• Abbé Perrot, un prêtre martyrisé par la Résistance Rouge, Jacynthe B.



    Dieu, Bretagne et guerres mondiales

  • Voici une petite synthèse exceptionnelle et attractive – qui nous transporte – sur la vie et les idées (provincialistes) de notre abbé du jour – accompagnée d’une liste de ses citations représentatives pour conclure.

    Le père vécut la fin de sa vie en contexte pétainiste, après que la France ait subit un siècle et demi de laïcisme dur et larvé, et il a été in fine accusé de collaboration pour fort peu, vous allez le découvrir !

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    SYNTHÈSE – L’ABBÉ PERROT – DIEU ET BRETAGNE
    Un prêtre martyrisé par la Résistance Rouge

    C’est une figure méconnue que « l’abbé Yann-Vari Perrot », fervent défenseur de la Bretagne catholique dont la mémoire a été honteusement salie par les Rouges responsables de sa mort. Une biographie écrite par le fils de son fidèle secrétaire, Herry Caouissin a été publiée récemment aux éditions Via Romana.

    Le ton peut surprendre pour une biographie, puisque l’auteur a choisi de l’écrire à la première personne du singulier, s’identifiant avec le prêtre qui marqua sa jeunesse. Certains déploreront ce choix qui pousse à interpréter les sentiments de l’auteur comme ceux de l’abbé Jean-Marie Perrot, toutefois le ton très sobre de l’ouvrage et le nombre impressionnant de citations authentiques viennent calmer les puristes. La fin du livre recèle une foule d’anecdotes et de citations sur sa vie qui fut sainte et belle.

    Je voudrais donner ici un aperçu bibliographique de la vie de ce prêtre, sans évidemment donner tous les détails que vous retrouverez dans le livre.
    L’abbé Perrot naquit en 1877, dernier d’une famille de 6 enfants, il perdit sa mère à l’âge de 8 mois. Fasciné par la beauté de la liturgie catholique, par la culture et la langue bretonne ; devenu prêtre, il s’attacha à embellir l’une, à défendre les autres.

    Son zèle pour la Sainte Religion l’amenait aussi à défendre les racines et les traditions de sa Patrie charnelle bretonne contre le gouvernement athée français qui s’ingéniait à déraciner la Foi et la culture dans toutes ses provinces (jacobinisme oblige !). Il fut un ardent combattant de la cause bretonne.

    Directeur de la revue Feiz ha Breiz (Foi et Bretagne), il fut le fondateur du Bleun-Brug (Fleur de bruyère), grande fête et congrès pour la défense de la Bretagne chrétienne et culturelle, qui se voulait au-dessus de tout parti politique.

    Mobilisé durant la Grande Guerre, il y gagna la Croix, la médaille interalliée de la Victoire et une citation à l’ordre du jour :

    « Ordre n°64 du 22 juillet 1918 ; s’est présenté comme volontaire pour évacuer sur une brouette un blessé urgent sur une route très violemment battue par l’artillerie et malgré les gaz toxiques. A réussi à accomplir la mission dont il était chargé. »

    Face aux nombreuses accusations de « manque de patriotisme » envers la France, la Grande Patrie, il lui suffisait de montrer ses états de service qui en remontraient à plus d’un vantard.

    Il s’opposa aux nationalistes bretons adeptes d’un « néo-paganisme celtique » à qui il reprochait sans cesse de vouloir priver la Bretagne de ce qui était son âme depuis un millénaire, Dieu, la Vierge, les Saints, sa Foi chrétienne, et sans laquelle elle ne pourrait jamais se relever. Célestin Lainé, un des principaux leaders nationalistes bretons néo-païens l’admirait beaucoup, et l’abbé Perrot ne cessait de lui répéter qu’il mènerait la Bretagne à sa perte s’il la coupait de la Foi chrétienne. À la mort du prêtre, Lainé fit le serment de le venger, et il tint parole.

    Véritable pasteur d’âmes, l’abbé Perrot s’ingéniait à ramener ses ouailles à la foi. Son presbytère était ouvert à tous et nombre de pauvres y reçurent l’asile. Nommé fin novembre 1930 recteur de la paroisse de Scrignac dans les Monts d’Arrée (terre Rouge communiste que l’on nommait à l’époque la « petite Russie bretonne »), il trouva une paroisse dans un état déplorable. Aucun homme ne fréquentait l’église, les chapelles tombaient en ruine. Les stigmates de la Révolution étaient toujours visibles dans les cœurs et sur les chapelles. L’abbé Perrot en restaura plusieurs, et reconstruisit en particulier la chapelle de Notre-Dame de Koad-Kéo, ancien lieu de pèlerinage.

    Il lança en 1942 au Bleun-Brug de Tréguiers, l’association « Chapelioù Breiz » (Chapelles de Bretagne) pour la sauvegarde du patrimoine breton catholique. Rendre ces sanctuaires à Dieu, à la Vierge, aux Saints.

    Il voulut aussi recréer des statues de saints pour repeupler les niches vidées à la Révolution, et se heurta au veto des Monuments Historiques qui sous prétexte de rigueur “historique”, ne voulaient pas redonner leur utilité à ces emplacements vides. Malheureusement avec la Seconde Guerre Mondiale, son projet n’aboutit pas.

    Celle-ci, avec la montée en puissance des Rouges et la déclaration de guerre de l’Allemagne à l’URSS, réduisit quasiment à néant tous ses efforts. La haine était dans les cœurs, et chacun de ses gestes était prétexte à des calomnies, calomnies auprès de son évêque, Mgr Duparc, qui malgré quelques divergences entre deux caractères forts, l’admirait beaucoup, calomnies des communistes acharnés qui ne pardonnaient pas à l’abbé Perrot d’avoir ramené à la foi nombre des leurs.

    Les Allemands s’étant installés dans son presbytère, les calomnies s’enchaînèrent. Était-ce la faute de Monsieur le Recteur si le plus ardent fidèle de son église était un jeune officier des Forces d’occupation ? Un jeune Allemand était plus catholique que toute sa paroisse réunie, et il semblait à l’abbé Perrot voir dans cet homme la figure du Centurion de l’Évangile, que Jésus-Christ aima et qui lui aussi, était des Forces d’occupation.

    Ladite Résistance signa donc son arrêt de mort.

    « Je voudrais mourir en méditant mon chapelet, ou sur le chemin en accomplissant mon devoir de prêtre, comme Klaoda Jégou, le dernier recteur de Koad-Kéo, et non dans mon lit !… Un combattant doit mourir sur le champ de bataille. »

    Et comme son prédécesseur 150 ans plus tôt, assassiné par les révolutionnaires, l’abbé Perrot fut assassiné par les descendants rouges des mêmes révolutionnaires dans la descente de Lannizon, à trois kilomètres du bourg de Scrignac sur la route de Toul-ar-Groaz, revenant de sa messe dans sa chapelle de St-Corentin. Abattu d’une balle dans la tête vers midi alors qu’il disait son chapelet en compagnie de son petit enfant de choeur, il agonisa trois heures sur le chemin, soutenu par sa fidèle servante, sans qu’aucun de ses paroissiens prévenus n’eusse le courage de faire affréter une charrette pour l’emmener au bourg… ce sont les Allemands qui le ramèneront et protégeront sa cérémonie funéraire.

    Il avait 66 ans, il était malade, « comme saint Yves, il se dépouillait de tout », disait madame Caouissin qui le soigna de sa phlébite. C’était un dimanche, le 12 décembre 1943. Jean Thépaut fut l’exécuteur des basses œuvres, et les FTP (Franc-Tireurs Partisans) revendiquèrent sans vergogne le crime comme une gloire patriotique.

    Le commandant allemand confiera qu’il vit dans cette scène surréaliste, sur les lieux de l’assassinat, un reflet de la Pieta de Michel-Ange. Eux, les Allemands occupant le presbytère, avaient un immense respect pour ce prêtre que venait d’assassiner l’abjecte Résistance.

    « Les maquisards ont promis d’abattre tous ceux qui suivront le cercueil ».

    Mgr Duparc, à 86 ans, tint à présider lui-même les obsèques de son recteur.

    « Lui au moins avait un idéal, ce n’est pas comme certains curés qui ne pensent qu’à jouer aux dominos (sic) ».

    Très peu de paroissiens y assisteront, toujours la même engeance rouge ayant promis d’incendier des fermes et de tuer le bétail des téméraires qui oseraient.

    Néanmoins, le maire de Scrignac et son conseil municipal sont présents. L’église est comble. Plus de 60 prêtres, des moines, des représentants de toute l’élite bretonne. Des délégations des paroisses alentour… Les Allemands encadreront le cercueil, inquiets par le déploiement d’un drapeau rouge communiste sur la place.

    Ainsi partit l’un des défenseurs les plus courageux de sa Bretagne, un prêtre ardent, érudit. Dans le milieu breton de l’époque, ce fut une onde de choc. Plus de trente complaintes bretonnes furent écrites en son hommage, toutes restées inconnues aujourd’hui.

    À noter qu’en 2018, les très courageux descendants des FTP pousseront le sacrilège jusqu’à profaner la tombe de l’abbé Perrot ainsi que la chapelle de Notre-Dame de Koad-Kéo. La plainte sera classée sans suite.

    Livre Vie de l´abbé Yann-Vari Perrot « JAI TANT PLEURÉ SUR LA BRETAGNE » aux éditions Via Romana

    Jacynthe.

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    Quelques citations extraites des écrits de l’abbé Perrot :

    « Mettons nos pieds dans les pas de nos Pères et surtout, mettons nos cœurs et nos esprits dans le sillage de leurs cœurs et de leurs esprits : de cette manière, et de cette manière seulement nous améliorerons chaque chose en Bretagne sous le soleil béni de Dieu ».

    « La foi a un besoin intime de se nourrir de beauté, car seule la beauté mène au sacré et le sacré élève l’âme vers Dieu. Nos ancêtres, en composant nos merveilleux cantiques, en bâtissant nos cathédrales, nos chapelles, nos enclos paroissiaux, avaient bien compris cette nécessité. Non ! Ne me dites pas que nous ne serions plus capables de comprendre cela ! »

    « La médiocrité, la laideur ne peuvent avoir leur place dans nos fêtes, qu’elles soient profanes ou religieuses ».

    « La famille est semblable à une petite paroisse, dont les parents sont les desservants. Et c’est cette petite paroisse familiale qui forme la grande paroisse, qui avec toutes les autres forment la Bretagne chrétienne ».

    « Paris reproche aux familles paysannes bretonnes de faire trop d’enfants ! Nous, nous pensons qu’il n’y a jamais trop d’enfants dans une famille, car ils sont l’avenir de notre patrie. »

    « Est-il un crime plus grand que de dresser un peuple à ne pas croire en Dieu, à ne pas croire en la patrie ? ».

    « Ne vous laissez pas séduire par les influences étrangères sans savoir d’abord ce que vous leur opposerez de votre propre culture, car si vous les invitez chez vous sans leur imposer des règles de respect, elles ne tarderont pas à chasser vos traditions les plus vénérables pour imposer les leurs ; c’est ce que fait aujourd’hui la France en Bretagne, c’est ce que feront demain ces cultures étrangères en France, puis chez nous. Alors, nous aurons tout perdu. »

    « Nous pensions en avoir fini avec la Révolution française ! (…) Non ! C’est une erreur absolue ! Soyons lucides : (…) Ses idéologues thuriféraires n’ont jamais désarmé, n’ont jamais abandonné leur rêve ultime, détruire le christianisme en France, et par contamination, dans toute l’Europe. »

    « C’est à nous, Bretons, si nous ne voulons pas disparaître, qu’incombe la défense de notre personnalité bretonne comme incombe aux Français la défense de leur personnalité française. »


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