…
En effet, jusqu’à preuve du contraire, notre intervenant ne parle pas d’un écrit apocryphe, concernant le prologue de l’Évangile selon saint Jean. Ce passage n’est pas une œuvre distincte de l’Évangile, mais en constitue ses tous premiers versets (Jean 1:1-18) :
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu »
(Jean 1:1),Le corpus johannique, joyau du Nouveau Testament, rassemble cinq écrits sacrés que la sainte Tradition chrétienne attribue depuis les premiers siècles à l’Apôtre bien-aimé, saint Jean fils de Zébédée, disciple privilégié de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce précieux héritage comprend l’Évangile selon saint Jean, les trois épîtres johanniques (Première, Deuxième et Troisième Épîtres de saint Jean) et le livre de l’Apocalypse, ultime révélation divine.
-*-
Si nous reconnaissons que, par leur symbolique de la lumière, les francs-maçons entretiennent des interprétations propres et erronées de l’Évangile johannique, il devient en revanche inacceptable d’adopter un conspirationnisme, véritable « religion » prétendument explicative du monde par la méfiance absolue de tout et de tous.
Le rapide propos accusatoire de M. Couvert semble ici hétérodoxe, et s’il ne l’était pas, par l’incompréhension et l’aspect équivoque qu’il provoque (et nous allons le lire !), il se révèle hautement dangereux et amphigourique : il perd les âmes !
Les fidèles fragiles et méconnaissants risquent de douter de certains passages évangéliques, reconnus de l’Église, pour autant que leur subjectivité et bon plaisir l’estime « gnostique »…En réalité, à aucun moment il ne dit que « l’évangile de Saint Jean est gnostique ». Cependant, il dit tout de même que le prologue ne fut pas écrit par saint Jean, mais par des chrétiens du 2e siècle en réponse aux hérésies gnostiques. Et qu’en lui-même, ce prologue serait imprégné de gnosticisme…
Les retours de commentaires d’internautes éclairés (sauf un paraissant douter et l’autre appuie un taux de complotisme supérieur encore…) :
Les commentaires critiques (majoritaires) :
« Il faut dénoncer la Gnose, mais pas en promouvant des hérésies par la même occasion. Surtout pas !! »
« C’est acté, cet homme n’est pas catholique! »
« C’est scandaleux »
« Monsieur Couvert, ayez pitié de votre âme!
Vous auriez raison quand l’Eglise se serait trompé pendant si longtemps?
Vous ruinez vous-même la crédibilité de vos travaux, prouvant par cette assertion que les excès qu’on y devinait déjà ici et là étaient fondés. »
« Etienne Couvert a dit des choses intéressantes sur la gnose, mais là… on ne peut être que dubitatif, pour le moins. Il faut décidément se méfier de l’orgueil spirituel !
On récite le prologue de Saint Jean à la fin de chaque messe traditionnelle. Au moment où le prêtre prononce « Et Verbum caro factum est », le prêtre et les fidèles font une génuflexion. L’église catholique se tromperait-elle ? Etrangement, on ne récite plus ce prologue depuis vatican 2… dans la nouvelle messe dite de Paul 6.
Etienne Couvert devrait éviter de faire des déclarations de ce type qui risquent de semer la confusion dans les esprits. »
Un commentaire qui va plus loin dans l’insensé (Amalek ?) :
« Saint Jean était un contemporain du gnostique Cerinthe. Rien que cela explique le prologue. »
Un commentaire qui doute :
« Je suis mélangé. Est-ce à dire que le « Au commencement était le verbe » est aussi gnostique? Quand on dit que le verbe s’est fait chair c’est aussi gnostique? Les travaux de Étienne Couvert sont excellents (en général) mais il me semble que parfois il dépasse son cadre de par son obsession de la Gnose. Après, que Philon ait pu faire de Jésus (ou récupéré) un simple logos platonicien démiurgique j’en conviens mais de rejeter le prologue de Saint Jean et son acception par l’Église Catholique il me semble qu’il y a faute de discernement et de jugement. Étienne Couvert rejette absolument tout de Platon. »
L’auteur Alain Pascal en est tristement l’héritier. Et dans une forme de repli doctrinal autistique, on pousse toujours plus loin, décennie après décennie. C’est ainsi que ce dernier conclu que le « nationalisme allemand » est égal à gnose dans tous ses aspects.
Ces auteurs ne s’interrogent pas une seule fois sur le Bien commun, ou le font de manière partielle et mal priorisée. Dans le pire des cas, ils perçoivent en certains docteurs de l’Église, de supposés agents du 33ᵉ degré maçonnique…, affiliés à la giga-mega Lumière luciférienne, lorsque cela les arrange, entre deux potentiels cachets !
-*-

2 commentaires
Réagissez à cet article !