• Ultime assaut, Hilda Lefort



    Poème viril d’esprit

  • Grandiose ! Époustouflant ! C’est un véritable chef-d’oeuvre dont nous régale Hilda, nous en tombons des nues. Il s’agit d’un poème littéraire rédigé en alexandrin dans sa quasi totalité. C’est une production belle et radicale à tenir en haute estime, ne serait-ce que parce que la poésie est le style sacré, intime, noble par excellence, et qu’il est supérieur à la prose. Les Romains et les Grecs en avaient bien conscience.

    PS. Hilda reprend un prénom d’origine germanique. Et Lefort fait allusion à sa signification. Le tout est l’anagramme taquin d’un petit caporal, dont on appréciera la consonance. 😉

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    Ultime assaut

    Un à un tombent nos valeureux bastions.
    On outrage nos bannières, nos écussons.
    Un à un s’effondrent nos forts et nos donjons…

    On a vendu nos terres à des étrangers,
    Et nos fières murailles sont désagrégées,
    Nos lois profanées, violées et abrogées…
    L’ordre d’antan s’éteint, par le chaos rongé.

    On abreuve nos enfants au fiel, au poison,
    On asservit l’antique honneur de nos blasons,
    Déshonore le digne sang de nos maisons,
    Et nos princes sont jetés au fond des prisons.

    Les valeurs en exil errent sans palladium…
    Où trouver encore des chevaliers, des hommes,
    Insermentés aux lois de Sion et Sodome,
    Lorsque le monde entier semble un Capharnaüm ?

    Aux mains cruelles des mutins décérébrés,
    Peut-être les navires doivent-ils sombrer…
    Peut-être doivent-ils tous fendre et chavirer,
    Même les grands vaisseaux de Rome et des croisés.

    En proie au vent sur des canots de sauvetage,
    Ceux qui sont restés fidèles à leur héritage
    Contemplent en pleurs le triomphe de l’esclavage,
    La chute d’Alexandrie, le sac et le carnage.

    L’époque des caravelles s’est envolée,
    Les grandes cités demeurent inconsolées…
    Leurs armadas sur l’océan sont dispersées,
    Leurs cavaleries et leurs tours sont renversées.

    On ne vogue plus sous des drapeaux et des idées,
    On ne vit plus pour un royaume… Tout est vidé.

    Pour apercevoir une étoile au teint blafard
    Il faut chercher des heures sous d’épais brouillards…
    Certains se disent : « S’il n’y avait pas de phare ?
    Si c’était faux, si nous voguions tous au hasard ? »

    Mais il est là, au bout de la mer, c’est certain…
    Alors resterons-nous en retrait, l’air éteint ?
    Resterons-nous assis tremblants et incertains ?
    Ou irons-nous affronter notre âpre destin ?

    Qu’attendons-nous? Aux armes ! La bataille est là :
    Offrons-nous, nos épées, notre sang, et nos bras.
    Qu’importe la mort, allons-nous battre en soldats,
    Qu’importe la défaite, marchons au combat !

    Que l’ennemi tremble sous notre ultime assaut,
    Sous nos cris de guerre et le pas de nos chevaux.
    Que les fils des preux chargent encore au galop,
    Qu’une dernière fois, ils s’élancent en héros…

    H. Lefort

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    […] (avec maturité et bienveillance). Il y a eu entre autres Estelle, Thaïs, Cassandre, Isabel, Hilda, Pauline, Jacynthe, […]


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