• Le 49,3 et la faillite démocratique (Revue Militant, mars 2020)



    La militarisation des Goyims.

  • Le 49,3 et la faillite démocratique

      Le gouvernement Macron/ Philippe a eu recours à l’article 49,3 de la Constitution de 1958 pour faire adopter son projet de transformation du système de retraites.

        Cette disposition constitutionnelle, utilisée 89 fois depuis 1958 auparavant, a initialement pour rôle moins de provoquer un « passage en force » que de resserrer la cohésion d’une majorité frondeuse. D’ailleurs, aucune motion de censure déposée à la suite du recours à cet article n’a été votée, sauf en 1962 à propos de l’élection du président au suffrage universel.

        Toutefois, si l’usage de cet article a toujours provoqué des remous stigmatisant l’autoritarisme gouvernemental, il concernait généralement des sujets d’importance secondaire, en tout cas moindre que celui des retraites, qui touche toute l’architecture du système social français. Surtout, la cohésion politique et sociale de la France n’était pas effritée comme elle l’est toujours plus depuis plusieurs années.

        L’autorité du pouvoir devient de moins en moins acceptée par une population qui voit d’année en année sa situation sociale se dégrader, tandis qu’une minorité apparait comme de plus en plus bénéficiaire de l’évolution en cours. La crise des Gilets jaunes en est l’expression.

        De fait, l’utilisation du 49,3 est perçue avec une acuité grandissante comme un moyen utilisé par un pouvoir acculé pour imposer sa volonté à des députés récalcitrants en coupant court à une discussion qu’il estime durer trop longtemps mais aussi, plus largement à l’ensemble d’une population majoritairement opposée à des projets gouvernementaux contenant des éléments de régression sociale décidés en conséquence de la soumission des Etats aux intérêts d’une super classe mondialiste qui est leur ennemie.

       Bien sûr, le gouvernement a la légalité pour lui. Mais, dans un tel contexte, il n’a plus la légitimité pour agir ainsi. Déjà, sur un sujet aux conséquences plus limitées que pour les retraites, l’assurance-chômage, le gouvernement Valls avait en 2016 signé son arrêt de mort et avait achevé de discréditer Hollande. Actuellement, le projet de chamboulement du système de retraites réunit contre lui, certes pour diverses raisons, une très large majorité de la population et cela, d’autant plus qu’il a été présenté avec un amateurisme scandaleux, Macron, par ailleurs, se vantant d’être un amateur avec sa majorité, réaction qui ne peut que faire douter de l’état mental de ce petit monde !

       Achever abruptement les discussions sur un sujet dont l’importance nécessite de prendre du temps est, plus qu’un acte d’autorité, un signe de faiblesse, de fragilité d’un pouvoir qui veut coute que coute arriver à ses fins, à savoir permettre d’abaisser à terme le montant des pensions de retraite, ce que tout le monde a plus ou moins compris.

       Dans cette affaire nous percevons avec force la fracture entre la grande majorité du peuple français et une minorité qui s’en est détaché. C’est là, plus que jamais qu’il est possible de ressentir, de comprendre combien leur démocratie – présentée comme le gouvernement du peuple par le peuple – est un leurre.

       En effet, tout gouvernement digne de ce nom n’est autre que le mandataire de son peuple et respire au même rythme que lui, parce que, tout simplement, il en sert le bien commun et parce que, ce faisant, il agit avec justesse, sachant expliquer au peuple les motifs de sa politique, notamment ceux qui justifient tel ou tel effort et demandent au peuple d’éventuels sacrifices. Dans ce cas, le peuple comprend et accepte.

       Présentement, ce n’est pas le cas. L’actuel gouvernement – mais nous pouvons en dire autant de la plupart de ceux des Etats voisins – ne sert pas le bien commun national et la population le ressent, le vit, le sait. En France, plus qu’ailleurs peut-être, l’oligarchie politico-médiatique qui occupe les postes de direction, affaiblit et détruit le pays. Des parties entières du territoire sont délaissées, l’invasion migratoire devient de plus en plus prégnante et pressante alors que le pouvoir privilégie celle-ci au détriment des naturels Français, l’économie se désindustrialise tandis que les finances du pays sont passées sous la coupe des intérêts privés de la banque et de la finance mondialisées. Les fondements culturels et religieux de la France ne sont pas défendus, mais plus encore, niés. Il n’y a pas de culture française » a dit Macron et le peuple sent confusément qu’il est plus important pour les présidents de la République d’assister au dîner du CRIF, magistère de fait de la France avec les loges maçonniques, que de fêter Noël, Pâques ou le 15 août, pourtant fête nationale traditionnelle de la France depuis Louis XIII.

       Dès lors qu’un tel pouvoir ne sert plus le peuple, il cesse d’être respecté, estimé et par suite la désobéissance s’insinue progressivement et naturellement au sein de la population.

        En France, où depuis 1789, la démocratie organique, qui assure la liberté des corps intermédiaires, a disparu au profit d’une démocratie inorganique en créant une société atomisée d’individus présumés sans liens familiaux et sociaux, le phénomène est aggravé par les règles de fonctionnement du régime. Le recours au référendum, tant à l’échelon national que local n’existe pas et supprime toute respiration démocratique. Le scrutin majoritaire à deux tours prive de représentation parlementaire d’importantes fractions de la population, tout simplement parce qu’elles dérangent les partis régimistes dits de gouvernement et font comprendre au peuple soit disant souverain qu’il n’est qu’un élément de décor. Il est injuste qu’un mouvement comme le Front National, travesti en RN, avec 20 % des voix, n’ait que 6 députés alors que les communistes, avec 4 % des voix en ont quinze.

        Le recours au 49,3 va donc enfoncer un coin supplémentaire dans un régime en état de faillite – Fillon le disait déjà en 1987 – et une société où, d’un côté se trouve l’immense majorité du peuple, et oligarchie minoritaire et parasite.

       Mais il est vrai que leur République n’en a cure. C’est un Etat idéologique et non pas un Etat national, enraciné, émanant des tréfonds de la nation alors organisée en vue d’accomplissement de son destin. Nous comprenons mieux son comportement si nous citons cette phrase de Robespierre, le 5 février 1794 à la Convention « Le gouvernement de la révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie » : leur république étant par nature le bien, elle doit s’imposer par tout moyen à ceux qui la contestent et qui incarnent le mal. Propos auto justificatif, tautologique mais qui autorise le pire.

       Progressivement, l’imposture démocratique se révèle à un nombre croissant de Français qui peinent à se s’extraire de l’endoctrinement reçu à l’école et à travers les media depuis des générations. L’un des rôles des nationalistes consiste à former ces personnes pour structurer leur intelligence politique.

       Pour le salut de notre pays, et plus largement de l’Europe carolingienne, en premier lieu, car tout se tient, il est urgent de mette fin au despotisme de cette « liberté » creuse et absolutisée, qui s’est substituée aux libertés, multiples et bien réelles celles-là. Certes, nous savons que la république gouverne mal mais se défend bien. Toutefois, il arrive un moment où la situation est tellement fragilisée que l’édifice peut s’effondrer en peu de temps. Les causes de manquent pas : juste exaspération des Français, crise économique qui, tôt ou tard se produira tant l’économie internationale est viciée, crise ethnique, crise pandémique.

       D’un jour à l’autre, l’ordre en place peut basculer à tel point que ce qui est inimaginable aujourd’hui sera demain réalité, à notre grande surprise. C’est pour cela que les nationalistes doivent se préparer à cette échéance, comme si celle-ci devait arriver à court terme.

    MILITANT


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