• Ultra-nationalisme de Castro et pan-hispanisme de Franco



    Liaisons fascisantes et fascinantes

  • Des relations paradoxales de prime abord, mais révélatrices !

    Anti-libéralisme non soviétique, empire espagnol et hispanité, patriotisme et socialisme national, révolution et diplomatie, etc.

    Dans le labyrinthe complexe des idéologies politiques du XXème siècle, les figures de Fidel Castro et de Francisco Franco se dressent telles des phares dans une mer agitée, illuminant les ambiguïtés d’un siècle où les frontières entre les doctrines semblaient souvent aussi floues que les lignes d’une carte délavée par le temps.

    Loin des stéréotypes convenus qui opposent le communisme au fascisme, l’examen attentif de la relation entre ces deux chefs d’État révèle une affinité surprenante, fondée sur un nationalisme intense et une vision pan-hispanique du monde.

    En effet, la révolution nationale et socialiste de Cuba en 1959, n’a pas rompu le lien diplomatique avec l’Espagne, contrairement aux États-Unis jugés trop coloniaux et mercantiles.

    Castro et Franco sont tous deux originaires de la Galice et sont parvenus tous deux aux affaires par voie militaire et révolutionnaire par ailleurs.

    Fidel Castro, un National-Socialiste Inattendu ?

    L’œuvre de Maurice Bardèche, dans Qu’est-ce que le fascisme ?, nous offre un prisme éclairant pour analyser la trajectoire politique de Fidel Castro. Contrairement à l’image d’un Castro purement communiste véhiculée par l’Occident, Bardèche suggère que le régime cubain sous Castro tenait davantage d’un nationalisme teinté de socialisme, plutôt que d’une adhésion rigoureuse aux dogmes du marxisme-léninisme. Ce nationalisme socialiste, que l’on pourrait qualifier de « national-socialisme » au sens étymologique du terme, se manifeste non seulement dans la rhétorique patriotique de Castro, mais aussi dans ses actions concrètes sur la scène internationale.

    Castro, en effet, se revendiquait ouvertement nationaliste, un fait que l’histoire tend à sous-estimer ou à occulter, préférant le ranger sous l’étiquette simpliste de communiste. Cette identification au nationalisme se traduit par un souci constant de l’indépendance de Cuba, non seulement vis-à-vis des États-Unis, mais aussi des influences soviétiques, qu’il jugeait nécessaires mais à maîtriser avec prudence. La mort de Francisco Franco en 1975 fournit une clé de lecture révélatrice : Fidel Castro décréta trois jours de deuil national, un hommage qu’il ne rendit ni à Mao ni à Tito, pourtant également figure emblématique du communisme international. Ce geste, loin d’être anodin, témoigne d’un respect mutuel entre les deux hommes, fondé sur une reconnaissance tacite de leurs objectifs convergents en matière de nationalisme.

    Franco et Castro : affinité pan-hispanique

    L’amitié « étrange » entre Castro et Franco s’inscrit dans une tradition plus vaste, celle du pan-hispanisme. Franco, dictateur farouchement anti-communiste, entrevoyait en Castro non pas un ennemi irréductible, mais un leader partageant une vision similaire de la grandeur de la culture hispanique. Ce pan-hispanisme, doctrine prônée par Franco, par le nationalisme/impérialisme espagnol en réalité, repose sur l’idée d’une communauté culturelle et historique unissant tous les peuples de langue espagnole, des rives de l’Espagne aux côtes lointaines de l’Amérique latine.

    C’est dans cette optique que Franco entretenait des relations cordiales avec plusieurs dirigeants latino-américains, qu’ils soient de gauche ou de droite, pourvu qu’ils partagent cette vision de l’unité et de la dignité des peuples hispaniques. Dans cet esprit, les « pueblos firmes » évoqués par José Antonio Primo de Rivera, fondateur de la Phalange espagnole (et fils du général Miguel Primo de Rivera, qui fut dictateur de l’Espagne de 1923 à 1930) prennent tout leur sens. Ils ne sont pas simplement les sujets d’un empire déchu, mais les héritiers d’une civilisation commune, prolongement naturel de la grandeur hispanique (ainsi, ils seraient mêmes l’extension d’eux-mêmes en quelque sorte, malgré les différences raciales, pourtant bien énumérés).

    Conclusion

    Ainsi, l’histoire complexe de la relation entre Fidel Castro et Francisco Franco nous invite à dépasser les dichotomies simplistes qui dominent souvent les analyses politiques.

    Leur affinité, bien que paradoxale à première vue, est le reflet d’un nationalisme profond qui transcende les étiquettes idéologiques. Cela dit, nous ne voulons pas passer pour des admirateurs en tant que tel de la révolution cubaine.

    En fin de compte, Castro, bien qu’associé d’habitude au communisme, incarne avant tout un nationaliste farouche, tandis que Franco, bien qu’ennemi du marxisme, voit en lui un allié potentiel dans la défense de l’hispanité.

    L’hommage rendu par Castro à la mort de Franco en est le témoignage ultime, un geste qui dépasse les divisions idéologiques pour célébrer une vision commune de la nation et de l’histoire.

    En 1985, le quotidien El País interviewait Castro, qui fit cette déclaration concluante :

    « Franco ne s’est pas mal comporté, il faut le reconnaître. Malgré les pressions qu’il a subies, il n’a pas rompu les relations diplomatiques et commerciales avec nous. “Ne pas toucher Cuba” était sa phrase catégorique. Il s’est bien comporté, caramba ! »

    https://florealanar.wordpress.com/2019/01/02/franco-et-fidel-ennemis-cordiaux/


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  • 3 commentaires




    Cher Florian, j'ai le regret de t'informer que je n'ai jamais été autant en discordance avec le contenu que tu plébiscites qu'à présent, tant cette dernière sortie - qui n'est point la meilleure parmi tout ce dont tu proposes - m'apparaît comme insolite. Je concède volontiers que nous pouvions quelque fois acquiescer à un dirigeant relativement éloigné de notre chapelle, pour peu que l'on en vienne éventuellement à nous retrouver sur des positions de principe, sans exiger une rigoureuse orthodoxie quant aux standards à partir desquels nous serions susceptibles de communier, mais ici la thèse que tu suggères me dépasse tellement que je me dois d'imposer un « non-possumus » à une telle illusion d'optique aux proportions dignes de réverbérer les pires aberrations « nationales-bolcheviques » que l'on peut sporadiquement trouver sur la toile. Il est en effet fort dommageable que tu te sois laissé infuser ce tropisme idéaliste dont nourrissait Bardèche en période d'après-guerre - auteur qui a toutefois eu ses mérites, mais aucunement sur ce thème-ci où il fit fausse route - pour établir des parallèles où il n'y en avait pas, et contre lesquels tu semblais pourtant jadis un tantinet plus nuancé, ne serait-ce qu'à travers les premiers articles évoquant le fameux ouvrage susdit du concerné. Que Franco ait tissé des relations avec des chefs d'État ralliés au bloc de l'Est, n'infirme pas la nocivité de ces derniers, pas plus qu'elle nous les rend louables. Après tout, le Caudillo a commencé à mener une politique tiers-mondiste sous la Guerre Froide, et a pu, par exemple, en sus de Castro, soutenir une personnalité aussi redoutable qu'un Hô Chi Minh, et allant même jusqu'à tenir des phrases délirantes au sujet du communisme, dont Franco vantait la supériorité contre l'occidentalisme. Parmi ce qui a motivé ces alliances, figurent d'une part le sentiment antisioniste que Franco partageait avec eux (celui-ci était également un fervent soutien de la cause arabe, et noua à ce titre d'excellents rapports avec Nasser, et plus tard Saddam qui, pour le coup, peuvent réellement être qualifiés de nationaux-socialistes, au sens où l'entendaient les Allemands - que ces deux présidents admiraient), et d'autre part le fait que l'ONU ait tourné le dos à l'Espagne au point qu'elle se soit retrouvée isoler et appauvrir, de sorte que pour pallier le fléau endémique de la balance commerciale déficitaire sur lequel cela avait débouché, le Caudillo s'est tout naturellement orienté vers des États opposés à Washington avec lesquels il pouvait échanger des matières premières pour relancer ses industries. Pour rebondir sur Castro, il ne fut pas plus « nationaliste » que Staline qui passât pour tel sous réserve qu'il ait refusé l'exportation de sa révolution « socialiste » en opposition à Trotski. Les communistes ne s'accommodent, à l'image de leurs ancêtres jacobins, de l'idée de nation que pour s'affranchir des empires coloniaux afin d'instaurer dans leurs États - une fois devenus indépendants - des terreaux prolétarisés, et qui, via une exacerbation généralisée de lutte de classes, sont voués à faire sauter le verrou du « nationalisme » après que ce dernier ait servi de paravent, au profit d'un monde uniformisé. Castro, selon moi, n'avait rien d'un nationaliste, il ne possédait nul mode de pensée traditionnel (le passé - à défaut d'avoir été réhabilité - fut pourchassé avec vigueur, et le clergé catholique subit maintes persécutions drastiques sous son règne), et s'il s'en revendiquait, ce ne fût sans doute qu'au sens de « nationalitariste ». Loin de s'être distancié de l’impérialisme soviétique, il ne l'a jamais fustigé, mais a cautionné son invasion de la Tchéquie lors du Printemps de Prague, de même pour celle de l’Afghanistan, quand bien même elle fût clairement considérée comme illégitime par la plupart des nations du mouvement des non-alignés, dont Cuba faisait et fait toujours partie. Quant à sa politique intérieure, elle a suscité une inflation sans précédent, due au gaspillage et à la mauvaise gestion économique accumulés au fil des ans, au volontarisme de Castro dans la prise de décision et à l'inféodation à l’URSS, au manque d’acheteurs de produits agricoles en provenance de Cuba, à l’arrêt de l’approvisionnement généreux et abondant en combustible, à la méfiance exprimée à l’égard des créanciers internationaux en raison des défauts de paiement répétés, ainsi qu'à l’effondrement de plusieurs secteurs économiques sensibles (entre autres les services ont pratiquement cessé d’exister à ce stade). Le gouvernement castriste, face à la récession économique, a autorisé (de manière très limitée) un très petit secteur privé appelé « auto-emploi », qui était le seul capable d’exercer des fonctions de service et artisanales que l’État n’était pas en mesure d’assumer. Par la suite, face au renforcement du budget national, le travail indépendant a été radicalement limité par l’interdiction de délivrer de nouvelles licences et par des augmentations d’impôts à des niveaux insoutenables, avec lesquels, au lieu de stimuler la production, ce qui a été réalisé a été l’augmentation d’une couche parasitaire d’intermédiaires et de marchands (avec un niveau élevé d’illégalité et de corruption qui caractérise les régimes communistes) qui contrôle toujours ce secteur privé décimé de l’économie cubaine actuelle. Tout cela a entraîné une augmentation vertigineuse du proxénétisme, entre autres maux. Bref, on est à des années-lumière du miracle économique inauguré par les pays régis par l'idéal fasciste. Non, Castro n'était en aucune manière fasciste (il affublât par ailleurs de ce qualificatif quiconque désirant résister à son joug). En Amérique latine, seule la sublime figure de Juan Perón en Argentine peut être tenue pour fascisante, mais certainement pas Castro.


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    Castro, un dirigeant véreux qui, accompagné de son frère, était impliqué dans le trafic de stupéfiants : https://contactomagazine.com/narcotrafico0814.htm


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    […] Ultra-nationalisme de Castro et pan-hispanisme de Franco […]


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