• Réflexion et révolution II : la dernière conférence de Philippe Ploncard d’Assac sur « la révolution qui ne vient pas »

  • « Les grands embrasements naissent de petites étincelles. »
    Cardinal de Richelieu, Testament politique.

    Nos différends avec le professeur Tournesol importent peu, surtout ceux personnels. C’est le sujet de révolution en phase avec l’actualité, en même temps d’être une chose multi séculière, qui doit retenir notre attention. Thématique sur laquelle nous avons d’ailleurs beaucoup planché dernièrement avec l’ami André Gandillon de la Revue Militant avec en tout trois épisodes évoquant le cas des Gilets Jaunes. Réflexion et révolution : cela a même donné une petite mise à l’écrit toute récente : Réflexion et révolution I : deux camps de l’histoire, principe de décohérence et prise en main des destinées. Seule la pénétration d’esprit m’intéresse, ceci n’est certainement pas pour faire un clin d’œil ou me faire bien voir par le concerné, parce que dans le fond « me ne frego », « no me importa un carajo » ! Le goût des idées. Des idées vraies. Point barre.

    Voici donc ci-dessous le relai et l’analyse de cette conférence sous forme de compte rendu, avec critique bienveillante. Le texte qui suit a été tiré des notes prises durant la conférence. Le texte se divisera en quatre parties : insurrection des Gilets jaunes, exemples historiques des précédents révolutionnaires, ébauche pour aboutir politiquement, désaccords relatifs.

    Conférence de Philippe Ploncard d’Assac du 12 avril 2019. Réflexion sur la révolution qui ne vient pas :

    1) Insurrection des Gilets jaunes.

    Peuple français, État français avec Emmanuel Macron, mondialisme cosmopolite.

    Après une quasi-trentaine de semaines, il est temps de prendre du recul. Il s’agit en apparence d’une révolte populaire pour la défense de son bien matériel. La première phase d’une révolution est toujours populaire, mais celle-ci n’est parfois pas nécessaire. Pour aboutir, au-delà de la détermination collective brouillonne il manque à ce soulèvement un chef pour commencer, ensuite un corps de doctrine et enfin une organisation contenant un projet claire : qui dépasse toutefois le simple matérialisme. C’est pour l’instant une simple une jacquerie, exprimant un désespoir légitime.

    Le danger de ces mouvements spontanés est la part sentimentaliste qui y est suscitée et qui peut être orientée, utilisée ou encore modifiée de l’intérieur. Tout comme avec les révolutions oranges et autres printemps arabes au Moyen-Orient qui ont abouti sur pire (affaiblissement ou destruction d’un État-nation pour une hégémonie mondialiste atlanto-soniste). Le régime tente de désarmer le groupe en essayant de s’accommoder avec cette histoire de Grand Débat (c’est l’État qui fait les questions, et cela provoquera en réaction que des cocus et des déçus). Emmanuel Macron a d’ailleurs bien du mal à gérer la situation, fuyant ses appartements chaque « weekend » entre mépris publics et fausses promesses. Ne serait-ce qu’à moyen terme cela ne fera que gonfler la fracture qui prendra soit la même forme amplifiée soit se répercutera sur autre chose de nouveau et de plus redoutable pour lui. Il est difficile de donner encore jusqu’à 10 ou 20 ans de vie à ce régime aux abois, bien que les choses humaines évoluent lentement à notre goût.

    Régler la situation demande bien plus qu’un ou deux dolipranes pour une jambe de bois, et inversement rien ne peut être demandé à ce régime pour qui ordonner la société au bien commun en améliorant la situation n’est même pas au stade de « projet en construction ». Tout simplement parce que celui-ci a été placé par la finance internationale justement pour mieux brimer le peuple via un État vicié. Idem pour la dénonciation du problème migratoire, on ne peut se limiter à dénoncer ses effets (submersion visible) sans dénoncer la cause qui la précèdent : abandon des valeurs familiales traditionnelles donc absence de renouvellement des générations, ou plus encore : les vecteurs politiques principaux qui attirent l’invasion par les aides sociales et les frontières ouvertes (Partis politiques démocratiques tous confondus, Georges Soros, Jacques Attali, BHL, etc). La réaction qu’elle soit #GJ ou non, va nécessairement s’amplifier face à un État français et une Union Européenne qui vont se raidir sur la question, si ce n’est pas déjà fait (accusations de toutes parts, blessés et plaintes ignorées, faire appel à des mercenaires pour tirer à balle réelle en cas de pépin sévère, censure des réseaux sociaux et des algorithmes, etc)…

    2) Exemples historiques des précédents révolutionnaires.

    Révolution française, Napoléon, régime de Vichy, Allemagne hitlérienne, Russie des Tsars et de Poutine, général Franco.

    Le terme de « révolution » est loin de ne signifier que la subversion de 1789, c’est un changement net de régime, voilà une affirmation généraliste. Un changement en bien ou en mal, mais qui était nécessaire dans un contexte donné. Cela a pu et peut prendre différentes formes.

    – La révolution de 89 en France n’est pas venue de nulle part, elle a abouti, car il y eut quelques antécédents (courants intellectuels des Rousseau, Voltaire, Montesquieux, etc). Le roi Louis XV qui commençait à se défendre de l’exportation de la franc-maçonnerie d’un côté, mais qui de l’autre fait entrer Voltaire au Panthéon en était un signe avant-coureur. Et enfin un Louis XVI trop indécis, changeant d’avis, manquant de réactivité, trop imbue du progressisme nouveau : fera cesser le feu et ne fera pas boucler les portes de la Bastille lors de l’invasion des « plébéiens » le 14 juillet.

    Un régime peut toujours se défendre des menaces, mais il doit être conscient de ce qu’elles représentent et être déterminé face à elle (jouer la carte de la négociation ou de la répression selon le phénomène).

    L’État français du Maréchal Philippe Pétain, toute autre chose, est arrivé en 1940 non pas par la faiblesse directe du régime face à une junte révolutionnaire, mais par sa démission dans la débande de la défaite militaire. C’est donc une cause guerrière et géopolitique doublé d’une lâcheté qui tua la IIIe République pour faire appelle à un État centralisé autour du Chef. La faiblesse est ce qui a conduit à sa fin, d’elle-même. À savoir donc, le désarmement de la IIIe République face à un IIIe Reich sur-armée.

    Le « régime de Vichy » comme disent les (au combien subversif) « gaullo-communistes » (subversifs de l’autorité comme de la morale chrétienne) ne fut en revanche pas une véritable « Révoltions nationale ». Ce fut un changement de régime et de principes certes, mais le résultat d’une vacance du siège présidentielle en somme (non dotée d’infaillibilité pontificale pour le coup !). Le régime a survécu avec l’appui de cadres militaires, des gens nouveaux, mais peu regardants vis-à-vis des réactionnaires mous (tel Emmanuel Berl) et des héritiers plus ou moins francs-maçons de la IIIe République qui toquaient encore à la porte (tel Pierre Laval).

    Concernant l’Allemagne Hitlérienne c’est encore un autre cas de révolution, plus politique, elle est le résultat d’une véritable relation fusionnelle entre le Chef et son Peuple. La masse fut pleinement attirée par son discours clair, incisif, ciblé et entraînant. Las aussi et surtout de la décadence dans laquelle la population était plongée, las de l’appauvrissement engendré, las du défaitisme suite au retour de la Grande Guerre et de l’injustice du traité de Versailles (avec ses pertes de territoires).

    – En Russie, quelque peu à l’image de nos derniers Rois capétiens, les derniers Tsars ont été faibles face à la menace politique, laissant pourrir la paysannerie russe aux aboient (avec leurs terres dévastées) et l’abandonnant par la même aux « agents sociaux » de Trotsky. Mais laissons de côté ce sujet pour l’instant, pour en traiter dans la manière d’aboutir politiquement.

    – Avec Vladimir Poutine, M. Ploncard parle éventuellement de « révolution de palais » parce que nous avions là, à la base, un bon « toutou » (sic) d’Eltsine (libéral pro-atlantiste) qui sort du KGB (constitution bolchevique) et semble vouloir continuer la ligne entreprise depuis des décennies. Or, il prend le pouvoir pour finalement faire « faux bon » par une profession de foi patriotique et « orthodoxe » (cacodoxie pour un catholique qui se respecte, mais passons) avec la volonté ferme de rétablir les gloires de son empire passé (hélas identifiable à l’URRSS de Staline). Ainsi, le changement est moins radical du moins sur la forme, mais clairement perceptible.

    Le soulèvement militaire aussi est une chose qui peut arriver. Que ça soit le corse Napoléon Bonaparte ou Francisco Franco en Espagne ce sont des putsch de la part de ces généraux qui ont conduit à un changement de régime. Ces choses-là existent seulement dans des périodes héroïques et face à des menaces gravissimes. Encore faut-il avoir des personnes héroïques. Ce que nous n’avons pas en France à l’heure actuelle au sein des cadres de l’armée, de fait. De plus, l’héroïsme n’est vertueux que dans sa catégorie et ce n’est pas forcement le régime établi derrière qui fera œuvre de la meilleure salubrité publique. L’armée peut aussi changer la donne après coup, car ce corps reste globalement légaliste, il se met à appuyer le nouveau régime et sert ainsi à le faire tenir et à le légitimer (cadres amiraux et généraux de Vichy, idem pour le IIIe Reich ou encore le bolchevisme « russe »). Un soutien de force, nécessaire et qui vient nécessairement.

    3) Ébauche pour aboutir politiquement.

    Combat à court et à long terme, courant des Lumières et révolutionnaires trotskystes, conclusions des gilets jaunes.

    « La volonté est la suprême créatrice de l’histoire » dira Philippe Ploncard d’Assac. C’est l’œuvre systématique d’une minorité agissante qui met de son côté un bon segment de la population, ceci est réalisable en disant aux gens leurs malheurs, en répondant à leurs attentes, et ceux-là écoutent d’autant plus quand une crise matérielle fait rage. Et la crise financière est complètement d’actualité.

    Il y a deux possibilités d’agissements. Le travail de longue haleine qui est intellectuelle, celui-ci est plus radical en terme de modification, ou sinon c’est le travail à court ou moyen terme ainsi, l’action directe à un moment donné. Quand une courte ouverture a lieu comme dirait André Gandillon. Le combat à long terme est fait de formation et de conversion, celui à court/moyen terme d’action et d’information. La lente maturation par le travail intellectuel est plus lente du courant des Lumières à travailler plus en profondeur les masses, car leurs faisant changer de paradigme, de mœurs…, on dirait aujourd’hui de logiciel. Un élément d’importance amplifiée depuis l’imprimerie et plus encore avec l’Internet. L’opinion prend d’autres formes et évolue plus vite encore. Ça a été l’action de la franc-maçonnerie d’investir le papier avec ses encyclopédistes, et en changeant les définitions ils ont amené leur mode de pensée.

    Lors de la fin des monarchies russes, la différence s’opérait entre menchevik (majorité) et bolchevik (minorité), la guerre se trouvait jusque dans le terme, la tactique première était d’avoir la majorité de son côté, et la seconde était de se baser sur la minorité qui agit. Trotsky a continué dans sa lancée malgré l’opinion défavorable tant populaire que dans le reste du monde, contre les majoritaires. L’action trotskyste s’opérait par multiplicité de cellules de formation privée faisant des actions concertées. Et devinez qui a gagné des deux ? La minorité agissante, car déterminée !

    Pour conclure via les Gilets jaunes : ces basculements sont explicables par les dysfonctionnements sociétaux et l’effondrement financier qui menace le tout. Laréaction est bien représentée par nos classes moyennes blanches asphyxiées qui réagissent contre, mais se limite en ne remettant pas assez en question l’entièreté du système puisqu’elle partage avec son celui-ci le manque de spiritualité. D’ailleurs, cette révolte spontanée dégénère depuis quelques semaines en agitation urbaine embourgeoisée et gauchisée, non-organisées en action révolutionnaire. Il manque encore bien trois éléments aux Gilets jaunes toutes tendances confondus à ce jour : organisation autour d’un chef charismatique et éclairé, connaissance du problème profond et des solutions à apporter par des actions incisives à mener selon les ouvertures possibles. En sommes, de la vraie politique militante dont les faisceaux fascistes italiens ont tout autant montré l’exemple historiquement. C’est une chose absente ou du moins carencée dans ce mouvement se limitant à du matériel et à du social.

    Le changement de régime s’opère autrement lorsqu’en bas on ne veut plus, et qu’en haut on ne peut plus. La France d’en bas gilet-jaunesque commencent à ne plus vouloir et la France d’en haut macronienne commence à ne plus pouvoir. Il est possible d’aboutir par ce biais en étant face à un régime faible qui a des ennemis coalisés puissants et déterminés. En effet, c’est un principe de base : une réaction faible ne viendra pas à bout d’un système puissant. Il faut se former en cellule, attendre le moment opportun de l’inaction du régime, alors les organisations non discrètes pourront revenir sur le terrain et former un groupe de force visible à la doctrine sûre.

    4) Désaccords relatifs avec le conférencier.

    Islamophilie, principe de colonisation, Révolution française, complotisme, identité et philosophie.

    Aucun désaccord sur la situation révolutionnaire je le précise. Il s’agit de désaccord sur le fond évidemment et ce n’est pas pour trier les poils de fesses. Tout d’abord, si l’entente géopolitique avec les pays du Moyen-Orient est certainement louable, il ne faut pas pour autant s’avérer être mous vis-à-vis de l’islam, de le ménager, ou pire d’en faire l’éloge en tant tel (alors que c’est une secte fausse).

    Je trouve aussi le conférencier épris de dualité via la colonisation par « historicisme ». Par esprit gallican dit franco-centré, les nationalistes d’Action française ont refusé le principe de colonisation, ce n’est pas là un esprit impérial Chrétien qui veut que soit « enseignées toutes les nations ». Cela a eu pour résultat de laisser encore plus de terrain aux francs-maçons républicains pour faire leur sale besogne. Et le siècle d’après ces mêmes nationalistes, sont allés défendre l’Empire français en Afrique par notion « d’héritage français », de combat des ancêtres… C’est ce qui s’appelle avoir un métro de retard, salement. Soit on se recentre sur notre pays et l’unité européenne pour ensuite conquérir le monde, soit on joue l’autruche et on se tait.

    Mais plus encore je voudrai revenir sur l’abusive expression classique de « Révolution dite française » qui émane de l’école contre-révolutionnaire :

    «La commémoration du bicentenaire de cet événement anti-chrétien et anti-français est un scandale. Un mouvement contraire, à la fois spirituel et national, est donc parfaitement légitime. Il faut démystifier la révolution, dite française, en commençant par rappeler ce qu’elle fut.»

    Pierre Sidos, allocution du samedi 21 janvier 1989, en la salle de la Mutualité à Paris.

    Voilà ce que j’en disais grosso modo il y a peu par rapport à un site royaliste afin de remettre les pendules à l’heure :

    « La «révolution dite française» est une expression insuffisante et assez peu percutante quand bien même le coup de communication serait efficace, car au-delà de toute influence judéo-maçonnique, les Français étaient largement acquis à ces évènements, se rendant ainsi complices en puissance comme en acte. Il n’y a pas de distinction à outrance possible entre un peuple et son État dont il est comme une émanation de celui-ci, chargé de le gouverner (il y a articulation entre les deux). Autrement dit, l’expression de pays dit réel et de pays dit légal chez les maurrassiens, est bien stratégique mais c’est une foutaise. Les mêmes reproches peuvent être adressés à l’expression «Anti France». »

    Florian Rouanet le 6 mars 2019, in. Critique de l’ancien relai de ma conférence «L’unité doctrinale contre les faux amis» par les royalistes de «Christ-Roi».

    Les complots existent mais le complotisme doctrinal fait omettre que le couple population et État sont souvent consentants à plusieurs échelles.

    Au passage nous remercions l’intervenant au moment des questions qui se définit « fasciste » pour avoir souligné cette contradiction. Au-delà de l’action de la finance juive et de l’importation maçonnique (d’origine anglaise), énormément de Français ont cru à cette révolution et l’ont promu (Fénelon, Robespierre, Danton et Claris de Florian n’étaient pas des Hébreux !). On ne peut minimiser son aspect populaire qui s’explique précédemment par la crise interne du royaume. Et là aussi la fermentation populaire a fait bouger les choses quasi un siècle auparavant. 1789 a mis une bonne partie de la population de son côté, sans qu’elle sache évidemment que ce basculement n’allait guère lui profiter en bon sens, en sang et en économie comme en spiritualité.

    Cette révolution ne doit pas être non plus un exemple pour toute la sophistique sur laquelle elle a débouché, nous vivons actuellement les conséquences de ce nouveau (désormais ancien) libéralisme. Et si la révolution de 89 est le résultat (entre autres) d’une infiltration physique et idéologique pernicieuse autour de la cour du roi : ce n’est pas dans nos pratiques, nous ne sommes pas des subversifs, car l’ordre (le bien) n’est tout simplement plus dans l’ordre (l’autorité politique), d’où le terme de contre-révolution pour remettre l’ordre à l’endroit. Une dialectique pour le coup plus réaliste.

     

    Voilà un bon brossage qui fait, je l’espère, le tour du sujet. Ce n’est pas autre chose qui a été dit dans nos derniers entretiens vidéos effectués avec M. André Gandillon. Que cela puisse servir à vous tous !

    « Sans lutte, il n’y a pas de vie. Pour nous, la bataille, c’est la victoire. »
    Onésimo Redondo, Libertad
    , juin 1931


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  • 3 commentaires




    […] textes passés Réflexion et révolution I & II, […]


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    […] être un contre-révolutionnaire de la “catégorie au sens large”, quand bien même il serait « révolutionnaire » en termes de processus, et bien qu’il ne soit pas foncièrement réactionnaire […]


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    […] Réflexion et révolution partie I (André Gandillon) & Réflexion et révolution partie II (Ph. Ploncard) […]


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