• La théologie de Bellarmin par le révérend père Joseph de la Servière



    Pour commencer à piger quelque chose en matière d’autorité ecclésiastique

  • « Lorsque l’univers catholique fut ébranlé par l’apparition protéiforme de la soi-disant religion réformée, sans être prise au dépourvu (tant il est vrai que les hérétiques ne font que ressasser les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs), la théologie dogmatique s’est vue contrainte de développer une apologétique qui tienne compte des arguments agressivement objectés par les novateurs.

    La patristique et l’ancienne scolastique fournissaient assurément de précieuses armes ; or, le combat n’avait désormais plus lieu au sein des Universités et des Écoles au niveau des idées et entre catholiques, mais face à de nouvelles formes de religion, qui se disaient chrétiennes tout en rejetant massivement la Tradition apostolique, ou plutôt qui prétendaient être les seules à l’interpréter correctement.

    Depuis la fin de l’Antiquité et des grandes hérésies « classiques », les théologiens catholiques n’avaient été que rarement confrontés à une hérésie constituée en corps social. Renouant, par la force des choses, avec les conciles des premiers siècles, le concile de Trente a inauguré l’ère de la contre-réforme. Robert Bellarmin (1542-1621), de la Compagnie de Jésus, qui sera canonisé en 1930, puis proclamé Docteur de l’Église en 1931, fut l’un des chefs de file des hérauts de la doctrine catholique.

    D’une profonde intelligence, sa théologie est empreinte d’une douceur qui rend sa ferme orthodoxie d’autant plus irrésistible qu’elle s’abstint toujours des vitupérations et des attaques ad hominem. En cela, on peut le comparer aux grands S. François de Sales et Bossuet.

    Ses volumineux travaux (ses opera omnia sont rééditées aux Editions Sainte-Agnès) ont beaucoup pesé dans l’effort apologétique de conservation et de défense de la Tradition. Il est un bon exemple de l’invariabilité de la doctrine catholique, quand bien même les nouvelles hérésies contraindraient l’Église à repenser la formulation de la Vérité pérenne et irréformable.

    Evoquer le « manque d’originalité » qui caractérise la doctrine de Bellarmin, comme le fait le P. de la Servière, est un véritable hommage à son orthodoxie. Bellarmin ne fut assurément pas un novateur ; au sein de la tourmente des temps modernes qui s’étendait sur la chrétienté, présage d’une période d’obscurité et d’apostasie, conscient des enjeux inouïs que suscitait la prétendue réforme, il sut combattre le bon combat de la foi, en se tenant à une égale distance des extrêmes, qui eussent donné prise à l’erreur. »

    Critique de l’éditeur.

    citation à part :

    Le docteur de l’Église Saint Robert Bellarmin enseigne dans son ouvrage classique “De conciliis et Ecclesia” (I, c. 14), qu’en cas de vacance de la papauté à cause de l’hérésie, il appartiendrait de réunir l’autorité inférieure de l’Église enseignante, les Évêques, dit-il, en Concile général – quoique « imparfait » – à cette seule fin, à savoir « fournir à l’Église une tête visible ». #ConcileImparfait


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