• L’ethnisme, doctrine ethnique et inter-nationale de l’occitaniste François Fontan

  • Personnage imminent et original. Né en 1929 et mort en 1979, François Fontan est un penseur politique occitan, fondateur du PNO (Parti nationaliste occitan, aujourd’hui Parti de la nation occitane). Fil d’un père maurrassien, il eut une évolution socialisante, pour enfin être une sorte de provincialiste autonomiste traditionnel et enraciné. Un autodidacte qui a pu suivre les cours de l’institut des sciences politiques à Toulouse. Il fait dans la philo-politique réelle, à la fois particulière et humanitaire, toujours dans une optique charnelle en étant d’une bonne pénétration d’esprit. C’était une époque où l’occitanisme était encore nationaliste-social de stricte obédience et non essentiellement gauchiste « moral »… L’impérialisme ne sera pas son dada, mais on ne saurait avoir toutes les vertus pour soi !

    Son « racialisme » (plus ethno-linguistiques qu’autre chose) s’appliquant universellement, le poussera même a rédiger sur la nécessité de retracer les frontières nationales dans le monde entier dans la revue Lo Lugarn (y compris selon les différentes ethnies africaines et non comme l’avait fait la IIIe République maçonnique à l’idéologie administrative et matérialiste) ; bien que son combat sera d’abord centré sur sa propre patrie Occitane, puis par extension le monde latin, la France et le reste de l’Europe.

    La première apparition du mot ethnisme en français est relevée dans Ferdinand de Saussure dans son Cours de linguistique générale en 1916. C’est alors l’équivalent français du Volkstum (littéralement : « ethnité »), les allemands ayant un héritage plus fédéral que la partie francophone.

    Un occitan d’Occident.

    Voyons donc une flopée de passages clefs tirés de ses livres et articles :

    Introduction :

    « Les forces de droite se sont cantonnées jusqu’à présent dans un nationalisme non-scientifique, disons plus exactement un patriotisme sentimental et borné qui les a entraînées aux pires aberrations impérialistes, et ceci au plus grand dam des véritables intérêts nationaux.

    Les forces de gauche malheureusement obnubilées par les problèmes de classes n’ont pendant longtemps pas étudié les problèmes de nations; la première approche scientifique de ces questions signée de Staline, se révèle toujours davantage inappliquée parce que confuse, inapplicable, et en grande partie fausse.

    Pendant ce temps l’histoire du monde est en marche à une allure accélérée et nous montre que nous sommes plus que jamais à l’ère des nationalismes.

    Après que le problème politique fondamental eut paru être celui de la dictature ou de la démocratie, puis celui du capitalisme ou du socialisme, il se révèle maintenant que l’option première est entre impérialisme et internationalisme, quoique puissent en penser les tenants des diverses logomachies, tous les dogmatiques et mythologues attardés. Albert Memmi écrivait dans “Les Temps Modernes” d’avril 1951: ” …De tout cela il a résulté une gêne certaine dans l’attitude socialiste à l’égard du nationalisme, un flottement dans l’idéologie des partis ouvriers. La réserve des journalistes et essayistes de gauche devant ce problème est à cet égard fort significative. Ils l’envisagent le moins possible; ils n’osent ni le condamner, ni l’approuver; ils ne savent comment ni s’ils veulent l’intégrer, le faire passer dans leur compréhension de l’avenir historique. En un mot la gauche actuelle est dépassée devant le nationalisme. “

    C’est dans l’intention d’apporter une étude objective et une solution rationnelle de ce problème, dans le cadre d’un humanisme scientifique global, que le présent ouvrage a été écrit. »

    Dédicace :

    « À la jeunesse du monde entier pour qu’elle rejette autant le faux nationalisme réactionnaire que le faux socialisme cosmopolite.
    À la jeunesse d’Occitanie afin qu’elle ose être elle-même, pour la première fois depuis sept cent ans. »

    Humanité et nations :

    « L’humanité n’apparaît pas comme un tout uniforme composé d’individus rigoureusement identiques; à côté de certaines caractéristiques communes à tous les êtres humains, et d’autres propres à chaque individu, apparaissent des caractéristiques communes à une certaine fraction de l’humanité.

    Outre la division de l’humanité en sexes et en ” classes d’âge “, et à côté de la division en classes qui est d’ordre économique, existe une autre séparation qui est d’ordre linguistique, racial et territorial, la séparation en ethnies.

    De même que les classes se définissent selon un critère économique, mais recouvrent des réalités humaines globales et pas seulement économiques, de même les ethnies recouvrent elles aussi des réalités humaines globales et pas seulement linguistiques. »

    Définition de la nation :

    « La nation est l’ensemble des hommes.

    1. parlant, ou ayant parlé, une même langue, c’est-à-dire entre lesquels existe l’intercompréhension provenant de similitudes phonologiques, grammaticales et lexicales.Il n’y a pas deux individus parlant exactement pareil; dans les limites où les variantes individuelles, locales, régionales, n’empêchent pas l’intercompréhension, existe l’unité linguistique, le ” groupe de parlers apparentés “, l’ethnie. On ne peut s’étonner que le principe d’intercompréhension n’ait pas cette rigueur mathématique dont sont dépourvues les sciences humaines.

    2. habitant, ou ayant habité, un même territoire, c’est-à-dire une partie de la surface terrestre, ou contiguë, ou dont les parties sont reliées entre elles par la mer. La mer plus qu’une barrière est un lien; la considérer comme une rupture de l’unité territoriale signifierait par exemple qu’il existe nécessairement autant de nations que d’îles danoises, grecques, japonaises, polynésiennes, et que les Turcs de Thrace et d’Anatolie forment deux nations différentes.Le territoire ne correspond pas obligatoirement à des limites naturelles (par exemple, celles-ci sont inexistantes depuis le nord de la France jusqu’à l’Oural), et il n’est appréciable que par l’indice linguistique. La langue a seule une valeur d’indice permettant de déterminer pratiquement quand et jusqu’où il y a nation. »

    Langage et pensée :

    « Les êtres humains sont des êtres sociaux; une société n’existe pas sans cette fonction fondamentale, cette force socialisante: la communication entre ses membres, le langage. Le système de communication dans l’espèce humaine est essentiellement le langage parlé.
    L’être humain n’a d’abord que des sensations, de même que les animaux; le langage humain est le moyen de transmettre, de rendre sensibles aux autres, ses propres sensations grâce à un système de sons et par l’intermédiaire de la parole et de l’ouïe. La parole est la caractéristique déterminante de l’espèce humaine.
    La pensée est le langage intérieur, la reproduction ultérieure du dialogue par les phénomènes de la mémoire et de l’imagination. Il n’y a pas de pensée ” pure “, isolée, qui serait autre chose qu’un dialogue réel ou imaginé au moyen d’un système linguistique déterminé, lui-même appris par appartenance à une société déterminée. »

    Région et familles ethniques :

    A l’intérieur de chaque nation existent les subdivisions que sont les régions. La région est essentiellement une notion de géographie physique et économique; les nuances dialectales, culturelles, raciales, qui peuvent également la caractériser sont trop faibles pour jouer un rôle déterminant. Il n’y a pas de vie intellectuelle indépendante de la région, ni de conscience régionale, parce que aucun des trois faits fondamentaux de la vie individuelle (situation dans les rapports de production, communication linguistique, rapports amoureux et familiaux) n’est profondément affecté par l’appartenance régionale. Les diversités régionales pour secondaires qu’elles soient, posent le problème assez peu important, mais réel, de la décentralisation, d’un certain fédéralisme, au sein de la nation.

    Entre les diverses nations existe une ressemblance une parenté plus ou moins étroite. Il existe ainsi des familles ethnolinguistiques telles que les peuples latins ou sémites, et des familles de familles telles que les Indo-Européens ou les Kamito-Sémites. Il ne faut d’ailleurs pas surestimer l’importance de ces ressemblances d’ordre génétique, car une langue peut également avoir de profondes ressemblances avec une langue d’origine différente en raison de toutes sortes d’influences convergentes.

    Naissance, évolution et mort des nations :

    « Les nations comme tout organisme vivant ne sont ni éternelles ni immuables; elles naissent, se transforment, puis meurent ou se perpétuent.
    La naissance, l’évolution et la mort des nations dépendent:

    1. de facteurs géographiques,

    2. de facteurs internes: composition raciale, natalité et mortalité, invention et adoption des techniques, luttes sociales et politiques, création et diffusion des idéologies,

    3. de facteurs externes: rapports de force avec les autres nations, et influences raciales, économiques et culturelles de ces nations. »

    Les rapports de force entre nations peuvent se présenter de plusieurs façons :

    1. Il peut y avoir génocide physique, c’est-à-dire anéantissement pur et simple d’une nation, accompagné du repeuplement du territoire par les membres de la nation impérialiste. Le génocide physique peut s’opérer par guerres et exécutions, par famines, épidémies et autres maladies provoquées volontairement ou non. Il peut ainsi y avoir génocide physique par les conséquences d’une simple immigration étrangère et sans intervention d’actes de violence, ou du moins sans que ceux-ci jouent un grand rôle. Il y a alors substitution de population, et tout problème international est ainsi supprimé, une fois le massacre terminé. Le génocide physique a été tenté et plus ou moins réalisé par les Allemands contre les Hébreux, par les Turcs contre les Arméniens, par les Anglais contre les Tasmaniens et contre des peuples amérindiens et australiens, par les Espagnols contre les Guanches des Canaries et les Amérindiens des Antilles, etc…

    2. Il peut y avoir substitution de population par poussée démographique et occupation du territoire sans destruction des indigènes, avec ou sans expulsion des indigènes. C’est ce que tentent ou ont tenté les Allemands et les Français en plusieurs points de leur frontière linguistique commune, les Français en Algérie, les Italiens à Trieste, les Turcs en Ionie, les Chinois en Mandchourie et en Mongolie intérieure, les Vietnamiens en Cochinchine, les Russes en Carélie, etc… Les faits sont évidemment très différents selon qu’il s’agit de territoires à forte densité ou de territoires presque vides d’habitants.

    3. Il peut y avoir génocide culturel, c’est-à-dire destruction de la langue et de la culture d’une nation et son remplacement par la langue et la culture du peuple vainqueur au moyen de toutes sortes de pressions étatiques et autres. Il y a alors assimilation accompagnée à des degrés divers de soumission politique et d’exploitation économique; cela s’accompagne d’ordinaire d’un métissage plus ou moins intense. Il s’agit là du cas d’impérialisme le plus fréquent. Le génocide culturel a été ou est actuellement tenté par les Espagnols contre les Catalans, les Basques et de nombreuses nations amérindiennes, par les Français contre les Bretons, les Occitans, et contre diverses nations et fractions de nations africaines, par les Russes contre de nombreuses nations de l’U.R.S.S., par les Birmans, contre les Môn, etc…

    4. Enfin, l’assimilation peut s’opérer uniquement par pression culturelle, sociale, économique, sans violence directe et sans contrainte étatique. Telle a été l’action des Araméens sur les Accadiens, des Grecs sur les Albanais, telle a été celle des Arabes sur les Berbères en Afrique du Nord, durant la domination française, etc…

    Les nations à l’époque moderne :

    « Depuis quelques siècles, à mesure que s’universalisent certaines caractéristiques communes des civilisations modernes, l’histoire des nations paraît être entrée dans une nouvelle phase, et l’on assiste à une évolution générale accélérée.

    1. Le peuplement de la Terre n’est pas totalement achevé, mais est en voie d’achèvement. Il n’y a presque plus de territoires vides; la surpopulation relative est plus restreinte; le métissage et les émigrations massives deviennent plus rares. En outre, les moyens de communication se sont infiniment améliorés et, en conséquence, les grandes émigrations lorsque elles se font n’entraînent pas une rupture des relations avec la mère-patrie. Le résultat est qu’il ne se forme plus de nouvelles ethnies.

    2. Toutes les ethnies acquièrent l’une après l’autre à une allure accélérée une cohésion de plus en plus grande dans tous les domaines. Les langues communes nationales se forment, l’unité économique se réalise l’indépendance et l’unité politiques s’obtiennent ou se conquièrent, l’état national se crée ou se concentre. Cette époque, qui est celle de la démystification universelle et de la prise de conscience par les hommes des réalités fondamentales de leur existence, est celle, en particulier, de la prise de conscience nationale. »

    Régions et familles ethniques :

    « A l’intérieur de chaque nation existent les subdivisions que sont les régions. La région est essentiellement une notion de géographie physique et économique; les nuances dialectales, culturelles, raciales, qui peuvent également la caractériser sont trop faibles pour jouer un rôle déterminant. Il n’y a pas de vie intellectuelle indépendante de la région, ni de conscience régionale, parce que aucun des trois faits fondamentaux de la vie individuelle (situation dans les rapports de production, communication linguistique, rapports amoureux et familiaux) n’est profondément affecté par l’appartenance régionale. Les diversités régionales pour secondaires qu’elles soient, posent le problème assez peu important, mais réel, de la décentralisation, d’un certain fédéralisme, au sein de la nation.

    Entre les diverses nations existe une ressemblance une parenté plus ou moins étroite. Il existe ainsi des familles ethnolinguistiques telles que les peuples latins ou sémites, et des familles de familles telles que les Indo-Européens ou les Kamito-Sémites. Il ne faut d’ailleurs pas surestimer l’importance de ces ressemblances d’ordre génétique, car une langue peut également avoir de profondes ressemblances avec une langue d’origine différente en raison de toutes sortes d’influences convergentes.
    Il existe également des parentés de civilisation ne coïncidant pas avec les parentés linguistiques; il peut ainsi y avoir des faits techniques, sociaux ou religieux, dont l’extension ne correspond pas avec les familles linguistiques, et qui sont autant de liens entre des nations ethniquement très différentes. »

    Les rapports de force entre nations peuvent se présenter de plusieurs façons :

    1. Il peut y avoir génocide physique, c’est-à-dire anéantissement pur et simple d’une nation, accompagné du repeuplement du territoire par les membres de la nation impérialiste. Le génocide physique peut s’opérer par guerres et exécutions, par famines, épidémies et autres maladies provoquées volontairement ou non. Il peut ainsi y avoir génocide physique par les conséquences d’une simple immigration étrangère et sans intervention d’actes de violence, ou du moins sans que ceux-ci jouent un grand rôle. Il y a alors substitution de population, et tout problème international est ainsi supprimé, une fois le massacre terminé. Le génocide physique a été tenté et plus ou moins réalisé par les Allemands contre les Hébreux, par les Turcs contre les Arméniens, par les Anglais contre les Tasmaniens et contre des peuples amérindiens et australiens, par les Espagnols contre les Guanches des Canaries et les Amérindiens des Antilles, etc…
    2. Il peut y avoir substitution de population par poussée démographique et occupation du territoire sans destruction des indigènes, avec ou sans expulsion des indigènes. C’est ce que tentent ou ont tenté les Allemands et les Français en plusieurs points de leur frontière linguistique commune, les Français en Algérie, les Italiens à Trieste, les Turcs en Ionie, les Chinois en Mandchourie et en Mongolie intérieure, les Vietnamiens en Cochinchine, les Russes en Carélie, etc… Les faits sont évidemment très différents selon qu’il s’agit de territoires à forte densité ou de territoires presque vides d’habitants.
    3. Il peut y avoir génocide culturel, c’est-à-dire destruction de la langue et de la culture d’une nation et son remplacement par la langue et la culture du peuple vainqueur au moyen de toutes sortes de pressions étatiques et autres. Il y a alors assimilation accompagnée à des degrés divers de soumission politique et d’exploitation économique; cela s’accompagne d’ordinaire d’un métissage plus ou moins intense. Il s’agit là du cas d’impérialisme le plus fréquent. Le génocide culturel a été ou est actuellement tenté par les Espagnols contre les Catalans, les Basques et de nombreuses nations amérindiennes, par les Français contre les Bretons, les Occitans, et contre diverses nations et fractions de nations africaines, par les Russes contre de nombreuses nations de l’U.R.S.S., par les Birmans, contre les Môn, etc…
    4. Enfin, l’assimilation peut s’opérer uniquement par pression culturelle, sociale, économique, sans violence directe et sans contrainte étatique. Telle a été l’action des Araméens sur les Accadiens, des Grecs sur les Albanais, telle a été celle des Arabes sur les Berbères en Afrique du Nord, durant la domination française, etc…

    Échanges internationaux :

    « Parmi les échanges proprement humains, il faut distinguer entre l’échange provisoire d’individus tels que le tourisme, l’exercice du droit d’asile, les stages d’étude et de travail, qui sainement organisés ne peuvent que renforcer les liens culturels et être un moyen d’enrichissement pour tous, et d’autre part l’échange définitif d’individus: naturalisation et métissage.

    A une échelle restreinte, ceux-ci n’ont d’inconvénients que pour les personnes directement intéressées, par les difficultés d’adaptation qu’ils présentent pour eux et leurs enfants, surtout si les deux peuples originaires étaient très différents.
    A une échelle importante, naturalisation et métissage modifient profondément le caractère national, et créent ainsi des perturbations sociales et culturelles dont en définitive sont victimes les autochtones dans leur ensemble. Le premier moyen d’éviter une immigration abusive est d’obtenir dans chaque pays une natalité équilibrée correspondant au niveau optimum de peuplement du pays, toute autre mesure ne venant que consolider cette situation. »

    Aparté. Question juive :

    [Son  ethnisme le conduit à reconnaitre dans le Juif un caractère de déraciné objectif. Ce qui le pousse à accepter un Israël ou du moins une collectivité ethnique distincte reconnue. Ce qui n’est pas pour plaire aux antiracistes non plus, et ne demeure à tout de moins pas ignorant de la question juive quoi qu’il ne soit pas « anti-juif » ni au sens racial, ni au sens religieux (n’étant pas catholique par conception marxisante). Rappelons que la dispersion des Juifs sur le Globe est œuvre de punition divine dans l’Ancien Testament (chose reconnue généralement des rabbins) et que selon le Pape saint Pie X dans son échange avec le père du sionisme Theodore Herzl « Les juifs n’ont aucun droit en terre sainte ». C’était autre chose que Jean-Paul II l’anti-Pape du noachisme (reconnaissance de « chambre homicide », des millions génocidés, de l’État d’Israël et de l’hostilité au révisionnisme historique dans les années 90 qui relevait pourtant précédemment des conclusions de Pie XII).]

    « Ce sont parmi ces assimilés collaborateurs (qui peuvent d’ailleurs venir également d’autres couches de la nation) que se trouvent les plus farouches chauvins de la nation conquérante. Le refoulement linguistique et culturel dont souffrent inconsciemment mais profondément ces assimilés est la cause réelle de leur agressivité et de leur impérialisme. En luttant contre les non-assimilés, ils luttent contre leur propre subconscient, et ils se vengent de l’oppression qu’ils ont subie dans leur jeunesse en l’imposant aux autres. Tels sont l’Italien francisé Buonaparte, le Géorgien russifié Djougachvili-Staline, le Portugais hispanisé Franco, les Juifs antisémites, les Occitans francisés l'” Action Française “. (Ces derniers partiellement, car leur programme de ” décentralisation ” et de défense des dialectes est une survivance de conscience occitane opposée à leur nationalisme français ultra-chauvin). »

    « La renaissance hébreue était encore loin, et Marx et aussi plus tard les Juifs bolcheviks, restèrent prisonniers de leur condition de déracinés, de dénationalisés, de semi-assimilés, avec toutes les conséquences que cela entraîne.
    Parmi les partis s’inspirant plus ou moins exclusivement de Marx, les sociaux-démocrates poussèrent jusqu’à ses conclusions pratiques l’impérialisme messianique occidental, implicite dans le marxisme. Est-il besoin de rappeler la fidélité servile de la IIe Internationale à l’unité de l’Autriche-Hongrie et sa longue hostilité à l’indépendance polonaise ? De rappeler l’attitude du gouvernement travailliste anglais lançant les féodaux arabes contre l’état d’Israël renaissant, l’hostilité de ce parti aux revendications galloises et écossaises, la politique des travaillistes anglais d’Australie interdisant l’installation dans d’immenses territoires inhabités des populations asiatiques entassées dans le Bengale ou le Fou-Kien ? De rappeler enfin le constant soutien de la S.F.I.O. au colonialisme français, allant dans ces dernières années jusqu’à diriger une guerre impérialiste atroce contre les Arabes et les Berbères d’Algérie, son hostilité aux revendications des Basques, des Bretons, des Allemands d’Alsace et de Moselle, son soutien aux projets ” européens ” ? »

    « En U.R.S.S., tous les groupes ethniques, ou presque tous, ont vu leur existence reconnue, des territoires leur ont été attribués, leurs langues ont été littérarisées et enseignées. On voit d’emblée quel immense progrès cela représente par rapport au régime d’oppression intégrale qu’était le tzarisme ou même par rapport à bien des états bourgeois. Mais à côté de cela, on doit reconnaître que : (…)

    enfin certaines nationalités et fractions de nationalités ont été supprimées et dispersées par décret, cette mesure ayant été partiellement annulée et réparée par Khrouchtchev; le sort des Juifs s’apparente à celui de ces nationalités, puisque tout mouvement national, toute expression culturelle en hébreu d’abord, en yiddish ensuite, tout rapatriement en Israël (qui aurait été massif sans cela) leur ont été interdits, et que la mort de Staline leur a évité de justesse des persécutions plus sévères encore. »

    « Dans les pays occidentaux capitalistes, qui au cours des derniers siècles avaient étendu leur domination sur presque toute la Terre, le développement des tendances internationalistes ne s’est fait qu’avec beaucoup de retard. Les nations indépendantes dont l’état national et la conscience nationale étaient déjà formés à l’époque féodale et s’étaient renforcés au début de l’époque bourgeoise, comme celles dont l’homogénéité s’était affirmée au cours de cette époque bourgeoise, sont maintenant en voie d’être colonisées à leur tour par le super-impérialisme anglo-saxon; et cela, de par la logique interne du système capitaliste auquel elles demeurent attaché: concentration du capital et impérialisme anglo-américain sont les deux noms d’un même phénomène. »

    « Les étrangers peuvent résider sur le territoire national dans la mesure où l’état les y autorise, mais ne peuvent y jouer aucun rôle politique ou militaire; leur naturalisation ne peut être accordée qu’en nombre restreint et lorsqu’elle correspond à une assimilation réelle.»

    François Fontan, Vers un nationalisme humaniste (par chapitres).

    Les doctrines internationalistes :

    « C’est de façon empirique qu’il a tendu à se constituer la seule idéologie correspondant à une pratique qui soit l’inverse de l’impérialisme : c’est l’internationalisme (ou si l’on veut l’ethnisme). L’internationalisme est le contraire du cosmopolitisme comme le mot l’indique : il consiste à reconnaître la profondeur, la réalité, la permanence des faits nationaux, et se prononce pour l’indépendance et l’unité de chaque nation dans le monde, et la collaboration maximum entre nations indépendantes. »

    François Fontan, Ethnisme (1961).

    « En 1960, un inconnu, François Fontan, fait paraître un petit livre au titre énigmatique: Ethnisme, vers un nationalisme humaniste. Dans celui-ci il expliquait que la langue est l’indice synthétique de la nation. Que partout où il y a une langue parlée sûr un territoire donné, il y avait une nation et que chaque nation avait droit à son Etat indépendant propre. Cette nouvelle doctrine, l’intellectuel (qui était autodidacte), l’appela «ethnisme» par référence au mot grec «ethnos» qui signifie peuple ou nation. L’ethnisme redessina la carte du monde en contestant les Etats-nations artificiels pour les remplacer par des Etats correspondant aux nations dont les frontières étaient ethno-linguistiques et non plus le résultat d’impérialismes guerriers. Un an auparavant, Francés Fontan avait créé le devenu maintenant le Parti de la Nation Occitane. Organisation politique dont le but clairement énoncé est l’indépendance de l’Occitanie.

    Plus de cinquante ans après la publication du livre de Francés Fontan, l’ethnisme est plus que jamais d’actualité et représente un avenir pour l’humanité. Néanmoins, le livre ne se résume pas à la définition d’un nationalisme anti-impérialiste de type ethnique, il présente une analyse des rapports nouveaux qui sont à promouvoir entre nations, entre hommes et femmes, entre classes d’âge et entre classes sociales. Il est un projet pour une société de liberté et d’amour. »

    Espaci occitan

    François Fontan propose les limites entre les différentes langues : la langue occitane, le français, l’italien, etc. Et ceci grâce à une carte lisible. Il souligne la diversité du monde occitan et révèle les nombreuses possibilités qu’offre la construction européenne aux partisans des identités régionales.

    L’auteur reconnait neuf entités ethno-linguistiques dans le monde latin et met en évidence cinq points qui unissent et spécifient les zones occitanes. Vu toutefois les différences des sept provinces qui composent cet ensemble, il recommande un fédéralisme interne.

    Il propose aussi de définir un territoire occitan en fonction de la langue, l’ethnie.

    François Fontan, La nation occitane, ses frontières, ses régions (4ème de couverture).


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  • 2 commentaires




    […] « radicalité passée » de ce parti. Cependant cela, c’était du temps de son théoricien,le brave François Fontan, et c’est ce qui m’empêche d’être trop sévère avec eux (mais le parti est hélas microscopique et « politiquement correct » […]


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    […] parfois inédite sur le Vatican et les races, les mesures de Louis XVI, le déterminisme, l’ethnicisme ou encore une sélection de citations […]


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