-
Publié le par Florian Rouanet
Ne craignez pas
Vous avez échoué. Votre monde s’effondre.
Et la Bête s’en vient régner dans la pénombre.
Que pouvaient nos hommes contre tant de laideur,
Tant de sournoiserie, de vice et d’horreur ?
Le combat est perdu, vain et dur. Je l’entends.
Je le vois. Je le sais. La terre est à Satan.
La Bête fera guerre aux saints et les vaincra.
De leur sang héroïque elle s’enivrera.
Mais depuis quand, amis, nous battons-nous pour vaincre ?
Il nous faudra tomber tous, comme à Saint Jean d’Acre.
J’entends vos murmures, je sais toutes nos peurs,
Tous nos doutes, je vous entends, je sais vos cœurs.
Où avez-vous placé votre espoir mes amis ?
Ne saviez-vous donc pas que tout était écrit ?
Dieu donna le glaive pour combattre sur terre,
Mais la victoire : non, il ne la promit guère.
Qu’importe le mal, et qu’importe la défaite :
Qu’elle soit notre gloire et notre jour de fête :
Nous entrons dans l’arène : chantons donc mes frères !
Les lions attendent, et la douleur, et les fers.
Ne fuyons pas.
Le soir est là.
Ne dites pas : tout est perdu, abandonnons
Quittons la tranchée, cachons nous et survivons !
Non : il n’est pas temps de fuir mais de s’élancer,
Il est temps d’être grand et de se redresser !
Amis ne partez pas ! Le pays vous appelle :
La nation est en ceux qui se battront pour elle.
Ne partez pas ! Il est tard, mais la vie s’avance,
La victoire éternelle viendra : espérance !
Allons au bout, et jusqu’à la fin, combattons,
Courons, perdons tout, soyons défaits et mourons !
Notre honneur sera d’avoir lutté sans faillir,
De ne pas avoir abandonné le navire.
Et Dieu viendra.
Et Dieu vaincra.
Ne craignez pas !
H. Lefort


Réagissez à cet article !