• Les coqs à queue de paon, Hilda Lefort



    Contre l’imposture Zemmour et le camp national-sioniste

  • Nous vous présentons un deuxième texte d’Hilda Lefort (le premier était sur la France), car c’est pour nous une véritable félicité de découvrir son œuvre : nous nous sentons en véritable communion de pensée avec celle-ci. En particulier, ce texte poétique se trouve être une critique acerbe du camp national, canal tiédeur et eau frelatée. J’ose y repérer un éloge discret des sociétés patriarcales. La plume, les idées, la culture et la maturité d’esprit de cette jeune poétesse doivent nous transporter. La forme assez litanique, répétitive, est plaisante par ailleurs

    En effet, il est surprenant de tenir de telles inquiétudes, de telles réflexions et une telle langue à son âge. Et comme le rôle des aînés dans le combat politique est aussi de repérer les jeunes talents, de les honorer, de les encourager, de les chérir, de les estimer à leur juste valeur et de les affermir dans leurs bonnes dispositions, nous relayons derechef Hilda dans Nos colonnes.

    PS. Drôle d’époque décidément où la sous-humanité ignorante, indifférente et négatrice du passé – et des héritages aussi somptueux que transcendants – progresse et prévaut partout, au premier chef dans toutes les institutions où l’on détermine notre avenir, tandis qu’au milieu de ce cloaque putride, des êtres exceptionnels s’élèvent. Voilà qui nous raffermit, nous rehausse et nous insuffle quelques forces. Cet auteur mérite notre soutien indéfectible, il ne faut pas la décevoir.

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    Les coqs à queue de paon

       Monsieur Zemmour est un de ces nationalistes qui confondent la France et l’orgueil d’un homme.
       Ils sont plusieurs comme lui : on les appelle nationalistes. Mais ils ne le sont pas vraiment. Ils sont gaullistes, résistants, bonapartistes, valeurs-actuellistes, ils se disent souverainistes, ils se disent patriotes, de droite nationale. Ils sont démocrates, libéraux, révolutionnaires, fils de Voltaire
    et des Lumières, sionistes, et anti-nationalistes sans le savoir ou en faisant semblant de l’ignorer (ce qui signifie : en mentant). Ils sont soit disant réactionnaires, et conservateurs ; mais comme on dit : ils ne conservent rien. Il en est qui deviennent homosexuels, tolérants, modernistes, peut-être franc-maçons qui sait. Certains sont même vaccinés et covidistes. Ils s’amollissent. Ils sont sans vigueur et sans âme. Ils sont tiédeur et compromissions.
       Qu’on s’entende bien : je ne hais point ces nationalistes là quand ils sont honnêtes. Quand ils croient bien faire. La chose est différente quand ces nationalistes savent ce qu’ils font et se doublent de menteurs : ceux-là sont des traîtres.

       Ces nationalistes là, ils confondent la France et l’orgueil d’un homme. Ils confondent la France avec l’orgueil révolutionnaire, l’orgueil de Napoléon, l’orgueil de De Gaulle, et l’orgueil de Jean-Marie Le Pen – et de sa fille.
       Il faudrait écrire un livre sur ces gens. Ce sont les mêmes : Napoléon, De Gaulle et Le Pen. Enfin, il faudrait plutôt dire : ils ont fini par être les mêmes : des coqs à queue de paon.
       Ils ne se sont pas vraiment battus pour la France. Mais pour eux. Je ne dis pas qu’ils n’aimaient pas leur pays. Qu’ils n’ont rien fait pour la France. Je dis qu’au bout du compte ils se sont préférés à la France. Qu’ils se sont fait passer avant elle. Je dis qu’ils étaient plus faits d’orgueil que d’héroïsme.
       Au fond, ils sont tragiques. Émouvants de faiblesse humaine : on aurait espéré mieux. Surtout pour Le Pen. On est déçus. En France, on se cherche un chef : et on n’en trouve pas.

    Pourquoi ?

       Le peuple de France semble maudit depuis longtemps. Il n’a plus eu de berger, de chef, de capitaine, de père depuis Louis XIV. Depuis qu’il a décapité Louis XVI. Il semble maudit. Il n’a eu que des princes orgueilleux (Napoléon, De Gaulle) des essais de princes orgueilleux (Le Pen) et des
    fous (les Robespierre, les présidents de la Cinquième…). Il a eu un Pétain… mais ça n’a pas duré, et ça n’a pas eu le temps d’être vraiment. Ce n’était qu’un sursaut, qu’un essai. Une esquisse. Un élan venu d’Allemagne.

       « Un Hitler on n’en a pas en France », disait un certain polonais (voir une vidéo des archives de l’INA sur l’extrême droite à ce lien https://youtu.be/0P4-DBCCUG8 à partir de 28 min). On « cherche un papa » on « rêve d’un papa qui va nous sauver ». On a envie de s’exclamer finalement : « Quel bon sens ce polonais ! » : l’alcool semble lui avoir donné quelques éclairs de lucidité politique.
       On est maudit parce qu’en réalité, on n’en veut pas de ce papa. On ne lui a pas permis de sortir de la terre et du peuple, et de s’envoler.

    Et puis, nos héros sont morts. Morts pour rien. Leurs fils auraient pu être nos chefs : fils de héros, ils auraient pu être des « Hitler », des « papas » de la France. Mais ces fils n’ont jamais été, car leurs pères, nos héros, sont morts, et morts pour rien. Oui : ces héros, ces enfants de dix-sept ans, morts dans les tranchées. Pour rien. Voilà le beau sang de France gâché. Enterré.
       Et voilà les gaullistes qui crachent au visage de nos frères allemands : « Vous avez saigné notre France ! Sales Bosch ! Vous avez tué nos enfants ! ». Voilà ces nationalistes qui accusent nos frères germaniques de nos maux et de notre décadence, les voilà qui acclament De Gaulle d’avoir essayé de nous redresser.
       Il faut un bouc émissaire : ce sera l’Allemagne de Hitler. Mais quelle erreur ! Ce ne sont pas les fusils des soldats allemands qui ont enterré notre beau sang de France, qui ont envoyé nos enfants de vingt ans dans les cimetières de nos villages. C’était une guerre idiote. Une guerre pour
    rien. Contre nos frères. Ce ne sont pas les soldats allemands qui ont enterré le sang de France : Qui alors ? Mais qui ? Qui ? Qui ? Vous savez qui. Vous savez.
       Mais « qui »… qui s’y frotte s’y pique. Alors c’est plus facile d’accuser nos frères allemands. D’accuser Pétain. C’est plus facile d’être gaulliste. De jouer les bonapartistes. C’est plus facile de transformer le FN en RN.

    « On en a pas un Hitler en France »…

       On a eu que des orgueilleux. Des coqs à queue de paon : trop fiers. Il y a du français en eux, du coq. Oui, mais leur queue de paon a pris bien trop de place. Ils ne voulaient pas la Grande France, mais Eux en Grand sur la France.

       Monsieur Zemmour est de ces nationalistes qui confondent la France avec l’orgueil des coqs à queue de paon. Et l’orgueil de l’homme le mène toujours à sa chute.
       Non. La France de Zemmour n’est pas la France. La France n’est pas le rêve de Napoléon et de De Gaulle, ni le rêve de la famille Le Pen. La France n’est pas une nation qui rêve d’écraser ses voisins d’Europe, de les soumettre et de les saigner. La France n’est pas la fille de la Révolution,
    mais la fille de l’Église, elle n’est pas le bras de la Libération des peuples du « carcan » de l’Ancien Régime, de la Libération de l’Occupation, de la Libération de Dieu, de la morale et des principes. Non. La France n’est pas l’esclave de Sion l’usurière et libre lesbienne prostituée de Sodome et
    Gomorrhe.
       Monsieur Zemmour ne nous parle que de cette fausse France : il n’aime pas l’épisode Pétain (qui fut bien court et à peine une esquisse). Il n’aime pas tellement le Moyen-âge. Ce qu’il aime, lui, c’est De Gaulle et Napoléon. C’est l’engeance de la Révolution. C’est Sion.
       Qu’on ne s’y méprenne pas : je ne hais point tout Zemmour. Il est des paragraphes de sa plume que je serre contre mon cœur. Car il est des morceaux de vérité. Il est des éclats de France. Mais il n’est pas un vrai nationaliste.

       On ne peut pas être un vrai « natio » français et un gaulliste. On ne peut pas être un vrai « natio » français et un bonapartiste. On ne peut être un vrai « natio » français et un « Le Peniste ». On ne peut être un vrai « natio » français et un sioniste : c’est soit l’un, soit l’autre. Il faut choisir. On ne peut pas ne pas choisir : si on fait mine de ne pas choisir, alors c’est qu’on a choisi Sion.
       Zemmour a choisi le gaullo-bonapartisme et le sionisme. Il est fils de la Révolution et époux de Sion. Et les nationalistes qui se rangeront derrière lui choisissent aussi la Révolution et Sion, tout comme les nationalistes qui se rangeront derrière Marine Le Pen choisissent la Révolution et Sion. Peut-être en l’ignorant : qu’ils ouvrent vite les yeux. Le temps presse.

       Qu’on oublie De Gaulle, Napoléon. Le Pen aussi – père et fille. Ou plutôt, qu’on s’en rappelle comme ce qu’ils ont été : parfois des petits morceaux de France. Mais surtout et finalement des échecs sinon des mensonges et des trahisons. Des erreurs à ne plus commettre.
       Qu’on classe Zemmour parmi eux s’il veut jouer le Président de la République. On n’en veut pas d’un Président de la République en vraie France. On n’en veut pas d’élections à l’américaine. Nous, les vrais français, on veut un Hitler de France, un Musso de France, un Pétain qui dure : on
    veut un roi d’antan, un Charlemagne ou un Saint Louis. Un « papa pour nous sauver ». Et rien d’autre.

    H. Lefort

    Qui ?


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