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Publié le par Florian Rouanet
« Epikeia non potest licite adhiberi : Si superior, qui dispensationem legis concedere valet, facile adiri queat. » (Traduction : L’épikie (équité en grec) ne peut pas être licitement utilisée : si le supérieur, qui est capable de donner une dispense de la loi, peut être aisément contacté).
Manuale Theologiae Moralis, I, no. 231 ff. q.v.Comment le prêtre traditionnel agit-il aujourd’hui au Nom de l’Église, quand il n’y a plus d’autorité légitime (faux clercs modernistes de Rome) pour lui permettre de dispenser les sacrements et de dire la Messe ? Il le fait en continuant la mission de l’Église catholique qui est la sanctification des âmes. Ainsi, il est parfaitement légitime et nécessaire que des prêtres disent la Messe, prêchent, et donnent les sacrements, puisqu’ils sont autorisés par l’Église à faire cela par le principe de l’épikie. L’épikie est en théologie une estimation de l’esprit du législateur en son absence. Ce principe, cependant, ne peut absolument pas être invoqué si le supérieur est présent ; on ne peut pas faire appel à l’épikie contre un supérieur agissant et gouvernant, cela n’aurait strictement aucun sens. Or, la Messe, « en union avec François » affirme l’existence du législateur à Rome, et de son représentant personnel au diocèse local, elle détruit ainsi tout fondement moral de l’apostolat extraordinaire exercé par un prêtre traditionnel. En peu de mots, voici pourquoi les communautés qui reconnaissent M. Bergoglio comme Pape (ex : FSSPX) font des pieds et des mains pour avoir toutes les autorisations nécessaires et ainsi se rallier. Et voici également la raison pour laquelle les communautés dites « non una cum » se permettent de sacrer des Évêques au besoin – et hors cadre romain -, car elles ont toute la légitimité pour le faire, le Salut d’un grand nombre d’âmes étant en jeu. Chez saint Thomas, cette notion d’épikie ne vaut que pour les lois imparfaites, ainsi pour la loi humaine.
Du côté militaire, on peut dire que le soldat qui refuse de se soumettre à un ordre que sa conscience réprouve ne pose pas un acte de désobéissance, autrement dit, il ne fait pas exception à son devoir d’obéissance. Il obéit à la justice qui détermine justement la loi, et sans laquelle un acte législatif est sans valeur.
« Il est mauvais de vouloir suivre en tout la lettre de la loi mais non l’intention. Et cela n’est pas seulement vrai des lois humaines, mais aussi des lois divines ».
Saint Albert le Grand – qui introduisit l’un des premiers cette notion aristotélicienne -, cité par le Père Hamel, « L’usage de l’épikie », Studia Moralia 3 (1965) : p. 52.☧
Aussi, Léon XIII condamnait déjà le fait de parler du Corps de l’Église comme d’un corps cadavérique. L’Église doit posséder en elle, dans son essence même, les moyens de subsister et de se sauver. Complétons ce qui a été dit avec quelques passages clés de Mystici corporis à propos de la juridiction et de l’Indéfectibilité de l’Église :
« C’est pourquoi nous déplorons et nous condamnons l’erreur funeste de ceux qui rêvent d’une prétendue église, sorte de société formée et entretenue par la charité, à laquelle – non sans mépris – ils en opposent une autre qu’ils appellent juridique. Mais c’est tout à fait en vain qu’ils introduisent cette distinction : ils ne comprennent pas, en effet, qu’une même raison a poussé le divin rédempteur à vouloir, d’une part, que le groupement des hommes fondé par lui fût une société parfaite en son genre et munie de tous les éléments juridiques et sociaux, pour perpétuer sur la terre l’œuvre salutaire de la rédemption (123). »
« Il ne peut donc y avoir aucune opposition, aucun désaccord réels entre la mission dite invisible du saint esprit et la fonction juridique, reçue du christ, des pasteurs et des docteurs; car – comme en nous le corps et l’âme – elles se complètent et s’achèvent mutuellement, elles proviennent d’un seul et même sauveur, qui n’a pas seulement dit en insufflant l’esprit divin : recevez le saint-esprit (127), mais qui a encore ordonné hautement et clairement: comme mon père m’a envoyé, ainsi je vous envoie (128) et celui qui vous écoute, m’écoute (129). »
S.S. le Pape Pie XII, encyclique « Mystici Corporis Christi », en date du 29 juin 1943.Suivez la page Tradition catholique (ici) pour approfondir ces sujets.

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