• L’émeute de Meymac « Vive Louis XVII, vive la religion, vivent nos prêtres »



    La petite chouannerie du Limousin en 1793.

  • Une opposition limousine à la Révolution française : Meymac 1793. Onglet contre-révolution !

    « Si le Limousin a fondé au XVIIème siècle autant de confréries du Rosaire que la future Vendée militaire, les deux régions diffèrent profondément quant à la résistance active à la Révolution.

    La seule manifestation limousine qui s’apparente un peu au soulèvement vendéen est l’émeute de Meymac. Le 20 frimaire II, c’est-à-dire le 10 décembre 1793, arrivent dans cette petite ville quatre commissaires du directoire département de la Corrèze entraînés par le fameux [Abbé Jean-Charles] Jumel (1750-1824), devenu vicaire épiscopal de la Corrèze après avoir collaboré à la rédaction parisienne du « Père Duschene ». De fausses rumeurs circulent suivant lesquelles le nord-est du département vit en pleine insurrection comme en Vendée. Jumel décide d’investir l’église du lieu et d’y organiser une mascarade. Fureur des paysans qui font irruption dans le sanctuaire d’où ils contraignent Jumel et ses séides à déguerpir. Excités par ce succès, les émeutiers se répandent dans les rues, renversent la statue de la Liberté, aux cris de « Vive Louis XVII, vive la religion, vivent nos prêtres ». Le lendemain, toutes les cloches de la région sonnent pour ameuter le peuple : plusieurs centaines de paysans se massent au Puy-Richard qui domine Meymac, armés de fusils et de fourches, mais ils ne peuvent résister aux 200 soldats venus de Tulle avec des canons et laissent sur le terrain 1 mort et 58 blessés. Cinq jours plus tard, le tribunal criminel de la Corrèze décrète cinq exécutions capitales.

    Il importe de souligner la maladresse de Jumel qui, en touchant à l’église, en ridiculisant ses rites traditionnels, a profondément blessé une population restée attachées à ses prêtres et à son roi. Ce faisant, il a transformé en résistance sanglante – et c’est le seul cas dans toute l’histoire révolutionnaire du Limousin – ce qui n’était, au point de départ, qu’une occasion particulière d’opposition plus ou moins discrète. »

    Père Louis Perouas, in « Les Limousins, leurs saints, leurs prêtres, du XVème au XXème siècle », éd. Cerf, 1998, p. 124.


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