• Théories de Philippe Baillet chez Conversano



    Une contribution politique radicale

  • Philippe Baillet est un auteur intéressant, assez pince-sans-rire, il est humainement difficile ce qui lui donne un côté Plonplon dénonçant « nos milieux », mais même dans ses règlements de compte – il tire à boulet rouge sur tout ce qui dépasse de la dissidence à la droite identitaire -, on peut y trouver un intérêt : cela démontre dégénérescence du milieu. Les plus insupportables de la liste étant les « ministres » dont l’agenda est vide.

    Notre auteur dit hélas juste à propos de l’éclosion d’un fascisme français qui n’a été quasiment que littéraire et intellectuelle, au-delà de certaines structures, notamment par la prise de l’espace militant par l’Action française et les Croix de feu. Il est tout aussi juste encore, d’affirmer que dans le NS allemand, le racialisme prime et le combat anti-judaique n’en est qu’une des multiples conséquences.

    Le degré d’engagement et la culture moyenne baissent, tandis que le niveau de vie augmente, et se diffuse dans les masses – bien qu’il soit mis de plus en plus à mal -, et nous sommes à ce jour, à peu près tous des « petits-bourgeois » des villes, même sans percevoir un gros salaire.

    Le temps de paix et le niveau social demeurent trop élevés encore pour obtenir une prise de conscience vitaliste plus poussée et généralisée. Et si la gauche confisque le sujet socialo-économique, il n’en est pas moins réel.

    Baillet a un bon discours sur la réalité naturelle, le préjugé guidant immédiatement une défense immunitaire du groupe avant toute réflexion, car le cas personnel passe dans une civilisation après la survie du groupe.Il abat le délire complot, car un complot ne part pas d’un tabula rasa, on ne peut que manier à partir de ce qui existe déjà, qu’à partir de forces en présence. Aussi, il croit, et la théorie se défend, à la théorie du nationalisme blanc, dans le sens où les États sont perdues, et un pessimisme clairvoyant ferait se replier le « salut » sur les couches populaires restées enracinées et disséminées sur les territoires.

    La théorie de son autre « tiers-mondisme », qui n’est pas forcément de droite, ni marxiste, n’est pas l’idée de sauver une classe de prolétaire à échelle mondiale, mais des internationalismes en faveur de l’identité des peuples. On assiste y compris dans notre bord, à la politisation du délire mystique de René Guénon, la volonté d’un 3e Reich sous le soleil d’Allah, d’évoquer Khadafi comme le templier d’Allah, etc. Cela permet aux simples d’esprit – contre les doctes – d’accéder à une certaine documentation et d’influencer les masses contre l’idée d’une bonne aristocratie.


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  • 6 commentaires




    Claudio Mutti est un exemple caricatural de ces néo-païens cosmopolites illuminés qui, justifiant le fait d'avoir souillé son sang sur la base des chimères évoliennes lui enseignant que l'identité raciale s'actualiserait dans les esprits, doit tout au moins être identifié comme le parangon de l'introduction des pires conceptions œcuménistes délirantes dont l'actuelle synthèse semble résider dans le cas d'Égalité & Réconciliation, où l'on se retrouve alors exposé face à un sous-marxisme rustique, empreint d'un complotisme de type new-age à la faveur du développement exponentiel de la foire aux illuminés, mêlant le soutien aux États du BRIC considérés comme « dissidents », l'idée d'un « front de la foi » aux côtés d'immigrés arabo-musulmans sur la base d'un antisionisme fantasmé ou du rejet d'un Occident décadent, et une inclinaison vers l'orientalisme, toujours portée vers le monde slave, ou encore l'islam, tant par exotisme que pour des raisons ésotériques. Ce mode de pensée, qui fait écho à son corollaire Alain de Benoist en France, a été d'abord propagé par Douguine, qui lui-même l'a puisé de travaux d'influenceurs secondaires de la révolution conservatrice comme E. Niekisch, ennemi d'Hitler qu'il détestait pour son catholicisme, et dont les disciples apparentés à l'aile gauche furent évincés sous la Nuit des Longs Couteaux. Cependant, d'autres tenants du « national-bolchevisme » du même calibre, très paganisants d'ailleurs, comme Johann von Leers, ont pu continuer à exercer des fonctions importantes au sein du régime hitlérien, rivalisant intérieurement plus ou moins contre ce dernier en ce sens qu'ils représentaient la frange favorable à une alliance avec l'URSS et solidaire à la cause des peuples opprimés, en opposition à thalassocratie britannique ; et ils iront même jusqu'à embrasser l'islam après la défaite de l'Axe (en particulier lorsqu'ils trouvèrent refuge au Proche-Orient, pour fuir les « Alliés »). Par la suite, du fait de leur russophilie et de leur anti-occidentalisme, leur œuvre sera rapidement remise au goût du jour pour la postérité par Douguine avant qu'il en vienne gravement, à son tour, à inspirer toute la nouvelle droite, et par son intermédiaire, en diffuser l'esprit dans nos rangs, avec des personnalités de premier plan comme Bouchet et Soral.


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    Cela étant, je pense que le sieur Baillet se méprend lourdement lorsqu'il dénie auprès de certains dirigeants ou mouvements du Tiers-Monde leur appartenance au fascisme, rendue pourtant formelle en bien des aspects, sous prétexte de leur caractère extra-européen. C'est qu'il ne semble pas avoir saisi la portée de cette doctrine en tant que phénomène non-spatial et intemporel. S'il est effectivement aberrant d'inscrire dans ce registre le castrisme ainsi que Bardèche se plaisait à le faire, je demeure néanmoins persuadé que le perronisme et le nassérisme souscrivent nettement à la définition même du fascisme : Tous deux aspiraient à la tentative de combiner un nationalisme révolutionnaire et un socialisme non-marxiste, avec une vision romantique, mythopoétique et élitiste, un désir de créer un « homme nouveau » et de restaurer la grandeur passée, sous l'impulsion charismatique d'un chef unique autour d'un parti autoritaire centralisé divisé en deux factions. D'ailleurs leurs références furent largement empruntées à l'Allemagne nationale-socialiste. Le baathisme de Saddam Hussein rentre également dans ce cadre.


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    Camarade, Je soutiens votre propos, en effet, il y a exagération de Baillet contre l’exagération de Bardèche. Merel gagne ici un point ! Salutations, F.R.


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    Florian, pensez-vous que Kadhafi était un dirigeant fasciste?


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    Il ne l’était pas directement, mais tout élément nationaliste et vitaliste est fasciste, alors il en était pour une part sûrement ! Reste à définir le périmètre, cependant je m’y connais assez mal en la matière !


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    Kadhafi a quelque fois critiqué Mussolini et Hitler dans ses discours, et fondé en 1982 la Mathaba, un « centre de résistance » contre l'impérialisme, le sionisme, le racisme, la réaction et le fascisme, en assimilant ce dernier à une forme d'oppression, parce qu'il avait manifestement mal digéré la colonisation italienne, ignorant tout de son corpus doctrinal et de ses réformes sociales. Cependant sa « troisième théorie universelle » (formule empruntée au tyran communiste Mao) portait pour le moins des caractéristiques propres au fascisme (je songe tout particulièrement à sa conception organique présentée dans son « Livre vert »), et ce sans qu'il n'en eût conscience le moins du monde. Cette influence, que l'on pourrait imputer à des éclairs indirectement fascisants, était bien-sûr uniquement due au nassérisme ancré dans sa pensée, mais à cette différence près que Kadhafi avait entièrement fondé son « socialisme populaire » sur le facteur religieux. Cela le conduit à fermer les églises (et pas seulement celles installées par la République Sociale Italienne, mais bien des chapelles remontant au Siège d'Alexandrie à l'époque du concile de Nicée), à imposer le mahométanisme du haut de la pyramide à la plus petite commune, et même jusqu'à financer la construction de mosquées sur le sol européen, en contraste totale avec les principes laïques (au sens non-occidentaliste et anti-athée du terme) prêchés par les panarabistes Nasser, puis Saddam, qui, eux, abolirent la charia, rétablirent les droits des chrétiens au sein de leurs territoires, accordèrent d'abondantes subventions aux clergés copte et chaldéen, et refusèrent l'ingérence religieuse à travers les autres nations, considérant l'islam comme une religion exclusivement adaptée aux Arabes, et envisageant la « Oumma » sous le même prisme tel que les NS allemands se représentaient le Volkstum. Cet engouement coranique permit également à Kadhafi de pencher en faveur du pédophile Khomeini, faisant de la Lybie l'un des seuls États arabes (avec la Syrie du traître franc-maçon et agent de l'URSS, Hafez el-Assad) à avoir soutenu la théocratie iranienne (mise en place par les forces judéo-occidentales qui renversèrent le Shah lorsqu'il commença progressivement à s'extraire de leur sillage) dans sa guerre, visant à exporter la subversion islamiste dans tout le Proche-Orient, contre l'Irak baathiste, seul bastion du fascisme arabe, véritable et redoutable rempart face au takfirisme ambiant. Les baathistes furent également réprimés sous le règne de Kadhafi. Par ailleurs, son socialisme était utopique, méconnaissait souvent l'entreprise privée, s'efforçait de n'être rien d'autre qu'une caricature excentrique de guévarisme (en version non-marxiste) qui se voulait la locomotive d'un idéal voué à révolutionner l'Afrique, et se basait sur une démocratie directe où les décisions, loin du principe personnel centré sur la responsabilité du chef, furent discutées dans des comités populaires. Contrairement à Nasser et Saddam, la doctrine de Kadhafi ne relevait pas du fascisme proprement dit, mais plutôt d'une tentative parodique de troisième position, ou tout au plus d'un « national-islamisme » (même si cela ne l'exemptera pas toutefois de s'opposer aux salafistes dont il deviendra victime à cause de son « modernisme » sur nombre de questions théologiques). Je reconnais néanmoins qu'en son temps, il fît infiniment plus bon-vivre en Lybie que de nos jours, et qu'à ce titre, certaines de ses mesures de redistribution agraire furent bénéfiques, mais sa politique négrophile fut en revanche délétère pour les Lybiens de souche. Aussi, bien qu'ennemi de l'Europe (contre laquelle il fut tellement animé de ressentiment qu'il sponsorisa diverses organisations indépendantistes clandestines d'obédience marxiste excellant dans les activités de sabotage), il n'en restait pas moins au plan géopolitique un obstacle majeur au processus de remplacement qu'elle traverse désormais, car souhaitant endiguer la submersion migratoire, il était alors le dernier verrou que l'hyper-classe juive dut faire sauter en vue de la réalisation du plan Kalergi.


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