• France-Occitanie, pays d’Oïl et d’Oc

  • Différencier ces pays vient originellement de Dante, poète toscan né au XIIIe siècle. C’est lui qui rendit célèbre cette distinction des langues néo-latines en les classant en fonction de la façon dont on prononça le «oui» :
    – Langues « d’oïl » pour le Français (Nord de la France, gallo-francs),
    – Langues « d’oc » pour l’Occitan (Sud de la France, gallo-romains),
    – Langues de « si » pour l’Italien et l’Espagnol.

    L’origine d’oc
    Oc vient du latin hoc qui signifie littéralement cela. En fait, on exprimait ainsi l’affirmative: c’est cela ! De ce terme s’est forgé le nom de la région du Languedoc, pays de langue d’oc. Il s’étendait de la Garonne au Rhône, sa capitale était Toulouse. Le terme Occitanie apparaît au Moyen Âge sous sa forme latine Occitania, nom dont la terminaison a certainement été forgée sur le modèle d’Aquitania.

    Aujourd’hui oui s’écrit oc en occitan mais le c final ne se prononce pas (excepté dans le nom Lengadoc ou bien Pais d’oc). En provençal, oui s’écrit o. Frédéric Mistral parle de la lenga d’o (langue d’o). A l’est du Rhône, c’est donc le pais d’o !

    Au XVIe siècle, Clément Marot écrit :
    et tant qu’ouy et nenny se dira, per l’univers le monde me lira. A propos de la négative, nenny (ou nennil) est construit de la même façon : à partir de nen (variante de non et le suffixe -il). nenny pas ! signifie: pas du tout ! Cette expression est encore présente dans l’expression : que nenni !

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    L’origine d’oïl
    Dans le nord de la France, on rencontrait au Moyen Âge les deux formes : o et oil. Ainsi dans la Geste des Loherins (Lorrains, des germanisant séparés par le Rhin) on lit cette phrase (fin XIIe) : « li plus felons ne dit ne o ne non. les plus félons ne disent ni oui ni non. »
    Dans la Chanson de Roland (fin XIe), on trouve oïl. Ce mot est composé de hoc auquel on a rajouté il, pour renforcer l’affirmation. De même, on disait o-je, o-nos etc… comme les Anglais affirment encore aujourd’hui en disant yes, I am ; o-il correspond à yes, it is (oui, c’est cela).

    La prononciation de cette époque est différente de celle d’aujourd’hui : on ne disait pas [oï] mais o-il. En outre, la prononciation du o avait tendance à se transformer en [ou]. On passe à [ou-il] puis la lettre finale l (comme le c dans le midi) a disparu de la prononciation pour devenir [ou-i] puis en un seul son : oui !

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    Lexilogos

    « Il existe une langue occitane, qui n’est pas du « français d’oc » pas plus que de l’ « espagnol dégénéré » ou du « bâtard d’italien ». Si, sous François 1er, les armées françaises avaient conquis l’Italie et que cette conquête ait été durable, les dialectes italiens, du piémontais au sicilien, auraient sans doute été ravalés au rang de « patois », morcelés, infestés de mots français, mais il serait tout aussi impropre de parler de « français de si ». Le seul français est le « français d’oïl ». »

    Occitanie Libre du Parti Nationaliste Occitan, 1973.

    Ici, il y a cependant une erreur d’appréciation, car il est question d’une langue d’oc par contingence – ainsi accident – de l’histoire due à une meilleure intégration romaine, autrement le Nord comme le Sud incarnent la Gaule originelle, retrouvée au Moyen-Âge. Les Occitans, au regard de la Gaule historique, sont certes les « perdants de l’histoire » depuis une époque où ils étaient pourtant culturellement supérieurs au Nord (XIIe et XIIIe siècles), avec une langue rayonnante et unie (le parler de Bernard de Ventadour), comme elle ne sera hélas plus recouvrer. Il en est ainsi et ceci pose problème.

    « Il y a le cas de pays sous-développés, intégrés sans inégalité politique à un État étranger. Le complexe d’infériorité résultant de la domination et de l’assimilation, les contacts étroits et inégaux entre peuples à tempéraments différents provoquent une relative inactivité, une sorte de dégoût de vivre ou d’agir, une non-participation latente. Il en résulte une sous-productivité et la ruine devant la concurrence étrangère. Ces pays bénéficient d’investissements moindres et sont victimes de la politique économique suivie par l’État dominant. L’économie est orientée non point afin de satisfaire au mieux les besoins de la population du pays, mais selon les intérêts de la nation étrangère et de sa classe dominante. Le pays est souvent voué à une monoproduction garantissant sa dépendance. Dans cette situation se trouvent la Sardaigne par rapport à l’Italie, l’Occitanie par rapport à la France, l’Écosse par rapport à l’Angleterre, la Lituanie et le Turkestan par rapport à la Russie. »

    François Fontan, Ethnisme (L’exploitation).

    Cela une fois admis, il va falloir régler ce problème parce que la culture occitane pour le plus grand malheur des Occitans eux-mêmes est fortement menacée ; même sans qu’il soit utilisé une immigration massive… C’est la grande faute des forces de droite (perdues dans des notions uniquement hexagonales) et de gauches (niant l’identité pour ne conserver que l’aspect social) : de ne jamais avoir traité convenablement de ce sujet.

    PS. Il existe également une zone de transition linguistique entre les langues d’oïl et d’oc située dans le « croissant marchois » des environs de Pressac à Vichy.

    Un Occitan d’Occident.


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