• Éditorial de Rivarol « Pierre SIDOS (1927-2020) : Chef et militant nationaliste d’exception » (extrait)



    Une biographie complète de la vie de Pierre Sidos.

  • Pierre SIDOS (1927-2020) : Chef et militant nationaliste d’exception :

    Avec la mort de Pierre Sidos le vendredi 4 septembre en fin d’après-midi à l’hôpital de Bayeux en Normandie, le camp nationaliste perd l’un de ses représentants les plus éminents, les plus nobles, les plus droits et les plus intransigeants. Mort à 93 ans, le fondateur de Jeune Nation, du Parti nationaliste et de l’Œuvre française a lutté toute sa vie, et jusqu’au bout de ses forces, pour une France nationaliste et catholique. En lui dédicaçant ses Ecrits révisionnistes en 2008, le regretté Robert Faurisson, un autre grand combattant, avait écrit sobrement : « A Pierre Sidos, un homme droit et debout ». Le défunt professeur étant avare en compliments, cette dédicace, concise mais forte, résume parfaitement la personnalité et les états de service de celui qui fut si longtemps le doyen du nationalisme français. Un homme qui n’a jamais varié, ne s’est jamais renié, jamais rangé, n’a jamais déserté le combat tout au long de sa vie qui a duré près d’un siècle. Lui qui a connu quatre régimes politiques, dont trois Républiques, une quinzaine de chefs de l’Etat, de Doumergue à Macron, n’a jamais fait la moindre concession à un Système mortifère et contre-nature qui conduit la France au tombeau.

    Et ses analyses ont toujours été marquées par la plus grande clairvoyance, la plus totale lucidité. C’est sur le temps long que l’on peut mesurer si quelqu’un a eu raison ou tort dans ses prises de position, s’il a vu juste, si ses prédictions se sont révélées exactes. Force est de constater que Pierre Sidos a eu raison sur tous les plans, avant les autres, et bien souvent contre les autres.

    A une époque où l’on ne parlait pas encore d’antisionisme, Pierre Sidos a toujours été intraitable sur la question juive et sur l’existence de l’Etat d’Israël. La matrice de l’antisionisme, c’est Pierre Sidos et l’Œuvre française. Bien avant qu’Egalité et Réconciliation d’Alain Soral et que Dieudonné ne popularisent avec brio l’antisionisme, l’Œuvre française a été la seule structure politique à défendre publiquement, sans aucune concession ni compromission, sans aucune crainte ni faiblesse, l’antisionisme et l’antijudaïsme. Alors que beaucoup, et non des moindres, dans la mouvance nationale, multipliaient les concessions et les reptations devant le lobby juif et Tel Aviv par carriérisme, arrivisme, couardise, bêtise ou trahison délibérée, l’ancien cadet du Francisme qu’il était n’a jamais eu la moindre illusion sur la communauté organisée et n’a jamais cru qu’il était possible ou souhaitable de chercher une quelconque alliance avec elle, ou certains de ses éléments. Il était en cela parfaitement fidèle à la théologie la plus fondamentale et la plus traditionnelle du catholicisme selon laquelle le peuple déicide est un facteur de déstabilisation de l’ordre naturel, de la morale, de la famille et de la nation et qu’il convient donc de faire preuve de la plus grande vigilance à son égard, et plus encore à l’égard de ses dirigeants. Quand certains, en juin 1967, avaient les yeux de Chimène pour l’Eretz, Pierre Sidos rappelait que l’entité sioniste n’est en rien une avancée de l’Occident au Proche-Orient mais une puissance profondément toxique déstabilisant non seulement la région mais le monde entier et influant négativement sur la politique de la France, de l’Europe et de l’Occident. L’israélisation de la question juive a considérablement aggravé le problème, contrairement à ce que prétendent les imbéciles et les pleutres. Quand on voit aujourd’hui la puissance du CRIF, relais de l’entité sioniste en France, qui dicte ses volontés aux gouvernements et aux chefs de l’Etat successifs, au point de saisir comme un trophée le poignet d’un Macron livide comme l’a fait sans vergogne Francis Kalifat, le président du CRIF, l’année dernière, on mesure à quel point il avait raison.

    Toutefois aborder, de manière claire et publique, ce problème est particulièrement risqué. Sur le plan judiciaire avec les procès (Pierre Sidos en a connu plus d’un), les saisies, les interdictions d’affichage, d’exposition et de vente aux mineurs de journaux (Le Soleil en 1990), les dissolutions de mouvements (Jeune Nation, le 15 mai 1958, le Parti nationaliste, le 12 février 1959, moins d’une semaine après sa création, l’Œuvre française, le 23 juillet 2013) et les agressions et attentats qui n’ont pas manqué. Agressions armées de huit membres du BETAR à la sortie du congrès de l’Œuvre française au Lutetia, dans la nuit du 19 au 20 juin 1976, qui blesse grièvement un des militants du mouvement, Marcel R ., et un policier. Nouvelle agression du BETAR le 8 mai 1988 qui attaque sauvagement plusieurs militants et responsables, dont Yvan Benedetti, place Saint-Augustin au début du cortège de Jeanne d’Arc. Attentats contre le siège de l’Œuvre française, dont un, en 1974 détruit littéralement la porte blindée qui, par un effet de souffle, passe à quelques centimètres seulement de Pierre Sidos qui tenait alors à la main une lettre, laquelle s’envole au passage. Mitraillages divers du siège, fusillades, graffitis menaçants sur la porte d’entrée. Un soir, alors que Pierre Sidos rentre chez lui Porte de Choisy, au deuxième étage de l’immeuble, un homme armé l’attend avec un revolver pour le tuer. Sans réfléchir, le chef de l’Œuvre, le voyant, saute aussitôt sur lui, les deux hommes se battent, son épouse Madeleine entendant du bruit, ouvre la porte, l’individu finit par prendre la fuite. Dénoncer l’empire du judaïsme en France n’est décidément pas une mission de tout repos !

    Antisioniste, Pierre Sidos était également révisionniste, ayant connu la guerre et sachant pertinemment ce qu’il fallait penser de l’histoire officielle qui est imposée par les vainqueurs. En 1990, il est lourdement condamné en tant que directeur de la publication du périodique Le Soleil pour avoir écrit un article révisionniste. L’amende est astronomique, ses moyens très limités. Des amis et des militants de l’Œuvre l’aident à régler la somme. Chaque mois, et pendant plusieurs années, il doit verser ce qu’il appelle une rançon. Le gouvernement socialiste, utilisant une loi visant à protéger l’enfance et la jeunesse contre la pornographie, interdit d’exposition et de vente aux mineurs la revue. Hostile aux lois dites mémorielles et aux deux guerres successives contre l’Irak faites pour la domination de l’entité sioniste dans la région, il considère que 1945 n’a pas seulement marqué la défaite d’Hitler et de l’Allemagne, mais le recul de l’Europe et de la civilisation.

    En effet, depuis l’affreux procès de Nuremberg, on condamne des gens au nom de lois qui n’existaient pas au moment où ils ont commis les actes ou tenu les propos qu’on leur reproche et pour lesquels on les condamne lourdement, parfois à mort. Pierre Sidos a toujours considéré que la rétroactivité des lois et l’imprescriptibilité des crimes, introduites l’une et l’autre dans les législations d’après-guerre, sont une évolution monstrueuse, une défaite et un recul de la civilisation européenne et chrétienne qui précisément reposait sur le pardon mutuel des offenses, l’oubli, la paix, la concorde et la réconciliation. L’Œuvre française a toujours soutenu les travaux du Professeur Faurisson, régulièrement invité lors des Forums de la nation, ainsi que Vincent Reynouard et les militants du mouvement étaient invités à se documenter sur le sujet. Et à lire les grands maîtres du nationalisme français, de Drumont à Maurras, de Barrès à Bardèche, de Coston à Ploncard d’Assac.

    Hostile au lobby juif et au sionisme, Pierre Sidos a également toujours été impeccablement anti-gaulliste. Tant pendant l’occupation où il a fait partie dès 1943 des cadets du Francisme de Marcel Bucard que lors du retour au pouvoir du plus grand commun diviseur des Français. Alors que beaucoup de personnalités et de publications de droite nationale avaient appelé à voter oui au référendum de 1958 ouvrant la voie à la Ve République, même quand elles avaient eu à souffrir de l’épuration gaullo-communiste en 1945, au motif que De Gaulle avait changé ou qu’il pourrait changer (quelle confondante naïveté !), Pierre Sidos avait vaillamment appelé à voter non, prédisant et démontrant avec clarté que le général de brigade à titre temporaire liquiderait l’Algérie. Ce qu’il a fait, tout en promettant le contraire à ses débuts. Beaucoup de déboires du camp national tiennent au manque de principes, de cohérence et de colonne vertébrale, une tare hélas très répandue.

    Comment pouvait-on croire en effet que De Gaulle allait sauver la France, lui qui a toujours ramené dans ses wagons les francs-maçons, les juifs et les communistes, et alors qu’il est à l’origine de la création de deux Républiques judéo-maçonniques, la IVe, puis la Ve, ce qui est beaucoup pour un seul homme ? Au lieu de l’agrandir, De Gaulle a rapetissé la France, il l’a rétrécie et c’est sous sa longue présidence qu’a commencé le phénomène dramatique de colonisation à rebours, d’immigration de masse. Jeune Nation voulait conserver l’Algérie à la France, même au moyen d’évolutions politiques et juridiques, d’abord pour défendre les possessions françaises et aussi pour assurer l’indépendance énergétique de notre pays, la France ayant trouvé du pétrole et du gaz au Sahara. Lorsqu’une nation ne fait pas preuve d’énergie, de dynamisme, d’esprit de conquête, lorsqu’elle n’a plus de grands desseins, d’idéaux nobles à offrir à ses fils, elle finit immanquablement par décliner et être la proie de toutes les subversions et de toutes les submersions, de la désagrégation interne et des agressions externes. Qui n’avance pas recule. La perte de l’Algérie a résonné comme un signal pour les masses du Tiers Monde constatant la faiblesse, hélas bien réelle, du monde occidental et prêtes alors à venir à l’assaut du Vieux Continent. Le combat des Français en Algérie et celui aujourd’hui des Français en métropole n’est pas fondamentalement différent : hier on a chassé les Français d’un pays auquel ils avaient donné un nom, l’Algérie, et qui avait été construit, développé, enrichi, pendant 132 ans, en leur laissant le choix entre la valise et le cercueil, demain, et peut-être plus vite qu’on ne le croit, nous pourrions à nouveau être sommés de quitter la France métropolitaine. C’est au fond la même bataille qui se joue, qui se continue.

    Antigaulliste, Pierre Sidos l’était en effet sur tous les plans. C’est en effet De Gaulle regnante que la famille traditionnelle a subi ses premiers redoutables assauts avec la légalisation de la pilule contraceptive, dite loi Neuwirth, du nom de l’israélite et franc-maçon, grand ami de De Gaulle. En découplant la sexualité de la procréation, cette législation scélérate, aggravée depuis par les lois dépénalisant puis remboursant totalement l’avortement, a empêché le renouvellement des générations, nui fortement à la natalité française et précipité le Grand Remplacement. Quant à l’école catholique, sa liberté pédagogique a été détruite par la loi Debré, du nom du Premier ministre de De Gaulle, petit-fils de rabbin, avec la création d’un enseignement privé sous contrat, c’est-à-dire totalement soumis à un Etat laïc et antichrétien. Quant à l’école et à la culture, on sait qu’elles ont été laissées à la gauche. L’antigaullisme constant de Pierre Sidos était donc parfaitement lucide et justifié.

     […] (lire la suite)

    Jérôme Bourbon – Éditorial du numéro 3437 de RIVAROL daté du 9 septembre 2020.


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