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Publié le par Florian Rouanet
La démolition en cours du mythe de l’abbé Pierre peut interroger ceux qui l’ont porté aux nues des décennies durant, le tenant pour un saint homme, paré de toutes les vertus évangéliques, une sorte de Saint Vincent de Paul du XXème siècle.
Pour mieux comprendre les raisons pour lesquelles cet homme, Henri Pierre Grouès dit l’abbé Pierre, dont l’establishment avait fait, à plusieurs reprises, la personnalité préférée des Français, est aujourd’hui couvert d’opprobre, il convient de rappeler l’accident de parcours majeur de l’abbé, icône de la République, qui, à l’hiver de sa vie, avait osé défendre son vieil ami Roger Garaudy, pris dans la tourmente médiatique et judiciaire pour avoir écrit un livre ô combien sulfureux, intitulé « Les mythes fondateurs de la politique israélienne ». Dénonçant alors publiquement le « lobby sioniste international » (sic), l’abbé Pierre avait commis un crime de lèse majesté. Sommé de s’excuser, l’abbé Pierre, malgré un entêtement proverbial, avait fini par présenter des excuses avant de connaître jusqu’à sa mort les affres de la disgrâce médiatique.
Mais pour faire acte de vengeance, les zélotes du système, ceux qui contrôlent la pensée républicaine, devaient attendre patiemment le moment opportun pour écorner définitivement l’image encore immaculée du « saint homme ».
Et ce sont les turpitudes sexuelles de Grouès qui leur ont permis de faire en quelque sorte coup double en salissant l’Eglise à travers l’une de ses figures les plus emblématiques.
Tandis que sont jetés en pâture les nombreux écarts du prêtre attestant de sa mâle perversité, les autres aspects peu reluisants de la vie de Grouès restent, en revanche, soigneusement occultés.
Qui a encore connaissance des agissement d’Henri Pierre Grouès lors de la période d’épuration qui a suivi la prétendue libération de notre pays ? Grouès n’avait-il pas été qualifié de Torquemada de la résistance pour avoir sévi impitoyablement dans ces tribunaux d’exception qui exécutaient à tour de bras les Français du camp vaincu ?
Qui peut comprendre comment cet homme censé être d’église, devenu député de Meurthe-et-Moselle, avait pu être dénué de tout esprit miséricordieux au point de rejeter avec virulence, en 1946, l’amendement Houcke, cette loi de pardon étendant l’amnistie aux mineurs engagés dans la Collaboration ?
Et qui a eu connaissance des véritables motivations du fait d’armes de l’abbé Pierre : son fameux Appel du 1er février 1954 sur les ondes de Radio Luxembourg, la seule chaîne de radio privée de l’époque ?
Sous couvert de charité chrétienne, cette canaille de Grouès servait de commercial au puissant lobby du bâtiment, avide de terrains, pour que les Français déracinés, arrachés à la terre sacrée lors du grand exode rural, fussent logés dans ces immeubles hideux, construits à la hâte, gigantesques cages à lapins qui accueilleront ensuite des myriades de travailleurs immigrés.
Mais, bien sûr, de tels faits, aussi ignominieux et scandaleux soient-ils, ne pouvaient intéresser les faiseurs d’opinions du système, soucieux seulement de châtier un serviteur du système pour son dérapage et de continuer à embobiner et avilir le peuple.
Périclès Fred


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