• Analyse : Qu’est-ce que le fascisme ? (Stratpol)



    Pour bien comprendre de quoi on parle

  • Nous proposons ici une autre série d’analyse de certains entretiens vidéoludiques, cette fois-ci avec la chaîne Stratpol, la précédente ayant été le cycle de conférences du Cercle Henri Lagrange. La vidéo se déroule en compagnie de M. Pierre-Antoine Plaquevent, et elle a été effectuée le 16 novembre 2019, soit récemment.

    Ce que le fascisme n’est pas 00:30 Sources philosophiques du fascisme 04:20 Origine socialiste du fascisme 08:50 L’action devant la doctrine 12:20 Idéologie de l’État 13:20 Le fascisme face au colonialisme, au communisme et au nazisme 16:30 Les réalisations du fascisme 19:55 Que reste-t-il du fascisme ? 21:20 Le fascisme en France 25:00.

    Tout d’abord, nombre d’éléments historiques qui ont été donnés durant cet échange sont nécessaires afin d’avoir une bonne manière d’appréhender la période du Ventennio, c’est-à-dire en toute objectivité. Ensuite, par rapport à l’actualité, il est juste de dénoncer la rhétorique du « reductio ad fascistum » en rappelant que cette formule fut imposée par les communistes depuis les années 1920/1930. En ajoutant, enfin, que cet opprobre – lancée sur toute la « droite » et sur tous les « dictateurs » – a pu légitimer, en réaction, tous les massacres des démocraties modernes de la Seconde Guerre mondiale à nos jours (réf. Maurice Bardèche).
    Il est exact de remonter à la philosophie de Giovanni Gentile (lequel était influencé de Hegel et de Kant) pour en saisir le fond, mais la postérité retiendra les discours et les actes de Mussolini avant tout (lequel a combiné l’héritage de son père « anarchique » et de sa pieuse mère catholique).
    Dans une définition simple, le fascisme est un type de socialisme non marxiste – et encore moins égalitariste -, mais bien au contraire bien aristocratique, à la fois étatique, national, impérial et universel. Les événements historiques dus au militarisme, au casus belli, à la crise boursière de 1929 et à la concurrence du communisme vont amplifier ce phénomène.
    Il y a du bon dans les conclusions, notamment à propos du récent « populisme italien » qui n’est pas vraiment un fascisme : nos plébéiens contemporains s’accommodant plus volontiers du cadre démocratique moderne, toujours celui-ci. Il y a du bon aussi concernant le manque de réalisation politique fasciste en France. Cet Idéal n’aura jamais abouti dans nos murs, malgré un nombre non négligeable de penseurs-pionniers (des théoriciens aujourd’hui réputé soit dans la Nouvelle droite soit dans la Droite nationaliste) et de la présence de certains mouvements qui en étaient partisans.

    Et comme il faut bien qu’il y ait un « hic » quelque part, et à vrai dire il y en a bien même deux qui, disons-le, dérangent relativement à l’écoute. Les voici :
    1) Pour commencer, certes, on peut jouer sur les alliances diplomatiques changeantes de Benito Mussolini à l’égard d’un Engelbert Dollfuss qui, en effet, était l’équivalent d’un Franco/Pétain autrichien – au sens de résistancialiste et national-catholique – avec lequel Adolf Hitler était entré en conflit (ici, en raison d’une volonté d’hégémonie pangermaniste répandue et voulant s’étendre sur tous ses territoires), mais cela ne dispense pas pour autant du fait que le national-socialisme hitlérien incarnait dans le monde ce que pouvait être un fascisme allemand ! Si le national-socialisme diffère en quelques matières, c’est à cause des contingences qui peuvent relever du charisme du chef, de l’identité particulière du pays en question et des forces militantes en présence. C’est hélas une maladie (et sans doute la seule) que le livre « Doctrines du nationalisme » de Jacques Ploncard a introduite dans le milieu et qui a été usée jusqu’à la corde depuis. Il est infécond de vouloir distinguer à outrance les fascismes sous prétexte de leurs particularisations (nationales) dans l’ordre universel. Je comprends difficilement ces braves gars qui, à sa suite, ne voit pas les liens qui uni ces courants entre eux selon les références susdites : NS allemand, NS canadien (avec Adrien Arcand), fascisme italien, phalangisme espagnol (Primo de Rivera comme Ledesma Ramos), ou encore légionnaires roumains, oustachis croates, etc. Cette attitude tiédasse fait même un peu « pisse-froid », effectivement, pourquoi raisonner ainsi sinon pour se la jouer super-historien de la neutralité, mais tout en demeurant anti-politique ?
    2) Le second hic, cette fois-ci d’ordre plus « religieux », vient du commentateur qui est allé un peu vite en mentionnant les conflits d’époque entre l’État italien et l’Église catholique à propos de l’étatisme. S’il y a du vrai à propos de ce conflit bien réel, il faut souligner que l’enseignement des Papes contemporains (antérieurs à « Vatican II » bien sûr) revendique bien la place de l’État comme devant organiser l’harmonie du tout (frontières nationales, corps intermédiaires, peuple) en tant que direction de la « société parfaite » (la Cité se suffisant à elle-même). Vous pouvez pour vous en rendre compte, lire l’encyclique de référence publiée en 1931 Quadragesimo Anno.


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