• La naissance du français moderne dans le courrier des lecteurs de Rivarol



    Un bref aperçu sur la langue d’oïl.

  • Voici un extrait d’un message tiré du « courrier des lecteurs » de Rivarol – paru au mois d’octobre 2017 et rédigé par David Veysseyre – à propos de la naissance de la « langue de Molière ».  Précisément, la trame principale était sur l’A.F.D., le parti allemand répertorié à l’extrême droite, ainsi que sur le séparatisme catalan, mais passons, ce n’est pas ce qui nous intéresse immédiatement. Voici la coupure qui procure une minute culturelle faite d’allégresse :

    « La langue française est née au nord de la Loire au VIIe siècle avec la formation d’un proto-roman d’oïl qui va donner naissance à la langue d’oïl trois siècles plus tard (le “français” proprement dit, est simplement la langue littéraire et commune de tous les dialectes d’oïl, comme le haut allemand est la langue générale et écrite de tous les dialectes du centre et du sud de l’Allemagne). Plus personne ne parlait le latin au VIIIe siècle en Gaule du nord. Il en fut de même dans le midi de la Gaule où le latin est resté vivant un peu plus longtemps, en témoignent les sermons de Césaire d’Arles au VIe siècle, mais plus personne n’y parlait latin non plus à cette époque, mais un proto-roman d’oc. Comme toutes les langues romanes, le français, ou plutôt roman du nord des Gaules, est né quand le peuple a arrêté de parler le latin après la chute de l’Empire romain. La discipline grammaticale dispensée par l’école, ainsi que les exigences du commerce, du droit, de l’administration arrivaient à neutraliser les tendances centrifuges dues aux différents substrats et habitudes articulatoires des peuples, sur lesquels le latin s’était imposé dans les différentes parties de l’Empire, je vous renvoie au beau livre du romaniste suédois Dag Norbert: Manuel pratique de latin médiéval. Mais après la chute de l’Empire romain, chaque partie de l’Empire a commencé à parler le latin selon ses particularités propres. Au nord de la Loire, le latin parlé par le mélange de Celtes romanisés et de Germains (Francs pour la plupart, Danois à l’embouchure de la Seine et quelques Saxons déportés par Charlemagne ici et là) a donné la langue d’oïl que l’on appellera plus tard français. »


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