• « Apologie de la religion chrétienne, sur l’Allemagne, l’Église et l’Empire » R.P. Weiss de 1894



    Ethnarchie catholique mondiale : Christentum und Imperium !

  • Voici un extrait datant de 1894  in. « Apologie de la religion chrétienne, sur l’Allemagne, l’Église et l’Empire » du Révérend Père Weiss, ceci entre dans la droite ligne des articles publiés récemment. L’intervention, qui reste hélas encore trop méconnue, coche toutes les cases de l’Ethnarchie chrétienne (universalisme et domination impériale germanique) : c’est une immensité océanique pour la propagande politique ainsi que pour l’apostolat religieux.

    « [Il nous faut] Établir un empire comprenant le monde chrétien tout entier ; lui donner dans la puissance allemande qui surgissait à l’horizon une solide base nationale ; en faire par son union étroite avec Rome le centre du Christianisme, et une puissance embrassant toutes les nations, fut la première tâche que l’Eglise entreprit. […] L’idée d’un empire chrétien universel eut sans doute pu être réalisée plus facilement, si l’Eglise eut voulu sacrifier les particularités privées pour l’union d’un grand tout. Mais elle resta aussi fidèle aux principes du Christianisme dans le domaine de la politique que dans sa poursuite de sa tâche morale. […] Elle s’en est toujours tenue au principe exprimé par Grégoire le Grand et Nicolas Ier, que le Christianisme respecte toutes les coutumes et toutes les institutions nationales qui ne représentent pas de péchés. […] C’est ainsi qu’elle a converti au Christianisme les Germains du nord et les Germains du sud ; mais ceux-ci sont en même temps restés ce qu’ils étaient autrefois, c’est-à-dire de vrais Saxons, de vrais Westphaliens, de vrais Bavarois. […] En un mot, si nous voulons apprendre ce que c’est que l’amour de la patrie et la nationalité, il faut revenir à ces temps où les prêtres étaient les maîtres du peuple et les gardiens du droit. Jamais on n’a mieux compris que l’état et les institutions d’état devaient être quelque chose de particulier, né du droit commun, unique et héréditaire, quelque chose d’enraciné sur le sol natal et de conforme à l’histoire, à la morale et aux vues du peuple. Jetons seulement un coup d’œil sur l’Allemagne chrétienne. Là tout était autochtone, depuis le gouvernement du roi et le tribunal des districts, jusqu’au wergeld et à l’ordalie ; tout ne faisait qu’un avec le peuple ; tout était gardé avec un soin jaloux. Inutile d’énumérer ce qui s’est passé depuis, cela suffit. Aujourd’hui l’Allemand est une plante universelle. On est sûr de le trouver dans n’importe quel coin de la terre. Mais dans ce temps-là, aucun peuple n’était plus étroitement attaché à sa patrie que le peuple allemand. Etre arraché du sol natal est aussi terrible pour le véritable allemand, que de périr de misère. Il ne connait pas de plus grand malheur que de vivre proscrit. Il se soumet volontiers à n’importe quelle punition pourvu qu’il puisse seulement retourner chez lui. Mais la patrie plus étroite ne lui fait nullement oublier la patrie plus vaste. L’Allemagne par dessus tout ! Ce cri avait à cette époque du sens et de la valeur. Ce marchandage pour la couronne, cette vente de l’empire au plus offrant et au moins puissant, ces désertions, ces alliances avec des étrangers, cet accord public ou tacite avec les ennemis, autant de choses qui nous ont rendu plus tard si méprisables et si faibles en face de l’étranger, étaient inconnues de nos pères dans les temps vraiment chrétiens. L’amour le plus grand les attachait à leur ville natale, à leur mère-patrie. Mais ils s’attachaient aussi avec un enthousiasme ardent à la patrie totale, et à la grande pensée de l’unité universelle, sans porter préjudice à leur sentiment national, précisément à cause de leur particularisme, cette base fondamentale de toute vie publique. Ils n’avaient pas des idées aussi confuses que nous, qui nous flattons de représenter chacun pour nous la cause totale de l’humanité, ou du moins une forme particulière de l’humanité dans une édition anglaise, allemande ou picarde, dans un parisien, un berlinois ou un bourgeois de Schilda. Ils étaient d’abord et avant tout Bavarois ou Saxons, et ils l’étaient corps et âme, jusqu’à la mort. Mais les Luxembourgeois, les Misniens, les Souabes, se donnaient fraternellement la main, quand il s’agissait de faire quelque chose pour l’Empire qui, pour eux, représentait l’humanité, quand celle-ci avait besoin de leurs services. Chaque citoyen était l’enfant de sa patrie propre ; mais par delà cette patrie, il était l’enfant de l’Empire. Pour lui, il aurait donné mille fois sa vie. Favoriser l’honneur de l’Empire, voilà où tendaient toutes ses ambitions. En favorisant la prospérité de l’Empire, chacun croyait travailler au bonheur de sa patrie. Patrie, Empire et Christianisme furent donc dans les idées de nos ancêtres chrétiens comme trois cercles concentriques d’étendue différente, mais ayant un point central, et ce point central reposait dans leur cœur. »
    « Il est donc très vrai que c’est l’esprit qui a créé l’Empire, l’esprit de foi, l’esprit d’unité, l’esprit du tout, l’esprit catholique qui est inséparable du Christianisme ; mais l’épée, le pouvoir laïque, a exécuté la pensée dont cet esprit a conçu le plan. Sans l’esprit du Christianisme, on ne serait pas seulement parvenu à former une Allemagne unie, à plus forte raison un empire. C’est un principe admis, même de ceux qui voient dans le Prussien moderne le plus pur type de l’ancienne nature allemande, que les Allemands ne seraient pas arrivés à créer une confédération de peuples quelque peu importante. Chacun sait que non seulement un royaume allemand uni n’a pas existé avant saint Boniface, mais qu’il était impossible. Alors que penser d’un empire ? Les Allemands ne pouvaient se considérer comme formant un royaume unique avant de se considérer comme un tout homogène. Le premier qui fit surgir cette pensée fut Boniface en instituant une église allemande. Par cette création, il n’a rien changé dans la nationalité allemande ; mais en formant une communauté unie sous les lois de l’Eglise, il a frayé le chemin à l’idée d’une communauté nationale, et s’est ainsi opposé à un défaut inné chez l’Allemand, le défaut du démembrement. C’est seulement dans ces conditions qu’il fut possible de continuer l’édifice grandiose, et, par l’Empire, d’essayer de créer sur une base allemande une unité du monde chrétien tout entier. Or, un tel plan ne pouvait venir que de l’Eglise universelle. Aucun peuple isolé n’en avait le pouvoir. D’ailleurs le peuple allemand manquait d’intelligence pour cette idée, qui ne pouvait même pas lui venir à l’esprit. C’est donc Boniface qui a posé la base de la nation allemande, et Léon III celle de l’Empire. L’Eglise donna l’idée et l’impulsion, Charlemagne fut l’instrument. C’est lui qui réalisa la pensée dont il faut lui attribuer l’utilité et l’honneur, ainsi qu’à son peuple. Sans cette union, que serait devenue l’Allemagne à cette époque, l’Allemagne qui avait conscience de n’être pas seulement un peuple, tandis que l’Islam, les Hongrois, les Grecs et les ennemis du nord la pressaient de tous côtés ? C’est ainsi que l’Eglise sauva l’Allemagne et lui mit en même temps entre les mains la souveraineté du monde. Les Allemands se choisirent un roi comme d’autres peuples en avaient. Quand il était sacré par les évêques et mis sur le trône à Aix-la-Chapelle, il avait alors un pouvoir royal et un nom royal ; il était roi allemand. Mais c’est seulement lorsque le pape le consacrait, qu’il avait la puissance et le nom d’empereur. Or l’empereur était considéré comme le protecteur et le défenseur du monde chrétien tout entier, et, d’après le langage du moyen âge, le mot d’empire avait la même signification que monarchie universelle. Si donc, comme c’était souvent le cas à cette époque, les mots d’empire et d’empereur étaient employés comme expressions synonymes, l’empereur était par le fait même désigné comme représentant politique, et comme puissance laïque suprême de l’unité chrétienne à l’extérieur. Tout ce qui appartenant donc à l’unité du nom chrétien devait rendre hommage à l’empereur, au seigneur de l’Empire. Attachement à l’unité de la foi chrétienne et au symbole, subordination à l’Empire, étaient une seule et même chose. De même qu’on ne connaissait qu’une chrétienté, ainsi, on ne connaissait qu’un seul empire. Cette même communauté des fidèles qui, du côté spirituel, ecclésiastique, s’appelait l’Eglise ou Chrétienté, s’appelait Empire du côté civil. On ne se figurait pas que les deux puissent être séparés l’un de l’autre. On se soumettait à l’Empire par des motifs religieux ; la révolte et la félonie contre lui n’étaient pas seulement considérées comme crimes politiques, mais aussi comme apostasie de la foi. L’Eglise était appelée la Mère du Saint-Empire. C’est au clergé, disait-on, que le Saint-Empire doit sa solidité et sa dignité. […]Ce qui est, et ce qui restera éternellement vrai, c’est que l’Eglise a été la mère de l’Empire, c’est que la pensée de l’unité du genre humain et d’une seule famille de peuples est véritablement chrétienne. La preuve la plus certaine que seul l’esprit de l’Eglise a pu l’inspirer, est sa réalisation sur le sol germain, car l’Allemand a le don particulier de se fondre au milieu de tous les peuples étrangers, de disparaître au milieu d’eux, sans s’y adapter comme membre. Il peut se faire, au point de vue intellectuel, il soit supérieur à d’autres peuples sur plusieurs points, mais au point de vue politique, il leur est certainement inférieur. L’Empire, fut, est, et sera toujours la gloire de l’esprit chrétien. Ainsi le considéraient les Allemands qui contribuèrent à le fonder et qui le virent aux jours de sa splendeur, ainsi tous les cœurs nobles, bons et patriotiques. Ils ont vu dans la disposition surnaturelle de Dieu la source vénérable et sainte d’où il provenait. Dieu lui-même avait fondé l’Empire. Dès le commencement, il avait existé en vertu d’une institution divine et était allé de peuple en peuple. Il était alors dans la nation allemande et agissait sur son imagination avec tous les charmes religieux d’un pouvoir religieux supraterrestre, comme un sanctuaire donne par Dieu, unissant en lui tous les pouvoirs de la terre, élevé au-dessus de l’arbitraire humain, nécessaire, durable, indestructible. C’est ainsi qu’on concevait l’Empire dans ses beaux jours. Mais ceux qui vécurent en lui et travaillèrent à le réaliser, furent sans doute plus à même de se rendre compte de sa véritable importance. Il n’y avait que ceux qui étaient éloignés de la pensée d’une monarchie chrétienne universelle, c’est-à-dire de l’unité indivisible entre l’Eglise et le pouvoir civil, entre la nature et la surnature, qui fussent aussi hostiles à l’idée du Saint-Empire romain germanique. »
    Germanisme, Christianisme, Impérialisme, Universalisme !


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