• Juan Donoso Cortes, quelques ouvrages essentiels résumés



    Contre-révolution et théologie depuis l’Espagne

  • Juan Donoso Cortés, le marquis de Valdegamas, est un penseur espagnol du XIXᵉ siècle, principalement connu pour ses réflexions politiques et théologiques, mêlant conservatisme, catholicisme et une critique radicale du libéralisme et du socialisme.
    Sa présence de renom en politique, témoigne que dans la péninsule ibérique, le catholicisme avait encore son mot à dire dans cet espace et n’était pas périmé quand à la constitution des nationalismes européens.
    Il est souvent considéré comme un précurseur de la pensée contre-révolutionnaire et de la théologie politique, lui qui incarne la 2e génération de cette lignée de pensée, avec en France, Antoine Blanc de Saint-Bonnet, allant jusqu’à influencer des auteurs tels que le théoricien catholique allemand Carl Schmitt (tous nos articles le concernant).
    Voici ses ouvrages les plus importants :

    1. Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851)

    Cet ouvrage est probablement le plus célèbre de Donoso Cortés.
    Il y critique vigoureusement le libéralisme et le socialisme, qu’il perçoit comme des doctrines déracinées et destructrices.
    Donoso y défend une vision catholique intégrale du monde, où seule la religion chrétienne est capable de maintenir l’ordre et la moralité dans la société. Le livre expose ses thèses sur l’importance de l’autorité et la nécessité d’un pouvoir fort, appuyé par l’Église catholique, pour contrer la décadence morale qu’il associe aux idéologies modernes.

    2. Discours au Parlement espagnol (1849)

    Dans ce discours faisant date prononcé devant le Parlement espagnol, Donoso Cortés préconise une réponse autoritaire aux troubles révolutionnaires et politiques de l’époque. Il y défend l’idée d’une dictature, eût-elle été temporaire, violant un état de fait, afin de rétablir l’ordre et la paix sociale ; ce qui est une proposition ayant choqué de nombreux libéraux et montrant la radicalité de sa pensée politique.
    Ce discours a été particulièrement influent dans les milieux réactionnaires et conservateurs européens.

    3. Lettre à un gentilhomme catholique sur la crise actuelle en Europe (1852)

    Dans cette lettre, Donoso analyse la situation de l’Europe et les défis posés par le socialisme, le libéralisme, ainsi que la montée des idées dites révolutionnaires.
    Prenant de la hauteur, il insiste sur la dimension spirituelle de la crise, affirmant que la solution ne peut être trouvée que dans un retour aux racines chrétiennes de l’Europe. Ce texte approfondit ses vues sur le conflit entre la civilisation chrétienne et les idéologies modernes.

    4. Réflexions sur la mort de Luis-Philippe (1850)

    Ce texte, moins connu que les précédents, est une méditation sur les événements politiques de son temps et une critique du règne de Louis-Philippe en France, qu’il voit comme l’incarnation d’un libéralisme déclinant et incapable de maintenir l’ordre social face aux forces révolutionnaires. Ainsi, il rejette la monarchie qui s’adapte de principes des « Lumières françaises ».

    5. Œuvres complètes (œuvre posthume)

    Les œuvres complètes de Donoso Cortés rassemblent ses écrits politiques, théologiques, et ses lettres.
    Elles permettent une vue globale de sa pensée, avec des réflexions sur l’histoire, la société, la théologie, et les événements de son époque. L’ensemble de son œuvre met en lumière sa vision apocalyptique du monde moderne et sa conviction que seul le catholicisme traditionnel peut éviter la destruction sociale et morale de l’Europe.

    Conclusion

    Juan Donoso Cortés est un auteur majeur pour comprendre la réaction salvatrice catholique, face aux bouleversements politiques et idéologiques du XIXᵉ siècle en Europe de l’Ouest, posés par les courants politiques, ainsi que l’essor technologique.
    Son Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme reste l’ouvrage le plus central pour saisir sa pensée. Ses discours et lettres, quant à eux, révèlent son engagement intellectuel et politique dans les grandes questions de son temps.


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  • 4 commentaires




    Quelle serait la troisième génération de la contre-révolution selon vous ? Celle qui va de Charles Maurras à Adolf Hitler ?


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    C’est une excellente question, je préparerai bientôt un sujet pour y répondre. En résumé on peut rajouter Edmund Burk côté britannique pour la première génération. Et pour la 3e génération, avec ses distinctions oui, Maurras, Léon de Poncin et le un peu plus tardif Gustave Thibon. Carl Schmitt a un côté moins réactionnaire peut-être, ce n’est pas Davila, mais il y mérite une place partagé avec la Révolution conservatrice allemande, son époque ! A ce stade, les frontières sont plus floue. Même le fasciste Joseph Merel propose le fascisme comme le meilleur pour la contre révolution catholique.


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