• « Contre les étrangers » – Maurice Barrès



    Protection des ouvriers français

  • CONTRE LES ÉTRANGERS, ÉTUDE POUR LA PROTECTION DES OUVRIERS FRANÇAIS.

    LES DOCUMENTS de Ars magna éditions

    ÉCRITS SOCIALISTES NATIONAUX

    Maurice Barrès

    Cette étude, intitulée alors Le nationalisme implique la protection des ouvriers français, fut publiée en trois articles dans Le Figaro (mai, juin et juillet 1893). Elle fut répandue en brochures, à l’occasion des élections législatives de 1893, sous le titre Contre les Étrangers, étude pour la protection des ouvriers français, par Maurice Barres, député (Imprimerie Parisienne, 19, faubourg Saint-Denis, Paris, 1893).

    IVe de couverture :

    A partir de 1889, en France, des militants nationalistes entreprirent d’agir en étroite collaboration avec des cadres socialistes. La Cocarde, journal « socialiste national » dirigé par Maurice Barrès, incarna cette tentative de rassemblement entre des forces politiques qui semblaient à première vue opposées. Sous l’impulsion du futur académicien, ce journal se fit le porte-parole de l’opposition au monde bourgeois, au parlementarisme, à la société industrielle et il prôna le rassemblement de tout ceux qui appartenaient au « front du refus » : socialistes, antisémites de gauche, nationalistes, anciens boulangistes.

    Dans Contre les étrangers, Maurice Barrès proposa de protéger le prolétariat non seulement contre la bourgeoisie et contre l’exploitation capitaliste mais aussi contre l’immigration. A lire ce texte, plus de cent dix ans après sa rédaction, on est surpris par l’actualité de sa réflexion et par la constance des manifestations du problème.

    Quant au Programme de Nancy, Maurice Barrés, candidat à la députa-tion, tenta d’y résumer ce que devrait être une profession de foi à la fois nationale et socialiste, s’intéressant au bien être du peuple et de la nation.

    Maurice Barrès a connu notre actualité, et en mille fois moins pire ! Cela n’a cependant pas pris une ride, les raisons profondes et le bien matériel non plus. Dans la version complète notamment, on y retrouve les vocables de cosmopolites et d’internationalistes, contre le nationalisme. Il y avait « seulement » des centaines de milliers d’immigrés, et souvent intra-européens, ce qui était déjà problématique, c’est dire !

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    EXTRAITS :

    Le sentiment nationaliste – Le Parlement et les étrangers.

    Les discussions parlementaires du 4 et du 6 mai 1893, sur les « conditions du séjour des étrangers en France et sur la protection du travail national », ne semblèrent pas favorables aux nationalistes.

    Contre eux, M. Bureau eut des gestes indignés, car il considère que, par une taxe sur les ouvriers étrangers, on veut faire retomber la France dans la barbarie. M. Rouvier déclara qu’il « ne pouvait écouter la discussion sans une certaine humiliation ».

    Nombre des étrangers en France. – Ces messieurs ont de la compétence et on leur attribue de l’autorité. Mais l’Office du travail publie cette semaine une Statistique des étrangers. Et il n’y a ni éloquence, ni autorité qui aillent là contre: treize cent mille étrangers sont installés en France, ils jouissent de notre pays sans en supporter les charges, et soixante-cinq mille seulement vivent de leurs revenus, c’est-à-dire nous apportent de l’argent.

    Chiffre énorme, treize cent mille ! et qui grossit chaque année. Les ingénieux raisonnements et les indignées interruptions de MM. Bureau et Rouvier ne modifieront pas cette grave situation. Au moins nous la firent-ils voir en beau? C’est l’avantage de l’éloquence; elle ne change rien aux faits, mais elle transnationale.

    ¿orme les impressions que nous en ressentons. Eh bien ! Non. Si érudits, si bien disant, ils ne sont pas arrivés à convaincre tant d’ouvriers français (plusieurs centaines de mille), qui vivent sans travail ou avec un travail intermittent, de prendre en réjouissance cette prospérité de l’étranger en France. Ces habiles gens n’ont guère persuadé que les employeurs d’ouvriers étrangers, c’est-à-dire ceux-là même qui, avant de les lire dans L’Officiel, étaient de leur avis.

    Réponse aux internationalistes. – Et, en effet, sur l’ensemble de la question, imagineriez-vous les deux arguments, de couloir et de tribune, des « internationalistes » ? M. Turrel commence ainsi son rapport: « – Messieurs, la France est par excellence une nation accueillante et hospitalière. Elle doit, elle veut, le rester.. Nous n’entendons pas, et nous tenons à le déclarer, faire quoi que ce soit qui puisse porter atteinte au bon renom de notre pays ou laisser croire que nous avons oublié les grands principes de la Révolution. »

    Hospitalité, grands principes ! C’est toute la philosophie des concours agricoles, comme c’en est l’éloquence.

    Quel lecteur devant cette argumentation ne s’écrie: « Ah ! Nous ne fûmes que trop hospitaliers! » Et mille petits faits se présentent à notre esprit: les charlatans cosmopolites du genre Cornelius Herz et Reinach, qui encombrent Paris; les vingt mille étrangers condamnés chaque année par nos tribunaux; l’Œuvre de l’hospitalité de nuit recueillant dix mille étrangers à Paris, tandis que tant de malheureux, nos compatriotes, demeurent sur le trottoir faute de lits.

    Certes la France hospitalière, c’est un beau mot, mais hospitalisons d’abord les nôtres. (…)

    Pourquoi les étrangers viennent-ils en France ? – (…)

    Ils aiment la France pour deux raisons : n’y payant pas l’impôt militaire et trouvant là plus de bien-être, un salaire meilleur, qu’en leurs patries. Pour ces mêmes raisons, tels de nos industriels, de nos commerçants emploient de préférence ces étrangers: « Que voulez-vous ? les ouvriers travaillent à prix réduits. Payés moins cher que des Français, ils sont encore plus satisfaits! »

    Visitons en effet dans le Nord, dans l’Est, une de ces équipes belges appelées par nos grands industriels. Les hommes ont laissé leurs femmes au pays et vivent pêle-mêle, sous un vaste hangar, de pommes de terre cuites par l’un d’eux. Nos Français, avec leurs familles, leur modeste besoin de confort, périraient là.

    Il est odieux, le premier patron qui recourut à ces bandes d’esclaves, mais le second, qui ne l’excuserait ? Quand son concurrent par de tels procédés, abaisse les prix de revient, peut-il soutenir la concurrence? Lui aussi se tourne vers l’Italie, la Belgique. Et si l’ouvrier français ne veut pas redescendre à cette vie inférieure, sans confort, sans hygiène, pour lui plus de travail. (…)

    Quels sont-ils donc les industriels qui réclament cet internationalisme ? Mais vous les connaissez. Ce sont eux qui, hier, invoquaient la solidarité patriotique pour qu’on protégeât le mouton national, le drap national, contre la concurrence étrangère.

    Gauthier de Clagny l’a rappelé : M. Méline, pour faire voter ses droits protecteurs, indiquait qu’ensuite on protégerait nos nationaux. Pourquoi, à l’égard des ouvriers, qui n’ont ni moutons, ni drap, ni blé à vendre, qui n’ont que le travail de leurs bras, la solidarité patriotique ferait-elle défaut ?

    Ainsi certains industriels maudissent la concurrence étrangère quand elle doit les forcer à baisser leurs prix de vente, mais l’encouragent lorsqu’elle doit faire baisser leurs prix de revient au détriment des ouvriers !

    Seuls les économistes libéraux orthodoxes et les socialistes collectivistes ont le droit de ne se point choquer de cette invasion des étrangers en France. Ils sont partisans de la liberté des échanges. (…) Economistes orthodoxes et socialistes collectivistes se rencontrent dans la même idée internationale : « La planète est un atelier », dit M. Léon Say, approuvé par M. Guesde. Ces deux personnages suppriment en économie sociale l’idée de patrie. « Où je gagnerai le plus d’argent et où ma vie sera le plus confortable, là j’établirai ma patrie. » S’ils se séparent c’est que M. Léon Say livre la planète à la libre concurrence des hommes, tandis que M. Guesde veut y régler leur travail. D’ailleurs tous les coins de la planète ont les mêmes droits à leur sympathie. (…)

    Allons jusqu’au bout. L’idée de patrie implique une inégalité, mais au détriment des étrangers, et non, comme aujourd’hui, au détriment des nationaux. (…)

    Continuellement, dans les villes du Midi, Marseille, Toulon, Cannes, Nice, les murs sont couverts d’affiches en langue italienne réclamant les ouvriers italiens pour les travaux des forts. Dans nos Vosges, dans le Nord, même situation. (…)

    C’est notre disparition : comment en être pour les assimiler ? C’est tout au moins notre ruine. Selon le mot excellent de Pierre Richard, voulez-vous que la France devienne « le pâturage de l’Europe »?

    « Si nos ancêtres de la grande époque assistaient à la discussion des lois de protection pour la main-d’œuvre nationale, ils se demanderaient ce que sont devenus leurs principes et leurs idées ! »

    Ainsi parle M. Rouvier et avec lui M. Burdeau, M. Turrel. Désireux de discréditer les mesures de protection que nous réclamons, ils s’efforcent d’établir une opposition entre le principe des nationalistes et le principe de la Révolution.

    C’est une habileté de tribune.

    Intelligence d’expédients, nullement capable de se mouvoir parmi les idées générales (…)

    L’évolution se fait, le long des siècles, vers le nationalisme, et la Révolution, bien qu’elle ne se soit pas prononcée directement sur le problème, eut pour conséquence nécessaire de violents mouvements nationalistes.

    En examinant l’histoire, on voit, à mesure qu’on s’approche de notre époque, les nations en train de se former, et rien n’y contribua plus que la Révolution.

    Il faut insister. La question n’est pas chose oiseuse ni divertissement de pédant. (…)

    L’empire romain était cosmopolite. Le Moyen Age, dominé par la Papauté et par l’Empire, le fut également. Les unités nationales demeuraient mal ébauchées dans l’idée très forte de chrétienté. C’est au XVème siècle qu’elles se constituèrent sous la forme monarchique. Vinrent la philosophie et la Révolution française dont le rôle fut d’asseoir la société sur le droit naturel, c’est-à-dire sur la logique. Ces philosophes et ces légistes déclarèrent que tous les hommes étaient les mêmes partout, qu’ils avaient des droits en tant qu’hommes; d’où la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

    C’est en cela, mais en cela seulement, que la Révolution fut cosmopolite. (…)

    La Révolution française a simplement dit que les Droits de l’Homme et du Citoyen étaient les mêmes partout, parce que ce sont des droits qui tiennent à la qualité d’homme, mais il ne s’ensuit aucune conséquence sur la manière dont l’humanité s’organisera.

    Invitée à s’organiser, l’Europe s’est groupée selon le principe des nationalités.

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    Document rattaché à la fin (avec deux extraits de découverte sur notre site) :

    LE PROGRAMME DE NANCY : NATIONALISME, PROTECTIONNISME, SOCIALISME

    L’ouvrier vieilli n’a pas de quoi manger. Même valide, il est exposé au chômage.

    Les salaires sont avilis par la concurrence de l’étranger.

    Le machinisme l’entasse dans des usines, assujetti à une discipline militaire, à l’arbitraire du patron. Dans nos régions, certaines organisations d’économat le réduisent à un véritable servage.

    Il ne peut s’en aller. D’abord, on n’emporte pas sa terre natale à la semelle de ses souliers et, pour beaucoup, c’est un crève-cœur de s’exiler. Ensuite, au point de vue matériel, s’il part, comme il n’a rien pu économiser, sa famille et lui risquent de mourir de faim. – Où d’ailleurs se placerait-il ?

    Insécurité pour le petit commerçant. – Le petit commerçant est dans la même insécurité économique que l’ouvrier. Ils sont solidaires. En effet, c’est le petit travailleur, ouvrier et employé, qui fait vivre le petit commerçant, car la bourgeoisie va aux grands magasins. (…)

    Contre le naturalisé, qui prétend jouer un rôle politique et à qui nous ne laisserons que des droits prives, réservant les droits politiques à ses descendants. C’est la meilleure façon d’atteindre le juif, dont il faut que par ailleurs le pouvoir exécutif restreigne l’invasion dans les fonctions d’État.


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  • 1 commentaire




    À bas l'actuelle République et ses métèques (juifs en tête) !


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