• Encyclique singulière sous le IIIe Reich (Contre-révolution allemande) 1/3



    Mit brennender Sorge par Pierre Maximin

  • Nous allons lire une succession d’arguments implacables de l’auteur Pierre Maximin.
    En effet, ce dernier a vécu la période et servi en tant que Belge catholique, dans les armées du IIIe Reich hitlérien.
    Cette littérature complétera notre papier concernant l’intervention de l’abbé Beauvais
    ou encore sur la « catholicité » d’Adolf Hitler.
    ——————

    1) INTRODUCTION METTANT L’ÉGLISE AU MILIEU DU VILLAGE  :

    Tout d’abord, le destinataire de la lettre encyclique est ambigu, il semble se limiter qu’à sa hiérarchie de clercs allemands, en même temps que de vouloir être compris de tous.

    Le titre complet de l’encyclique est le suivant :

    « À nos vénérables Frères les Archevêques et Evêques d’Allemagne et aux autres Pasteurs vivant en paix et en communion avec le Siège apostolique : Sur la situation de l’Eglise catholique dans le Reich allemand ».

    Cette encyclique singulière fut ainsi rédigée en langue vulgaire, et non en latin, car on visait la compréhension immédiate auprès des hommes du régime, voire du peuple.

    L’ambiguïté de la langue et de ce que recherche la finalité du propos, contribue à la confusion générale.

    « La première est une encyclique mais, singulièrement, en langue vulgaire et non point latine, suivie d’une lettre d’apaisement du cardinal secrétaire d’Etat Pacelli expliquant aux autorités nationales-socialistes qu’il s’agit d’un pur et simple éclaircissement (Erklärung) de malentendus. Cette première source est un document religieux et diplomatique officiel. »

    La licéité et la légalité du régime ne sont nullement contestées, il s’agit de quelques plaintes relatives à la situation ecclésiale dans le Reich allemand :

    « Première remarque: le mot « national-socialisme », pas plus qu’aucun de ses dérivés, n’apparaît nulle part dans le document, et l’on voit mal comme se Saint Père condamnerait ce qu’il n’a point nommé, donc moins encore défini.

    En second lieu, l’intitulé annonce son objet: « Sur la situation de l’Eglise catholique dans le Reich allemand »’. Il devrait donc sauter aux veux que le Saint-Siège ne considérait pas comme sujet de son encyclique une idéologie à juger – éventuellement à condamner – pour la raison première que le national-socialisme ne constituait nullement une idéologie mais un système social en acte, et d’ailleurs radicalement opposé au collectivisme »

    Également, l’Église, dont l’autorité délivrée, a d’ailleurs été rétabli par l’Italie Mussolinienne, via les accords du Latran. Elle a été la première à reconnaître officiellement et juridiquement la légitimité du IIIe Reich hitlérien :

    « Jusque-là [la sortie de l’encyclique !], les relations du Saint-Siège avaient été satisfaisantes avec le nouvel Etat allemand. Il ne faut pas oublier – même si le souvenir en paraît désagréable aujourd’hui – que le Vatican avait été la première grande puissance à reconnaître le Reich 3, sans doute en raison de la première proclamation d’intention de l’Etat national-socialiste en matière religieuse. »

    Le premier février 1933, Adolf Hitler prononça pour la première fois, en sa nouvelle qualité de chef de gouvernement, un discours radiodiffusé qui fut relayé par toutes les stations d’émission allemandes. (…) :

    « Dès lors, le gouvernement national considérera comme sa première et plus haute mission de restaurer l’unité d’esprit et de volonté de notre peuple. Il gardera et protégera les fondements sur lesquels repose la force de notre nation. Il prendra sous sa ferme protection le christianisme, qui est la base de toute notre morale, et la famille, qui est la cellule constitutive tant de l’être de notre peuple que de l’Etat. »

    Jamais on ne rappelle, curieusement (par crainte ou par conformisme bien souvent !), le contexte d’époque, ni le Concordat conclu entre les deux parties.
    Tandis que l’Axe a été livré à lui-même et fut écrasé sans dénonciation, sans humanisme aucun.

    Et les circonstances ne poussent guère les historiens à la tempérance.
    Déjà, ne serait que par la volonté objectivement et volontairement partial du Tribunal de Nuremberg !

    « On aura reconnu le texte des statuts du Tribunal militaire international de Nuremberg :

    Article 19: Le tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration de la preuve et il devra adopter une procédure rapide et non formaliste; et Article 21: Le tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique mais les tiendra pour acquis. »

    Aussi, des deux doctrines, seul le communisme fut nommément condamné dans l’encyclique Divini Redemptoris comme étant « intrinsèquement pervers » (signé après Mit brennender Sorge en réalité). Ainsi national-socialisme et communisme ne sont pas à renvoyer dos à dos.

    Nulle part, les Papes Pie XI et Pie XII/cardinal Pacelli n’ont fait mention d’un « nazisme » ou d’un chef d’État tel qu’Adolf Hitler.

    « Les bizarreries qui ont préside à cette opération sont de trois ordres la langue, la date, la concomitance avec une autre encyclique, Divini Redemptoris, « sur le communisme athée » du 19 mars 1937. »

    Le catholique antifasciste, monarchiste ou pas, par conformisme, veut plaire à l’ennemi, après l’avoir mépriser pour sa laïcité ou que sais-je d’autre. Il s’insère par là dans la société antifasciste d’après-guerre, en brandissant à tort l’encyclique, à des fins hostiles plus que de raison.

    Ce faisant, ils rejoignent les cohortes des libéralo-communistes et autres ennemis de l’Allemagne et des nationalismes au nom d’un mythique résistancialisme.

    « Si on ne sait pas quelle intention a présidé au choix inaccoutumé de la langue allemande et au flou enveloppant les destinataires de l’encyclique, on sait, au contraire, parfaitement qu’elle a contribué à installer durablement l’opinion que : « Mit brennender Sorge a condamné le III° Reich et le national-socialisme», qu’elle était faite pour cela et rien que pour cela. Ce qui, nous allons le voir, n’était pas du tout l’avis de son signataire. »

    La Gestapo ou un autre corps constitué ne sera certainement pas sur « l’affaire » et depuis, il y a eu au moins 11.500 églises de répertoriées en Allemagne à l’époque (protestantes comprises).

    « Quelle était la raison d’une mise en scène aussi compliquée ? On n’en sait trop rien mais on a ainsi réussi à faire croire par insinuation que c’était pour déjouer la vigilance de la célèbre Gestapo. Cela ne résiste guère à l’examen. Il y eut certainement des centaines de milliers, sinon des millions d’exemplaires imprimés, à répandre secrètement « dans quelque 20.000 paroisses catholiques du Reich » !. Une police secrète qui se laisserait berner dans des conditions pareilles n’aurait guère mérité son nom, ni son renom ? »

    Il y a un juste propos mais relevant davantage de « banalités supérieures » dans l’encyclique, pouvant s’adresser à n’importe quel régime d’alors :

    « Les justes et pertinentes remontrances contenues dans l’encyclique restèrent sans effet hors des frontières du Reich, pour la mauvaise raison que ce qui était dit en allemand ne pouvait concerner que les Germains. En dehors de leur périmètre, la leçon de politique administrée par Pie XI n’enfonçait évidemment que des portes ouvertes : vraie foi en Dieu, vraie foi au Christ, vraie foi dans l’Eglise, vraie foi en la primauté du Siège romain, interprétation authentique des mots et concepts sacrés, respect de la morale et de l’ordre moral, reconnaissance du droit naturel – qui sont les principaux thèmes de Mit brennender Sorge – tout cela, en 1937, n’était-il pas connu par cœur et mis en pratique par tous les peuples civilisés, sur les deux rives de l’Atlantique, sous des régimes plus exquis les uns que les autres ?Tout particulièrement en France, de par le règne du Front populaire, en Grande-Bretagne, suivant la flamberge de l’antipapisme conquérant des Windsor, et aux Etats-Unis, sous le niveau rigoureux, laïciste et maçonnique du président Franklin Delano Roosevelt ? N’était-ce pas le sûr indice, sinon la preuve, que seul le III° Reich avait une leçon à prendre ? »

    2) NOTE DE LA SECRÉTAIRERIE DU REICH ET RÉPONSE DE MGR PACELLI (FUTUR PIE XII).

    En réaction, l’incompréhension du régime et du peuple a suscité quelques clarifications :

    « A la suite de la diffusion de l’encyclique dans les églises, l’ambassadeur d’Allemagne auprès du Saint-Siège va remettre à la Secretairerie d’Etat une note en défense de son gouvernement, signée du 12 avril 1937 (voy. Annexe

    « , p. 109), note, pleine d’amertume d’ailleurs, à laquelle répondra en personne le cardinal secrétaire d’Etat, Eugenio Pacelli? (voy. Annexe L, p. 111). Il es regrettable que personne, sauf erreur, dans les milliers de livres parus sur le sujet, ne s’arrête à ce document capital et incontestable, moins encore ne Texamine. Dès le prologue, le ton, bien que digne et sévère, reste deferent.

    En son premier point, dans cette Note, qui en comporte huit, reproche au gouvernement allemand d’avoir mal compris l’intention de l’encyclique.
    Il est inexact, y est-il écrit, que Mit brennender Sorge soit un document hostile, alors qu’il se veut simplement « médicinal ». Et incidemment la Note décerne par deux fois, dès ce premier paragraphe, un indéniable satisfecit au gouvernement du Reich. Le cardinal secrétaire d’Etat écrit en effet:

    Tout progrès du peuple allemand sur le chemin d’une véritable prospérité, tout objectif et toute action de son gouvernement au service de ce but sont assurés de l’approbation éclairée et du soutien moral du Saint-Siège.

    Soulignons que le Vatican trouvait matière à approbation dans les réalisations politiques et sociales du Reich, et non pas une approbation distraite mais bien une approbation éclairée. Et même, après avoir formulé son intention de porter le fer dans les plaies à guerir, la Note du secrétaire d’Etat insiste en ajoutant une nouvelle fois :

    « Un franc constat des dommages ne signifie nullement que les prestations réalisées pour le bien-être du peuple allemand ne soient pas reconnues. »

    Par là, le cardinal et secrétaire d’État prend acte expressément du fait que le gouvernement du Reich remplit sa mission de garder le bien commun temporel.

    « Les interprétations fausses et tendancieuses de tierces personnes n’y peuvent rien changer. Le Saint-Siège ne peut malheureusement pas empêcher les interprétations abusives à des fins politiques qui sont données à ses déclarations et à ses actes officiels. La presse allemande en fournit le continuel exemple et, bien que placée sous le contrôle et la direction du ministère, elle ne sen rend pas moins coupable de pénibles déformations. » (Mgr Pacelli, futur Pie XII, continue en dénonçant la fausse utilisation de l’encyclique a des fins de fausse condamnation lui-même).

    Sources : Note du gouvernement du Reich en date du 12 avril 1937, adressée et remise par ambassadeur d’Allemagne à propos de l’encyclique « Sur la situation de l’Eglise catholique dans le Reich allemand » & Le cardinal secrétaire d’Etat Pacelli à l’ambassadeur d’Allemagne auprès du Saint-Siège.

    (Annexe au mémorandum n° 95 du 4 mai 1937).

    Parties
    2) « Désordre rouge et restauration nationale et sociale »
    &
    3) « Papauté, guerre et après guerre »
    à venir !


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    […] Passons à la suite de la partie 1 traitant de l’encyclique #MBS à propos de la contre-révolution allemande. […]


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    […] Encyclique singulière sous le IIIe Reich (Contre-révolution allemande) 1/3 […]


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    […] notre longue étude de l’encyclique « MBS » (partie 1, partie 2, partie […]


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