• Petite vie et citations du philosophe et abbé limousin Joseph Roux

  • Un penseur trop méconnu et pourtant non moins intéressant ! Cet homme d’Église, philosophe et poète félibre est né le 19 avril 1834 à Tulle, actuellement dans le département de Corrèze, et il est décédé le 4 février 1905 dans sa ville natale à l’âge de 71 ans d’une grippe qui dégénéra en pneumonie.
     
    Contrairement à la Marche (région faisant office de frontière au Nord du Limousin), immédiatement au sud la langue d’oïl ne s’y est pas diffusée, ainsi ne préparant pas d’avance une sorte de « francitan » rejeton et bâtard. Ce ne sera pas effectif dans tout le reste de l’Occitanie (aujourd’hui appelé à tort « Midi de la France »).
     
     

    Citations

    En fait de louanges, nous consultons plus notre appétit que notre santé.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Aucun labeur n’est sans espérance.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Tel désordre, effet d’une puissante nature, est le comble de l’art.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Le mal triomphe souvent, il ne vainc jamais.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Les calomniés sont comme les fruits, ils sont mordus, donc ils sont bons.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Le héros émerveille, mais l’homme intéresse.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Un mérite incontesté n’a pas grande peine à paraître modeste.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Les demi-remèdes empirent les grandes maladies.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Le téméraire prévaut là et maintenant ; le prudent à la longue et partout.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Ce qui achève de pervertir le méchant finit de convertir le bon.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Il est une lenteur en affaires qui les mûrit, et une lenteur qui les pourrit.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Le réel donne l’exact ; l’idéal ajoute le vrai.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    L’amitié, c’est l’idéal ; les amis, c’est la réalité ; toujours la réalité reste loin de l’idéal.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Se connaître, c’est le vrai ; se combattre, c’est le bien ; se vaincre c’est le beau.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Préférons, n’excluons point.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Un long bonheur semble avoir besoin d’excuse et un long malheur, de pardon.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Un visage toujours serein possède un mystérieux et puissant attrait : Les cœurs tristes s’y viennent réchauffer comme au soleil.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Il n’y a pas d’humiliation pour l’humilié.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Nous sentons mieux que quelqu’un a tort quand c’est envers nous qu’il a tort.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    La langue se mettant à l’aise met tout à la gêne.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Tout un ciel est dans une goutte de rosée, toute une âme est dans une larme.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Peu savent souffrir, faute de cœur, ou jouir, faute d’esprit.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Réussir fait valoir nos qualités, et ne pas réussir fait valoir nos défauts.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Il n’y a plus d’enfants ! il le faut bien, puisqu’il n’y a plus de parents.
    Joseph Roux ; Pensées (1866)

    Biographie

    Quatorzième enfant de Léopold Roux et de Marguerite Chastang, Joseph Roux est né à Tulle (Corrèze, France), rue de la Barrière. Après des études à l’école des frères, puis au lycée et enfin au grand séminaire de Tulle, il devient successivement professeur au petit séminaire de Brive, vicaire de la paroisse de Varetz, curé desservant de Saint-Sylvain (1864-1875) puis de Saint-Hilaire-Peyroux (1875-1885).

    L’abbé Roux souffre de son isolement de prêtre en milieu rural, où il exerce son ministère pendant plus de vingt ans. Il souffre plus encore de l’incompréhension quand ce n’est pas l’hostilité avec laquelle est accueillie l’œuvre littéraire à laquelle il s’adonne depuis la fin de ses études. Sensible à la langue limousine, il entreprend un dictionnaire de la langue d’oc (encore inédit à sa mort), puis l’adopte dans son œuvre poétique. Certaines de ses œuvres sont de véritables chansons de geste comme Archambaut de Comborn. Il s’affirme ainsi comme un des chefs de l’école félibréenne, alors en plein essor.

    Sa Grammaire limousine est « toute remplie d’invectives contre ceux qui ont abîmé notre langue ou de boutades contre les imbéciles qui s’en moquent, grammaire de poète aussi qui a peine à contenir son lyrisme et laisse à chaque instant déborder son admiration pour son pays et pour sa langue ».

    Il affiche des positions politiques très conservatrices [traditionelles], qu’il expose dans une lettre adressée à Henri d’Artois, le 8 novembre 1872 (Tulle, 1873, 4 p.).

    En le nommant chanoine de la cathédrale de Tulle, en 1886, l’évêque de Tulle, Mgr Denéchau, rompt son isolement physique mais non pas moral, bien que ses Pensées aient été saluées par nombre d’intellectuels et artistes contemporains comme Puvis de Chavannes.

    Avec la création de la revue Lemouzi (revue toujours vivante grâce à sa recréation au début des années 1960 par le majoral Robert Joudoux), Joseph Roux contribue à publier les œuvres des auteurs félibréens du Limousin et à les faire connaître du public.

    Une rue de la ville de Tulle porte son nom (Boulevard Joseph Roux).

    En 1934, un médaillon en son honneur a été inauguré. Il est actuellement conservé au Musée du Cloître André Mazeyrie de la ville.

    Œuvres

    • Hymnes et poèmes en l’honneur de la Vierge, Paris, Putois-Cretté, 1865
    • Pensées (Maximes, études, images), 1866
    • « Bernat de Ventadourn », in Revue des Langues romanes, 1881 (poème)
    • La chansou lemousina, Paris, Picard, 1889 (réunit des poèmes en partie publiés précédemment)
    • Les Rustiques, Lemouzi, 1900.
    • Les proverbes limousins de Joseph Roux (1834-1905), nouvelle édition par Robert Joudoux et Joseph Migot, Tulle, Lemouzi, 1971.

    Source & 2


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