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Publié le par Florian Rouanet
Société & Tradition.
Nationalisme & chrétienté.Dans le cadre des sociétés traditionnelles chrétiennes et patriarcales, la nature féminine est considérée comme porteuse de grandes vertus, mais également d’une responsabilité particulière face à l’ordre et au désordre.
En revisitant le mythe grec de la pomme de la discorde et en le rapprochant de la tradition chrétienne, nous pouvons établir un parallèle symbolique entre la tentation d’Ève et les grands récits antiques où la femme, par son influence, introduit à la fois le désordre et l’accomplissement de l’ordre divin.1. La pomme de la discorde : entre vanité et tentation
Dans le mythe grec, la déesse Éris, vexée de ne pas avoir été invitée au banquet des dieux, jette une pomme dorée au milieu des convives, inscrite de la mention « à la plus belle ».
Cette pomme devient alors le point de départ du conflit (d’une jalousie) entre Héra, Athéna et Aphrodite, chacune cherchant à s’emparer du titre de la plus belle. Cet épisode est un prélude à la guerre de Troie, conséquence ultime de la rivalité et des passions humaines, féminines en particulier.Ce récit fait écho au péché originel dans le christianisme, où Ève, cédant à la tentation du serpent, mange du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Si dans le mythe grec la pomme est l’objet de la discorde entre les déesses, dans le récit biblique, elle devient le symbole de la désobéissance à Dieu. La femme, dans ces récits, est placée en position de tentée, mais aussi de tentatrice. Ce rôle attribué à la femme est une condamnation, dès lors qu’elle est désordonné, mais c’est aussi une reconnaissance de son pouvoir unique dans le dessein de l’histoire humaine.2. La boîte de Pandore : l’ouverture au mal et la rédemption
Le mythe de Pandore, qui ouvre une boîte libérant tous les maux sur l’humanité, est une autre image symbolique de la femme comme figure clé dans l’introduction du mal dans le monde.
Toutefois, au fond de la boîte, l’espoir est préservé.
Ce dualisme, où la femme est à la fois source de désastre, mais aussi porteuse d’espoir, résonne également puissamment dans la tradition chrétienne.En effet, après la chute d’Ève et d’Adam, il ne faut pas oublier que Marie, la nouvelle Ève, devient celle par qui la rédemption entre dans le monde à travers la naissance du Christ. Là où Ève ouvrit la porte au péché, Marie l’a refermée par son obéissance et sa pureté. De cette manière, l’Église, traditionnellement, voit dans la femme une figure à la fois de faiblesse humaine, mais aussi de grâce divine, si elle suit l’ordre naturel et la soumission à l’ordre de Dieu.
3. Le péché d’Ève et la responsabilité d’Adam : le rôle de l’homme
Dans la vision chrétienne, patriarcale, si Ève a été la première à céder à la tentation, la faute d’Adam n’en est pas moins capitale. En effet, Adam, en tant que premier homme, avait reçu l’ordre direct de Dieu de ne pas manger du fruit défendu. Il est donc doublement responsable, non seulement pour avoir cédé à la tentation que lui a présentée Ève, mais aussi pour avoir négligé sa mission de chef et protecteur de la création.
Ce schéma souligne la structure de la société patriarcale : l’homme, comme tête de la femme (Éphésiens 5:23), est investi de l’autorité et de la responsabilité d’assurer l’ordre moral et spirituel. Si Ève a fauté par faiblesse, Adam a failli dans son rôle de guide, et cela illustre la complémentarité mais aussi la hiérarchie entre les sexes dans la vision chrétienne traditionnelle. La femme, bien que dotée de sa propre dignité et de son propre rôle, s’inscrit dans un ordre où l’homme est appelé à être son protecteur et son guide.
4. Une perspective nationaliste et chrétienne : l’ordre et la transmission
Dans la doctrine nationaliste, française ou autre, la responsabilité de la femme est vue à travers le prisme de la famille, de la transmission des valeurs et du maintien de l’ordre naturel des choses.
La femme, en tant que mère, est la première éducatrice des enfants, garante de la pureté des mœurs, de la foi et de l’attachement aux racines nationales et religieuses.Les mythes et l’histoire biblique rappellent que la femme peut soit entraîner la société dans le chaos en rompant avec cet ordre, soit être des piliers de la stabilité en respectant leur rôle divinement institué.
L’homme, de son côté, doit se montrer ferme et digne de son rôle de chef, en guidant non seulement sa famille, mais aussi agir au sein de la nation dans l’accomplissement de sa destinée naturelle et chrétienne.Le « nationalisme catholique », à la fois universel et incarné dans des nations, repose ainsi sur la coopération des sexes (avec une inégalité intrinsèque !) selon l’ordre naturel voulu par Dieu, où la femme est valorisée dans sa capacité à préserver la vertu et la foi au sein du foyer et de la société.
Conclusion : réconciliation littéraire du mythe et de la foi
En revisitant les mythes antiques à travers la perspective chrétienne traditionnelle, nous comprenons que la femme, bien que source de désordre potentiel, n’est pas seulement fautive. Elle est aussi celle qui, par sa soumission à l’ordre divin (rôle noble), peut être la source d’une rédemption plus grande, d’une certaine harmonie.
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Mythes grecques et foi chrétienne avec Le colosse aux pieds d’argile et le talon d’Achille


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