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Publié le par Florian Rouanet
Une poésie réalisée pour le 6ième centenaire de la canonisation de l’Aquinate et rédigée à la manière des vieux âges (composé pour la scène en prose mêlée de vers).
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« FOI: Ô cœur de chêne, sève de bois.
RAISON: front de rocher, que rien n’entame.
FOI: Tu nous reconnais cette fois?
Saint Thomas: Oui, les très révérendes dames.
FOI: l’Esprit fît ma demeure en toi.
RAISON: l’Esprit en Adam m’a formée.
FOI: Descendantes du même Roi. Toutes deux de Dieu sommes nées.
RAISON: Satan ne séparera point ce que Dieu, en sa créature pour la tirer du monde, a joint de nature et de surnature.
FOI:Comme sur deux vaisseaux, d’accord, nous voguons vers le même phare.
RAISON: Si j’hésite, Foi, prends la barre.
FOI: Raison, veille, si je m’endors.
RAISON: En sachant nous garder unies tu ne manqueras point le but, où, notre mission remplie, Nous serons comme n’étant plus.
FOI: Je ferai place à l’évidence.
RAISON: Je résignerai ma science.
FOI: Mais le port est encore lointain.
RAISON: Et tu dois ton exemple aux hommes, la sueur de ton front, la Somme, Thomas, de ton labeur humain.
FOI: Accepte-nous donc pour compagne et, ce mariage scellé, demande à Dieu qu’il nous épargne tout ce qui le peut désoler. Ô frère, nous ferons escale à chaque temps de notre effort en la demeure filiale du doux Seigneur vivant et mort. Devant la Sainte Eucharistie, Philosophe, je te confie à plier même ta raison afin qu’elle sorte plus pure. Plus forte, plus droite, plus sûre, du bain sacré de l’oraison »
Henri Ghéon, in. Le triomphe de Saint Thomas, entre pages 48 et 54.

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