• Sainte Inquisition : rareté des exécutions des peines capitales



    Les marranes doivent se carapater.

  • Il y a eu dans l’histoire deux types d’Inquisitions : celle ecclésiastique et celle espagnole (dans laquelle toute la péninsule ibérique était concernée, Portugal compris, qui est pour le coup plutôt galicien). Avant de répondre à la ribambelle de mensonges de la part des faux historiens, mais vrais gauchistes, il faut d’abord savoir être fier de cette initiative qui a protégé la vraie Foi dans des moments où elle a été menacée socialement à cause de certains marranes et autres mauvais convertis… Aussi, la « présomption d’innocence » – tant vantée par les bouches menteuses – a été respectée et les tortures ne pouvaient s’exécuter qu’après de multiples convocations dont l’objet essentiel était de faire la démonstration de la véracité de la Foi contre les faussetés et les lubies des récalcitrants qui étaient concernés. Cette période a vu naître une modernisation de l’arsenal juridique en améliorant son cadre et dont nous sommes encore aujourd’hui des héritiers. L’inquisition a aussi permis d’éviter que les peuples fassent justice eux-mêmes, ce qui aurait donné d’atroces massacres inimaginables. De plus, les fous qui gouvernent actuellement n’ambitionnent-ils pas, de plus en plus, à censurer, à condamner et à faire enfermer ses opposants politiques ? (Loi Avvia, réseaux sociaux, nationalisme, révisionnisme, etc).

    L’objet de l’article qui suit sera de démontrer que la sainte Inquisition aura finalement fait peu de morts à l’échelle de l’histoire. D’ailleurs, pour faire une comparaison marquante : durant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe, elle aura fait largement moins de morts (environ 300) que la Terreur avec Robespierre et avec les Guerres de Vendée entre 1793 et 1796 (on compte des centaines de milliers morts en France seule).

    Le bûcher ? Emmanuel Le Roy Ladurie note que l’Inquisition en use fort peu. Là encore, le mythe ne résiste pas à l’examen. En premier lieu, les aveux spontanés ou les condamnations légères exposent à des peines purement religieuses : réciter des prières, assister à certains offices, jeûner, effectuer des dons aux églises, se rendre en pèlerinage dans un sanctuaire voisin ou, dans les cas graves, à Rome, à Saint Jacques de Compostelle ou à Jérusalem. Il peut être imposé de porter un signe distinctif sur les vêtements (une croix), humiliation souvent remplacée, dès le XIIIe siècle, par une amende.

    La recherche moderne ne cesse de réviser le nombre de victimes à la baisse. À Albi, ville de 8 000 habitants, de 1286 à 1329, sur une population cathare estimée à 250 croyants, 58 personnes seulement subissent des peines afflictives. De 1308 à 1323, l’inquisiteur Bernard Gui prononce 930 sentences : 139 sont des acquittements ; près de 286 imposent des pénitences religieuses (impositions de croix, pèlerinages ou service militaire en Terre sainte) ; 307 sentences condamnent à la prison ; 156 sentences se partagent entre des peines diverses (emprisonnements théoriques ou remises théoriques contre des défunts, exhumations, expositions au pilori, exil, destructions de maisons). Quant aux condamnations à mort, leur nombre s’élève à 42, soit une moyenne de trois par an sur quinze ans, à une période où l’Inquisition est particulièrement active. « L’Inquisition languedocienne, précise Michel Roquebert, brûlera infiniment moins de gens en un siècle que Simon de Montfort et ses croisés entre juillet 1210 et mai 1211. »

    Fernand Braudel estime que le nombre des victimes de l’inquisition a été “relativement limité”. Depuis le XIXe siiècle, des chiffres ont couru provenant d’ouvrages qui se sont recopiés les uns les autres sans vérification des sources. Tous remontent à l’Histoire critique de l’Inquisition d’Espagne publiée en 1817 par Juan Antonio Llorente, un libéral espagnol entré aus ervice de Joseph Bonaparte et contraint à l’exil à Paris. D’après lui, en trois siècles et demi d’existence, l’inquisition aurait pronconcé 341.021 condamnations, dont 39.671 remises au bras séculier.

    “Les chercheurs, souligne Béatrice Leroy, admettent aujourd’hui qu’il est impossible de parvenir à un calcul exact du nombre de victimes, et tiennent pour fort exagérés les chiffres de Llorente (Béatrice Leroy, L’Espagne de Torquemada, Maisonneuve, 1995).

    Pierre Chaunu, quant à lui (Pierre Chaunu, Eglise, Culture et Société, SEDES, 1981), considère que les chiffres de Llorente doivent être divisés au moins par deux: “Les 10 à 12000 exécutions capitales en trois siècles doivent être rapprochées des 50 000 sorcières brûlées en trois ou quatre décennies dans le reste de l’Europe (qui ne connaissait pas l’Inquisition) au début du XVIIe siècle”.

    Notons que l’historien danois Gustav Hernningson a parfaitement montré, dans sa thèse parue aux Etats-Unis en 1980, que la “folie criminelle de la chasse aux sorcières” est un phénomène éminemment moderne. Luther voulait “toutes les brûler…” (Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 241).

    Voici maintenant ce qu’avance Vittorio Messori : “En l’espace de quelques mois en 1793, la terreur jacobine qui avait ‘purifié’ la cathédrale Notre-Dame de Paris de la ‘superstition chrétienne’ fit plus de victimes en France que les trois Inquisitions catholiques réunies (médiévale, espagnole et romaine) et peut-être même que celles de toutes les autres confessions chrétiennes” (Vittorio Messori, La Vérité a un nom et un visage, éditions MaME, 1997).

    Enfin, nous avons relevé cette phrase, à nouveau dePierre Chaunu, très révélatrice : “La révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l’Europe…”

    Si l’on considère en effet le bilan humain de la Terreur, wikipedia avance un chiffre compris entre “plusieurs dizaines de milliers à peut-être plus de 100 000 victimes. Rappelons que la Révolution faite au nom du peuple a touché en premier le Tiers Etat et non les nobles : “Au total, 80 % des victimes appartiennent au Tiers État” (Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, édition Quadrige, PUF, 2005, p. 1023).

    René Sédillot quant à lui, au sujet de la Terreur, avance un nombre global de victimes devant “s’élever à 35.000 ou 40.000” (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l’Estrée 1990, p. 208). Comparé aux “10 à 12.000 exécutions capitales en trois siècles” au titre de l’Inquisition  (Pierre Chaunu), la Terreur a effectivement fait, en quelques mois, entre trois et dix fois plus de morts que l’Inquisition en trois siècles.

    Sous l’Inquisition, les condamnations capitales étaient rares. Les victimes, dans ce cas, étaient livrées au bras séculier, la justice laïque, qui pratiquait le bûcher. Ce supplice entraînait la mort par asphyxie. Mort atroce, mais la mort par pendaison ou décapitation, qui s’est pratiquée en Europe jusqu’au xxe siècle, ou la mort par injection qui se pratique aux États Unis, sont-elles plus douces ?

    Sources générales : Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 65, 79.

    Christ-Roi


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