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Publié le par Florian Rouanet
En ce centième anniversaire de la mort de Frédéric MISTRAL, le cercle d’études de l’AF-Provence sur Maurras entre amour régional félibre et nécessité monarchique était particulièrement bienvenu.
Vendredi 21 mars, Michel FRANCESCHETTI a rappelé aux jeunes militants présents que Charles MAURRAS a d’abord été un mistralien. Provincial exilé à Paris, il voulait garder ses racines en défendant la langue provençale et en entrant au félibrige.
Ayant trouvé que le combat culturel avait des limites, il publia la « Déclaration des jeunes félibres fédéralistes » (22 février 1892) qui exposait un programme audacieux de réformes politiques. Il fut l’objet de vives critiques mais Frédéric MISTRAL le protégea.
Régionaliste, Charles MAURRAS s’engagea aussi dans le nationalisme avec Maurice BARRÈS. Mais il comprit que l’avenir de la région et de la nation passait par le roi, après avoir découvert l’étendue des libertés dont Martigues jouissait sous la monarchie, et après avoir vu l’importance du facteur national aux Jeux Olympiques de 1896.
MISTRAL suivit attentivement le parcours de son « ami Charles MAURRAS, qui plus que les autres, et au-dessus d’eux, a compris et éclairé l’idée de (sa) vie », comme il l’écrivit sur une photo dédicacée en 1909.
Après la mort de MISTRAL et la guerre de 1914-1918, Charles MAURRAS devint la mémoire vivante du félibrige. Les jeunes écrivains de langue d’oc lui dédiaient leurs ouvrages. Le Martégal eut l’immense joie d’être élu majoral du félibrige en 1941.
Il consacra à la Provence et à Martigues des articles jusqu’à la fin de sa vie.
Dans son dernier livre paru de son vivant (« Les jarres de Biot »), Charles MAURRAS se présentait comme « le plus ancien fédéraliste de France » et reprenait les idées de la Déclaration de 1892.
Ce fédéralisme est fondé sur la nature, la géographie, l’histoire et la tradition. Il s’oppose totalement à l’uniformité administrative républicaine.
Il n’y a là aucune idée de séparatisme: « La France est la condition de la vie de ma Provence ».
Alors que le système électif a une logique centralisatrice, la monarchie peut décentraliser sans crainte pour l’Etat et permettre de nombreuses libertés locales.
La France aura alors « une multitude de petites républiques fédérées sous la protection d’un chef héréditaire qui incarne l’unité » (in « Quand les Français ne s’aimaient pas »).
Action Française Provence, le 28 mars 2014

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