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Publié le par Florian Rouanet
Pourfendeur du monde moderne, hostile au féminisme 2.0 indifférentiste et en particulier au dit politiquement correct. Un penseur sans militantisme, parfois encore débattu, on peut trouver un intérêt à se pencher sur son œuvre par rapport à son opposition au moralisme républicain, démocratique, laïc et matérialiste.
Encore un homme plutôt issu de la gauche, si raffiné, qu’il paraît coller plus aux standards de « droite ». Mais cette ligne de démarcation des eaux devient assez désuète de nos jours, il est vrai… Il nous faut l’unité d’une composante socialiste et nationale, au delà des clivages construits et utilisés jusqu’à l’abus en bonne partie par le Système pour régner sur un ensemble de divisions.
Situationnisme ?
Philippe Muray n’était pas un situationniste. Bien que Muray ait abordé des thèmes similaires à ceux des situationnistes dans ses écrits, il avait sa propre perspective distincte et ne s’identifiait pas au mouvement situationniste. Les situationnistes étaient un groupe d’artistes, d’intellectuels et d’activistes actifs principalement en France dans les années 1950 et 1960. Ils cherchaient à critiquer et à subvertir la société capitaliste et consumériste à travers diverses interventions artistiques et politiques.
En 1983, Philippe Muray enseigne pour quelques mois à l’université de Stanford. Cet écrivain, auteur de plusieurs essais dont l’un consacré à Céline, découvre lors de ce séjour aux Etats-Unis, ce que l’on allait appeler le « politiquement correct ». Cette recherche obsessionnel du Bien et du progrès, la ruée vers la fin de toutes les différences (entre les sexes, entre le père et la mère, l’intime et le public), lui semble alors un mouvement de fond dangereux, qu’il voit se propager à la France dans les années 1980. Partant de ce constat, Philippe Muray écrit L’Empire du Bien en 1991, dans lequel il démonte l’époque, ses personnages et leurs mœurs. Il poursuivra cette analyse critique jusqu’à sa mort, dans des articles et dans des livres. En 2002, il nomme La Grande Quinzaine cet entre-deux-tours qui oppose Chirac à Le Pen, pendant laquelle, selon lui, un élan de bonne conscience tient lieu de politique.
Émission diffusée sur France Culture le 19.06.2011.
https://youtu.be/L1Tl4SxOLiw?si=91C2scAwqa3jLGup

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