• Ethnarchie chrétienne et saint paulienne



    Justice mondiale et principe de subsidiarité.

  • Le terme d’origine grecque est employé dans le Nouveau Testament, notamment par saint Paul dans la deuxième épître aux Corinthiens, chapitre 11 :

    « 30 S’il faut se vanter, je me vanterai de ce qui fait ma faiblesse.
    31 Le Dieu et Père du Seigneur Jésus sait que je ne mens pas, lui qui est béni pour les siècles.
    32 À Damas, l´ethnarque [entendre « le représentant »] du roi Arétas faisait garder la ville pour s’emparer de moi ;
    33 on m’a fait descendre par une fenêtre, dans un panier, de l’autre côté du rempart, et j’ai échappé à ses mains. »

    1) Il faut s’entendre sur la définition :

    Le sens utilisé ci-dessus est sensiblement différent de celui utilisé par le père Taparelli, avec saint Paul il est question de l’action d’un subordonné du roi sur un territoire donné, chez le jésuite Taparelli l’ethnarchie évoque la justice sociale internationale comprise dans toutes ses échelles (comme il est entendu dans l’ouvrage ayant vulgarisé cette doctrine : « La justice sociale : un concept catholique »).

    Le terme « ethnarque », d’origine grecque, renvoie au gouvernement d’un monarque sur un groupe ethnique homogène comme sur un royaume hétérogène, il est issu des mots grecs signifiant « nation », « peuple » (έθνος), et « chef », « autorité » (άρχων). Ce terme a pu être usé dans différentes nations autoritaires et/ou impériales (En Orient, à Rome, chez les Ottomans, etc). Le titre d’« ethnarque » est attribué par Flavius Josèphe (auteur juif de l’antiquité romaine) à différents chefs, en particulier de peuples sous contrôle étranger, comme la communauté juive d’Alexandrie.

    Le mot renvoie également à la qualité d’ethnarque (qui n’est pas celle d’oligarque !), et ce type de Monarque – comme de représentant – peut très bien avoir un pouvoir qui s’étend à partir d’un royaume homogène sur une pluralité de peuples/peuplades ; et il est aussi possible de revendiquer une vocation mondiale de fait.

    2) De quelques expressions politiques (totalité, impérialisme) :

    La bonne conception d’une loi internationale veut que chaque nation ait sa juste place et son organe juridique « propre » au sein du monde ; et les grandes nations doivent élever le tout sans pour autant écraser ou étouffer volontairement les petites qui font également parti du cosmos en toute légitimité (ex : la Chine contre le Tibet). On pourrait dire que c’est une sorte de nationalisme humaniste.

    Nous pensons tout comme le père jésuite Taparelli, qui a influencé jusque le Pape Léon XIII, à savoir que les lois de la société internationale doivent pratiquer une justice impartiale et ne jamais être partisane de l’une ou de l’autre nation pour des raisons identitaires ou financières. Il nous faut un « ONU catholique » pour les choses politiques, structure qui ne viendra pas contredire, mais compléter ou appuyer – en toute symétrie – et à partir des sociétés civiles : la Papauté (qui ne peut être que légitime et vraie).

    S.S. Le Pape Pie XII en peu de mots, a su résumer ce combat à venir lors du « Congrès du Mouvement universel pour une confédération mondiale », cela remonte en 1951. Ça y est, le morceau est lâché : confédération mondiale. Le confédéralisme est juste, car il n’est pas question de nier le droit aux patries d’exister charnellement, mais au contraire de les reconnaître en les comprenant toutes sous un « joug » commun et nouveau, rendu bénéfique par une administration claire et droite.

    Ces notions s’accompagnent des principes thomistes classiques, entre le réalisme, la relative autonomie de la nature (l’Ordre naturel est lui-même une création de Dieu, mais le surnaturel n’abolit pas le naturel) et le principe de suppléance qu’impliquent le Bien commun et le corporatisme (le pouvoir part d’en haut et l’on délègue ensuite aux échelons inférieurs tant qu’il est bon et nécessaire de le faire : monde, nations, provinces, etc).

    Le principe d’une « société des Nations » n’est pas condamnable et méprisable en soi, alors comme il était sous-entendu ironiquement dans cette  dernière conférence doctrinale : vive l’ONU fasciste ! Ce n’est d’ailleurs pas Maurice Bardèche qui ce serait prononcé contre… !

    Au sens où nous l’entendons depuis la période contemporaine, la complétude de la loi internationale peut se jumeler parfaitement avec la nécessité d’un chef chrétien qui domine le monde. Logiquement, le centre névralgique mondial part encore de l’Europe aujourd’hui, et la nation la plus à même – de par son caractère, son histoire et sa frappe économique – de faire cette unité, se trouve être l’Allemagne (ou du moins l’espace germanique, héritier lointain – mais de principe – de l’Empire romain). En la matière, une affection particulière doit être porté à l’action politico-religieuse de Mgr Benigni et du cardinal Faulhaber.

    3) L’existence d’un bon mondialisme ?

    En effet, parler d’un mondialisme catholique – comme nous l’avions fait avec Fide TV – est un brin provocateur, mais cela était fait exprès, car après avoir « attiré l’oeil », il faut toujours savoir rester pondéré et bien définir le projet concerné, « parce que c’est notre projet ! ». Entre temps, Il nous faut travailler vivement au « changement des mentalités » pour reprendre une expression de sociologie gauchiste. Et quoi de plus normal que de se donner ce rôle, cette « mission », sur ce site qui tantôt exalte l’identité strictement latine et tantôt proclame la nécessité d’un imperium germanique et universel ?

    L’ethnarchie chrétienne se veut organique et transcendante, elle rejette et elle constitue même la négation radicale et totale du globalisme financier, judéo-anglosaxon, destructeur, ultra-libéral, incroyant et matérialiste.

    Nous pouvons alors parler d’un impérialisme universel et christique. Pour un Charles Quint 2.0 !

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    Pour étayer cette pensée, vous pouvez également lire ce manifeste politique rédigé par Théodon de Radio Regina.

     


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