• Encyclique singulière sous le IIIe Reich (« Résistance » rouge & restauration sociale) 2/3



    Mit brennender Sorge par Pierre Maximin

  • Passons à la suite de la partie 1 traitant de l’encyclique #MBS à propos de la contre-révolution allemande.

    Nous lirons dans le texte Pierre Maximin et ses références, agrémentés tous deux de quelques-uns de nos propos.
    Cette partie complétera à merveille notre précédente recension de Robert Faurisson à propos dudit révisionnisme de Pie XII, ou encore le livret IIIe Reich sous la bannière du Christ, ainsi que notre papier plus récent à propos du tchécoslovaque Mgr Tiso !

    -*-

    LE IIIe REICH CONTRE LE DÉSORDRE ROUGE (ROME ET ALLEMAGNE)

    En comparaison du libéralisme américain et du communisme russe, le conflit entre Reich et l’Église s’explique en partie aussi par le fait que, pour les hommes, les plus petites différences sont souvent les plus insupportables. De plus, tout miser sur le Reich faisait craindre l’échec, en cas de vent qui tourne, ce qui a été effectivement le cas.

    « Il reste que l’intention du Magistère était d’enrayer le noyautage des milieux dirigeants du gouvernement et du parti national-socialiste par un clan.

    Ce clan tendait à leur instiller une idéologie antichrétienne. (…)

    Toutefois, Mgr Pacelli en profite pour affirmer la gravité du combat contre le communisme, gravité dont, moins de cinq ans plus tard, les Alliés allaient devoir d’urgence dissuader leurs amis, notamment catholiques, en déversant des flots de mensonges méthodiques habilement tournés par les professionnels londoniens de la désinformation et de la contrefaçon.

    « Le Saint-Siège ne méconnaît pas la grande importance que revêt l’édification des fronts de défense politiques intérieurement sains et viables contre le danger du bolchevisme athée . »
    Mgr Pacelli.

    Cependant, certains catholiques sont restés depuis lors aussi intrigués, tel que von Neurath, par les deux poids deux mesures en question…

    L’attitude du Vatican sur la guerre en Espagne n’était pas de simple passivité, mais d’hostilité franche, comme nous aurons encore l’occasion de nous en apercevoir. (…)

    « Le Saint-Siège ne nie pas que le gouvernement actuel de l’Allemagne a efficacement éliminé le communisme en tant qu’organisation publique. (…).
    Mgr Pacelli

    En tout cas, il apprécie tout effort honnête vers l’ordre et la paix.

    Entre les deux phrases, on lit cette considération extracurriculaire et politique, qui ne manque pas de laisser songeur aujourd’hui :

    Dans quelle mesure, à l’époque de la prise du pouvoir par le national-socialisme, le communisme représentait en Allemagne un danger immédiat dont il était exclu de pouvoir triompher par d’autres moyens, voilà une question objective que le Saint-Siège en tant que tel n’a pas à trancher. »
    Mgr Pacelli.

    Mais si la voie de la dite résistance serait la seule pour le catholique allemand, au nom du spirituel, pourquoi nul catholique au début des années du régime l’ont consolidé cette résistance ?

    « D’où vient alors que Rome et l’Église d’Allemagne en aient juge avec moins de sagesse, pendant l’hiver 1932-1933, moment où il eût été facile d’empêcher les nationaux-socialistes d’accéder au pouvoir ? A cette heure-là, Mgr Ludwig Kaas, chef du Zentrum, le parti catholique allemand, confiait au Chancelier Hindenburg la nécessité de réaliser l’union avec les nationaux-socialistes contre les marxistes. Son parti et lui-même votèrent pour les pouvoirs accordés à Hitler par le Reichstag. Evidemment, Mgr Kaas ne bénéficiait pas des mêmes lumières que nos prophètes tard venus. »

    À en croire des catholiques conformistes, se noyant dans l’excuse, après-guerre – et même loin après la guerre ! –, il aurait fallu croire en une version « résistancialiste » des faits :

    « Mgr Kaas a omis de résister, retardant ainsi pendant douze années encore la faveur, pour l’Europe orientale, de goûter la présence de l’Armée rouge. (…)

    On raconte n’importe quoi, sur un sujet impunément maquillé, vu que l’autre partie, muselée, est dans l’impossibilité de se défendre. Parler, comme il est fait, de « la lutte entre la Croix du Christ et la croix gammée » revient seulement à énoncer une platitude a effet mille et mille fois resservie; parler d’« exploitation éhontée » à propos des procès de trafic de devises et des procès de mœurs relève d’une manœuvre tout aussi gratuite. Pour ce dernier cas, de plus, la matière est délicate et particulièrement scabreuse. Une expérience personnelle subie à l’époque nous a appris que, à défaut d’un jugement intègre rendu à huisclos, après audition des deux parties, il vaut mieux se taire prudemment et jeter là le manteau de Noé. »

    LA CONTRE-RÉVOLUTION HITLÉRIENNE (FASCISME CHRÉTIEN, ANTI-PAÏEN ET NON CLÉRICAL)

    Le Hitler, autrichien d’origine catholique, s’opposait – ou du moins ne professait pas la même chose – à l’aile gauche du Parti, des Himmler, Göring et des Goebbels. En effet, des éléments contre-révolutionnaires non négligeables étaient en lui.

    Voici un florilège armé d’éléments historiques :

    «le III° Reich était la riposte chrétienne à 1789 », c’est-à-dire le mouvement contre-révolutionnaire opposé à l’illuminisme français (John Lukacs en citant Franz Von Pappen : Hitler of History – Alfred Knopf, New York 1997 -, p. 86.)

    A trois évêques qu’il rencontrait le 27 juin 1934, Hitler déclarait:

    « Jamais de ma vie je ne mènerai un Kulturkampf. »

    La presse catholique actuelle, toutes tendances confondues, n’évoque jamais sans un grand luxe d’explications embarrassées l’adhésion sans arrière-pensée de l’épiscopat autrichien à l’Anschluß, c’est-à-dire au rattachement de l’Autriche à l’Allemagne. Le 18 mars 1938, le cardinal Theodor Innizer envoyait au Gauleiter de Vienne une déclaration solennelle en ce sens et l’accompagnait d’une lettre dont la signature était précédée d’un vibrant Heil Hitler!

    Sous le coup de la honte rétroactive, les archives du diocèse de Vienne ont dl inaccessibles à la recherche – et peut-être le sont-elles encore – pour la période de 1933 à 1945.

    Normalement il ne devrait pas y avoir de crainte puisque l’Anschluß fut reconnu par toutes les nations du monde, sauf le Mexique. Donc y compris par le Vatican. (…)

    Il n’est certainement pas futile de se souvenir que le cardinal Faulhaber, dans son sermon du Nouvel An 1938, soit plus de huit mois après Mit brennender Sorge, avait exalté « l’exemple donné par Hitler d’un style de vie simple et frugal…» ?

    Le cardinal Bertram envoya ses vœux au Führer à l’occasion de son anniversaire, le 20 avril 1940, en une lettre écrite au nom de tous les évêques d’Allemagne et en sa qualité de président de la conférence épiscopale de Fulda.

    On n’en parle plus aujourd’hui sinon pour nous prier de croire que Mgr Bertram avait ainsi provoqué une crise au sein de l’épiscopat. Le prélat, qui avait quatre-vingt-deux ans à cette époque, avait derrière lui une prestigieuse carrière de défenseur de l’Église et de ses droits. (…) Et ce sera le cardinal Bertram encore qui fera célébrer une messe pour le repos de l’âme du Führer à l’occasion de « sa mort héroïque » (ce sont ses propres termes !).

    Si le cardinal Bertram, prince-évêque de Breslau, fut traité ignominieusement en sa qualité d’archevêque par les atteintes à sa juridiction, ce ne fut pas, comme on pourrait le croire, par des profanateurs hitlériens, mais par les infractions du haut clergé polonais.

    En août 1941, Hitler donna l’ordre de ne prendre aucune mesure contre l’archevêque Mgr von Galen, qui, au cours d’un sermon dominical, s’en était pris ouvertement à la pratique de l’euthanasie du gouvernement. Et, le même mois, Hitler menaçait de renvoi et d’arrestation le Gauleiter de Bavière pour avoir stupidement essayé de taire enlever les crucifix dans les écoles bavaroises. (…)

    En 1941, Martin Bormann voulut faire passer dans une directive du parti une phrase disant que : « Le christianisme et le national-socialisme étaient inconciliables». Hitler fit aussitôt rayer cette phrase, annulant ainsi ce point de la directive.

    Aujourd’hui, on aime rappeler le discours de Mgr von Galen du mois d’août 1941, cité ci-dessus, mais on omet soigneusement de mentionner le passage où le prélat rendait hommage à la croisade contre l’URSS qui venait de commencer. Mgr von Galen faisait son métier : il combattait le mal et encourageait le bien. »

    Mise à part cela, nous devrions nous extasier sur je ne sais quelle période mythifiée, tandis que les nations du monde, et l’Allemagne elle même, ne tient plus en respect un quelconque concordat. Et que dire du respect de la vie et de l’euthanasie aujourd’hui ?

    « Le témoignage de Mgr Gröber confirme, en une époque et en des circonstances non suspectes, l’argumentation du cardinal Pacelli. Nous sommes loin, en matière concordataire, de la contravention institutionnelle organisée par l’Empire Français au lendemain de la signature du concordat de 1801 connue sous le nom d’Articles organiques.

    « Dispositions annexées au concordat de 1801 dont elles réglaient l’application, et promulguées sans discussion préalable avec le Saint-Siège le 18 germinal an X » (Dictionnaire de Mourre). (…)

    Que le chef du III° Reich fût exempté personnellement de la critique semble corroboré par une note privée, non seulement inédite mais encore intime, non destinée à la publication, que l’on a trouvée dans les papiers personnels du cardinal Faulhaber, celui-là même que l’on dit avoir été – et qui fut sans doute effectivement – l’un des instigateurs de Mit brennender Sorge. Il s’agit du compte rendu d’un entretien du cardinal avec Hitler le 4 janvier 1936 (durée de l’entretien: de 11 à 14 heures) terminé par un dîner d’une demi-heure dans la véranda de la salle-à-manger à l’Obersalzberg’. Or, que consignait

    Mgr Faulhaber dit tout simplement ceci :

    « …Durant la première heure, le Führer fut le seul à parler, franchement, familièrement, avec chaleur, voire avec passion parfois.

    Pendant la deuxième heure, j’eus l’occasion, sans être pour ainsi dire interrompu, de répondre aux vues du Führer et de présenter mon propre point de vue. Au cours de la troisième heure, le tête-à-tête se fit de plus en plus détendu…

    Le Führer: Les hommes ne peuvent rien faire sans croire en Dieu. Le soldat, après trois ou quatre jours sous la mitraille, doit se raccrocher a la religion. L’absence de Dieu, c’est le néant.

    Je répondis : Les splendides professions de foi faites par le Führer en diverses occasions, et précisément celle de son discours de clôture lors de la journée du Parti, à Nuremberg, et au Bückeberg, n’ont certainement pas manque de faire impression dans le monde… C’est en vain que l’on en chercherait de pareilles de la bouche d’un Léon Blum, par exemple, dans sa lamentable réponse au discours de Nuremberg; mais on n’en trouverait pas davantage chez les autres hommes d’Etat.. » »

    Aussi, le français cocorico et catholique romain, trouve top souvent l’excuse de dénoncer, dans un nationalisme saxon (anglais ou allemand) quelque chose qui viendrait forcément appuyer et consolider le protestantisme, en même temps que le germanisme, et ce, en pratiquant à merveille l’omission :

    « On fait l’impasse sur l’histoire vraie. Elle risquerait de nous apprendre des choses désagréables sur le triomphe et le maintien du protestantisme en Allemagne du Nord. L’histoire authentique nous montrerait comment l’inconscience volage des derniers Valois, mais particulièrement de Henri II de France, releva la cause du protestantisme, après son écrasement par Charles-Quint à Mühlberg (24 avril 1547). Henri II acheta alors la trahison de Maurice de Saxe (1521-1553) 2 et de quatre autres princes complices. L’auteur passe aussi soigneusement sous silence l’appel, par Richelieu, à l’aide (monnayée) du protestant forcené Gustave-Adolphe de Suède (au prix de la misère du menu peuple en France) dans le seul dessein de jeter l’Allemagne dans l’insurrection religieuse et ainsi d’abattre l’Empire. »

    Après le Kulturkampf de Bismarck, il n’y jamais eu autant de processions :

    « A l’époque même où les alliés de l’Amérique, les Soviétiques, détruisaient la plupart des églises en Russie et en Ukraine, on construisait quelque 2500 églises nouvelles en Allemagne. Pas une seule église chrétienne ne fut fermée. C’est la loi qui prescrivait la priorité de l’école et de la religion sur le service à la Jeunesse Hitlérienne. Jusqu’en automne 1944 encore, la caserne de la Waffen-SS à Breslau mettait deux autobus à disposition pour conduire les jeunes à l’église catholique ou au temple protestant le plus proche tous les dimanches. Le fait d’être affilié à une communauté chrétienne ne nuisait pas à l’avancement dans le parti national-socialiste. Hans Schmidt, Tract du German American Political Action Committee (GANPAC), 1996. »« Les première procession de la Fête-Dieu à Berlin depuis la fondation de la Prusse eut lieu en 1933, après l’accession au pouvoir des nationaux-socialistes ?. Comme celles qui avaient lieu régulièrement à Munich, elle se fit avec accompagnement d’un détachement de la Wehrmacht. Il existe des documents photographiques de ces événements, pourquoi ne les publie-t-on jamais. Pourquoi même les catholiques leur préfèrent-ils les montages, souvent obscènes, réalisés et diffusés par Hollywood ? On imagine une cérémonie religieuse analogue à Paris, et on entend d’ici le hourvari qui aurait salué une demande de participation pareille de l’armée adressée à la République sous la Troisième.

    LA RÉSISTANCE AU IIIe REICH FUT ESSENTIELLEMENT COMMUNISTE (ET CAS ESPAGNOL) :

    Et non une opposition libérale ou catholique n’en déplaise à certains, prompts à se faire bien voir et à se ranger du côté des « vainqueurs » (« gagner » sert à quoi, si on y laisse son âme ?!). Et de plus, les sources émanent d’auteurs pas forcément élogieux vis-à-vis d’Hitler.

    « On se donne plutôt grand mal pour montrer que la plupart des conspirateurs contre le Reich et une grande partie des conjurés de haut rang étaient catholiques. Or, ces catholiques-là, ces Allemands-là, voire ces ecclésiastiques-là, en s’engageant dans l’action subversive, devenaient justiciables des tribunaux institués. Leur foi n’était pas en cause mais bien leur subversion d’un ordre politique et social nullement condamné et dûment reconnu, comme on l’a vu, par le Saint-Siège. »

    Tandis qu’aucun grief n’est fait aux polonais lorsqu’ils persécutent des clercs allemands pour les mêmes raisons patriotiques (cette fois, non de façon légale mais criminelle de surcroît) :

    Que l’on veuille bien comparer ce cas exemplaire de persécution « nazie » avec le sort réservé aux prêtres catholiques allemands par les Polonais après la fin de la guerre.

    Rien qu’en Silésie, il fallut en compter 72 qui furent abattus (Bolko Freiherr von Richthofen und Reinhold Robert Oheim, Die Wahrheit in der Geschichte der deutsch-polnischen Beziehungen in der

    Gegenwart; Die tragische Bilanz zweier Gomulka-Aren in Polen, Arndt-Verlag, 1972, p. 207).

    Hélas, l’abbé Johannes Kaps, dans une étude très approfondie, Vom Sterben schlesischer Priester (1945/1946) (Wienand, Köln 1990, 3. Auflage) est obligé de fixer ce chiffre à 215 prêtres séculiers et 81 religieux. Parmi eux, l’abbé Edgar Wolf, ancien député allemand au Reichstag, mort dans un des nombreux camps d’extermination de Pologne; son nom n’est pas célèbre du tout, pas plus que celui de Mgr Josef Martin Nathan, mort des suites de la terreur et de la déportation infligées par les Polonais (voir Deutsche National-Zeitung, 15 juin 1990, p.4).

    C’est ce qui a préparé la guerre civile d’Espagne avec la persécution anti-nationaliste et anti-catholique de la part des communistes et républicains radicaux.

    « Le 19 juillet 1936 devaient avoir lieu à Barcelone des olympiades populaires qui seraient une réplique antifasciste aux manifestations sportives organisées par les nazis à Berlin. La guerre civile éclata en Espagne le 17 juillet. (…) Dov Liebermann y prit la parole en yiddish. (…) Il dit notamment: Au nom de tous les sportifs ouvriers juifs, je veux vous saluer chaleureusement. Je souligne combien nous sommes fiers, nous les sportifs juifs, 450 ans après l’inquisition espagnole, de pouvoir parler et manifester dans les rues de Barcelone..

    Staline, voyant plus loin que les simples compétitions d’athlétisme, chargea son Komintern de jeter les bases, à partir de cette réunion, de ce qui allait devenir les Brigades internationales au secours de l’Espagne rouge en lutte contre les nationalistes. »

    Il est à noter que l’Espagne, en pleine guerre civile avec les rouges, fera l’impasse totale sur cette mise au point (Mit brenneder Sorge (tant cela demeurait incompris et paraissait lunaire) :

    « L’encyclique Mit brennender Sorge a été publiée et lue en chaire dans tous les pays civilisés, notamment dans tous les pays d’Europe. Sauf un, l’Espagne.

    Il devait bien y avoir une raison proportionnée pour faire accéder Mgr Isidro Goma Tomas, archevêque de Tolède, primat d’Espagne, à la demande du général Franco. Les historiens et commentateurs se gardent de nous le rappeler, pour des motifs qui pourraient être moins avouables. Monseigneur de Tolède, comme il en avait le devoir, voyait sans doute plus lucidement que les augures actuels l’intérêt bien compris de l’Espagne, tout comme celui de l’Eglise. Or, l’Espagne était en guerre ou, plus exactement, se trouvait transformée en champ clos où s’affrontaient le communisme imposé, d’une part, et le refus du communisme, d’autre part. Il avait fallu donner la parole aux armes, parce que d’emblée la révolution avait abattu son poing de fer sur les insurgés de l’alzamiento, c’est-à-dire du soulèvement de l’armée guidé par la piété religieuse et politique.

    Bien, mais où est le rapport avec Mit brennender Sorge? Il est dans un événement que nous allons conter dans un détail et avec une lenteur suffisants à rendre évidente l’importance de ce rapport. »

    Cette hostilité des communistes a été constante de la première à la dernière seconde du Parti national-socialiste entre janvier 1920 à mai 1945. Les catholiques ne devraient pas se construire de vaine gloire sur cette opposition à laquelle ils étaient absents, tout au plus « réformateur », vagues conspirateurs ou patriotes de divers pays non allemands.

    UNE OPPOSITION CRÉDIBLE CATHOLIQUE AUX NATIONAUX-SOCIALISTES ?

    « C’est par Pie XIl et son secrétaire particulier, le père Robert Leiber, S., que passaient les contacts entre la Résistance au sein de l’Abwehr [Josef Müller] et le gouvernement britannique.

    C’est bien possible et probablement vrai, mais cela ne change pas en un acte vertueux la tentative d’assassinat du 20 juillet 1944 contre le Führer, cible suprême de cette Résistance. Müller était l’agent de Canaris, lui même vendu à l’Angleterre et responsable de plus d’un désastre militaire et donc de la perte de centaines de milliers de vies allemandes. Selon les canons d’une moralité aussi bien tournée, il aurait fallu mettre Canaris sur les autels dès qu’il fut pendu.

    Au lieu de quoi, sitôt connu l’échec de l’attentat contre le chef de l’Etat, les cloches de toutes les églises d’Allemagne se mirent à carillonner.

    Le corps diplomatique, conduit par son doyen, le nonce apostolique, Mgr Orsenigo, fut reçu le 24 juillet par le Chancelier Hitler pour le féliciter. Un télégramme avait été préparé au Vatican pour la nonciature à Berlin « pour faire parvenir à Hitler un mot de la part du Pape » qui, « dans l’accomplissement de son devoir de charité a toujours condamné toute violence ». Ce «mot», finalement, ne fut jamais envoyé. Le temps de la charité devait être silencieusement écoulé, et le « mot» être devenu un mot de trop. En Allemagne, le cardinal Faulhaber se surpassa en désapprouvant et en condamnant l’attentat du 20 juillet, dans une profession de fidélité au Führer (*). »

    *Verrat und Widerstand im Dritten Reich, Nation-Europa Verlag, Coburg 1978, p. 00.

    Il est même fort probable que sans Hitler pas de Franco, lequel a reçu au moment opportun, un soutien en matière de transport, par des moyens secrets et diplomatiques au général. Le chef d’Etat espagnol l’a bien compris, lui qui malgré le fait qu’il écarta l’Espagne de la guerre générale, avait rendu un hommage post-mortem très élogieux du Führer du IIIe Reich (Cf. Une encyclique singulière).

    « Excellence, an cours de toute son histoire, l’Espagne a honoré ses engagements, Elle se sent plus unie que jamais avec l’Allemagne en ces heures et sa croisade dans la lutte contre le communisme. »

    Francisco Franco y Bahamonde, Commandant en chel des Forces armées du Maroc espagnol.

    Cet engagement donnant suite à une aide allemande, s’est faite par l’entremise d’un certain Johannes Bernhardt, colonel SS.

    « Bernhardt eut l’occasion de rencontrer, le 21 août 1936, le president Salazar à Lisbonne, pour organiser l’acheminement de matériel vers l’Espagne nationaliste. Sauf erreur, Salazar na jamais eu le sentiment d’avoir rencontré le diable ou son fantôme ou l’un de ses collaborateurs. SS-Standartenführer. (…)

    Le mot «reconnaissance » peut s’entendre en français selon deux accep-tons: Tune est le fait de tenir quelque chose pour vrai après une recherche; l’autre celui de reconnaître un bienfait reçu, une obligation morale. En ce qui concerne l’intervention allemande dans la guerre en Espagne, de 1936 à 1939, on piétine couramment la reconnaissance dans les deux sens du terme. On parle sans rien savoir et on oublie de dire merci. (…)

    Laissons à Franco de le rectifier par la péroraison de son discours d’adieu à la Légion Condor, le 22 mai 1939 à León, où il dit précisément de quoi il s’enorgueillissait :

    Franco exprima sa fierté d’avoir eu sous ses ordres une troupe telle que la Légion Condor. Il adressa son salut fraternel à « la Grande-Allemagne » et surtout « à votre grand Führer, l’homme qui, au moment du danget, a su al-mer et comprendre l’Espagne ». Il termina en s’écriant: « Honneur a l’Alle-magne! Vive I’Espagne! » (Wilfred von Oven, Hitler und…, P. S10. On remarquera que le Caudillo salue la « Grande-Allemagne » qui s’était constituée par la réunion de l’Autriche à l’Allemagne. (…)

    Un an s’était à peine écoulé que Franco, cette fois, prit la plume pour s’adresser, le 3 juin 1940, à Adolf Hitler, dans les termes suivants :

    Cher Führer, au moment ou les armées allemandes, sous votre commandement, conduisent la plus grande bataille de l’histoire à une conclusion victorieuse, je voudrais vous exprimer mon admiration et mon enthousiasme, de même que ceux de mon peuple qui observe avec une émotion profonde le cours glorieux d’une lutte qu’il considère comme sienne, et qui concrétise les espoirs qui flambaient déjà en Espagne lorsque vos soldats étaient à nos côtés contre des ennemis qui, bien que masqués, étaient les mêmes. (1) (…)

    Le 16 juin suivant, Hitler reçoit au château d’Acoz, près de Charleroi, le général Vigon, envoyé spécial de Franco. Vigon reprend à peu de chose prés les termes du Caudillo dans sa lettre du 3 juin, et constate que « l’Allemagne lutte contre les mêmes ennemis qui ont été ceux de l’Espagne dans la guerre CIvile » 2 tandis que le Führer se plaît à observer, au sujet de l’Allemagne et de l’Espagne, qu’ « effectivement on se trouvait en présence du cas exceptionnel de deux grandes puissances qui ne s’étaient jamais fait la guerre ». (1) (…)

    Vigon en vint alors à parler de l’attitude de l’Eglise catholique romaine à l’égard de l’Espagne. Franco a eu des difficultés, non pas tant avec le Pape lui-même qu’avec le secrétaire d’Etat, le cardinal Maglione.

    Le Führer répondit que les princes de l’Eglise oublient malheureusement que si le National-Socialisme, le Fascisme ou la Phalange n’avaient pas existé, l’Eglise catholique romaine n’existerait plus dans les pays en question.

    Vigon répondit que Franco s’était servi des mêmes arguments dans une lettre au Pape, qui en avait été tellement impressionné qu’il avait décide d’aller davantage au fond des choses dans sa réponse. Mais Maglione l’en avait empêché. (…) Le Führer dit qu’il était tragique de constater qu’alors que la France avait realise la séparation de l’Eglise et de l’Etat, tandis qu’un pays comme l’Allemagne paie mille millions [de Deutschmark] d’impôts pour les deux confessions, le Vatican a néanmoins toujours été du côté de la France. (1) »

    (1) Cf. Les archives secrètes de la Wilhelmstraße – IX, Livre Il – Les années de guerre (11 ma – 22 juin 1940), Plon, Paris 1961.

    Condamnation du communisme par l’Eglise catholique :

    « Eh bien, Vénérables Frères, apportez la plus rigoureuse attention à ce que les fidèles se défient de ces pièges. Le communisme est intrinsèquement pervers : il ne faut donc collaborer en rien avec lui, quand on veut sauver de la destruction la civilisation chrétienne et l’ordre social. » (§ 58 de Divini Redemptoris, Pie XI).

    Il n’y a pas d’équivalent concernant les fascismes.

    UNE PRÉFÉRENCE DES ECCLÉSIASTIQUES POUR UN AMÉRICANISME PAS TRÈS CATHOLIQUE :

    « Dès 1939, Pie XII et sa correspondance abondante avec Roosevelt sur des thèmes concernant la guerre, soutenant généralement la position américaine contre Hitler et le communisme ; Taylor était épiscopalien; lorsque Truman voulut reconduire la mission de Taylor en 1947, il en fut empêché par le tollé des anticatholiques américains »*

    Il est loin d’être démontré que ces rapports épistolaires entre le patron de la Maison Blanche et le Souverain Pontife aient grandi le prestige de l’Eglise.

    Roosevelt, étant plutôt du genre goujat, traitait le Pape Pacelli en copain et faisait précéder sa signature d’un « Cordially your friend » comme s’il avait écrit à l’un de ses électeurs de West Side. (…)  Une fois joué la comédie, il n’était plus question de poser plus longtemps aux dévots et de renoncer au laïcisme Constitutionnel, le plus beau fleuron des libertés américaines.

    Durant le conflit, l’Eglise catholique avait-elle eu à se féliciter du statut qui lui était réservé notamment pour le ministère de ses aumôniers aux évêques ? Qu’il soit au moins permis de se poser la question quand incidemment on apprend qu’un certain rabbin Max Braude se vit confier la direction de l’aumônerie de la 7e Armée américaine et qu’il avait sous ses ordres, à ce titre ca notamment, 1 500 prêtres catholiques. L’histoire ne dit pas la teinte que prit l’apostolat de ces clercs soumis à une pareille guidance, en avance de plue Sieurs années sur la pastorale d’ensemble et ses corollaires mis à l’honneur par Vatican II.

    Voici la fiche technique de l’appartenance maçonnique de Franklin Delano Roosevelt prise dans Daniel Ligou, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, éditions de Navarre et éditions du Prisme, Paris 1974 : Initié à la Holland Lodge n° 8, le 28 novembre 1911.32° du Rite Ecossais Ancien et Accepté, le 28 février 1929, membre de la Cyprus Shrine Temple d’Allany, de la Greenwood Forest n° 8, des Grands Cèdres du Liban de Warwich (N.Y.); membre honoraire de l’Almas Shrine Temple de Washington. Et la Revue Internationale des Sociétés Secrètes du 1er mars 1933 ajoutait que Roosevelt appartenait « de plus à une multitude de sociétés secrètes » et qu’il était « l’homme des Rothschild et de la Maçonnerie Universelle » (p. 158) – Note de P.M.

    C’était la forte opposition catholique [au communisme] qui surtout préoccupait Roosevelt, Myron C. Taylor, l’ambassadeur personnel du président, incita le Pape Pie XII à faire une allocution qui, tout en maintenant la condamnation du communisme, établissait une distinction entre le communisme et le peuple russe. L’aide aux Soviétiques pourrait dès lors être assumée par les catholiques sans s’opposer à l’autorité pontificale, ce qua, presque immédiatement, se fit sentir dans le ton de la presse catholique et dans les déclarations des évêques? **

    ** Benjamin Colby, Twas a Famous Victory / Deception and Propaganda in the War Against Germany, Arlington House, New Rochelle, N.Y. 1974, p. 41-42.

    Dans les rangs du philo-communisme militant, Roosevelt prenait du gaIon, et, de longue date, le Komintern suivait ses progrès avec vigilance et intérêt:

    [Le Komintern] donna alors [en 1932] l’ordre aux communistes de voter pour Roosevelt puisque tout semblait indiquer qu’il reconnaîtrait le gouvernement soviétique et établirait avec lui des relations diplomatiques, ce qui se produisit en effet en 1933. ***

    On peut espérer que Pie XII a été joué par de pareilles amitiés, mais alors il faudrait le reconnaître, nous le dire et cesser de nous éblouir avec sa sagesse politique.

    *** Aino Kuusinen, Quand Dieu renverse son ange, Juliard, Paris 1974, p. 86,

    IIIe REICH COMME RESTAURATION SOCIALE, NATIONALE ET MORALE :

    L’inique, autocratique et dégénérée (inflation mercantile extrême, sur-criminalité, chômage, impudicité, oppositions au droit à la vie, trafic en tout genre, etc.) République de Weimar durera entre 1919 et 1933. Et Hitler accéda au pouvoir en réalité d’une façon régulière (élective) et paisible.

    « Le III° Reich n’est pas né de la pluie. On nous parle fréquemment du Traité de Versailles, dont la NSDAP avait effectivement inscrit à son programme la neutralisation, le refus et le rejet. Ce qui est exact mais est présenté comme un crime majeur, un rejet de l’Etat de droit cher au cœur de tout démocrate. Et on en profite pour nous parler moins de la situation intérieure de l’Allemagne après douze années de démocratie. Même au vu de la situation actuelle, on ne se fait qu’une médiocre idée du niveau d’abjection et de corruption où le régime marxiste avait conduit le pays en un temps record: immoralité, drogue, prostitution organisée, suicide des enfants, corruption politique, scandales financiers (Julius et David Barmat !), dénatalité, avorte. ment, rien ne manquait au tableau, mais a un degré stupéfiant. Le changement fut herculéen, comme le reconnaissait, dès 1937, nous l’avons vu, le cardinal secrétaire d’Etat Eugenio Pacelli. Cela ne pouvait-il, voire ne devait-il, pas s’appeler «aller de mal en bien»? »

    Les régimes fascistes ont mené une politique objectivement chrétienne, mais non cléricale. Et voilà qui est bien mieux que le Zentrum (Parti catholique allemand d’époque) pataugeant dans ladite démocratie chrétienne, le libéralisme et le modernisme (du reste comme Marc Sangnier et Don Sturzo respectivement en France et en Italie).

    « Voilà qu’en 1923 le Vatican intervint et toute activité politique fut interdite à Don Sturzo et à tous les prêtres, et le Pape Pie XI déclara officiellement: «Il n’y a pas et il ne peut y avoir de parti catholique. Les principes catholiques et les droits politiques trouvent dans l’Eglise elle-même leur appui et leur interprétation. »

    Se pourrait-il que Pie XII se trompât lui aussi sur leur comportement dégoulinant de sadisme ? Cette fois, cette politique infernale était parfaitement programmée, et même publiquement annoncée. Les multiples plans d’extermination du peuple allemand par les Alliés circulaient dans le domaine public. L’un d’eux, Germany Must Perish [L’Allemagne doit périr], de Theodor Nathan Kaufmann, fut lancé par Time Magazine. *

    Il y eut les plans de Louis Nizer **, celui de Earnest A. Hooton, de Henry Morgenthau Jr?; les hurlements à la mort et à la profanation des femmes allemandes par Illya Ehrenburg. Tant de haine donnait rétrospectivement le vertige aux honnêtes gens, notamment à Paul Rassinier, à Victor Gollancz, à Josef Ginsburg, à Freda Utley, à F.J.P. Veale, à A.K. Chesterton.

    Ces crimes alliés de guerre et d’après-guerre n’étaient ni improvisés ni imprévisibles aux esprits libres. Ils se déroulaient avec le consentement, au moins tacite, des autorités morales des nations civilisées, celles-là mêmes qui se préparaient à siéger au «Tribunal militaire international». On peut même dire qu’ils étaient inclus dans le programme de leur fameuse « libération ».

    * James J. Martin, The Man Who Invented Genocide, IHR, Torrance [Ca., USA] 1984,

    1. 54 et 55. Se pourrait-il qu’on ne lit pas Time au Vatican ? Qui le croira ? Ajoutons encore ce qu’écrivait David Hoggan dans le JHR, Spring 1985, p. 85 : « Germany Must Perish a paru avant Pearl Harbour (7 décembre 1941], donc avant l’entrée en guerre des Etats-Unis.

    ** Louis Nizer, Que faire de l’Allemagne? Brentano’s, New York/Paris 1944, dont la parution fut soutenue par le vice-président Henry Wallace : « Ce livre arrive au bon moment »; le futur président des Etats-Unis Harry Truman : « Le livre de Louis Nizer est un des livres les plus fascinants et les plus remplis d’informations que j’aie jamais lus. Tout le monde dans ce pays devrait le lire. »; par Maurice Maeterlinck : « C’est un exposé profond, méthodique, objectif et lucide de tous les problèmes de la paix. Ce livre sera la Bible des futurs artisans de la paix. Ils auront à le consulter comme on consulte une encyclopédie… ». « Guide pour un nouvel ordre mondial », titrait Lord Vansittart dans l’Evening Standard de Londres, le 14 juillet 1944.


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 5 commentaires




    […] Allemagne-Espagne n’ont pas été en guerre […]


    Répondre

    […] Encyclique singulière sous le IIIe Reich (« Résistance » rouge & restauration sociale) 2/3 […]


    Répondre

    […] notre longue étude de l’encyclique « MBS » (partie 1, partie 2, partie […]


    Répondre

    […] Encyclique singulière sous le IIIe Reich (« Résistance » rouge & restauration sociale) 2/… […]


    Répondre

    […] Encyclique singulière sous le IIIe Reich (« Résistance » rouge & restauration sociale) 2/… […]


    Répondre