• Le « sédévacantisme » selon Philippe Ploncard d’Assac

  • Dans cette vidéo compilant des propos tenus sur plusieurs années, de Philippe Ploncard d’Assac s’exprime sur la position « sédévacantiste », après maintes affirmations apportées, pour tenter de discréditer ou d’attaquer théologiquement cette position.

    Définition. Qu’est-ce qu’un « sédévacantiste » ?

    C’est un catholique fidèle à la foi catholique quand il n’y a pas de Pape.

    I) A 00:15 « Qui est-on pour juger un Pape ? »

    C’est pourtant ce que M. Ploncard d’Assac ne cessera de faire [dans la vidéo], reprochant notamment à Léon XIII le « ralliement » et à Pie XI la condamnation de l’Action Française ou encore l’affaire des Cristeros. Bref, des vomis aigres servis froids ou réchauffés par les écoles ralliées et lefebvristes.

    Les catholiques sérieux savent pertinemment que le Pape n’est jugé par personne. Et si le « Pape » devait aller habituellement contre le Bien de l’Église, prêchant des hérésies formelles à répétitions (comme la liberté religieuse, l’œcuménisme avec les schismatiques et les hérétiques, etc.), il serait « déjà jugé » comme l’enseigne Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé. » (Saint Jean III, 18).

    Enfin, méfiez-vous de ces donneurs de leçons de morale qui disent « il ne faut pas juger » en poussant des cris d’orfraie… mais qui se trahissent bien vite ou sur le fait. Comme nous l’avons déjà publié sur notre blog : « Quand vous dîtes à quelqu’un « Il ne faut pas juger », vous êtes un hypocrite. Premièrement, vous avez dû juger le fait que cette personne était en train de juger. Deuxièmement, vous jugez que ce qu’elle fait est mal. Donc, vous avez violé votre propre principe qui est de ne pas juger les autres. A la place, comprenez davantage l’enseignement biblique sur le jugement et vous pourrez enfin réaliser ce que Jésus-Christ commande : « Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez un juste jugement » (Jean VII, 24). »

    II) A 02:05 « Les sédévacantistes font appel à des informations tout sauf prouvées » ?

    Il faudrait apporter des preuves matérielles sérieuses. En vidéo, ça n’est pas forcément simple. Alors admettons que M. Ploncard d’Assac ait raison ; oui, cela peut arriver à n’importe qui de commettre des erreurs. Ainsi nous connaissons un certain monsieur qui affirmait sérieusement que l’humoriste Dieudonné était un agent du Mossad, c’est vous dire s’il faut faire attention…

    M. Ploncard d’Assac devrait donc étudier sérieusement. D’abord les documents du magistère de l’Église, puis pourquoi pas la « littérature sédévacantiste » (nous lui indiquons quelques titres de livres ; liste non exhaustive) : Sede vacante (Père Saenz y Arriaga) ; La nueva iglesia montiniana (idem) ; les Cahiers de Cassiciacum Le mystère d’iniquité Soixante ans de religion conciliaire – Sédévacantisme et Sédépleinisme – Constats et Questions La Foi est inaltérable (Abbé H. Belmont) ; Communion et anathème (Abbé O. Rioult) ; L’Église et l’apostasie (idem) ; Bérézina doctrinale du lefebvrisme (Abbé V.-M. Zins). Ce sont des études sérieuses, absolument pas infondées ou contenant des « informations tout sauf prouvées ».

    III) A 02:20 « L’origine du « sédévacantisme », et de ces attaques contre Rome, viennent des États-Unis » ?

    Raté. Les premières structures sédévacantistes étaient mexicaines… vous savez, les héritiers des Cristeros, dont il se sert de la mémoire pour taper (non… pour « JUGER le Pape ») sur Pie XI. Eux savaient faire la différence entre une politique imprudente et un enseignement hérétique, ils rejetèrent les conciliaires, pas Pie XI… Une des principales figures du « sédévacantisme » au Mexique est le Père Joaquín Sáenz y Arriaga qui, jeune, soutint les Cristeros.

    IV) Première remarque générale : M. Ploncard d’Assac et son point de vue maurrassien de l’Église.

    Selon le point de vue maurrassien, l’Église est vue d’abord comme une structure ayant un aspect principalement social, avant d’être communion. Forcément, si on identifie l’Église uniquement avec ses bâtiments et ses œuvres sociales, les sédévacantistes renient la promesse du Christ de sa perpétuité, puisque l’Église n’est plus présente en ces endroits. Mais… si on se rappelle que ce qu’il y a de premier dans le Nouveau Testament, c’est la grâce de l’Esprit-Saint qui est donnée par la foi dans le Christ (vous pouvez aussi vous rapporter à l’Aquinate et sa Somme théologique, Ia IIae, q. 106, art. 1), alors lorsqu’on pense à l’Église, on ne pense pas d’abord à sa structure mais à la grâce, à la perfection de son être. Et cette perfection est incompatible avec l’hérésie. Voilà pourquoi il y a assez peu de maurrassiens dans les rangs sédévacantistes (du moins, à notre connaissance, pour limitée qu’elle soit), là où ils pullulent chez les ralliés et les lefebvristes.

    V) A 07:00 « Des prises de positions antimaçonniques chez les « évêques » conciliaires » ?

    Il faudrait qu’il en dise plus… Alors admettons. Mais même, son commentaire est peu pertinent, attendu que le magistère de la secte conciliaire ne parle plus d’« excommunication » [des francs-maçons], mais de privation des sacrements. Aussi, quand on voit des images où Benoît XVI (et les autres antipapes) donne(nt) la communion (si tant est qu’il y ait présence réelle : on peut en douter avec la synaxe montinienne) à des francs-maçons notoires, la remarque de M. Ploncard d’Assac ne vaut pas grand chose. Et, quand bien même les conciliaires condamneraient de nouveau, et ce « dans les formes », la maçonnerie, cela n’enlève rien au fait que le gros de leur doctrine est lié à la maçonnerie. Certaines sectes contemporaines aussi se disent antimaçonniques, et pourtant

    VI) A 07:45 Joseph Natale, le Père Feeney et le feeneyisme.

    « Joseph Natale » parmi les sédévacantistes feeneyistes ? Sauf que ce feeneyiste-là… n’était pas sédévacantiste. Donc raté encore…

    En parlant du Père Leonard Feeney. Il fut certes excommunié sous Pie XII. Lui-même se réconcilia et se rallia… à Montini et à la secte conciliaire. Donc l’accusation du sédévacantisme « d’origine » feeneyiste est à mettre la poubelle. Donc raté encore…

    A propos du feeneyisme, corrupteur de la foi, nous vous conseillons de lire cet article.

    Le feeneyisme logique conduit au ralliement, car il est obligé, pour conserver ses points fondamentaux, d’enseigner que l’enseignement doctrinal de véritables Papes n’est point toujours infaillible (Pie IX, Innocent III, Pie XII, etc. ont enseigné le baptême de désir). L’histoire des groupuscules feeneyistes le confirme.

    D’ailleurs, il semble que M. Ploncard d’Assac apprécie Mgr Williamson, du moins se sert-il de lui contre le sédévacantisme, alors qu’il s’agit du même qui a confirmé des feeneyistesMgr Williamson, le même qui ne défend pas une théologie très catholique…

    VII) Deuxième remarque générale : la vision idolâtre du politique de M. Ploncard d’Assac.

    Lorsque M. Ploncard d’Assac dit que sans Clovis, l’Église n’aurait pu se soustraire à l’arianisme (13:00), là encore il rabaisse l’Église. Pendant les trois premiers siècles de son existence, l’Église a vécu saintement sans l’appui d’aucun pouvoir politique. L’Église catholique n’est pas une « religion politique ». L’État n’est pas l’Église et ne peut être Église. L’État peut, et dans l’ordre, il doit, aider l’Église à réprimer l’hérésie, l’erreur sociale et le vice public, mais si l’État n’est pas apte à remplir cette mission, l’Église ne disparaît pas pour autant et continue, elle, à remplir fidèlement sa Mission. Là vraiment, si on suit ce raisonnement ploncardesque, on pourrait dire que depuis 1789 les portes de l’Enfer ont prévalu sur l’Église. Ce qui est hérétique, encore une fois.

    « Sans le pouvoir politique, ils ne sont rien »… Qu’était l’Église pendant les temps de persécution ? Rien ? C’est injurieux et blasphématoire de tenir de tels propos. Influence gallicane ? Peut-être… simple supputation.

    VIII) A 13:40 Marcinkus et Villot.

    « Marcinkus écarté par Montini » ? Lui qui le fit nommer soi-disant archevêque de Horta en 1969 ? Lui qui le fit entrer dans la « Curie romaine »… ?! En délire complet…

    « Montini a mis à la porte le « cardinal » Villot » ? C’est Villot qui fut en charge du « conclave » amenant l’élection d’Albino Luciani, Jean-Paul Ier.

    IX) A 16:30 « Vatican II pas un début mais un aboutissement » ?

    Admettons que ce soit le cas (et ça l’est peut-être), ce début fut réalisé en dehors de l’Église, par infiltration d’éléments qui y demeuraient étrangers, là on est supposé admettre que « l’aboutissement » de ce qui fut une infiltration soit un enseignement hérétique auquel on est tenu d’obéir. Alors soit la Papauté ne vaut plus rien, c’est l’option lefebvriste (et ses avatars williamsoniens, pfeifferiens, etc.), soit on dénonce l’imposture et on lance l’anathème. Ce n’est pas compliqué, sauf pour ceux qui ont intérêt à ce que cela le devienne (comme pour un certain évêque anglais, dont l’action anti-sédévacantiste est louée par M. Ploncard d’Assac dans la vidéo).

    X) A 19:30 « C’est facile de cracher sur des hommes qui ont des responsabilités. »

    La critique est facile, mais l’art est difficile, oui en effet ; mais on n’a pas affaire ici à un gouvernement normal. On a affaire à l’Église, qui est Immaculée. On a affaire à l’Église fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, UNE, SAINTE, CATHOLIQUE et APOSTOLIQUE. Si il y a matière à scandale, il y a obligation de sonner le tocsin lorsqu’on est amené à devoir prendre la parole de façon publique sur ces sujets – note : le scandale ne vient pas des sédévacantistes, mais bien des modernistes qui se font passer pour catholiques. A ce propos, M. Ploncard d’Assac ne se prive pas de critiquer un peu tout le monde. Mais pour ce qui est de l’Église, on ne peut pas se contenter de dénoncer. Il y a des règles, un droit canonique, qui légifèrent l’Église. Et ce règlement nous oblige à conclure que l’hérésie formelle exclut de l’Église. De même, l’acte de foi ne peut être contradictoire : ou l’on croit avec toute l’Église catholique que (par exemple) la liberté religieuse est une hérésie ou bien l’on ne croit plus et on dit que la liberté religieuse est un droit fondamental de la personne humaine, comme le croient les modernistes. Par conséquent, un enseignement erroné, voire même hérétique, ne peut être d’Église et celui qui le propage, étant supposé Évêque, voire Pape, donc devant connaître la théologie, ne peut en être membre.

    XI) A 21:20 Sur Pie XI.

    Pie XI, c’est la condamnation de l’Action Française ? Et donc ce serait malvenu d’avoir condamné l’AF ? C’était plutôt une bonne idée, l’agnosticisme était déjà condamné par saint Pie X, un mouvement politique qui propage des idées de même sorte n’a pas de légitimité… quand bien même l’AF, aujourd’hui comme hier, prétend défendre l’Eglise. D’ailleurs, saint Pie X songeait aussi à condamner l’Action Française.

    Pie XI, c’est l’abandon des Cristeros ? Pie XI fut manipulé dans cette affaire, en voici une preuve ici.

    Pie XI et sa déclaration « nous sommes spirituellement sémites » ? Nous en avions déjà parlé ici (et peut-être que des auteurs en ont encore mieux parlé que nous).

    XII) A 23:45 Les conciliaires et la liberté religieuse.

    Les conciliaires ne demandent pas au monde politique d’accepter la liberté religieuse, ils disent plus que cela, ils disent que c’est un droit naturel fondamental et « inscrit dans la Révélation » (cf. Dignitatis humanae). Ce n’est pas une « stratégie », une tactique, c’est selon eux une certitude naturelle et révélée. L’Église ne peut pas établir une conduite fondée sur le mensonge et la manipulation, il n’y a pas une « raison d’Église » soustraite à la loi morale. M. Ploncard d’Assac projette son gallicanisme idéologique sur l’Église.

    XIII) A 28:45 Joseph Ratzinger, Benoît XVI.

    Joseph Ratzinger est un moderniste, plus subtil que ses prédécesseurs (peut-être) et son successeur, mais un réel moderniste : toutes ses références, tout son parcours, toutes ses actions prises dans leur globalité le démontrent. Quelques liens là-bas. Le royaume de Satan est divisé contre lui-même, nous dit l’Écriture. Quoi d’étonnant à ce que d’autres ennemis de Dieu le détestent ? A ce que ce moderniste soit la cible d’autres modernistes ? Cela ne doit pas nous surprendre, car cela ne le réhabilite pas.

    XIV) A 31:30 Les sédévacantistes escamotent la « page de droite » des conciliaires

    Là encore, on a affaire à une vision naturaliste de l’Église. L’Église militante a toujours compté en son sein des saints et des infâmes, et cela dès son origine avec les Saints Apôtres face à Judas. Mais sa Sainteté exclut, dans son enseignement magistériel, tout alliage avec l’erreur. Il n’y a pas une « page de gauche » dans l’Église. Dans le pire des cas, il y a une mauvaise appréciation des événements, ou un mauvais calcul prudentiel, comme lors de la suppression de la Compagnie de Jésus. Mais les gens qui ont des doctrines perverses sur Dieu ou sur la religion, et qui agissent en conséquence, ne peuvent pas être d’Église. Sans quoi, son Unité et sa Sainteté ne seraient plus que de vains mots. Et c’est bien le cas de la secte conciliaire. Qu’il lise Satis Cognitum. Que l’on puisse trouver, ici ou là, des passages convenables chez les conciliaires ne pourraient non plus nous surprendre, on retrouve cela partout, même chez Luther (qui défendait la présence réelle de l’Eucharistie) ou chez Mahomet (qui défendait l’immortalité de l’âme). Faudra-t-il les considérer comme nos frères dans la Foi eux aussi, sous le prétexte qu’ils ont une « page de droite » ? C’est le même raisonnement fallacieux que tiennent les conciliaires sur les faux cultes…

    Milites Virginis Mariae

    https://www.youtube.com/watch?v=_HpMHpwl02A

    À l’époque, j’étais spectateur passif et plutôt lefebvriste par défaut.
    Depuis, j’ai évolué vers cette même position catholique de constat sédévacantiste.


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  • 2 commentaires




    Voulez-vous que je vous félicite? Je le fais de bon coeur.


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    J'ai lu toutes vos argumentation pro-baptême de désir,sang elle sont toutes été réfuté par mhfm (https://www.vaticancatholique.com/pdf/hors-eglise-pas-de-salut.pdf), le Code de Droit Canonique de 1917 n'est pas infaillible. Le Code de 1917 n'était certainement pas une déclaration ex cathedra (depuis la Chaire de Pierre) car il n’oblige pas l’Église tout entière, mais seulement l'Église latine (non les Rites orientaux), comme stipulé dans le canon 1 du Code de 1917. Code de Droit canonique de 1917, ca. 1 : « Quoiqu’il fasse souvent état de la discipline de l’Église orientale, le Code ne régit cependant que l’Église latine, et il n’oblige pas l’Église d’Orient, à moins qu’il ne s’agisse de dispositions l’atteignant par leur nature même. » [103] Un pape parle infailliblement depuis la Chaire de Pierre quand son enseignement sur la foi ou la morale oblige l'Église tout entière, ce que ne fait pas le Code de 1917 : Pape Pie IX, Concile Vatican I, Se. 4, ch. 4 ; 1870 : « … lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l'Église… il jouit… de cette infaillibilité… » [104] Ainsi, la déclaration du canon 737 du Code de 1917 que le baptême est nécessaire pour le salut « au moins de désir, » n’oblige pas l'Église universelle et n’est pas protégée par l'infaillibilité. En ce qui concerne son application légale dans le canon 1239, à savoir que les catéchumènes baptisés peuvent avoir une sépulture chrétienne, cela contredit la tradition de l'Église catholique depuis 1900 ans qui dit qu’on ne peut pas donner de sépulture chrétienne aux personnes non-baptisées. Code de 1917, ca. 1239 : « 1. On ne doit pas admettre à la sépulture ecclésiastique ceux qui sont morts sans baptême. 2. Les catéchumènes qui sont morts non baptisés, sans que ce soit de leur faute, sont assimilables aux baptisés. » [105] Depuis l'époque de Jésus-Christ et tout au long de l'Histoire, l'Église catholique refusait de façon universelle la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes morts sans le sacrement du baptême ; comme l’admet The Catholic Encyclopedia : The Catholic Encyclopedia, Baptême, V. 2 ; 1907: « Une certaine déclaration dans l'oraison funèbre de saint Ambroise à l'empereur Valentinien II a été avancée comme preuve que l'Église offrait des sacrifices et des prières aux catéchumènes morts avant le baptême. Il n'existe nulle part le vestige d'une telle coutume... La pratique de l'Église est plus correctement indiquée dans le canon (xvii) du Second Concile de Braga (572 A.D.) : “Ni la commémoration du sacrifice [oblationis], ni le service de chant [psallendi] ne doit être employé pour les catéchumènes morts sans baptême.” » [106] Telle est la loi de l'Église catholique depuis le début et tout au long de l’Histoire. Donc, puisque cette question est liée à la foi et n’est pas simplement disciplinaire, soit l’Église catholique avait tort depuis l’époque du Christ de refuser la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes morts sans baptême, soit le Code de 1917 a tort de la leur accorder. C’est soit l'un soit l'autre, parce que le Code de 1917 contredit directement la loi constante et traditionnelle de l'Église catholique depuis dix-neuf siècles sur ce point lié à la foi. La réponse est évidemment que le Code de 1917 a tort et n’est pas infaillible, et que la loi de l'Église catholique à travers toute l'histoire refusant la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes est correcte. Il est intéressant de noter que la version en latin du Code de 1917 contient de nombreuses notes en bas de pages se référant à des papes traditionnels, des conciles, etc., pour montrer d'où certains canons étaient dérivés. Le canon 1239,2, sur le fait de donner la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes non-baptisés, n'a pas de note en bas de page, aucune ne se référant à un pape, ni à une loi antérieure ou un concile ; tout simplement parce qu’il n’y a rien dans la Tradition qui ne le supporte ! The Catholic Encyclopedia (1907) cite un décret intéressant du pape Innocent III, dans lequel il commentait sur la loi traditionnelle, universelle et constante de l'Église catholique depuis le commencement, qui refuse la sépulture ecclésiastique à tous ceux morts sans le sacrement du baptême. The Catholic Encyclopedia, Baptême, V. 2 ; 1907: « La raison de cette règle [interdisant la sépulture ecclésiastique à toutes personne non-baptisée] est donnée par le pape Innocent III (Décr., III, XXVIII, xii) : “Il a été décrété par les sacrés canons que nous ne devons pas être en communion avec ceux qui sont morts, si nous n’avons pas communiqué avec eux de leur vivant.” » [107] De plus, le Code de 1917 n'est pas une discipline infaillible de l’Église, comme en témoigne le fait qu'il contient une loi contredisant directement la discipline infaillible de l'Église depuis le commencement concernant un point lié à la foi. La Bulle promulguant le Code de 1917, Providentissima Mater Ecclesia, ne fut pas signée par Benoît XV, mais par le cardinal Gasparri et le cardinal De Azevedo. Le cardinal Gasparri, Secrétaire d'État, fut le principal auteur et compilateur des canons. Certains théologiens argumenteraient que seules les disciplines qui obligent l'Église tout entière — à la différence du Code de 1917 — sont protégées par l'infaillibilité de l'autorité gouvernante de l'Église ; un argument qui semble être soutenu dans l'enseignement suivant du pape Pie XII. Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi ; 29 juin 1943 : « Assurément notre pieuse Mère brille d'un éclat sans tache dans les sacrements où elle engendre ses fils et les nourrit; dans la foi qu'elle garde toujours à l'abri de toute atteinte; dans les lois très saintes qu'elle impose à tous et les conseils évangéliques qu'à tous elle propose ; enfin, dans les grâces célestes et les charismes surnaturels par lesquels elle engendre avec une inlassable fécondité des troupes innombrables de martyrs, de confesseurs et de vierges. » [108] Cela signifierait qu’une loi disciplinaire n'est pas une loi de l’Église « catholique » (c.-à-d., universelle) à moins que celle-ci n’oblige toute l'Église. Peu importe, le Code de 1917 ne jouit pas de l’infaillibilité. C’est prouvé davantage par les canons suivants. 1. Le Code de 1917 enseigne que les hérétiques peuvent être de bonne foi. Code de 1917, ca. 731.2 : « Il est interdit d’administrer les sacrements de Église aux hérétiques et aux schismatiques, même s’ils sont de bonne foi et les demandent, avant que, ayant rejeté leurs erreurs, ils soient réconciliés avec Église. » Un hérétique, par définition infaillible, est de mauvaise foi et attire sur sa tête la punition éternelle. Pape St. Célestin Ier, Concile d’Éphèse ; 431: « … les partisans de toute hérésie… corrompant par leurs pensées perverses ce qui a été correctement dit par le Saint-Esprit et versant à flots sur leurs têtes la flamme inextinguible. » [109] Pape Eugène IV, Concile de Florence, « Cantate Domino ; » 1441, ex cathedra: « La sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu'aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l'Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges à moins qu'avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés… » [110] Pape Grégoire XVI ; 27 mai 1832 : « Enfin, certains de ces égarés tentent de se persuader à eux-mêmes ainsi qu’à d’autres, que les hommes ne sont pas sauvés uniquement dans la religion catholique, mais que même les hérétiques peuvent atteindre la vie éternelle. » [111] Une personne de bonne foi qui se trompe innocemment sur un dogme (appelé de façon inappropriée du nom d’ « hérétique matériel » dans les discussions théologiques) n'est pas un hérétique, mais un catholique se trouvant dans l’erreur en toute bonne foi. Donc, la déclaration dans le Code de 1917 au sujet des hérétiques et des schismatiques de bonne foi est clairement erronée théologiquement et elle prouve que celui-ci n’était pas protégé par l'infaillibilité. 2. Le Code de 1917 enseigne que les catholiques peuvent se rendre aux formes de cultes non-catholiques, y compris aux mariages non-catholiques et enterrements non-catholiques ! Code de 1917, ca. 1258 : « 1 Il n’est pas permis aux fidèles d’assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques. 2 La présence passive ou simplement matérielle aux cérémonies d’un culte hétérodoxe peut être tolérée pour un motif d’honneur à rendre ou d’obligation de politesse. Ce motif doit être sérieux et, en cas de doute, soumis à l’appréciation de l’Ordinaire. Il est ainsi permis de prendre part aux funérailles et au mariage des non-catholiques, ainsi qu’aux solennités analogues, mais pourvu que tout danger de perversion et de scandale soit écarté. » Note : ce canon ne parle pas de messes catholiques ou cultes catholiques présidés par un hérétique, mais de (faux) cultes et rites non-catholiques ou non-chrétiens. Quel scandale ! Ce canon permet qu’on se rende dans une synagogue juive, un temple bouddhiste ou une cérémonie luthérienne, etc., etc., etc., pour assister au mariage ou aux funérailles d’infidèles ou d’hérétiques — du moment qu’on n’y participe pas activement ! Ceci est ridicule, car avoir l’audace d’être présent à ces cérémonies non-catholiques où se pratiquent un faux culte (par souci d’honorer ou faire plaisir à la personne impliquée dans celui-ci) est en soi un scandale. C’est mettre à l'honneur une personne qui commet un péché contre le Premier Commandement. Aller à l'enterrement d'un non-catholique, c’est insinuer qu'il y a de l’espoir pour son salut en dehors de l'Église ; et assister au mariage d'un non-catholique, c’est insinuer que Dieu cautionne son mariage en dehors de l'Église. Un catholique ne peut ni prendre part activement à un faux culte, ni oser se rendre à un faux culte ou une cérémonie non-catholique pour l’honorer par sa présence « passive. » Ainsi, ce canon prouve aussi que ce Code n'est pas infaillible. Le Code de 1917 contredit la tradition immémoriale de l'Église sur la sépulture ecclésiastique, et il ne fait pas un instant le poids face à la déclaration infaillible de la Chaire de saint Pierre (obligeant l'Église entière) que personne ne peut entrer au Ciel sans le sacrement du baptême. Pape Paul III, Concile de Trente, Se. 7, ca. 5 sur le Sacrement de Baptême, ex cathedra : « Si quelqu’un dit, que le [sacrement du] baptême est libre, c'est-à-dire n'est pas nécessaire pour le salut [Jean 3 :5] : qu'il soit anathème. »


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