• Ernst Jünger (1895-1998), « une vie, une œuvre » par France Culture



    Un grand apôtre de la Révolution Conservatrice allemande, une référence pour nous !

  • Pour faire sensation, en invoquant Ernst Jünger, on dira que les idées anti-parlementaires (ou anti-démocratiques) de la Révolution conservatrice allemande ont en général préparé le terrain au National-Socialisme. Seulement, celui-ci ne fut jamais attaché au Parti en tant que tel (il préférait voir un officier prussien à la tête du pays et n’a fréquenté les NS qu’au début de leur ascension). Nous pouvons dire qu’il a eu sa phase nationale-bolchevique, assez francophile il aura également visité quelques « vichyssois » du temps du Maréchal Pétain. Après-guerre, il demeura un grand homme qui regrettait la situation allemande (Jacques Ploncard d’Assac en parle bien dans son « Doctrines du nationalisme »). Pour comprendre l’avant et l’après-guerre allemand il est impératif de connaître l’histoire allemande du Saint Empire romain germanique à la période contemporaine (Bismarck, Prusse, Weimar, etc) ne serait-ce que pour saisir comment les évènements ont pu évoluer vers un « fascisme » allemand.
    Jünger voulait mettre à terre la République dégénérée de Weimar, et cela malgré le personnel à disposition qu’il estimait peu qualifié politiquement. C’est que les fracas terribles de la Grande Guerre ont marqué et renforcé son esprit : les passages littéraires cités dans cette émission sont exquis. Il s’est converti au catholicisme à la fin de sa vie, en partie parce qu’il s’entendait bien avec le vicaire de la paroisse à côté de chez lui, et après avoir était – semble-t-il – agnostique toute sa vie. Son ouvrage « Orage d’Acier » est aujourd’hui une référence reprise par Monsieur K pour ses émissions YouTube.

    « Le grand moment était venu. Le barrage roulant s’approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche… Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j’eusse très chaud, ma longue capote et, comme le prescrivait le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s’empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l’assaut. Elle arrivait avec tant de vigueur qu’un sentiment de bonheur, de sérénité me saisit.L’immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge. Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l’excès de bonheur. » Ernest Jünger.

    Émission de France Culture
    En français

    A lire : David Veyssyere, La révolution conservatrice allemande, un mouvement oublié de l’histoire des idées.


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