• Quelques passages sur l’influence de la Kabbale dans « L’antisémitisme » de Bernard Lazare

  • Voici quelques passages à propos de l’influence de la Kabbale dans les courants de l’histoire selon Bernard Lazare. L’auteur est un historien juif du XIX siècle qui, peu soupçonneux d’auto-antisémitisme, avait soutenu le colonel Dreyfus ;  ce qui ne l’empêchait pas pour autant d’avoir une certaine liberté de ton.
    Les citations sont tirées de son livre L’Antisémitisme de 1894 :

    Islam :

    « Mahomet fut nourri de l’esprit juif ; en fuyant la Mecque où sa prédication avait soulevé contre lui les Arabes fidèles aux vieilles traditions, il se réfugia à Médine, la cité juive, et, comme les apôtres trouvant leurs premiers adhérents parmi les prosélytes hellènes, il trouva ses premiers disciples parmi les Arabes judaïsants. Aussi les mêmes causes religieuses provoquèrent-elles la haine de Mahomet et celle de Paul. Les Juifs se montrèrent rebelles à la prédication du prophète, ils l’accablèrent de railleries et Mahomet qui jusqu’alors avait été disposé à entrer en composition avec eux les répudia violemment, écrivant une Soura célèbre, la Soura de la Vache, dans laquelle il les invectivait cruellement. Mais lorsque le prophète eut rassemblé autour de lui une armée de partisans, il ne se borna pas aux injures, il marcha contre les tribus juives, les vainquit et ordonna de ne pas prendre pour amis « les chrétiens et les Juifs ». Tous les Juifs se soulevèrent et s’allièrent avec ceux des Arabes qui repoussaient les doctrines nouvelles, mais l’extension du mahométisme triompha d’eux. A la mort de Mahomet, ils étaient très affaiblis ; Omar acheva l’œuvre. Il chassa de Khaïbar et de Whadi-l-Kora les dernières tribus juives, ainsi que les chrétiens de Nedjran, car chrétiens et Juifs polluaient le sol sacré de l’Islam. »

    p. 85-86.

    Protestantisme :

    « La Réforme en Allemagne, comme en Angleterre, fut un de ces moments où le christianisme se retrempa aux sources juives. C’est l’esprit juif qui triompha avec le protestantisme. La Réforme fut par certains de ses côtés un retour au vieil ébionisme des âges évangéliques. Une grande partie des sectes protestantes fut demi-juive, des doctrines antitrinitaires furent plus tard prêchées par des protestants, entre autres par Michel Servet et par les deux Socins de Sienne. En Transylvanie même l’antitrinitarisme avait fleuri dès le XVIe siècle, et Seidélius avait soutenu l’excellence du Judaïsme et du Décalogue. Les évangiles furent délaissés pour la Bible et pour l’Apocalypse. On sait l’influence que ces deux livres exercèrent sur les luthériens, sur les calvinistes et surtout sur les réformateurs et les révolutionnaires anglais. Cette influence se prolongea jusqu’au XVIIIe siècle même, c’est elle qui fit les Kakers, les Méthodistes, les Piétistes et surtout les Millénaires, les Hommes de la Cinquième Monarchie, qui avec Venner à Londres, rêvaient la république et s’alliaient avec les Niveleurs de John Lilburn. »

    p. 141-142.

    Anti-judaïsme :

    « Il m’a semblé qu’une opinion aussi universelle que l’antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous les temps, avant l’ère chrétienne et après, à Alexandrie, à Rome et à Antioche, en Arabie et en Perse, dans l’Europe du Moyen Âge et dans l’Europe moderne, en un mot, dans toutes les parties du monde où il y a eu et où il y a des Juifs, il m’a semblé qu’une telle opinion ne pouvait être le résultat d’une fantaisie et d’un caprice perpétuel, et qu’il devait y avoir à son éclosion et à sa permanence des raisons profondes et sérieuses ».

    p. préface


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